Les mensonges sur l'URSS DU TEMPS de Staline

(1924-1953)

« Une longue étude des 'informations sur l'URSS' parues dans la presse française depuis trente ans m'a convaincu qu'il n'est pas de jour où quelque journal ne batte à ce propos son propre record d'infamie. Tous les imbéciles et tous les coquins s'en sont vraiment donnés à cœur joie, notamment contre les chefs de la Russie nouvelle. Lénine était de son vivant représenté comme l'homme de tous les vices, mais aussitôt après la mort de Vladimir Ilitch, oubliant sans vergogne ce qu'ils avaient jadis écrit, les insulteurs se mettaient à faire l'éloge de Lénine défunt pour mieux faire ressortir la prétendue indignité de son successeur et Staline devenait la cible des mêmes outrages dont Lénine avait été l'objet. Aujourd'hui encore, les hommes qui proclamèrent durant des années « confiance à Hitler, confiance à Mussolini, confiance à Franco », et agirent dans ce sens ; aujourd'hui encore, la presse qui a succédé aux Matin et aux Gringoire calomnie sans relâche l'Union soviétique et ses dirigeants. Au demeurant, rien de plus naturel. « C'est bon signe », me disait un jour un vigneron de Bourgogne, « tant qu'ils lanceront leurs injures contre le pays des Soviets et Staline, c'est que Staline et l'U.R.S.S. seront dans la bonne voie ! » Les insultes des ennemis du peuple sont, à nos yeux, un hommage probant à l'Union soviétique et à son chef. » (Fernand Grenier, Au pays de Staline (1950), édition numérique, pp. 31-32.)

Ci-contre, une affiche de la SFIO  datant de 1951. Si la bourgeoisie a toujours été en première ligne pour calomnier l'URSS, ses alliés social-démocrates de "gauche" n'ont pas non plus été en reste et ont largement contribué à duper le prolétariat des pays impérialistes !

Sommaire  :

Introduction

En bref : Goulag : les vrais chiffres Staline, un ennemi du culte de la personnalité La signification du culte de la personnalité Quand la bourgeoisie fait dire aux photos le contraire de ce qu'elles disent ! 'Staline, le tyran rouge' : ou comment démontrer l'actualité des recettes de Goebbels... Staline et le massacre de Katyn Staline et les pertes humaines soviétiques de la Seconde Guerre Mondiale Impérialiste 'Stalinisme' : quelques observations concernant les procès de Moscou Ennemis et amis : ils ont dit... Soixantième anniversaire de la victoire soviétique sur le fascisme 'Nostalgies staliniennes'

Les mensonges sur l'histoire de l'URSS : D’Hitler à Hearst, de Conquest à Soljenitsyne L’Ukraine comme territoire allemand William Hearst, l’ami d’Hitler Le mythe de la famine en Ukraine L’empire médiatique de Hearst en 1988 52 ans pour que la vérité éclate Robert Conquest au coeur du mythe Alexandre Soljenitsyne Le soutien au fascisme de Franco Les nazis, la police et les fascistes Les archives révèlent les mensonges de la propagande Gorbatchev ouvre les archives Ce que les études russes montrent Les camps de travail dans le système pénal 454 000 et non 9 millions La menace intérieure et étrangère Plus de prisonniers aux Etats-Unis Un facteur important : le manque de soins médicaux Les mensonges sur l’Union Soviétique Les koulaks et la contre-révolution Les purges de 1937 Le sabotage industriel Vol et corruption Un plan pour un coup d’Etat Encore plus de mensonges Apprenons de l’histoire

Impérialisme et anti-impérialisme (Cette étude apporte des éléments essentiels sur les relations entre l'URSS de Staline avec les pays de démocratie populaire et explique les causes et conséquences de la contre-révolution révisionniste-bourgeoise dans les pays socialistes.)

Enjeux du développement et du perfectionnement de la démocratie soviétique

Livres à télécharger : Ludo Martens - Un autre regard sur Staline (1994) Henri Barbusse - Staline (1935) G. Miglioli - La collectivisation des campagnes soviétiques (1934) Fernand Grenier - Au pays de Staline (1950) Maurice Hartmann - Staline (1973) Mikhaïl Kilev - Khrouchtchev et la désagrégation de l'URSS (2005) M. Sayers et A. Kahn - La grande conspiration contre la Russie Tony Clark - Le combat anti-bureaucratique de Staline

Vidéo : Manifestation communiste en ex-URSS

Images : L'URSS sous la direction de Staline Affiches soviétiques (1920-1941) 40 années d'Albanie socialiste

Compléments : Contre la criminalisation du communisme ! Walter Poodt (ex-royaliste), 2001 : Craignez-vous encore ? Connaissez-vous vraiment ? Le stalinisme Le fascisme, le stalinisme et le X La contrefaçon du "testament" de Lénine Dossier Trotskisme ou marxisme-léninisme Grover Furr - Staline et la lutte pour la réforme démocratique

« Des générations de bolcheviks seront accusées de beaucoup de choses dont elles ne sont pas coupables. Toutefois... le vent de l'histoire balaiera inévitablement de nos tombes les feuilles mortes de la calomnie et découvrira la vérité. » (Staline)

 

 

introduction

Depuis des décennies, la presse bourgeoise — 'démocratique' comme fasciste —, se plait à agiter le spectre des dizaines de millions de morts qu'aurait provoqué le communisme, en premier lieu en URSS sous la direction de Staline, afin d'en dégoûter les travailleurs et ainsi de détourner les esclaves salariés de leur unique perspective d'avenir. [Même la Chine de Mao, bien que pas communiste, mais seulement démocratique-bourgeoise anti-féodale et anti-colonialiste a elle aussi été victime de falsifications semblables, visant à effrayer la bourgeoisie des pays dépendants soumis à la bourgeoisie des pays impérialistes.] Ainsi, en 1924, Hitler écrivait déjà dans le premier tome de Mein Kampf que « le Juif a, avec un fanatisme vraiment sauvage, fait périr au milieu de tortures féroces ou condamné à mourir de faim près de trente millions d'hommes » (Hitler, Mein Kampf, Tome I, Bibliothèque électronique du Québec, p. 574.)  Hitler, qui avait en horreur 'le juif, Marx' dénonçait ici les crimes 'judéo-bolchéviques' soi-disant commis par le gouvernement soviétique. Or en 1924, lors du séjour en prison d'Hitler (consécutif à l'échec de son coup d'état de novembre 1923), ni les débuts de l'industrialisation socialiste (1926-1929), ni la 'marche forcée' du premier plan quinquennal (1928-1932), ni la collectivisation agricole et la 'répression des koulaks' (1930-1936), ni la 'famine-génocide' en Ukraine (1932-1933), ni les 'grandes purges' (1936-1938), n'avaient encore eu lieu... L'URSS n'en était alors encore qu'au relèvement d'une économie sinistrée par les années de la guerre inter-impérialiste (1914-1917) et de la guerre d'intervention (1918-1921).

Dix ans plus tard, et soucieux de réaliser le programme annoncé de longue date par Hitler dans Mein Kampf « si nous parlons aujourd'hui de nouvelles terres en Europe, nous ne saurions penser d'abord qu'à la Russie et aux pays limitrophes qui en dépendent » (Hitler, Mein Kampf, Tome II, Bibliothèque électronique du Québec, p. 495.) —, l'impérialisme allemand débuta une campagne de presse dénonçant 'les millions de morts' soi-disant provoqués par une famine orchestrée par le gouvernement bolchévik en Ukraine afin de faire plier les paysans hostiles à la collectivisation. Cette campagne de presse, initiée par les nazis dans la première moitié des années 1930, qui visait à revendiquer l'Ukraine comme territoire allemand, était destinée à préparer la guerre contre l'URSS. Elle reçut ainsi immédiatement un soutien très large auprès de la bourgeoisie internationale, enthousiasmée par la perspective de la destruction du premier pays communiste, alors même que la crise économique tenaillant le monde bourgeois rendait toujours plus menaçant le danger de révolte des esclaves salariés. C'est ainsi qu'aux USA, en février 1935, le magnat de presse W. R. Hearst (ami personnel d'Hitler...) fit débuter une campagne de presse dénonçant les '6 millions' de morts provoqués par la famine-génocide en Ukraine. Cette campagne, rapidement relayée au niveau international, n'a jamais cessé depuis...

Karl Marx remarquait que la classe possédant les moyens de production (la bourgeoisie sous le capitalisme) possédait également le pouvoir sur les moyens d'information, et imposait ainsi sa vision aux opprimés. Tout travailleurs doit donc considérer avec une méfiance extrême toute information véhiculée par les médias bourgeois, même quand elle est promue au rang de 'vérité historique'. En gardant ceci en vue, abordons maintenant l'action de Staline, sous la direction duquel l'URSS passa d'une économie arriérée tout juste sortie du féodalisme à une économie socialiste moderne et dynamique, prouvant au monde entier que le prolétariat n'était pas seulement capable de détruire le monde bourgeois, mais d'édifier un monde nouveau, débarrassé de l'exploitation, du chômage, du racisme et des guerres de rapine. Il était donc naturel que Staline concentre sur lui la haine de classe de tous les ennemis du communisme, qu'ils soient 'démocrates' petit-bourgeois ou fascistes, anti-communistes camouflés (tel Trotski) ou déclarés. Faisant de la lutte contre les tendances opportunistes et capitulardes dans le mouvement communiste la condition de la lutte contre le capitalisme et l'impérialisme, à l'instar de Marx et Engels contre les anarchistes, ou de Lénine contre les kautskistes et les menchéviks, Staline a été et reste la cible principale de la campagne de haine de la bourgeoisie. Démontrer la fausseté des calomnies contre Staline, c'est porter un coup mortel à cet éternel credo de l'anti-communisme (petit-)bourgeois qu'est la 'lutte contre le stalinisme,' c'est démontrer l'ampleur de la falsification de l'histoire, seule garante du maintien au pouvoir des oppresseurs bourgeois.

Ces mensonges prouvent que dans une société dite 'de l'information', seule une campagne médiatique continuelle de désinformation peut maintenir les masses laborieuses ignorantes des causes des maux qui s'abattent sur elles et les accablent, que seule une propagande anti-communiste active et un travail de démolition et de falsification constant de l'histoire du mouvement communiste peut détourner les masses de la lutte pour leur affranchissement, de la lutte pour le communisme (le pouvoir des travailleurs) contre le capitalisme (la dictature de la bourgeoisie), de la lutte pour la paix véritable contre la 'paix bourgeoise', celle du Capital et des grands monopoles, celle des révisionnistes, des réformistes et des 'sociaux-démocrates', cette 'paix' faite de guerres tantôt larvées, tantôt ouvertes, et issue en droite ligne de la 'démocratie' dont les médias et les politiciens bourgeois — ces marionnettes à la solde du Capital se servant de leur vernis 'démocratique' pour tromper les travailleurs —, nous rabattent les oreilles. Contre l'activité théorique et pratique de Staline, la bourgeoisie impuissante n'a pour seule arme que les mensonges et la calomnie dont l'apparente cohérence vole en éclat dès qu'on les confronte avec les faits historiques.

A une époque où la décomposition économique, politique et sociale du monde bourgeois prend des proportions toujours plus gigantesques, à une époque où l'immense majorité des peuples et des travailleurs du monde accepte résignée le joug de l'oppression capitaliste, alors même que l'accentuation des rivalités économiques entre pays bourgeois pousse de vieux pays impérialistes en déclin à préparer de nouvelles guerres inter-impérialistes, se pencher sur la question de Staline permet de comprendre comment le monde en est arrivé là, et surtout comment agir pour changer les choses !

Toute l'activité de Staline montre que l'on avance non pas par des compromis réformistes — dont usent la bourgeoisie et ses alliés petits-bourgeois 'de gauche' et 'd'extrême gauche' dans les périodes (révolues) de paix et de prospérité relatives pour conjurer la menace de la révolution sociale —, mais par l'expropriation sans condition des exploiteurs, par l'organisation et le contrôle directs des masses travailleuses sur toute la vie économique, politique et sociale. La contre-révolution bourgeoise en URSS, montre elle-même la nécessité des mesures radicales, les compromis ne profitant toujours en définitive qu'aux classes exploiteuses (anciennes et nouvelles), car les exploiteurs, eux, ne font jamais de cadeaux aux travailleurs — sinon après en avoir opprimé d'autres davantage, comme c'est le cas pour les pays impérialistes qui oppriment tantôt pacifiquement (commerce, investissements), tantôt violement (guerres) les pays bourgeois économiquement plus faibles.

V.G. — 16/08/2008

 

 

EN BREF :

Goulag : les vrais chiffres

Les éléments et chiffres ci-après sont extraits des pages 513 à 515 du livre Le siècle soviétique, édité conjointement par les éditions Fayard et Le Monde Diplomatique en 2003. L’auteur, Moshe Lewin, a été professeur d’histoire à l’université de Pennsylvanie (USA) de 1978 à 2000. Juif polonais émigré en Israël après 1945 et sioniste 'de gauche', cet historien ne cache pas ses sympathies pour le trotskisme et le boukharinisme. Pour lui, comme pour tout trotskiste, les bolcheviks qui avaient pris le pouvoir dans un pays avant tout paysan et sans le concours d’une révolution en Occident se trouvaient dans une situation intenable 'd’un point de vue marxiste', la superstructure étant comme 'suspendue dans les airs' et dépourvue d’une base industrielle et prolétarienne suffisante pour édifier le socialisme. Pour lui, comme pour tout bourgeois-trotskiste, le 'culte de la personnalité de Staline' n’était pas la manifestation naturelle de la naïveté des masses venant de sortir d’une oppression et d’une arriération séculaires et reconnaissantes des réalisations économiques et sociales gigantesques, mais était une résurgence d’attitudes populaires vis-à-vis du tsarisme. Pour lui, comme pour tout anti-communiste, le régime politique sous Staline (le stalinisme) n’était pas un régime de dictature du prolétariat, mais un régime 'despotique' héritier de la 'tradition bureaucratique et autoritaire russe'. Mais passons sur tout ceci et concentrons nous sur quelques faits chiffrés que reconnaît cet historien bourgeois-trotskiste.

Nous ne nous attarderons pas ici sur le caractère de classe de la répression, la répression des exploiteurs et profiteurs anciens et nouveaux étant parfaitement justifiée et nécessaire à la construction d’une société nouvelle, socialiste, débarrassée de toute exploitation de l’homme par l’homme, mais sur son étendue : non le 'stalinisme' n’a pas été le pouvoir despotique d’un seul homme ni même d’une caste bureaucratique (une 'dictature sur le prolétariat'), mais bel et bien le pouvoir des travailleurs soviétiques…

Pour Moshe Lewin, il est d’abord évident qu’existent « des données fiables sur les camps et les purges » (par exemple celles publiées par l’historien V. N. Zemskov en 1990), très éloignées « de la pratique très répandue consistant à donner des chiffres incroyablement exagérés concernant l'ampleur de la répression sous Staline » (tels que ceux donnés par R. Conquest, R. Medvedev et O. Satunovskaja).

Selon Moshe Lewin (voir tableau ci-après), durant la période 1921-1953, il y a eu un total de 4,06 millions de condamnés en URSS, dont un peu moins de 0,80 millions de condamnés à mort. Ces chiffres incluent les détenus politiques ainsi que les détenus de droit commun. Parmi le total des condamnés, on compte 0,96 millions de condamnés décédés durant la période où ils purgeaient leur peine durant la période 1934-1947, mais même les historiens bourgeois les plus consciencieux 'oublient' que les années 1941-1945 durant lesquels les nazis ont imposé à toute la population soviétique des conditions terribles ont provoqué un surplus de 0,58 millions de morts (N. Werth, comme tous les autres, les met sur le compte des 'crimes du stalinisme'). En fait, moins de 0,4 millions de détenus sont morts en détention dans les camps soviétiques durant les années de développement pacifique de la période 1934-1947 ! La population des camps est passée de 1,20 millions de détenus en janvier 1937 à 1,88 millions de détenus en janvier 1938, retombant à 1,67 millions de détenus au 1er janvier 1939. Si le nombre de condamnés a certes augmenté en 1937-1938 parallèlement à un aiguisement de la lutte de classe (comme d’ailleurs dans les années de la collectivisation) — qu’elle se place sur le plan national ou international —, c’est donc dans des proportions infiniment inférieures à celles avancées pendant des décennies par les laquais de la bourgeoisie internationale.

Ainsi, ce ne sont pas 19 millions de personnes qui ont été arrêtées et 7 millions de personnes exécutées rien que durant la période 1935-1941, comme l’a clamé Satunovskaja (elle-même victime de la répression) au cours de la campagne khrouchtchévienne de réhabilitation des condamnés politiques. On est également très loin des chiffres avancés par Conquest : 9 millions de détenus politiques dans les goulags en 1939 auxquels s’ajoutaient 3 millions de morts durant les seules années 1937-1938 (exécutés et morts de causes diverses) et auxquels il fallait encore rajouter les détenus de droits commun !… Conquest a ainsi avancé le chiffre d’une moyenne annuelle de 8 millions de détenus dans les goulags, tandis que Medvedev a avancé des chiffres encore plus trafiqués : 12 à 13 millions ! Selon Conquest, plus de 0,85 millions de détenus sont morts annuellement dans les goulags durant la période 1939-1953 !

Voilà qui réduit à néant la propagande bourgeoise sur les dizaines de millions de morts du stalinisme et ainsi la grossière analogie avec les camps nazis !

Il ne reste donc à nos petits-bourgeois défenseurs des 'droits de l’homme', entachés de préjugés petits-bourgeois tout de même inacceptables 'par principe' ! Nous leurs rétorquerons que ce qui est inacceptable, ce n’est pas la répression d’une minorité d’exploiteurs nécessaire pour assurer le bien-être des larges masses travailleuses, mais l’oppression armée engendrée par le développement du capitalisme, auquel on peut légitimement imputer les massacres de dizaines de millions de travailleurs dans les guerres coloniales et inter-impérialistes. Il faudrait également comptabiliser les milliards de victimes des tortures physiques et morales provoquées par le développement 'pacifique' du capitalisme (la faim, l’exploitation du travail salarié, le chômage, etc.)

――――――――――――――――

Nombre de personnes condamnées pour des crimes contre-révolutionnaires et autres crimes particulièrement dangereux, et répartition par type de peine. (Source : B. P. Kurasvili, Istoriceskaja logika stalinizma, Moscou, 1996, pp. 159-160, tableau reproduit par Moshe Lewin dans Le siècle soviétique, p. 513.)

Année

Nombre de condamnés

Peine de mort

Camp, colonie, prison

Exil1

Autres peines

1921

35 829

9 701

21 724

1 817

2 587

1922

6 003

1 962

2 656

166

1 219

1923

4 794

414

2 336

2 044

-

1924

12 425

2 550

4 151

5 724

-

1925

15 995

2 433

6 851

6 274

437

1926

17 804

990

7 547

8 571

696

1927

26 036

2 363

12 267

11 235

171

1928

33 757

869

16 211

15 640

1 037

1929

56 220

2 109

25 853

24 517

3 741

1930

208 069

20 201

114 443

58 816

14 609

1931

180 696

10 651

105 683

63 269

1 093

1932

141 919

2 728

73 946

36 017

29 228

1933

239 664

2 154

138 903

54 262

44 345

1934

78 999

2 056

59 451

5 994

11 498

1935

267 076

1 229

185 846

33 601

46 400

1936

274 670

1 118

219 418

23 719

30 415

1937

790 665

353 074

429 311

1 366

6 914

1938

554 258

328 618

206 009

16 342

3 289

1939

63 889

2 552

54 666

3 783

2 888

1940

71 806

1 649

65 727

2 142

2 288

1941

75 411

8 001

65 000

1 200

1 210

1942

124 406

23 278

88 809

7 070

5 249

1943

78 441

3 579

68 887

4 787

1 188

1944

75 109

3 029

70 610

649

821

1945

123 248

4 252

116 681

1 647

668

1946

123 294

2 896

117 943

1 498

957

1947

78 810

1 105

76 581

666

458

1948

73 269

-

72 552

419

298

1949

75 125

-

64 509

10 316

300

1950

60 641

475

54 466

5 225

475

1951

54 775

1 609

49 142

3 425

599

1952

28 800

1 612

25 824

773

591

 19532

8 403

198

7 894

38

273

TOTAL :

4 060 306

799 455

2 631 397

413 512

215 942

1. La peine d’exil, souvent appliquée au koulaks durant les années de la collectivisation socialiste de l’agriculture, consistait soit à être déporté dans un lieu sous le contrôle de la police (pour un certain nombre d’années ou à vie), soit en une interdiction de résider dans un lieu. Dans tous les cas, le condamné pouvait travailler et vivre librement avec sa famille dans un logement.

2. Première moitié de l’année.

 

 

Staline, un ennemi du culte de la personnalité

Texte paru dans " Gegen Die Strömung ", organe pour l'édification du Parti Communiste Révolutionnaire d'Allemagne, N° de Juillet/Août 1996, en français Mai 1998. (http://membres.lycos.fr/edipro/page18.htm)

Depuis le fameux "discours secret" mal famé de Khrouchtchev au XXe congrès du P.C. d'Union Soviétique en 1956, un reproche archi-connu fait contre Staline, c'est qu'il aurait créé et imposé au parti le "culte de la personnalité" autour de sa personne.

Il est indéniable qu'il y avait en Union Soviétique des exagérations et des louanges à Staline ridiculement exagérées, et aussi des surestimations formalistes des mérites et de la personne de Staline allant jusqu'à des fleurs de rhétoriques.

Cependant, Staline lui-même était un ennemi de toute forme de culte de la personnalité. Staline a combattu de manière répétée l'idéalisation de personnes isolées.

« Lénine nous enseigne que seuls peuvent être de véritables dirigeants bolcheviks ceux qui savent non seulement enseigner aux ouvriers et aux paysans, mais aussi apprendre d'eux. » (Staline, Questions du léninisme, 1939, traduit par nous d'après l'édition allemande)

Et Staline a parlé de manière très autocritique de son propre travail et de ses propres erreurs (voir les Oeuvres de Staline, Tome 1, la préface de l'auteur) et a combattu exagérations ou même flatteries.

Ainsi, dans une lettre du 16 février 1938 adressée aux éditions " Djestisdat " (Editions du livre pour enfants) auprès du Komsomol, Staline s'est tourné contre la publication d'un livre sur sa personne lui ayant été présenté pour qu'il donne son avis. Voici le texte de cette lettre :

« Je me tourne de manière décidée contre la publication du " Récit sur l'enfance de Staline ". Ce livre contient d'innombrables affirmations qui ne correspondent pas aux faits, déformations, exagérations et louanges non méritées. Les auteurs ont égaré les appréciateurs de récits, ce sont des menteurs (peut-être aussi des menteurs " de bonne foi ") et des lécheurs de bottes. C'est regrettable pour les auteurs, mais un fait reste un fait. Mais ce n'est pas le point le plus important. Le point le plus important se trouve dans le fait que le livre a tendance a ancré dans la conscience des enfants soviétiques (et des hommes en général) le culte de la personnalité, le culte du dirigeant, le culte de héros ne se trompant jamais. C'est dangereux et nuisible. La théorie des " héros " et de la " masse " n'est pas une théorie bolchevik, mais une théorie des sociaux-révolutionnaires. Les héros font apparaître le peuple, le transforment d'une masse en un peuple - disent les sociaux-révolutionnaires. Le peuple fait apparaître les héros- répondent les bolcheviks aux sociaux-révolutionnaires. Tout livre de cette sorte versera de l'eau aux moulins des sociaux-révolutionnaires, endommagera l'ensemble de notre travail bolchévik. » (La lettre de Staline fut publiée en 1953 dans " Voprosy istorij " (Questions de l'histoire) N° 11, cité et traduit par nous d'après J.W. Stalin, Werke, Erganzungsband 1929-1952, Berlin 1977)

Staline désapprouvait un comportement et un état d'esprit soumis par rapport à sa personne comme à l'égard de personnes en général aussi comme quelque chose ne servant à rien, comme de la phraséologie d'intellectuels, comme n'étant pas communiste :

« Vous parlez de votre " dévouement " à mon égard. Peut-être que ces mots ne vous ont échappé que par hasard. Peut-être … Si ces mots ne vous ont pas échappé par hasard, alors je vous conseillerais de jeter par dessus bord le " principe " du dévouement à l'égard de personnes. Ce n'est pas la manière bolchevik. » (Staline, Lettre au camarade Schatunowski, 1930, traduit par nous d'après Werke Band 13, p. 17)

Et en 1946, Staline écrivit au colonel de l'Armée Rouge, le Prof. Dr.Rasin, qui louait avec exaltation les accomplissements de Staline dans la 2e guerre mondiale contre l'attaque de l'Union Soviétique par la Wehrmacht nazie :

« L'oreille est aussi blessée par les louanges à Staline - c'est simplement pénible de les lire. » (Staline, Réponse, 23 février 1946, publié dans " Neue Welt ", cahier 7, avril 1947, p.23-25, traduit par nous d'après Werke Band 15, p. 58)

 

 

La signification du culte de la personnalité

« L'autorité de Staline a grandi organiquement avec les succès de la construction économique. Le peuple est reconnaissant à Staline du pain, de la viande, de l'ordre, de l'éducation et de la création de l'armée, qui assurent son bien-être. Le peuple doit avoir quelqu'un à qui exprimer sa reconnaissance de l'amélioration incontestable de ses conditions de vie, et pour cela, il choisit non pas des notions abstraites, non pas le communisme abstrait, mais un homme concret, Staline. » (André Gide dans la préface de son livre petit-bourgeois Retour de l'URSS.)

« Si Staline a foi dans la masse, la réciproque est vraie. C'est un véritable culte que la Russie Nouvelle a pour Staline, mais un culte fait de confiance, et jailli tout entier d'en bas. » (Henri Barbusse, Staline – Un monde nouveau vu à travers un homme, 1935, Edition numérique, p. 106.)

« Henri Sellier, sénateur socialiste, écrivait en juin 1938 : « Que Staline soit l'un des génies constructeurs les plus remarquables que l'humanité ait connus, personne, même ceux qui lui reprochent un esprit dictatorial rigoureux, ne peuvent, de bonne foi, le contester. ... Que les plaisantins et les sceptiques ridiculisent à perte de vue les formules enfantines de reconnaissance et d'admiration que le peuple russe, dans sa naïveté religieuse, prodigue à celui dont l'effort lui a valu en quelques années une telle amélioration de vie, cela s'explique. Mais que les socialistes, à qui Staline a fourni la preuve éclatante de la possibilité d'organiser l'économie d'une gigantesque nation, en prescrivant totalement la propriété individuelle des instruments de travail, s'associent aux clameurs intéressées de leurs adversaires les plus stupides et les plus intransigeants, cela est plus regrettable. Si Karl Marx a donné une doctrine aux socialistes, Staline a démontré que son application était possible et ses résultats salutaires. A ce titre, il a droit à leur profonde reconnaissance et à leur vive admiration... » (Russie d'aujourd'hui, juin 1938.) » (Fernand Grenier, Au pays de Staline, 1950, Edition numérique, p. 37.)

« Certains prétendus esprits forts se sont lourdement gaussés de l'admiration portée à Lénine et à Staline par des millions d'hommes à l'intérieur et à l'extérieur de l'U.R.S.S. tandis que des « amis » cherchaient toutes sortes d'explications embrouillées à ce « culte soviétique » qui faisait éclore de « nouveaux dieux ». Enfin, d'autres ont prétendu que la popularité de Lénine et de Staline avait été créée de toutes pièces, artificiellement, par eux-mêmes. Ce n'est pas si compliqué. Depuis 1924, chaque jour entre quatre et cinq heures, ils sont des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants qui se rendent au Mausolée de la place Rouge. Rien, absolument rien, ne les contraint de venir saluer avec émotion la dépouille de Lénine. Pourquoi ces citoyens anonymes rendent-ils cet hommage quotidiennement renouvelé par d'autres ? Parce qu'ils savent ce qu'ils doivent à Vladimir Ilitch. Cette ferveur devait tout naturellement entourer le disciple fidèle, le continuateur. Elle s'exprime dans les discours, les articles de journaux, les portraits brandis dans les manifestations ou placés dans les demeures les plus humbles. Cette belle gravure en couleurs représentant Staline et Vorochilov que je découvrais dans un foyer kolkhozien du Caucase, elle avait été apportée de la garnison où le fils avait accompli son service militaire. Dans la maison d'à côté, c'était un portrait de Kalinine avec la photographie du fils, officier rouge. Dans une troisième demeure, par contre, les murs se décoraient de modestes cartes postales reproduisant les traits de Lénine, Staline, Vorochilov, Kaganovitch. Rien donc d'officiel ; chacun manifestait à sa façon et suivant ses acquisitions personnelles sa reconnaissance aux dirigeants. Oui, les peuples de l'U.R.S.S. portent une profonde admiration à Lénine et à Staline. Cette reconnaissance, cette affection sont parfaitement raisonnées. Qu'elles soient chaque jour plus ardentes, rien de plus naturel. Plus l'édification socialiste se poursuit et plus se développe le bien-être, plus grandit la reconnaissance des masses populaires. » (Fernand Grenier, Au pays de Staline, 1950, Edition numérique, p. 43.)

 

 

Quand la bourgeoisie fait dire aux photos le contraire de ce qu'elles disent !

« En 1921-1922, neuf millions de personnes sont mortes de la famine causée par les interventions étrangères. Les nazis utiliseront dans les années trente ces photos pour « prouver » la « famine artificielle » provoquée par Staline en Ukraine en 1932-1933... » (Ludo Martens, Un autre regard sur Staline, p. 248)

Aujourd'hui ces photographies sont encore toujours utilisées par la bourgeoisie comme « preuves » de la famine en Ukraine ! Pourtant, si ces photographies prouvent une chose, c'est avant tout la remarquable capacité qu'a la bourgeoisie d'utiliser les preuves de ses propres crimes pour essayer de « prouver les crimes » de ses adversaires !

Cet encadré est extrait du dossier des Chroniques de l'histoire (1996, page 54) consacré à Joseph Staline.

Pour la bourgeoisie, « la propagande communiste » sous Staline n'aurait fait durant les années 1930-1931 que « promettre » des machines agricoles à la paysannerie, visant ainsi à lui faire avaler la pilule dans le cadre de la « collectivisation forcée des terres » ! La bourgeoisie aime à se représenter les fermes collectives comme des décors en cartons-pâtes cachant la misère persistante et le sous-équipement de la paysannerie soviétique.

Pourtant la propagande mensongère n'est pas celle que l'on croit : cette propagande, c'est celle que la bourgeoisie cherche à faire avaler aux travailleurs à travers la falsification et la révision éhontée des faits historiques réels. La bourgeoisie va même jusqu'à affirmer que la paysannerie était dans sa grande masse opposée à la collectivisation et ne daigne même pas parler des crimes perpétrés par les koulaks contre la paysannerie travailleuse ! Ignorance ou falsification délibérée ? Peu importe car au final cela démontre le « sérieux » et « l'objectivité » des « investigations » bourgeoises faites soi-disant en vue de « découvrir la vérité sur l'URSS de Staline » !

En outre la fourniture massive de tracteurs et de machines agricoles à la paysannerie travailleuse n'était pas une « vaine promesse », mais une réalité objective : le nombre des tracteurs travaillant dans les kolkhozes et les sovkhozes était de 34 900 en 1929, de 210 900 en 1933 et enfin de 483 500 en 1938. Le nombre des moissonneuses-batteuses, lui, se montait à 1700 en 1930, à 13 500 en 1933 et à 153 500 en 1938. L'agriculture soviétique était ainsi devenue en moins d'une décennie l'agriculture la plus mécanisée du monde, sans que cela ait entraîné la ruine de la majorité de la paysannerie comme sous le capitalisme. On comprendra donc sans mal que sur la photographie les paysans brandissent une bannière sur laquelle est écrit non pas 'leur refus des méthodes de la collectivisation', mais : « Nous, kolkhoziens, nous sommes pour la collectivisation. Nous liquidons la classe des koulaks. »

Ainsi une photo prouvant la volonté de la paysannerie travailleuse d'en finir avec les koulaks — que Lénine qualifiait de « vampires » et de « pires exploiteurs » — se change (miraculeusement) dans les mains (alchimistes) de la bourgeoisie en une photographie démontrant « l'opposition de la paysannerie toute entière aux méthodes de la collectivisation ». Il faut dire que la bourgeoisie peut compter sur la méconnaissance de la langue russe par l'immense majorité des travailleurs qui ne pourront donc pas vérifier l'authenticité de la traduction. Pourquoi se priverait-elle donc d'une falsification aussi grossière et donc apparemment aussi « irréfutable » ?

 

 

"Staline, le tyran rouge" : ou comment démontrer l'actualité des recettes de Goebbels...

Le 13 mars 2007, la chaîne télévisée M6 a diffusé à une heure de grande écoute (20H50) son 'documentaire' Staline, le tyran rouge. Libre de droits pour la diffusion à destination de l'enseignement, ce film de propagande anti-communiste ne diffère en rien de ses prédécesseurs (sinon par ses images colorisées, destinées à donner une impression de plus grand réalisme). Mais ce 'réalisme' ne va jamais plus loin que la répétition de mensonges propagés depuis plus de sept décennies, ce qui n'a rien d'étonnant pour un 'document' ayant pour 'conseiller historique' Nicolas Werth, un des auteurs du Livre noir du communisme.

Ainsi, en voulant prouver la famine « connue et voulue par Staline » en Ukraine en 1933, le film commence par dire que cette région « l'une des plus riches d'Europe » avait « déjà été ravagée par la famine dans les années 20 sous Lénine ». Ce que ce film 'documentaire' ne dit pas, c'est que cette famine avait été provoquée par l'intervention étrangère dans les années 1918-1921. Cette 'omission' (d'un fait qui révélait l'unité anti-communiste des ex-ennemis impérialistes coalisés), pourtant reconnue par l'historiographie bourgeoise elle-même*, est à l'image de ce que le film ajoute aussitôt après :

« Mais cette fois, l'hécatombe va prendre des proportions inimaginables. Les paysans n'ont plus rien à manger. Un père écrit à son fils à Moscou : 'Mon cher fils, je t'écris pour t'apprendre que ta mère est morte'... »

Ces paroles sont illustrées par des images montrant les effets de la famine soi-disant provoquée par Staline pour « mater la résistance » opposée par les paysans ukrainiens à la collectivisation...

Voici des preuves irréfutables démontrant la politique criminelle de Staline... Telles sont du moins les apparences...

En fait, une séquence vidéo présentée illustre bien de quel type de 'preuves' il s'agit : des documents vidéos filmés par les soviétiques durant la famine des années 1918-1921. Ainsi, à la 27ème minute du film, on peut voir une séquence familière, également présente dans le film documentaire soviétique Three songs about Lenin (Dziga Vertov, 1934) pour illustrer les méfaits provoqués par l'intervention étrangère soutenant les armées blanches durant les années de guerre civile !!!

Télécharger la séquence détournée, diffusée dans "Staline, le tyran rouge" (M6, 2007)

Télécharger la séquence originale provenant de "Three songs about Lenin" (Dziga Vertov, 1934)

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* « A partir de l'été 1918, Anglais, Allemands, Français, Américains, Grecs, Polonais, Roumains et Japonais interviennent. » (Wikipédia, 'La Révolution russe ― L'intervention étrangère', http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_russe)

 

 

Staline et le massacre de Katyn

« Avec une obstination maniaque, la bourgeoisie s’affaire à confirmer dans la conscience collective le mythe des 'cruautés de Staline' à propos de l’exécution, en avril 1940, par des troupes du Ministère de l’Intérieur, dans le bois de Katyn, près de Smolensk, de 10.000 officiers polonais. En 1993, aveuglé par un anticommunisme ardent, le régime d’Eltsine a reconnu, par intérêt politique, cette falsification, cette gigantesque provocation. Pourtant, encore avant la libération de Smolensk par l’Armée Rouge, les experts internationaux de la commission envoyée à Katyn par les Allemands, ont constaté que les balles dans les cadavres étaient de marque allemande GEZO, série D, calibre 7.65 mm. Le 8 mai 1943, le menteur pathologique Goebbels, écrivait dans son journal : « Malheureusement, on a trouvé des munitions allemandes dans les fosses de Katyn… Si ce fait est connu de l’ennemi, il faudra alors renoncer à toute l’histoire de Katyn. » L’émigration polonaise, « le gouvernement en exil » de Sikorsky, a spécialement insisté sur cette version. Staline a fermement déclaré : « Nous débarrasserons la Pologne du gouvernement émigré. » Il a catégoriquement rejeté « la pression sur le Gouvernement Soviétique dans le but de lui arracher des reculs territoriaux sur le compte des intérêts de l’Ukraine Soviétique, de la Biélorussie Soviétique et de la Lituanie Soviétique ». Dans un entretien intime, Roosevelt a déclaré qu’une partie importante de ses électeurs était d’origine polonaise et balte… et bien « qu’il soit personnellement d’accord avec Staline à propos du déplacement de la frontière russo-polonaise vers l’Ouest… il ne pouvait appuyer publiquement un tel accord à l’heure actuelle ». » (Oleg Shenine, Le rôle de J.V. Staline et du Parti Communiste (Bolchévik) de l’Union Soviétique dans la Grande Guerre Patriotique de 1941-1945. http://www.geocities.com/komintern_doc/komintern022.htm)

« Au cours des deux premières années qui suivent la victoire sur l'Allemagne, la plupart des journaux conservent encore (sauf exceptions) une certaine retenue dans leurs accusations et attaques venimeuses contre l'Union soviétique. A partir de 1947, c'est un déluge d'infamies qu'il est impossible de relever, tant elles sont nombreuses et quotidiennes. A qui la palme ? Sans doute à l'hebdomadaire gaulliste Carrefour. Ce dernier publie un dessin : Deux soldats russes, coiffés du bonnet mongol à étoile rouge, hirsutes et squelettiques comme de bien entendu. Ils n'ont pas le couteau entre les dents mais un revolver à la main et à leurs pieds gît un officier polonais assassiné. C'est le dessin, à peine retouché, paru en 1943 dans le journal de Goebbels « Das Reich », au moment de la macabre mise en scène de « la fosse de Katyn » ! » (Fernand Grenier, Au pays de Staline, 1950, Edition numérique, p. 43.)

 

 

Staline et les pertes humaines soviétiques de la Seconde Guerre Mondiale Impérialiste

La bourgeoisie, ne reculant devant aucun mensonge quand elle cherche à faire croire que le camarade Staline n'accordait aucune valeur à la vie humaine, n'hésite pas à lui faire dire le contraire de ce qu'il a dit.

Il nous faut d'abord noter que la bourgeoisie estime les pertes humaines entre « 17 à 26 millions pour l’Union soviétique » (Encarta 2004 ; Le Bilan de la Seconde Guerre Mondiale.)

Face à cela, la bourgeoisie affirme donc que :

« Staline tente de minimiser la saignée humaine en reconnaissant seulement 7 millions de morts. » (Encarta 2004 ; Prix et conséquences de la Guerre en URSS.)

Y a-t-il ici un semblant de vérité ? Nullement ! Non seulement Staline reconnaissait que l'URSS avait subi des pertes bien plus lourdes, mais encore les mettait-il en avant pour rappeler aux impérialistes anglo-américains fauteurs de guerre le rôle de l'URSS dans la victoire contre le nazisme.

Ainsi, dans son « Interview au sujet du discours de M. Churchill à Fulton », en mars 1946 (soit moins d'un an après la fin de la guerre), Staline rappelait à Churchill que :

« Par suite de l'invasion allemande, l'Union Soviétique a perdu sans retour, dans les combats avec les Allemands, pendant l'occupation et par l'envoi d'hommes soviétiques dans les bagnes allemands, près de dix-sept millions de personnes. Autrement dit, les pertes de l'Union Soviétique dépassent de plusieurs fois celles de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis pris ensemble. Il est possible qu'en certains lieux on soit enclin à oublier ces pertes colossales du peuple soviétique, qui ont rendu possible la libération de l'Europe du joug hitlérien. Mais l'Union Soviétique ne peut oublier ces pertes. » (Joseph Staline, Oeuvres, Tome XVI (1941-1949), NBE, 1975, p.212-213.)

On voit encore une fois comment la bourgeoisie s'est « admirablement » assimilée la pratique des mensonges à la Goebbels !

 

 

Ennemis et amis : Ils ont dit...

Discours de Stéphane Courtois (co-auteur du Livre noir du communisme) — Comment comprendre Staline, Académie des Sciences Morales et Politiques, séance du 24 février 2003 :

« Ces explications psychologisantes [de Khrouchtchev et Trotsky], si elles recèlent une part de vérité, reposent souvent sur des rumeurs qui s’avèrent aujourd’hui non fondées : cet homme aux nerfs d’acier n’a jamais tremblé, n’a connu aucun effondrement psychologique en juin 1941, et a pendant 35 ans travaillé 15 heures par jour. (...) dans la phase de fondation du système, de 1917 à 1953, c’est bien l’idéologie qui a commandé la conduite de Lénine puis de Staline. (…) on l’oublie trop, Staline était un authentique bolchevique élevé à l’école du léninisme. (…) Staline n’était donc pas l’obscur apparatchik décrit par Trotsky, mais l’un des collaborateurs directs de Lénine et parmi les plus appréciés pour son soutien sans faille au leader, son sens de la discipline, son sang-froid et sa fermeté de caractère exceptionnels, sa détermination et son absence totale de scrupules et de pitié dans l’action qui furent des atouts majeurs lors de la guerre civile de 1918-1920. (...) Staline a été le plus brillant homme de pouvoir du XXe siècle, celui qui sut le mieux mettre en adéquation ses moyens avec ses objectifs. Bien sûr, un tel système fondé sur la destruction de la propriété privée et l’économie administrée, sur la terreur et le mensonge, et enfin sur la négation de la personne humaine et la prétention à créer un « homme nouveau », relevait du délire, « construction intellectuelle pathologique sans liaison avec le monde réel, et qui s’accompagne d’une conviction absolue ». »

Winston Churchill, le 21 décembre 1959, à l'occasion du 80ème anniversaire de la naissance de Staline :

« C'était une chance pour la Russie que dans les années de grandes épreuves, à la tête du pays s'est trouvé le génie et inébranlable commandant, Staline. (...) Il était la plus brillante personne, qui tenait tête à notre cruelle et changeante époque, dans laquelle sa vie s'est passée. (...) Staline possédait surtout un sens aigu de l'humour et du sarcasme, et la capacité de saisir exactement nos pensées. Cette force de Staline était tellement grande, qu'il s'est imposé comme unique parmi les dirigeants d'Etat de tous les temps et de tous les peuples. (...) Staline nous impressionnait beaucoup. Il possédait une profonde sagesse, réfléchie et logique, privée de toute panique. Dans les moments difficiles, il était un maître invincible pour trouver une issue de la situation la plus empêtrée. Aussi bien dans les moments les plus critiques, que dans les moments de victoire, Staline était tout aussi retenu et ne tombait jamais dans les illusions. Il était une personne extraordinaire. Il a créé et soumis un empire énorme. (...) Staline a hérité d'une Russie à la charrue, et l'a laissée avec l'arme atomique. (...) Staline était un homme d'une énergie inhabituelle, (...) impitoyable dans les discussions, à qui même moi, formé dans le Parlement britannique, ne pouvais rien opposer (...) L'histoire n'oublie pas de telles personnes. »

Alexandre Zinoviev :

« J'ai été un antistalinien convaincu dès l'âge de dix-sept ans. L'idée d'un attentat contre Staline envahit mes pensées et mes sentiments. » (Les Confessions d'un homme en trop, 1990.)

« Lorsque Staline était encore en vie, je voyais ça autrement, mais maintenant que je peux survoler ce siècle, je dis : Staline a été la plus grande personnalité de notre siècle, le plus grand génie politique. Adopter une attitude scientifique à l'égard de quelqu'un est autre chose que manifester son attitude personnelle. » (Interview Humo, 25 février 1993.)

« Notre époque n'est pas que post-communiste, elle est aussi post-démocratique. Nous assistons aujourd'hui à l'instauration du totalitarisme démocratique ou, si vous préférez, de la démocratie totalitaire. » (La Grande rupture, 1999.)

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Théodore Dreiser (écrivain américain), de retour d'une visite en URSS en 1927 rapporta dans son ouvrage Dreiser Looks at Russia qu'il était le plus impressionné par deux choses :

« l'enthousiasme jamais vu du peuple soviétique, et le salaire de Staline – 225 roubles, alors que celui d'un mineur était de 250 roubles. »

En raison de ses vues politiques radicales, le FBI et le président Hoover surveillèrent Dreiser de près durant les années 1930.

Bernard Show, (écrivain irlandais), de retour d'une visite en URSS au début des années 1930 s'exprimant sur les réussites de l'édification socialiste de l'Union Soviétique et observant l'enthousiasme du peuple soviétique dans l'exécution des plans quinquennaux de Staline déclarait à son retour en Angleterre, à l'aéroport :

« Je reviens de l'avenir pour me plonger dans le passé. »

L'avenir, c'était l'Union Soviétique socialiste, le passé, c'était l'Angleterre capitaliste.

Mao Tsé-toung, le 15 novembre 1956 :

« A mon avis, il y a deux 'épées' : l’une est Lénine et l’autre, Staline. L’épée qu’est Staline, les Russes l’ont maintenant jetée. Gomulka et certains Hongrois l’ont ramassée pour frapper l’Union soviétique, pour combattre ce qu’on appelle le stalinisme. Les impérialistes se servent aussi de cette épée pour tuer les gens ; Dulles par exemple l’a brandie un moment. Cette arme n’est pas prêtée, elle est jetée. Nous autres Chinois, nous ne l’avons pas rejetée. Quant à l’épée qu’est Lénine, n’a-t-elle pas été, elle aussi, rejetée en quelque sorte par les dirigeants soviétiques ? A mon avis, elle l’a été dans une assez large mesure. La révolution d’octobre est-elle toujours valable ? Peut-elle encore servir d’exemple aux différents pays ? Le rapport de Khrouchtchev dit qu’il est possible de parvenir au pouvoir par la voie parlementaire ; cela signifie que les autres pays n’auraient plus besoin de suivre l’exemple de la révolution d’octobre. Une fois cette porte grande ouverte, le léninisme est pratiquement rejeté. »

 

 

 

'Stalinisme' : quelques observations concernant les procès de Moscou

 http://users.skynet.be/roger.romain/proces_de_moscou.htm

Il a été question sur le forum "Paix socialisme communisme", des fameux procès de Moscou des années '30, mis à charge des crimes imputables au "stalinisme". Et ces procès reviennent d'ailleurs constamment dans la presse et les écrits comme de véritables slogans qui ne sont jamais approfondis ni démentis de la propagande anti-communiste. J'y reviens donc avec les observations et témoignages d' époques suivants :

Extraits du livre, paru en 1943, à Zurich, de J. E. Davies « Comme ambassadeur des E-U à Moscou. Des rapports authentiques et confidentiels sur l'Union Soviétique jusqu' en octobre 1941 ».

Davies a suivi — tous les diplomates le pouvaient — les procès de Moscou, comme observateur (il était juriste).

Le 17 mars 1938, il a câblé ses impressions du procès de Boukharine et d'autres à Moscou, à Washington. La dépêche est conçue ainsi (extraits) :

« Malgré mes préjugés... ayant observé quotidiennement les témoins et leur manière de faire leurs dépositions, et en raison de faits jusqu'alors méconnus, justifiés... je suis arrivé à la conclusion que les accusés ont bien violé les lois soviétiques énumérées dans les actes d' accusation. Celles-ci ont été prouvées contradictoirement, et confirment les accusations de haute trahison et justifient les condamnations portées contre eux. L'opinion des diplomates qui avaient assisté régulièrement aux débats a été unanime, le procès a dénoncé l'existence d'un complot d'opposition politique de très haut niveau. Le procès leur a permis de comprendre les événements qui leur étaient jusqu'alors, incompréhensibles. » (p. 209)

Davis, avait en 1937 déjà, assisté au procès de Radek et d'autres, et avait envoyé un rapport à leur sujet le 17 février 1937 au Secrétaire d'Etat des E-U. Dans ce rapport, il disait entre autres (p. 33) :

« Une raison objective... m'a fait conclure, à contre coeur — que l'Etat a réellement prouvé les accusations. Il n'y a aucun doute de l'existence d'une conspiration très importante parmi les dirigeants, contre le gouvernement soviétique et que les violations des lois portées dans l'acte d'accusation, avaient été réellement commises et donc punissables. J'ai parlé avec pratiquement tous les membres du corps diplomatiques ici, et à, peut-être, une seule exception, tous étaient de l'avis que les débats avaient établi l'existence d'un plan secret et d'une conspiration qui visait à éliminer le gouvernement. »

Dans son journal, le 11 mars 1937, Davies a noté l'épisode suivant :

« Un autre diplomate m'a fait hier une remarque instructive. Nous parlions du procès et il a dit "Les accusés sont sans aucun doute fautifs, nous tous qui avons assisté au procès, sommes unanimes. Pour le monde extérieur, par contre, les comptes-rendus paraissent comme des mises en scène. Il savait toutefois que c'était inexact, mais vraisemblablement, cela était bon, que le monde extérieur ait cette impression". » (p. 86)

Davies parle de nombreuses arrestations et "épurations" le 4 juillet sur ordre du ministre des Affaires étrangères Litvinov. Concernant Litvinov, il rend compte :

« Litvinov... a déclaré qu'avec ces épurations il est certain qu'aucune trahison au profit de Berlin ou de Tokyo, ne serait possible. Un jour le monde comprendra que ce qui a été fait était nécessaire. Il fallait qu'ils protègent leur gouvernement de cette "trahison menaçante". Oui, en réalité, ils ont rendu service au monde entier, car ils ont protégé du danger de la domination mondiale des nazis de Hitler. L'Union Soviétique est un fort bastion contre le danger national-socialiste. Le jour viendra, où le monde pourra reconnaître quel grand homme était Staline. » (p. 128)

Riche en enseignements, est aussi la description de son entretien avec Staline, contenue dans la lettre du 9 juin 1938 à sa fille. Il avait été impressionné par la personnalité de Staline :

« Si tu peux t'imaginer une personnalité dans tous les domaines totalement contraire à ce que ses plus féroces adversaires sont arrivés à imaginer, alors tu as une image de cet homme. La situation que je constate ici et ses personnalités sont diamétralement opposées. L'explication réside dans le fait que les hommes sont prêts à faire pour une religion ou une "cause", ce qu' ils n'auraient jamais pu faire autrement. » (p. 276)

Après l'agression de l'Union Soviétique, par les fascistes, Davies résume ses opinions en 1941 avec les mots "les procès pour haute trahison ont mis en déroute la 5ème colonne de Hitler". (p. 209).

En 1936, le procès contre Zinoviev et d'autres avait eu lieu. L' avocat britannique D.N. Pritt (K.C.) avait pu y assister. Il a écrit ses impressions dans son livre "From Right to Left" paru en 1965 à Londres.

« Mon impression a été, que le procès a, en général, été mené équitablement et que les accusés étaient coupables. L'impression de tous les journalistes avec lesquels j'ai pu parler, a été également que le procès était équitable et les accusés coupables. Certainement tous les observateurs étrangers — il y en avait beaucoup, surtout des diplomates — pensaient la même chose. J'ai entendu l'un d'eux dire "Naturellement qu'ils sont fautifs. Mais pour des raisons de propagande, nous devons le nier". » (pp. 110-111)

Il en ressort donc, d'après les affirmations de tels experts en droit bourgeois tels que Davies et Pritt, que les accusés des procès de Moscou de 1936, 1937 et 1938 ont été condamnés parce que les accusations ont été prouvées. Dans ce contexte, il faut rappeler ce que Berthol Brecht a écrit sur ces procès, par exemple la conception des accusés.

« Une fausse conception les a conduits à un profonds isolement et au crime. Toute la racaille du pays et de l'étranger, tous ces parasites, le sabotage et l'espionnage s'est instauré en eux. Ils avaient les mêmes buts que les criminels. Je suis persuadé que c'est la vérité et qu'elle sera comprise comme telle en Europe de l'Ouest, même par des lecteurs ennemis... Le politicien qui a besoin de la défaite pour atteindre le pouvoir, oeuvre pour la défaite. Celui qui veut être le "sauveur", oeuvre pour une situation dans laquelle il pourra sauver une situation donc mauvaise... Trotski a d'abord interprété l'effondrement de l'Etat ouvrier en conséquence de la guerre, comme danger, mais après, elle devient pour lui, préalable à son action pratique. Si la guerre arrivait, la construction "précipitée" s'effondrerait, l'appareil s'isolerait des masses. A l'extérieur, il faudra renoncer à l'Ukraine, à la Sibérie orientale, etc... à l'intérieur, il faudra faire des des concessions, retourner aux formes capitalistes, renforcer ou laisser se renforcer les koulaks ; mais tout cela va dans le sens d' une nouvelle action, le retour de Trotski. Les centres anti-staliniens, n'ont pas la force morale de faire appel au prolétariat, moins parce que ces gens sont des pleutres, que parce qu'ils n'ont pas de réelle base organisée dans les masses, n'ont rien à proposer, n'ont pas de devoirs pour les forces productrices du pays. Ils avouent. On peut tout aussi bien penser, qu'ils avouent plutôt plus que pas assez. » (B. Brecht, écrits sur la politique et la société L.I. 1919-1941. Aufbau — Verlag. Berlin et Weimar,  1968 — p. 172-s).

Si nous partons du principe du Davies et Pritt (et Brecht) avec leur jugement du procès de Moscou, avaient raison, alors il faut se poser nécessairement la question : Est-ce que ceux — comme Khrouchtchev et Gorbatchev — qui ont déclaré les condamnés des procès de Moscou, victimes innocentes ne l'ont-ils pas fait, parce qu'ils sympathisaient avec ceux eux ou étaient même complices et qu' ils voulaient mettre à sa fin leur entreprise échouée ?

 

 

60ème anniversaire de la victoire soviétique sur le fascsime

« Pari réussi pour Vladimir Poutine. Le président russe est parvenu à réunir hier à Moscou, dans une atmosphère consensuelle, le gratin des dirigeants mondiaux pour célébrer le soixantième anniversaire de la victoire de 1945 sur les nazis. La parade militaire, à laquelle participaient plus de 7 000 soldats et quelque 2 500 anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale, a été lancée après que le carillon du Kremlin eut sonné 10 heures. Trois soldats ont alors traversé la place Rouge, en portant le drapeau de l’armée soviétique, redevenu l’emblème de l’armée russe sous Vladimir Poutine. Poutine, qui s’est attaché depuis son arrivée au pouvoir en 2000 à restaurer la grandeur perdue de la Russie, a tenu à souligner dans ses discours le rôle majeur de l’Union soviétique – avec ses 27 millions de morts – dans la victoire sur le nazisme. Mais il a su ménager ses hôtes. S’exprimant devant George W. Bush, Jacques Chirac et le chancelier allemand Gerhard Schröder, parmi une soixantaine de dirigeants étrangers, il en a profité pour vanter une nouvelle alliance contre le terrorisme. Le maître du Kremlin a évité tout sujet délicat, ne faisant aucune allusion à la polémique avec les Baltes et les Etats-Unis sur l’« occupation » soviétique qui a suivi la libération de l’est de l’Europe par l’Armée rouge, un terme vivement réfuté par Moscou. Seul couac, des milliers de communistes russes ont manifesté hier dans la capitale en réclamant la démission de Poutine et la glorification de Staline. Par ailleurs, le déplacement des leaders mondiaux a été désavoué par des défenseurs des droits de l’homme et des séparatistes tchétchènes, qui en avaient dénoncé dimanche le « cynisme ». (Avec AFP). » (La place Rouge fait place nette – Mardi 10 mai 2005 ; http://www.20minutes.fr/journal/monde/article.php?ida=51161)

« Plus la guerre s'éloigne, plus on en rajoute ! » Ivan, 81 ans, la poitrine bardée d'étoiles et de rubans, sera aujourd'hui parmi les anciens combattants qui défileront sur la place Rouge. Mais il est bien conscient de n'être qu'un figurant dans une vaste mise en scène de l'Histoire. « Cette année, j'ai particulièrement hésité à participer, avoue ce vétéran, rencontré lors d'une des nombreuses répétitions des cérémonies organisées ces dernières semaines au centre de Moscou. Je suis déçu de notre gouvernement, qui vient de nous supprimer toute une série d'avantages sociaux. Et je vois que la liberté pour laquelle nous nous étions battus profite surtout aux capitalistes qui occupent maintenant la Russie ! Mais c'est sans doute la dernière fois que j'ai la force de participer à cette grande célébration. En passant sur la place Rouge, j'aurai surtout une pensée pour Lénine et Staline, que je saluerai ! » (Libération, mai 2005.)

 

 

"Nostalgies staliniennes"

« Mené en juin 2005 sur un échantillon de 2 000 jeunes âgés de 16 ans à 29 ans, un troisième sondage confirme la tendance. Staline, dont 70 % des sondés savent qu'il a « fait torturer, emprisonner et tuer des millions d'innocents », n'est paradoxalement qualifié de « cruel tyran » que par 43 % de ces jeunes. L'ambivalence de leurs sentiments, alliée à d'évidentes lacunes historiques, les conduit même à le qualifier de « leader avisé » (51 % contre 39 %), dont on a « exagéré le rôle dans les répressions » (42 % contre 37 %) et qui, au total, a fait « plus de bien que de mal » (56 % contre 33 %). Ils ne sont que 28 % à lui dénier le mérite de la victoire sur le nazisme. La grande majorité semble ignorer les purges massives qu'il infligea à l'armée Rouge, l'affaiblissant dangereusement à la veille de la Seconde Guerre mondiale. » (http://www.jeuneafrique.com)

Si 'lacunes historiques' il y a, c'est évidemment du fait que la grande majorité des russes a été abreuvée de mensonges pendant un demi siècle de pouvoir révisionniste-bourgeois... Aujourd'hui, les historiens anti-communistes les plus sérieux reconnaissent que les chiffres des 'victimes du stalinisme' ont été démesurément gonflés : Dans son livre Le siècle soviétique (Fayard — Le Monde Diplomatique, Paris, 2003), Moshe Lewin prend pour base le chiffre avancé par Zemskov : 700 000 personnes arrêtées pour des raisons politiques ont été exécutées entre 1921 et 1953. Seul 'couac' : ces historiens 'objectifs' essaient malgré tout de maintenir intact le mythe 'de la terreur sous la dictature personnelle de Staline' ! (et surtout n'envisagent pas un seul instant le fait que ces fusillés aient pu être vraiment coupables...)

 

 

 

 

Traduit de l'anglais par le Collectif Militant Communiste — www.militcom.org —, le texte suivant démontre la véritable nature des famines en Ukraine, l'étendue et la signification des grandes purges de 1938, etc... Bref la falsification historique la plus abjecte et la plus grossière, selon l'adage de Goebbels !

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D’Hitler à Hearst, de Conquest à Soljenitsyne

Ou l'histoire de millions de personnes prétendument incarcérés et mortes dans les camps de travaux forcés de l'Union soviétique et suite à la famine à l’époque  de Staline.

Aujourd’hui dans le monde où nous vivons, qui peut éviter d'entendre les histoires épouvantables de mort soupçonnée et de meurtres dans les camps de travaux forcés (goulag) de l'Union soviétique ?

Qui peut éviter d’entendre les histoires sur les millions de personnes qui sont mortes de faim et sur les millions d'opposants exécutés en Union soviétique du temps de Staline ? Dans le monde capitaliste ces histoires sont répétées à maintes reprises dans des livres, des journaux, à la radio et la télévision et dans des films et le nombre mythique de millions de victimes du socialisme n’a fait qu’augmenter à pas de géant dans les 50 dernières années.

Mais d’où en fait viennent ces histoires et ces chiffres ? Qui est derrière tout cela ? Et une autre question : où est la vérité dans ces histoires ?

Quelles informations peut-on trouver dans les archives de l'Union soviétique, autrefois secrètes, mais ouvertes à la recherche historique par Gorbatchev en 1989 ? Les auteurs des mythes avaient  toujours dit  que les chiffres sur les millions de morts dans l’ Union soviétique de Staline seraient confirmés le jour où les archives seraient ouvertes. Cela est-il  arrivé ? Leurs dires ont-ils été confirmés ?

L'article suivant nous montre d’où proviennent ces histoires de millions de morts de famine ou dans des camps de travaux forcés dans  l’Union soviétique de Staline et qui est derrière tout cela.

L'auteur, après l'étude des comptes rendus de recherche qui ont été effectuées sur les archives de l'Union soviétique, est en mesure de fournir, sous forme de données concrètes, le nombre réel de prisonniers, le nombre  d’années passées en prison, le nombre réel de ceux qui sont morts et de ceux qui ont été condamnés à mort dans  l’Union soviétique de Staline. La vérité est très différente du mythe.

L’auteur, Mario Sousa est membre du Parti Communiste de Suède, KPML (r). L'article à été publié dans le journal du Parti Comunist Proletären en avril 1998.

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Les mensonges sur l’histoire de l’Union Soviétique

1). De Hitler à Hearst, de Conquest à Soljenitsyne

On prétend que des millions de personnes furent emprisonnés à l’époque de Staline et moururent dans les camps de travail de l’Union soviétique ou à cause de la famine. A notre époque, qui n’a pas entendu parler d’histoires terribles sur les victimes du goulag, les camps de travail de l’Union soviétique ?

Qui n’est pas au courant des histoires sur les millions de gens morts de faim et sur les millions d’opposants politiques exécutés en Union soviétique, à l’époque de Staline ? Dans le monde capitaliste, ces histoires sont répétées à satiété dans les livres, les journaux, à la radio, à la télévision et dans les films. Ces 50 dernières années, les estimations des soi-disant millions de victimes du socialisme ont gonflé démesurément. Mais, en fait, qu’est-ce qu’il en est vraiment de ces histoires, et ces chiffres, d’où viennent-ils ? Qu’est-ce qui se cache vraiment derrière tous ça ?

Encore d’autres questions : est-ce que ces histoires sont vraies ? Et quelles informations trouve-t-on dans les archives de l’Union soviétique, secrètes à l’origine, mais qui sont accessibles aux recherches historiques depuis Gorbatchev, en 1989 ? Les auteurs des mythes sur l’Union soviétique ont toujours affirmé que toutes ces fables sur les millions de morts sous Staline seraient confirmées le jour où les archives seraient disponibles. Qu’en est-il ? Que confirment-elles ?

L’auteur de cet article, après avoir les conclusions des études des recherches faites dans les archives de l’Union soviétique est en mesure de fournir des informations concrètes sur les chiffres et le nombre réel de prisonniers, les années que les prisonniers effectuaient et le nombre réel de morts et de condamnés à mort en Union soviétique sous Staline. Et la vérité est bien différente du mythe.

Je suis membre du Parti Communiste de Suède, le KPML(r). L’article a été publié dans le journal du parti, Proletären en avril 1998.

Il existe un lien historique direct entre Hitler et Hearst, Conquest et Soljenitsyne. En 1933, se produisait en Allemagne un changement politique qui a marqué profondément l’histoire mondiale pour des décennies. Le 30 janvier, Hitler devenait Premier ministre et un nouveau type de gouvernement apparaissait, violent et sans lois. Pour consolider leur pouvoir, les nazis appelèrent à de nouvelles élections pour le 5 mars de la même année, utilisant toute la propagande qu’ils pouvaient utiliser pour s’assurer la victoire. Une semaine avant les élections, le 27 février, les nazis avaient mis le feu au parlement et avaient accusé les communistes d’en être responsable. Au cours des élections qui suivirent, les nazis obtinrent 17,3 millions de votes et 288 députés, soit 48% de l’électorat (en novembre 1932, ils avaient obtenu 11,7 millions de voix et 196 députés). Le Parti Communiste fut interdit. Les nazis commencèrent à persécuter les sociaux-démocrates et le mouvement syndical, et les premiers camps de concentration virent le jour, remplis d’hommes et de femmes de gauche. Dans le même temps, le poids d’Hitler au parlement continua de grossir, avec l’aide de la droite. Le 24 mars, Hitler présenta une loi au parlement pour qu’on lui donne le pouvoir absolu afin de gouverner le pays durant 4 ans, sans avoir besoin de consulter le parlement. A partir de là, les persécutions ouvertes contre les Juifs commencèrent, les premiers à suivre dans les camps de concentration les communistes et la gauche social-démocrate qui les avaient précédés. Hitler fit un coup d’Etat pour avoir le pouvoir absolu, renonçant aux accords internationaux de 1918 qui restreignaient l’armement et la militarisation de l’Allemagne. Le réarmement de l’Allemagne alla très vite. C’est dans cette situation politique internationale que les mythes concernant des gens mourant en Union soviétique commencèrent à paraître.

2). L’Ukraine comme territoire allemand

A côté d’Hitler, à la tête du gouvernement allemand, il y avait Goebbels, le Ministre de la Propagande, l’homme chargé d’inculquer le rêve nazi au peuple allemand. C’était un rêve de pureté raciale dans une Grande Allemagne, possédant un large lebensraum, l’espace vital pour vivre. Une partie de ce lebensraum, à l’est de l’Allemagne, plus grande encore que le pays lui-même, attendait d’être conquis et incorporée à la nation allemande. En 1925, dans Mein Kampf, Hitler avait parlé de l’Ukraine comme d’une région essentielle pour l’Allemagne. L’Ukraine et d’autres régions de l’Europe de l’Est devaient lui appartenir puis ensuite devenir « propres ». Selon la propagande nazie, l’épée nazie devait libérer ce territoire pour permettre à la race allemande de s’épanouir. Avec la technologie et l’industrie allemandes, l’Ukraine serait transformée en région pour produire des céréales afin de nourrir l’Allemagne. Mais les Allemands devaient d’abord libérer l’Ukraine de sa population « d’êtres inférieurs » qui, selon la propagande nazie, devait être réduite en esclavage et mise au travail dans les maisons, les usines et les campagnes allemandes - là où en avait besoin l’économie allemande.

La conquête de l’Ukraine et les autres territoires de l’Union soviétique nécessitait une guerre contre l’Union soviétique, et cette guerre devait être préparée bien à l’avance. A cette fin, le ministère nazi de la propagande, dirigé par Goebbels, mis sur pied une campagne autour d’un supposé génocide commis par les Bolcheviks en Ukraine qui avait connu selon eux une période épouvantable de famine, délibérément provoqué par Staline pour forcer les paysans à accepter le socialisme. Le but de la campagne nazie était de préparer l’opinion publique internationale à la « libération » de l’Ukraine par les troupes allemandes. Malgré d’énormes efforts et en dépit du fait que de nombreux textes de propagande allemande furent publiés dans la presse britannique, la campagne nazie autour du soi-disant ‘génocide’ en Ukraine n’eut pas beaucoup de succès au niveau mondial. Il était clair que Hitler et Goebbels avaient besoin d’aide pour répandre leurs rumeurs et leurs diffamations sur l’Union soviétique. Ils trouvèrent de l’aide aux Etats-Unis.

3). William Hearst, l’ami d’Hitler

William Randolph Hearst est le nom d’un multimillionnaire qui aida les nazis dans leur guerre psychologique contre l’Union soviétique. Hearst était un très grand patron de presse américain, connu comme le ‘père’ de ce qu’on appelle « la presse jaune », la presse à sensation. William Hearst avait commencé sa carrière comme rédacteur en chef en 1885, lorsque son père, George Hearst, un millionnaire de l’industrie minière, sénateur et propriétaire de journaux lui-même, le nomma à la tête du San Francisco Daily Examiner.

Ce fut aussi le début de l’empire de presse de Hearst, un empire qui influença énormément la vie quotidienne et la pensée des Nord-américains. Après la mort de son père, il vendit toutes les parts de l’industrie minière dont il avait hérité et commença à investir dans le monde de la presse. Son premier achat fut le New York Morning Journal, un vieux journal que Hearst transforma complètement pour en faire un journal à ragots. Il achetait ces histoires à n’importe quel prix, et lorsqu’il n’y avait pas assez d’atrocités ou de crimes à raconter, ses chers journalistes et photographes les ‘arrangeaient’ à leur sauce. C’est ce qui caractérise la « presse jaune » : des mensonges et des atrocités « arrangés » et servis comme vraies.

Ces mensonges firent de Hearst un millionnaire et un personnage très important dans le monde de la presse. En 1935, il était devenu un des hommes les plus riches de la planète et sa fortune était estimée à 200 millions de dollars. Après la vente du Morning Journal, Hearst se mit à acheter et à fonder des journaux quotidiens et hebdomadaires à travers tous les Etats-Unis. Dans les années 40, Hearst possédait 25 quotidiens, 24 hebdomadaires, 12 stations de radio, 2 agences de presse, une entreprise fournissant des faits-divers pour les films, la compagnie de cinéma Cosmopolitan, et beaucoup d’autres choses encore. En 1948, il acheta une des premières chaînes de télévision américaine, BWA, à Baltimore. Les journaux de Hearst se vendaient à 13 millions d’exemplaires chaque jour et avaient 40 millions de lecteurs. Près d’un tiers de la population adulte américaine lisait chaque jour un journal de Hearst. En plus, des millions de gens à travers le monde recevaient des informations de la presse de Hearst via ses agences de presse, ses films et ses journaux, traduits et publiés en gros tirage dans le monde. Les chiffres cités montrent combien l’empire de Hearst eut le pouvoir d’influencer la politique américaine, et de là, la politique dans le monde, pendant de très longues années. Sa presse refusa par exemple pendant longtemps que les Etats-Unis entrent dans la Seconde Guerre Mondiale du côté de l’Union soviétique. Elle soutint plus tard le Maccarthysme, la chasse aux sorcières anticommuniste dans les années 50.

La conception du monde de William Hearst était ultra-conservatrice, nationaliste et anticommuniste. Sa politique était à l’extrême droite. En 1934, il voyagea en Allemagne et fut reçu comme un invité et un ami par Hitler. Après son voyage, les journaux de Hearst devinrent encore plus réactionnaires, publiant toujours plus d’articles contre le socialisme, contre l’Union soviétique et contre Staline en particulier. Hearst tenta aussi de servir directement la propagande nazie en publiant une série d’articles de Goering, le bras droit d’Hitler. Les protestations de beaucoup de lecteurs, néanmoins, le força à arrêter la publication de ces articles et de les retirer de la circulation.

Après la visite à Hitler, la presse à sensation de Hearst fut remplit de « révélations » sur les terribles évènements qui se produisaient en Union soviétique : meurtres, génocide, esclavage, débauche des dirigeants et misère du peuple, tous cela faisant quotidiennement les gros titres. La matière était fournie par la Gestapo, la police politique nazie. Sur la première page des journaux apparaissaient souvent des caricatures et des photos trafiquées d’Union soviétique, avec par exemple Staline, caricaturé en criminel avec un couteau dans les mains. N’oublions pas que ces articles étaient lus chaque jour par 40 millions de personnes aux Etats-Unis et des millions d’autres à travers le monde !

4). Le mythe de la famine en Ukraine

Une des premières campagnes de presse de Hearst contre l’Union soviétique concerna les millions de personnes soi-disant mortes de faim en Ukraine. Cette campagne commença le 18 février 1935, avec en gros titre de Une du Chicago American, la nouvelle de 6 millions de personnes mortes de faim en Union soviétique. Utilisant le sujet fourni par l’Allemagne nazie, William Hearst en baron de la presse et en sympathisant des nazis, commença à fabriquer des histoires sur un soi-disant génocide provoqué par les Bolcheviks ayant entraîné la mort de plusieurs millions de personnes en Ukraine. La vérité est bien différente. En fait, ce qui se produisait en Union soviétique, c’était au début des années 30, une lutte des classes sans précédent au cours de laquelle les paysans sans terre se soulevaient contre les riches propriétaires terriens, les koulaks, et commençaient à se battre pour la collectivisation, une lutte pour créer les kolkhozes.

Cette immense lutte des classes, touchant directement ou indirectement quelques 120 millions de paysans, a certainement provoqué des troubles dans la production et des pertes agricoles dans certaines régions. Avec moins à manger, les gens s’affaiblirent ce qui facilita la propagation des maladies infectieuses. Ces maladies étaient malheureusement communes dans le monde, à cette époque. Entre 1918 et 1920, une épidémie de fièvre espagnole avait causé la mort de 20 millions de personnes aux Etats-Unis et en Europe, mais personne n’avait accusé les gouvernements de ces pays d’avoir tué leurs propres citoyens. La vérité est que ces gouvernements ne pouvaient rien faire contre ce genre d’épidémie. C’est seulement avec le développement de la pénicilline pendant la Seconde Guerre mondiale qu’il fut possible de contenir de telles épidémies. Et ce ne fut possible partout que vers la fin des années 40.

Les articles de la presse Hearst affirmant que des millions de personnes mouraient de faim en Ukraine, délibérément provoqués par les communistes, semblaient crédibles et détaillées. La presse Hearst utilisait tous les moyens possibles pour que ces mensonges ressemblent à la vérité, et réussit à influencer l’opinion publique des pays capitalistes qui se retourna brusquement contre l’Union soviétique. Ce fut le début de la fabrication d’un des principaux mythes sur l’Union soviétique. A côté des révélations de la presse occidentale sur la soi-disant famine, personne ne voulut écouter les démentis de l’Union soviétique et les explications sur la fabrication des mensonges de la presse de Hearst, une situation qui dura de 1934 à 1987 ! Pendant plus de 50 ans, plusieurs générations d’individus à travers le monde furent nourries de ces calomnies confortant la mauvaise opinion qu’ils avaient du socialisme en Union soviétique.  

5). L’empire médiatique de Hearst en 1988

William Hearst mourut en 1951 dans sa maison à Beverley Hill en Californie. Il laissait derrière lui un empire médiatique qui continue encore aujourd’hui à propager ses nouvelles réactionnaires dans le monde entier. Aujourd’hui, la Hearst Corporation est une des plus grandes entreprises du monde, possédant plus de 100 magazines et employant 15 000 personnes. L’empire Hearst comprend des journaux, des magazines, des livres, des radios, des chaînes de télévision, des chaînes câblées, des agences de presse et du multimédia.

6). 52 ans pour que la vérité éclate

La campagne de désinformation nazie sur l’Ukraine ne cessa pas avec la défaite de l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Les mensonges nazis furent repris par la CIA et le MI5 (services secrets britanniques) et occupèrent une place importante dans la propagande de la guerre froide contre l’Union soviétique. Après la Seconde Guerre mondiale, le Maccarthysme, la chasse aux sorcières anticommuniste, a entretenu les fables sur les millions de morts de la faim en Ukraine. En 1953, un livre sur ce sujet fut publié aux Etats-Unis. Ce livre s’intitulait Black Deeds of the Kremlin (Sombres agissements au Kremlin). Sa publication fut financée par les réfugiés ukrainiens des Etats-Unis, des gens qui avaient collaboré avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Le gouvernement américain leur avait accordé l’asile politique en les présentant comme des « démocrates ».  

Lorsque Reagan fut élu à la présidence américaine dans les années 80 et commença sa croisade anticommuniste, la propagande sur les millions de morts en Ukraine fut une nouvelle fois activées. En 1984, un professeur d’Harvard publia un livre qui s’appelait Human Life in Russia (La vie humaine en Russie) qui répétait toutes ces fausses informations produit par la presse de Hearst en 1934. Puis, en 1984, les mensonges et falsifications nazies datant des années 30 ressortirent mais, cette fois, couvert par la« respectabilité » de l’université américaine. Mais ce n’est pas terminé. En 1986, un autre livre paru sur le même sujet, intitulé Harvest of Sorrow (Sanglantes Moissons), écrit par un ancien membre des services secrets britanniques, Robert Conquest, à présent professeur à l’Université Stamford en Californie. Pour ce genre de « travail », Conquest reçu 80 000 dollars de l’Organisation des nationalistes ukrainiens. Cette même organisation finança aussi un film réalisé en 1986, intitulé Harvest of Despair (Moissons du désespoir) dans lequel, entres autres, on puisait dans le livre que Conquest avait écrit. A ce jour, aux Etats-Unis, concernant l’estimation du nombre de victimes de la famine en Ukraine, on avance le chiffre de 15 millions de personnes !

Pourtant les millions de morts d’Ukraine provenant de la presse Hearst et répétés dans les livres et les films, sont des chiffres complètement faux. Le journaliste canadien Douglas Tottle a méticuleusement démonté ces falsifications dans son livre publié à Toronto en 1987 : Fraud, famine and fascism - (Mensonge, famine et fascisme : le mythe du génocide ukrainien d’Hitler à Harvard). Tottle a prouvé, entre autre, que les photographies utilisés montrant des scènes horribles d’enfants mourrant de faim, avaient en réalité été prises dans des publications de 1922, à l’époque où des millions de gens étaient morts à cause de la famine et de la guerre provoquée par l’intervention de 8 puissances étrangères en Union soviétique pendant la Guerre Civile de 1918-1921. Douglas Tottle révéla aussi toute la vérité sur les reportages bidon sur la famine de 1934, publiés dans la presse de Hearst. Un des journalistes qui a envoyé pendant très longtemps des reportages et des photographies de cette soi-disant famine était Thomas Walter, un individu qui n’avait jamais mis les pieds en Ukraine et a séjourné à Moscou que 5 jours en tout. Ces faits ont aussi été révélés par le journaliste Louis Fischer, le correspondant à Moscou de The Nation, un journal américain. Fischer releva que le journaliste M. Parrott, le vrai correspondant de presse de Hearst à Moscou, avait envoyé des reportages qui ne furent jamais publiés sur les récoltes excellentes en Union soviétique en 1933 et sur l’essor économique en Ukraine. Tottle démontra que le journaliste qui écrivait des reportages sur la soi-disant famine en Ukraine, « Thomas Waller », était en réalité Robert Green et que celui-ci s’était échappé d’une prison d’Etat dans le Colorado ! Ce Walker ou plutôt Green, lorsqu’il retourna aux Etats-Unis, fut arrêté et avoua à la cour qu’il n’avait jamais été en Ukraine. Mais ces mensonges sur les millions de victimes en Ukraine dans les années 30 dû à une famine supposée avoir été organisé par Staline, furent seulement découverts qu’en 1987 ! C’est ainsi que Hearst, les Nazis, l’agent Conquest et bien d’autres ont trompé des millions de personnes avec leurs mensonges et leurs reportages bidon. Encore aujourd’hui les histoires de Hearst et des nazis sont répétées systématiquement par les auteurs de droite.

La presse de Hearst, grâce à son monopole dans plusieurs états des Etats-Unis et le rôle de ses agences de presse partout dans le monde, fut le plus grand porte-parole de la Gestapo. Dans un monde dominé par le capital, Hearst réussit à transformer les mensonges de la Gestapo en « vérités » diffusées par des dizaines de journaux, de stations radio et plus tard par des chaînes de télévisions et des chaînes câblées partout dans le monde. La Gestapo disparue, la propagande de guerre contre le socialisme en Union soviétique continua comme si de rien n’était avec la CIA. Les campagnes anticommunistes de la presse américaine ne perdirent rien en intensité. Les trafics continuèrent comme avant, d’abord avec l’aide de la Gestapo puis avec la CIA.

7). Robert Conquest au coeur du mythe

Cet homme, si largement cité dans la presse bourgeoise, est un véritable apologiste du système bourgeois. Il doit attirer notre attention car Conquest est un des deux auteurs qui a écrit le plus sur les soi-disant millions de morts de la famine. C’est lui qui est en fait à l’origine des principaux mythes et mensonges concernant l’Union soviétique qui ont été répandu après la Seconde Guerre mondiale. Conquest a d’abord été connu pour son livre The Great Terror (La Grande Terreur) (1969) puis pour Moissons Sanglantes (1986). Conquest écrivit que des millions de gens étaient morts de faim en Ukraine, dans les camps de travail du goulag et pendant les grands procès de 1936-38, en utilisant pour cela des sources d’information d’exilés ukrainiens vivant aux Etats-Unis et appartenant à des parties de droite, des gens qui avaient collaboré avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. De nombreux héros de Conquest sont bien connus comme des anciens criminels de guerre qui ont dirigé et participé au génocide des Juifs ukrainiens en 1942. Un de ces personnages est Mykola Lebed, reconnu comme criminel de guerre après la guerre. Lebed était le chef de la sécurité à Lvov sous l’occupation nazie et dirigeait les terribles persécutions anti-juives en 1942. En 1949, la CIA récupéra Lebed et l’envoya aux Etats-Unis où il travailla comme agent de désinformation.

Le style des livres de Conquest est violent et d’un anticommunisme primaire. Dans son livre de 1969, Conquest raconte comment ceux qui ont succombé à la famine entre 1932 et 1933 avoisinent les 5 à 6 millions, la moitié d’entre eux ukrainiens. Mais en 1983, pendant la croisade anticommuniste de Reagan, Conquest a élargi la famine jusqu’à 1937 et a grossi le nombre de victimes pour atteindre 14 millions ! De telles affirmations si bien venues se devaient d’être récompensées : en 1986, Reagan lui demanda d’écrire des textes pour sa campagne présidentielle afin de l’aider à préparer le peuple américain à une invasion soviétique. Le texte en question s’intitulait « Que faire quand les Russes arrivent - un manuel de survie » ! Un étrange travail pour un professeur d’histoire !

Mais la vérité est qu’il n’y a rien d’étrange dans tous ça, venant d’un homme qui a passé sa vie entière à vivre des mensonges et des falsifications sur l’Union soviétique et Staline, d’abord comme agent des services secrets puis comme écrivain et professeur à l’université Stamford en Californie. Le passé de Conquest à été raconté par le Guardian de Londres, le 27 Janvier 1978, dans un article où il fut révélé qu’il avait été un ancien agent du département de désinformation des Services secrets britanniques, c’est-à-dire le Département de Recherche et d’Investigation, Information Research Department (IRD). L’IRD avait ouvert ses portes en 1947 (il s’appelait à l’origine le Bureau d’Information Communiste). Sa tâche principale consistait à combattre l’influence communiste partout dans le monde, en propageant des histoires chez les politiciens, les journalistes et d’autres personnes susceptibles d’influencer l’opinion publique. Les activités de l’IRD étaient très bien menées, aussi bien en Angleterre qu’à l’étranger. Lorsque l’IRD fut officiellement dissoute en 1977 après la découverte de liens avec l’extrême droite, on découvrit que pour la seule Grande Bretagne, plus de 100 journalistes renommés étaient en contact avec l’IRD et demandaient régulièrement des sujets pour leurs articles. C’était la règle pour de nombreux journaux britanniques comme le Financial Times, The Times, Economist, Daily Mail, Daily Mirror, The Express, The Guardian et d’autres. Les faits dévoilés par le Guardian donnent une indication de la manière dont les services secrets ont réussi à manipuler les journaux et à toucher un large public.

Robert Conquest travailla pour l’IRD jusqu’en 1956. Le « travail » de Conquest contribua au soi-disant « livre noir » de l’Union soviétique, des histoires bidons présentées comme authentiques et distribuées pour influencer l’opinion publique. Après avoir officiellement quitté l’IRD, Conquest continua à écrire des livres avec l’aide de l’IRD. Son livre La Grande Tereur, une grossière oeuvre de droite sur les luttes de pouvoir en Union soviétique en 1937, était en réalité une compilation de textes écrits lorsqu’il travaillait pour les services secrets. Le livre fut achevé et publié avec l’appui de l’IRD.

Un tiers de la publication fut financé par Praeger press qui publie et distribue souvent des livres à la demande de la CIA. Le livre de Conquest avait pour objectif de toucher des universitaires, les journalistes, la radio et la télévision, et s’assurer ainsi que ces mensonges continuent d’être largement diffusées dans la population. A ce jour, Conquest reste pour les historiens de droite l’une des sources les plus importantes sur l’histoire de l’Union soviétique.

8). Alexandre Soljenitsyne

Un autre individu a systématiquement été associé aux livres et aux articles sur les soi-disant millions de gens qui perdirent leurs vies ou leur liberté en Union soviétique : l’écrivain russe Alexandre Soljenitsyne. Soljenitsyne devint célèbre dans le monde capitaliste à la fin des années 60 grâce à son livre, L’Archipel du goulag. Il fut lui-même condamné en 1946 à 8 ans de prison dans les camps de travail pour activité contre-révolutionnaire après avoir distribué de la propagande anti-soviétique. Selon Soljenitsyne, la guerre avec l’Allemagne nazie au cours de la Seconde Guerre mondiale aurait pu être évité si le gouvernement soviétique avait trouvé un compromis avec Hitler. Soljenitsyne accusa le gouvernement soviétique et Staline d’avoir été plus responsable qu’Hitler des terribles conséquences de la guerre sur le peuple soviétique. Soljenitsyne ne cacha pas ses sympathies envers les nazis. Il fut condamné à l’époque comme traître.

C’est en 1962 que Soljenitsyne commença à publier ses livres en Union soviétique avec l’accord et l’aide de Nikita Khrouchtchev. Le premier livre qu’il publia fut Un Jour dans la vie d’Ivan Denisovitch qui racontait la vie d’un prisonnier. Khrouchtchev utilisa les textes de Soljenitsyne pour combattre l’héritage socialiste de Staline. En 1970, Soljenitsyne reçut le prix Nobel de littérature pour L’Archipel du goulag. Son livre commença a être publié largement dans les pays capitalistes et son auteur devint l’un des instruments les plus efficaces de l’impérialisme pour combattre le socialisme de l’Union soviétique. Son texte sur les camps de travail rejoignit la propagande sur les millions de morts en Union soviétique et fut présentés aux médias capitalistes comme le reflet de la vérité. En 1974, Soljenitsyne renonça à sa citoyenneté soviétique et émigra en Suisse, puis aux Etats-Unis. A cette époque, il était considéré par la presse capitaliste comme le plus grand combattant de la liberté et de la démocratie. Ses sympathies nazies furent cachées pour ne pas entraver la propagande de guerre contre le socialisme.

Aux Etats-Unis, Soljenitsyne fut souvent invité à d’importantes conférences. Il fut, par exemple, le principal intervenant au congrès du syndicat de l’AFL-CIO en 1975. Le 15 juillet 1975, il fut même invité à donner une conférence sur la situation mondiale au Sénat américain ! Ses conférences sont d’une grande violence et plein de provocation, soutenant et propageant les positions les plus réactionnaires. Par exemple, il mena campagne pour que les Etats-Unis attaquent de nouveau le Vietnam. Encore mieux : après 40 ans de fascisme au Portugal, lorsque des officiers de gauche au sein de l’armée prirent le pouvoir en 1974 et qu’une révolution populaire eut lieu, Soljenitsyne commença à mener campagne pour une intervention militaire américaine au Portugal car, d’après lui, ce pays allait rejoindre bientôt le Pacte de Varsovie si les Etats-Unis n’intervenaient pas ! Soljenitsyne regrettait aussi que l’indépendance des colonies africaines du Portugal leur ait été accordée.

Mais il est clair que le principal aspect des discours de Soljenitsyne fut sa guerre sans relâche contre le socialisme allant de ses allégations sur les millions des gens exécutés en Union soviétique jusqu’aux dizaines de milliers d’Américains soi-disant emprisonnés et réduit en esclavage au Nord Vietnam ! L’idée de Soljenitsyne que des américains étaient utilisés comme travailleurs forcés au Nord Vietnam donna l’idée de la série des films de Rambo sur la guerre du Vietnam. Les journalistes américains qui osaient écrire en faveur de la paix entre les Etats-Unis et l’Union soviétique étaient aussitôt accusés par Soljenitsyne de traîtres potentiels. Soljenitsyne soutint aussi la course aux armements contre l’Union soviétique qui était, selon lui, plus puissante « en tanks et avions de 5 à 7 fois supérieure par rapport aux Etats-Unis ». Il prétendait aussi que les armes atomiques étaient deux à trois ou même cinq fois plus nombreuses en Union soviétique qu’aux Etats-Unis. La voix de Soljenitsyne sur l’Union soviétique représentait l’opinion de l’extrême droite. Mais il alla encore plus loin dans son soutien ouvert au fascisme.

9). Le soutien au fascisme de Franco

Après la mort de Franco en 1975, le régime fasciste espagnol commençait à perdre le contrôle de la situation politique. Au début de 1976, les évènements en Espagne attirèrent l’attention de l’opinion publique mondiale. Il y eut des grèves et des manifestations pour réclamer la démocratie et la liberté. Le successeur de Franco, le roi Juan Carlos, fut contraint de libéraliser très doucement le pays pour calmer l’agitation sociale.

A ce moment important de l’histoire politique de l’Espagne, Alexandre Soljenitsyne apparut à Madrid et donna une série d’interview au programme télé du samedi soir, Directisimo, le 20 mars, à une heure de grande écoute (voir le journal espagnole ABC et Ya du 21 mars 1976). Soljenitsyne qui connaissait les questions à l’avance, se servit de cette tribune pour faire toute une série de déclarations réactionnaires. Son intention n’était pas de soutenir les mesures libérales du roi mais, au contraire, de s’opposer aux réformes démocratiques. Au cours de son interview télévisé, il déclara que 110 millions de Russes étaient morts à cause du socialisme, et il compara « l’esclavage subi par le peuple soviétique avec la liberté dont jouisse l’Espagne ». Soljenitsyne condamna aussi « les cercles progressistes », les « Utopiques » qui ne voyaient que la dictature en Espagne. Par « progressiste », il voulait dire n’importe qui de l’opposition démocratique : qu’ils soient des libéraux, des sociaux-démocrates ou des communistes. « L’automne dernier », déclara Soljenitsyne, « l’opinion publique s’est inquiété du cas de ces terroristes espagnoles » (des anti-fascistes espagnoles condamnés à mort par le régime de Franco). « A chaque fois, l’opinion publique progressiste réclame des réformes politiques alors qu’elle soutient en même temps des actes terroristes... Ceux qui veulent une réforme démocratique rapide savent-ils ce qui se passera demain ou après demain ? L’Espagne peut connaître la démocratie demain mais après demain, qu’est-ce qui pourra empêcher la démocratie de tomber dans le totalitarisme ? » Interrogé par les journalistes qui voulaient savoir si cela ne voulait pas dire qu’il soutenait un régime sans libertés, Soljenitsyne répondit : « Je ne connais qu’un seul lieu où il n’y a pas de liberté et c’est la Russie ». Les déclarations de Soljenitsyne à la télévision espagnole étaient un soutien direct au fascisme espagnol, une idéologie qu’il approuve jusqu’à maintenant. C’est une des raisons pourquoi Soljenitsyne commença à disparaître de la scène médiatique après ces 18 années d’exil aux Etats-Unis et une des raisons pourquoi il commença à moins soutenir les gouvernements capitalistes. Pour les capitalistes, Soljenitsyne était un cadeau tombé du ciel pour lutter contre le socialisme mais tout avait des limites. Dans la nouvelle Russie capitaliste, ce qui détermine le soutien de l’Occident à des groupes politiques, c’est tout simplement qu’elle puisse faire de bonnes affaires en Russie avec un maximum de profit, protégés par ces parties. Le fascisme comme régime politique pour l’avenir de la Russie n’est pas très indiqué pour faire des affaires. C’est pour cette raison que le programme politique de Soljenitsyne pour la Russie n’a aucune chance avec les occidentaux. Ce que Soljenitsyne veut pour le futur politique de la Russie, c’est tout simplement le retour du régime autocratique des Tsars avec l’aide de l’Eglise orthodoxe russe ! Même le pire des impérialistes n’a aucun intérêt dans une telle stupidité politique. Ceux qui soutiennent encore Soljenitsyne à l’Ouest devront aller le chercher dans les limbes de l’extrême droite.

10). Les nazis, la police et les fascistes

Ainsi, parmi les pires pourvoyeurs de mythes bourgeois concernant les millions de victimes soi-disant mortes et emprisonnées en Union soviétique, on trouve le pro-nazi William Hearst, l’agent secret Robert Conquest et enfin le fasciste Alexandre Soljenitsyne. Conquest a joué un rôle essentiel à partir du moment où ses informations étaient largement utilisées par les médias capitalistes dans le monde, servant même de base pour des cours dans certaines universités. Les livres de Conquest sont sans aucun doute d’une très grande qualité au niveau de la désinformation. Puis dans les années 70, Conquest reçu une grande aide en la personne de Soljenitsyne suivi d’une série d’autres dissidents de deuxième ordre comme Andrei Sakharov et Roy Medvedev. A cela s’est ajouté, ici et là, nombre d’individus se consacrant un peu partout dans le monde à spéculer sur les morts et les prisonniers d’Union soviétique, et rémunérés à prix d’or par la presse bourgeoise. Mais la vérité sur le sujet a finalement été dévoilée et révélée malgré ces falsificateurs de l’histoire. Gorbatchev ordonna l’ouverture des archives secrètes du Parti aux recherches historiques, ce qui eut des conséquences qu’aucun d’entre eux ne pouvait imaginer.

11). Les archives révèlent les mensonges de la propagande

Conquest, Soljenitsyne, Medvedev et d’autres utilisèrent les données publiées par l’Union soviétique comme les statistiques démographiques en augmentant le nombre d’habitants sans tenir compte des frontières changeantes au cours de l’histoire. A partir de là, ils conclurent que beaucoup de gens manquaient à l’arrivée. Les gens disparus furent ainsi déclarés avoir été tués ou incarcérés à cause du socialisme. La méthode était simple mais complètement frauduleuse.

Ce genre de « révélation » n’aurait jamais été accepté tel quel, si c’étaient des pays occidentaux qui avaient été concernés. De nombreux professeurs et historiens auraient alors protestés contre une telle falsification. Mais puisqu’il s’agissait de l’Union soviétique, on l’acceptait. Une des raisons vient certainement du fait que ces professeurs et ces historiens placent leur avancement professionnel avant leur intégrité professionnelle.

Au final, quelles sont les estimations de ces« critiques » ? Selon Robert Conquest (lors d’une estimation réalisée en 1961) 6 millions de personnes étaient mortes de faim en Union soviétique, au début des années 30. En 1986, Conquest revit à la hausse ce chiffre qui atteint alors 14 millions. Pour le goulag, il y avait eu en 1937, selon Conquest et avant les purges dans le Parti, l’armée et l’appareil d’Etat, 5 millions de prisonniers. Après le début des purges, durant les années 1937-38, il y avait eu un nombre supplémentaire de 7 millions de prisonniers, ce qui faisait un total de 12 millions de prisonniers dans les camps de travail en 1939. Et ces 12 millions n’étaient selon Conquest que des prisonniers politiques ! Dans ces camps se trouvait aussi des criminels de droit commun, qui d’après Conquest, dépassaient en nombre les prisonniers politiques. Pour finir, cela voulait dire, toujours d’après Conquest, qu’il y avait eu 25 à 30 millions de prisonniers dans les camps de travail en Union soviétique.

Encore selon lui, en ce qui concerne le nombre de morts, un million de prisonniers politiques avait été exécuté entre 1937 et 1939 et 2 autres millions étaient morts de faim. Le nombre final des purges de 1937-39 était ainsi de 9 millions dont 3 étaient morts en prison. Ces estimations furent immédiatement sujet à un « ajustement statistique » par Conquest pour arriver à la conclusion que les bolcheviks avaient tué pas moins de 12 millions de prisonniers politiques entre 1930 et 1953. En ajoutant les estimations de ceux qui étaient morts dans la famine des années 30, Conquest concluait finalement que les bolcheviks avaient tué 26 millions de personnes. Dans une des ces dernières manipulations statistiques, Conquest déclare qu’en 1950, il y eu 12 millions de prisonniers politiques en Union soviétique.

Alexandre Soljenitsyne a utilisé plus ou moins les mêmes méthodes statistiques que Conquest. Mais en utilisant ces méthodes pseudo-scientifiques sur la base de prémisses différentes, il est arrivé à des conclusions encore plus extrêmes. Soljenitsyne acceptait les estimations de Conquest de 6 millions de morts concernant la famine de 1932-33. Mais en ce qui concerne les purges de 1936-39 ; il croyait qu’un million au moins de personnes était mort tous les ans. Soljenitsyne en déduisait qu’entre la période de la collectivisation agricole jusqu’à la mort de Staline en 1953, les communistes avaient tué 66 millions de personnes. Le gouvernement soviétique était aussi responsable de la mort de 44 millions de Russes au cours de la Seconde Guerre mondiale. La conclusion de Soljenitsyne, c’est que « 110 millions de Russes avaient succombé au socialisme ». En ce qui concerne le nombre de prisonniers, d’après lui, il atteignait le chiffre de 25 millions dans les camps de travail, en 1953.

12). Gorbatchev ouvre les archives

La série de chiffres fantaisistes ci-dessus a été publiée dans les années 60 et présentée par la presse bourgeoise comme authentique, obtenue avec des pseudo-méthodes scientifiques. Sous ces fabrications se cachaient les services secrets occidentaux, principalement la CIA et le MI5. L’impact des médias sur l’opinion publique est si grand que ces chiffres sont encore aujourd’hui acceptés par une très large partie de l’opinion publique des pays occidentaux. Cette situation déplorable ne fit qu’empirer. En Union soviétique, où Soljenitsyne et d’autres « critiques » bien connus tels que Andrei Sakharov et Roy Medvedev ne trouvaient personne pour soutenir leurs élucubrations, la situation changea en 1990. Avec la nouvelle « presse libre » apparue sous Gorbatchev, tous ce qui s’opposait au socialisme fut montré comme positif, avec de fâcheuses conséquences. Une spéculation sans précédent se développa au sujet du nombre de morts ou d’emprisonnés sous le socialisme, ce qu’on nomme les millions de « victimes » du communisme.

L’hystérie de la nouvelle presse libre apporta de l’eau au moulin aux mensonges de Conquest et de Soljenitsyne. Mais à la même époque, Gorbatchev ouvrit les archives du Comité Central aux recherches historiques à la demande de la nouvelle presse. L’ouverture de ces archives du Comité Central du Parti Communiste fut vraiment décisive pour débrouiller les fils de ces contes et cela pour deux raisons : d’abord parce que les archives contiennent des faits qui permettent de connaître la vérité. Mais ce qui est encore plus important, c’est que ceux qui avaient spéculés largement sur le nombre des gens morts et emprisonnés affirmaient depuis des années que ces estimations seraient confirmées le jour où les archives seraient enfin accessibles au public. C’était le cas de Conquest, de Sakharov, de Medvedev et de tous les autres. Mais lorsque les archives furent ouvertes et les conclusions des recherches commencèrent à être publiés, une chose étrange se produisit. Tout d’un coup, aussi bien la presse libre de Gorbatchev que les spéculateurs sur les morts et les prisonniers perdirent tout intérêt dans l’étude de ces archives.

Les résultats des recherches effectuées à partir des archives du Comité Central du Parti communiste par les historiens russes Zemskov, Dougin et Xlevjuk, commencèrent paraître dans des journaux scientifiques en 1990 mais restèrent complètement ignorés au-delà. Les résultats des recherches historiques contredisaient complètement les estimations de la « presse libre » au sujet du nombre de morts et de prisonniers. Pourtant, ses études ne furent pas diffusées. Elles circulèrent dans de petits cercles scientifiques qui pouvaient difficilement se mesurer à l’hystérie de la presse. Ainsi, les mensonges de Conquest et de Soljenitsyne continuèrent à être diffusé auprès de larges parties de l’ex-population soviétique. A l’Ouest aussi, les études des chercheurs russes sur le système pénal sous Staline furent totalement ignorées dans l’actualité et par les nouvelles télévisées.

13). Ce que les études russes montrent

Les recherches sur le système pénal soviétique représentent, au total, près de 9 000 pages. Leurs auteurs sont nombreux, mais les plus connus sont les historiens russes V.N. Zemskov, A.N. Dougin et O.V. Xlevjnik. Leurs travaux commencèrent à paraître en Occident grâce à l’aide de collègues de pays occidentaux. Les deux travaux utilisés ici ont, pour l’un été publié dans le magazine français l’Histoire en septembre 1993 dans un article écrit par Nicolas Werth, directeur de recherche au CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) ; pour l’autre, publié aux Etats-Unis dans la Revue d’Histoire Américaine (American Historical Review) par J. Arch Getty, professeur d’histoire à l’Université de Californie, Riverside, en collaboration avec G. T. Rittersporn, chercheur au CNRS ainsi que le chercheur V AN Zemskov de l’Institut d’Histoire Russe (qui fait partie de l’Académie russe des sciences). Aujourd’hui, plusieurs livres sont parus sur le sujet, écrit par ces chercheurs ou par d’autres personnes des mêmes équipes de recherches. Avant de poursuivre, je voudrais préciser qu’aucun de ces scientifiques et chercheurs ne défendent le système socialiste. Au contraire, ils ont un point de vue bourgeois et antisocialiste. Certains d’entre eux sont même des réactionnaires. Les lecteurs ne doivent pas s’imaginer que ce qui va suivre provient d’un quelconque « complot communiste. » Ces chercheurs ont voulu simplement dénoncer les mensonges de Conquest, Soljenitsyne, Medvedev et d’autres. Ils ont montré qu’ils plaçaient leur intégrité professionnelle avant tout autre considération et qu’ils ne voulaient pas servir des buts de propagande.

Les résultats des recherches russes répondent à beaucoup d’interrogation sur le système pénal soviétique. Les chercheurs ce sont concentrés surtout sur l’époque de Staline, la plus controversée. Nous allons continuer en répondant à une série de questions précises en puisant les réponses dans les revues L’Histoire et American Historical Review. C’est la meilleure façon d’aborder le système pénal soviétique :

1. En quoi consistait le système pénal soviétique ?

2. Combien de prisonniers y avait-il, aussi bien prisonniers politiques que non-politiques ?

3. Combien de gens sont morts dans les camps de travail ?

4. Combien de personnes furent condamnées à mort avant 1953, en particulier pendant les purges de 1937-1938 ?

5. Quelle était la durée moyenne des détentions ?

Après avoir répondu à ces questions, nous discuterons du cas de deux catégories de populations dont on fait référence habituellement lorsque l’on parle des morts et des prisonniers en Union soviétique : les koulaks condamnés en 1930 et les contre-révolutionnaires condamnés en 1936-38.

14). Les camps de travail dans le système pénal

Commençons par la nature du système pénal soviétique. Après 1930, le système pénal soviétique consistait en un système de prisons, de camps de travail (goulag), de colonies de travail (goulag), de zones ouvertes spéciales et d’un système d’amendes. Ceux qui étaient condamnée étaient en général envoyés dans une prison normale et une enquête était faîte pour savoir s’il était innocent et dans ce cas relâché, ou s’il était au contraire jugé. Un accusé qui passait au tribunal pouvait aussi bien être déclaré innocent (et relâché) ou être condamné. S’il s’avérait qu’il était condamné, il devait soit payer une amende, soit aller en prison ou, plus rarement, être exécuté. L’amende pouvait consister à ce que sa paye soit réduite pour une période donnée. Pour celui qui y était envoyé, il se retrouvait dans différentes sortes de prisons en fonction du type de peine.

Dans les camps de travail du goulag, était envoyé ceux qui avaient commis de sérieux délits (homicide, vol, viol, crime économique, etc.) ainsi qu’une grande partie de condamnés pour activités contre-révolutionnaires. Les condamnés à une peine de 3 ans pouvaient aussi être envoyés dans ces camps de travail. Après avoir passé un certain temps dans les camps de travail, un prisonnier pouvait être déplacé dans une colonie de travail ou dans une zone spéciale ouverte.

Les camps de travail étaient des zones très larges où les prisonniers vivaient et travaillaient sous étroite surveillance. Travailler et ne pas être à la charge de la société était jugé nécessaire. Aucune personne en bonne santé ne restait sans travailler. Il est possible qu’aujourd’hui, on trouve cela très dure, mais c’était la règle. Il y avait ainsi 53 camps de travail en 1940.

Il y avait d’autre part 425 colonies de travail. C’était des unités beaucoup plus petites que les camps de travail, avec un régime plus libre et moins surveillé. On y envoyait ceux qui étaient condamnés à des peines plus réduites et ceux qui avaient commis des crimes et des délits politiques moins graves. Ils travaillaient en liberté dans des usines ou à la campagne et étaient mélangés à la société civile. Très souvent, le salaire était entièrement versé au prisonnier, de la même façon que les autres ouvriers.

Les zones spéciales ouvertes étaient généralement des zones agricoles pour ceux qui avaient été exilés tels que les koulaks, expropriés pendant la collectivisation. D’autres personnes jugées coupables de crimes ou de délits politiques mineurs pouvaient aussi purger leurs peines dans ces zones.

15). 454 000 et non 9 millions

La seconde question est de savoir combien il y avait de prisonniers politiques et combien de prisonniers de droit commun. Cette question concerne ceux qui étaient emprisonnés à la fois dans les colonies de travail, les camps de travail que dans les prisons (bien qu’il faut savoir que dans les colonies, il y avait dans la plupart du temps une liberté partielle). Le tableau ci-dessous a été publié dans la Revue d’Histoire Américaine et couvre une période de 20 ans, entre 1934, moment où le système pénal fut placé sous la direction de l’administration centrale, jusqu’en 1953, l’année de la mort de Staline.

Nombre de prisonniers en URSS en 1934-1953
Source : La Revue d’Histoire Américaine (The American Historical Review)

Au 1er janvier de chaque année

Au goulag et camp de travail

Contre-révolutionnaires

Contre-révolutionnaires en %

Décès

Décès en %

Libérés

Echappés

1934

510.307

135.190

26,5

26.295

5,2

147.272

83.490

1935

725.438

118.256

16,3

28.328

3,9

211.035

67.493

1936

839.406

105.849

12,6

20.595

2,5

369.544

58.313

1937

820.881

104.826

12,8

25.376

3,1

364.437

58.264

1938

996.367

185.324

18,6

90.546

9,1

279.966

32.033

1939

1.317.195

454.432

34,5

50.502

3,8

223.622

12.333

1940

1.344.408

444.999

33,1

46.665

3,5

316.825

11.813

1941

1.500.524

420.293

28,7

100.997

6,7

624.276

10.592

1942

1.415.596

407.988

29,6

248.877

18

509.538

11.822

1943

983.974

345.397

35,6

166.967

17,0

336.135

6.242

1944

663.594

268.861

40,7

60.948

9,2

152.113

3.586

1945

715.506

283.351

41,2

43.848

6,1

336.750

2.196

1946

600.897

333.833

59,2

18.154

3,0

115.700

2.642

1947

808.839

427.653

54,3

35.668

4,4

194.886

3.779

1948

1.108.057

416.156

38,0

27.605

2,5

261.148

4.261

1949

1.216.361

420.696

34,9

15.739

1,3

178.449

2.583

1950

1.416.300

578.912

22,7

14.703

1,0

216.210

2.577

1951

1.533.767

475.976

31,0

15.587

1,0

254.269

2.318

1952

1.711.202

480.766

28,1

10.604

0,6

329.446

1.253

1953

1.727.970

465.256

26,9

5.825

0,3

937.352

785

 

Au 1er janvier de chaque année

Au goulag et colonies de travail

En prisons

Total

1934

aucun

aucun

510.307

1935

240.259

aucun

965.697

1936

457.088

aucun

1.296.494

1937

375.488

aucun

1.196.369

1938

885.203

aucun

1.881.570

1939

355.243

350.538

2.022.976

1940

315.584

190.266

1.850.258

1941

429.205

487.739

2.417.468

1942

360.447

277.992

2.054.035

1943

500.208

235.313

1.719.495

1944

516.225

155.213

1.335.032

1945

745.171

279.969

1.740.646

1946

956.224

261.500

1.818.621

1947

912.794

306.163

2.027.796

1948

1.091.478

275.850

2.475.385

1949

1.140.324

aucun

2.356.685

1950

1.145.051

aucun

2.561.351

1951

994.379

aucun

2.528.146

1952

793.312

aucun

2.504.514

1953

740.554

aucun

2.468.524

On peut tirer du tableau ci-dessus une série d’observations. Pour commencer, nous pouvons comparer ces chiffres avec ceux de Robert Conquest. Ce dernier déclare, par exemple, qu’en 1939, il y avait 9 millions de prisonniers politiques dans les camps de travail et 3 millions d’autres morts en 1937-1939. Il ne faut pas oublier que Conquest ne parle ici que du nombre de prisonniers politiques ! A côté, il y a aussi les prisonniers de droit commun qui, ajoute Conquest, sont encore plus nombreux que le nombre de prisonniers politiques ! En 1950, d’après Conquest, il y avait aussi 12 millions de prisonniers politiques !

Lorsqu’on connaît la vérité, on peut voir combien est grande la fraude de Conquest. Aucun des chiffres qu’il avance ne se rapproche d’une quelconque façon de la vérité. En 1939, il y avait, camp, prisons et colonies confondus, un total de 2 millions de prisonniers. 454 000 d’entre eux avaient été condamnés pour crimes politiques, et non 9 millions comme l’assure Conquest. Ceux qui sont morts dans les camps de travail entre 1937 et 1939 atteignent le chiffre de 160 000 et non 3 millions comme le dit encore Conquest. En 1950, il y avait 578 000 prisonniers politiques dans les camps de travail et non 12 millions comme le dit Conquest qui reste, n’oublions pas, encore aujourd’hui une des principales références de la propagande anticommuniste de droite. Robert Conquest est assurément un des meilleurs prototypes des pseudo-intellectuels de droite. En ce qui concerne les chiffres cités par Soljenitsyne qui annonce 60 millions de morts dans les camps, il n’y pas de commentaire à faire. L’absurdité de ces affirmations est si manifeste que seul un fou peut dire de telles choses.

Mais laissons ces trafiquants pour nous concentrer sur l’analyse concrète des statistiques du goulag. La première question, c’est de savoir ce qu’on peut conclure du nombre de gens incarcérés ? Qu’est-ce que signifie le chiffre de 2,5 millions ? Chaque personne emprisonnée est une preuve que la société n’a pas des conditions suffisamment développées pour permettre à chaque citoyen de vivre pleinement. De ce point de vue, les 2,5 millions de prisonniers représentent une critique de la société.

16). La menace intérieure et étrangère

Les conditions dans lesquelles se trouvait le nombre de prisonniers du système pénal doivent bien être expliquées. L’Union Soviétique était à l’époque un pays qui avait récemment renversé le féodalisme, et cet héritage social au niveau individuel pesait souvent lourdement sur la société. Dans un système arriéré comme le tsarisme, les ouvriers étaient condamnés à vivre dans une extrême pauvreté et la vie humaine valait peu de choses. Le vol et les crimes violents étaient punis sans ménagement. Les révoltes contre la monarchie finissaient souvent par être réprimés par des massacres, la peine de mort et des peines de prison extrêmement longues. Les relations sociales, et les traditions mentales qui les accompagnaient, prenaient beaucoup de temps pour évoluer, ce qui influençait en définitive le développement de l’Union soviétique dans son attitude envers les criminels.

Une autre chose qui doit être prise en compte, c’est que l’Union soviétique, qui comptait dans les années 30 près de 160 à 170 millions d’habitants, était sérieusement menacée par les puissances étrangères. Suite aux grands changements politiques en Europe dans les années 30, la menace de guerre de la part de l’Allemagne nazie était grande, une menace de survie pour le peuple slave. Le bloc occidental nourrissait aussi des ambitions interventionnistes. Cette situation, Staline l’a résumé en 1931 : « Nous avons 50 à 100 ans de retard sur les pays avancés. Nous devons rattraper ce retard en 10 ans. De cela dépend notre survie. » Dix ans plus tard, le 22 juin 1941, l’Union soviétique était envahie par l’Allemagne nazie et ses alliés. 

Léningrad - 1938

La société soviétique dût faire de gros efforts entre 1930 et 1940 et la majeure partie de ses ressources fut consacrée à préparer la défense contre la guerre qui s’annonçait. A cause de cela, les ouvriers travaillaient dur mais peu pour leurs bénéfices personnels. Les 7 jours de travail par semaine furent rallongés en 1937, et en 1939 pratiquement chaque samedi était une journée de travail. Au cours de cette période très difficile, la guerre pesa sur la société pendant presque deux décennies (les années 30 et 40). Elle coûta la vie à 25 millions de personnes en l’Union soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale et la moitié du pays fut réduit en cendres. Les crimes avaient tendance dans ces conditions à se développer bien que les gens essayaient de s’entraider pour améliorer leurs conditions de vies.

Pendant cette période très difficile, l’Union soviétique comptait un maximum de 2,5 millions de prisonniers, c’est-à-dire 2,4% de la population adulte. Comment peut-on évaluer ce chiffre ? C’est peu ou beaucoup ? Comparons.

17). Plus de prisonniers aux Etats-Unis

Voyons les Etats-Unis, par exemple, un pays de 252 millions d’habitants (en 1996), le pays le plus riche du monde, qui consomme 60% des ressources mondiales. Combien y-a-t-il de prisonniers ? Quelle est la situation de ce pays qui n’est menacé par aucune guerre et qui ne connaît aucun grand bouleversement social menaçant sa stabilité économique ?

Dans une dépêche de presse parue très brièvement dans les journaux en août 1997, l’agence de presse FLT-AP (Associated Press) rapporta qu’il n’y avait jamais eu autant de prisonniers aux Etats-Unis avec un chiffre de 5,5 millions prisonniers en 1996. Cela représente une augmentation de 200 000 personnes depuis 1995 et le nombre de criminels aux Etats-Unis représente 2,8% de la population adulte. Ces données sont disponibles pour tous ceux qui le désirent au département de la justice des Etats-Unis (Page d’accueil web du Bureau statistique de la justice, http://www.ojp.usdoj.gov/bjs). Aujourd’hui, le nombre de prisonniers aux Etats-Unis est de 3 millions supérieur par rapport au nombre maximum en Union soviétique à l’époque dont nous parlons ! En définitive, en Union soviétique, 2,4% maximum de la population adulte était emprisonnée, alors qu’aux Etats-Unis, le chiffre atteint 2,8% et ne fait qu’augmenter ! Selon la dépêche de presse du département américain de la justice, le 18 janvier 1998, le nombre de condamnations avait augmenté en 1997 de 96 100.

S’agissant des camps de travail en Union soviétique, il est vrai que les conditions de détention étaient dures et difficiles pour les prisonniers mais quelle est la situation, aujourd’hui, dans les prisons américaines où est répandu la violence, le trafic de drogue, la prostitution, les abus sexuels (290 000 viols chaque année dans les prisons). Personne ne peut prétendre sortir sauf des prisons américaines ! Et dans une société qui n’a jamais été aussi riche !

18). Un facteur important : le manque de soins médicaux

Répondons maintenant à la troisième question. Combien de personnes sont mortes dans les camps de travail ? Le nombre a varié chaque année mais on constate une diminution de 5,2% en 1934 à 0,3% en 1953. Les décès dans les camps de travail étaient causés par le manque général de soins médicaux touchant aussi toute la société, en particulier en ce qui concerne les médicaments contre les épidémies. Ce problème n’était pas réservé aux camps de travail mais existait dans toute la société, aussi bien que dans la plupart du monde. L’utilisation générale des antibiotiques et leur découverte ont été effectives qu’après la Seconde Guerre mondiale, ce qui changea ainsi complètement la situation. En fait, les pires années furent les années de guerre lorsque les barbares nazis imposèrent de très dures conditions à tous les citoyens soviétiques. Durant ces 4 années, plus d’un demi million de personnes périrent dans les camps de travail, ce qui équivaut à la moitié de tous les morts des 20 années étudiées ici. N’oublions pas que pendant la même période, en pleine guerre, 25 millions de personnes moururent parmi les gens en liberté. En 1950, quand les conditions en Union soviétique s’améliorèrent et que l’usage des antibiotiques fut introduit, le nombre de décès de prisonniers chuta à 0,3%

Passons à la quatrième question. Combien des gens furent condamnés à mort jusqu’en 1953, en particulier pendant les purges de 1937-38 ? Conquest affirme que les bolcheviks tuèrent 12 millions de prisonniers politiques dans les camps de travail entre 1930 et 1953. Un million ont soi-disant été tué entre 1937 et 38. Soljenitsyne parle de dizaines de millions de morts dans les camps de travail, dont 3 millions en 1937-38 seulement. De tels chiffres ont été fabriqués pour la propagande de guerre contre l’Union soviétique. Le russe Olga Shatunovskaya parle de 7 millions de morts dans les purges de 1937-38.

Les documents qui sont sortis des archives soviétiques disent autre chose. Il est nécessaire de rappeler que le nombre de ceux qui ont été condamnés à mort est issue de différentes archives et que les chercheurs pour arriver à obtenir un chiffre approximatif, ont compilé les données en prenant le risque de doubler les chiffres et d’avoir une estimation plus grande que dans la réalité. D’après Dimitri Volkogonov, la personne chargée par Yeltsine de s’occuper des vieilles archives soviétiques, il y aurait eu 30 514 personnes condamnés à mort par les tribunaux militaires entre le 1er octobre 1936 et le 30 septembre 1938. Un document du KGB, paru dans la presse en février 1990, dit qu’il y aurait eu 786 098 personnes condamnées à mort pour crimes contre-révolutionnaire au cours des 23 années, de 1930 à 1953. Parmi ces condamnations, selon le KGB, 681.692 personnes furent condamnées entre 1937 et 1938. Il n’est pas possible de vérifier ce que dit le KGB mais cette dernière information semble peu crédible. Il est difficile qu’un si grand nombre de personnes ait été condamné à mort en l’espace de seulement deux ans. Est-il possible de croire que le KGB pro-capitaliste de 1990 donne des informations vraies sur le KGB pro-socialiste d’alors ? Quoi qu’il en soit, il faudrait vérifier si les statistiques qu’utilisent le KGB ne concernent pas les condamnations à mort à la fois des prisonniers de droit commun et des contre-révolutionnaires durant ces 23 ans plutôt que, comme l’affirme le KGB capitaliste, les seules condamnations à mort de contre-révolutionnaires.

La conclusion qu’on peut tirer, c’est que le nombre de condamnés à morts en 1937-38 est plus proche de 100 000 que des millions de la propagande occidentale.

Il est nécessaire aussi de savoir que les condamnés à morts ne furent pas tous exécutés. Une grande partie des peines de mort furent commuée en année de camps de travail. Il est aussi important de distinguer entre les criminels de droit commun et les contre-révolutionnaires. Beaucoup des condamnés à mort avaient commis des crimes violents comme des meurtres ou des viols. 60 ans après, ce type de crime est encore puni de mort dans de très nombreux pays.

Combien de temps durait les peines de prison ? La durée des peines de prison a été le thème des rumeurs les plus farfelues dans la propagande occidentale. Les insinuations habituelles ont pour but de convaincre les gens qu’en Union soviétique, on pouvait passer toute sa vie en prison et qu’on n’en revenait jamais. C’est complètement faux. La grande majorité de ceux qui étaient envoyé en prison à l’époque de Staline le furent pour une période maximale de 5 ans. Les statistiques qu’on trouve dans La Revue d’Histoire Américaine nous montre la vérité. Les prisonniers de droit commun dans la Fédération russe en 1936 ont été condamnés aux peines suivantes : jusqu’à 5 ans : 82,4% ; entre 5 et 10 ans : 17,6%. Une peine de 10 ans était la condamnation maximale possible avant 1937. Les prisonniers politiques condamnés par les cours civiles en Union soviétique, en 1936, furent condamnés aux peines suivantes : jusqu’à 5 ans : 44,2% ; entre 5 et 10 ans : 50,7%. Comme pour ceux condamnés aux camps de travail du goulag où se déroulaient les plus longues peines, les statistiques de 1940 montrent que ceux qui étaient condamnés jusqu’à 5 ans représentaient 56,8% et ils représentaient 42,2% pour les peines entre 5 et 10 ans. Seul 1% fut condamné à des peines supérieures à 10 ans.

Pour 1939, nous disposons des statistiques des cours soviétiques. La durée des peines est la suivante : jusqu’à 5 ans : 95,9% ; de 5 à 10 ans : 4% ; supérieur à 10 ans : 0,1%. Comme nous pouvons le voir, les peines de prison à perpétuité en Union soviétique sont encore un autre conte répandu à l’Ouest pour combattre le socialisme.

19). Les mensonges sur l’Union soviétique

Parlons brièvement des recherches historiques. Les recherches conduites par les historiens russes montrent une réalité totalement différente que celle décrite par les écoles et les universités du monde capitaliste depuis 50 ans. Pendant ces 50 ans de guerre froide, on a seulement enseigné des mensonges sur l’Union soviétique à plusieurs générations et ces mensonges ont influencé énormément ces gens. Cela concerne aussi les enquêtes des chercheurs français et américains. Dans celles-ci, les chiffres et les tableaux montrent le nombre de condamnations et de morts qui font d’ailleurs l’objet d’une intense discussion entre ces spécialistes. Mais le plus important à noter, c’est que la nature des crimes et des condamnations ne fait jamais partie de leurs discussions. La propagande politique des capitalistes a toujours présenté les prisonniers soviétiques comme des victimes innocentes et les chercheurs ont repris ces affirmations sans les remettre en cause. Quand les chercheurs ont laissé l’étude des statistiques pour se consacrer à leurs commentaires, leur idéologie bourgeoise a pris le dessus, avec parfois des résultats douteux. Les condamnés du système pénal soviétique deviennent alors des innocents. Mais beaucoup d’entre eux étaient bien des voleurs, des assassins, des violeurs, etc. Des criminels de ce genre ne seraient jamais considérés comme innocents par la presse s’ils avaient commis leurs actes en Europe ou aux Etats-Unis. Mais parce qu’ils les avaient commis en Union soviétique, c’était différent. Désigner comme innocent, un meurtrier ou un violeur récidiviste, c’est vraiment étrange. Il est nécessaire d’avoir un peu de sens commun lorsqu’on étudie la justice soviétique, au moins en ce qui concerne les condamnations pour crimes violents. Même s’il ne s’agit pas de juger de la nature des condamnations, on peut se pencher au moins sur qui étaient les condamnés.

20). Les koulaks et la contre-révolution

Dans le cas des contre-révolutionnaires, voyons de quoi on les accuse. Prenons deux exemples qui montrent l’importance de cette question : le premier concerne les koulaks condamnés au début des années 30 et le second concerne les conspirateurs et les contre-révolutionnaires condamnés en 1936-37.

D’après les enquêtes qui parlent des koulaks, les paysans riches, c’est 381 000 familles, c’est-à-dire 1,8 millions de personnes, qui furent envoyés en exil. Un petit nombre d’entre eux fut envoyé dans les camps de travail ou des colonies de travail. Mais pourquoi avaient-ils été condamnés ?

Les riches paysans russes, les koulaks, avaient pendant des centaines d’années soumis les paysans pauvres à une oppression et à une exploitation sans limites. Sur 120 millions de paysans en 1927, 10 millions de koulaks vivaient dans l’aisance tandis le reste des 110 millions était pauvre. Avant la révolution, ils vivaient dans les conditions les plus misérables. La richesse des koulaks reposait sur les loyers et les taxes des paysans pauvres. Quand les paysans pauvres commencèrent de se regrouper en fermes collectives, la principale richesse des koulaks disparaissait. Mais les koulaks ne voulaient pas se dire battus. Ils essayèrent de restaurer l’exploitation en les affamant. Des groupes armés de koulaks attaquèrent les fermes collectives, tuèrent les paysans pauvres et les membres du parti, mirent le feu aux champs et tuèrent le bétail. En provoquant la famine chez les paysans pauvres, les koulaks tentaient de maintenir la pauvreté et leurs puissances. Les évènements qui suivirent ne furent pas ceux qu’espéraient ces meurtriers. Cette fois, les paysans pauvres avaient le soutien de la révolution et furent plus forts que les koulaks qui furent battus, emprisonné, envoyé en exil et condamnés aux camps de travail.

Sur 10 millions de koulaks, 1,8 millions furent exilés ou condamnés. Il y a pu avoir des injustices commises au cours de cette lutte des classes massive dans les campagnes soviétiques où participaient 120 millions de personnes. Mais pouvons-nous vraiment blâmer pour cela les pauvres et les opprimés, dans leur lutte pour une vie meilleure et pour assurer une vie meilleure à leurs enfants et pour qu’ils ne restent pas des affamés illettrés ? Pouvons-nous vraiment les condamner pour ne pas avoir été suffisamment « civilisés » ou pour ne pas avoir eu assez de pitié? Qui peut condamner des gens qui durant des centaines d’années n’ont eu accès à aucun acquis de cette civilisation et les accuser de ne pas être civilisés ? Les koulaks qui exploitaient les paysans pauvres, étaient-ils, eux, civilisés ou avaient-il eu de la pitié pendant toutes ces années ?

21). Les purges de 1937

Notre deuxième exemple concerne les contre-révolutionnaires condamnés dans les grands procès de 1936-38 qui suivirent les purges dans le parti, l’armée et l’appareil d’Etat, et qui a pour origine l’histoire du mouvement révolutionnaire russe. Des millions de personnes avaient participé à la victoire contre le Tsar et la bourgeoisie russe, et beaucoup d’entre eux étaient entré au parti pour d’autres raisons que le combat pour le prolétariat et pour le socialisme. Mais la lutte des classes étaient telle que, bien souvent, on n’avait pas le temps ni l’opportunité de tester les nouveaux militants. Même des anciens militants d’autres partis qui se nommaient eux-mêmes socialistes et qui avaient combattu le Parti bolchevik, furent ensuite admis dans le parti. Nombre de ces nouveaux activistes occupèrent d’importants postes dans le Parti Bolchevik, l’Etat et les forces armées. Le grand nombre de cadres comme les gens qui l’étaient devenus parce qu’ils savaient tout simplement lire, força le Parti à changer les conditions d’admissions pour eux et les nouveaux membres du Parti. Ces problèmes, lorsqu’ils entrèrent en contradiction, divisèrent le parti en deux –avec d’un côté, ceux qui voulaient continuer la lutte pour construire le socialisme et, de l’autre côté, ceux qui pensaient que les conditions n’étaient pas encore réunies pour construire le socialisme et qui soutenait un régime social-démocrate. Ces idées avaient pour origine Trotski. Il avait rejoint le parti en juillet 1917 et il s’était assuré pendant longtemps le soutien de nombre des bolcheviks les plus connus. Cette opposition unie contre le programme bolchevik initial déboucha sur un programme alternatif et un vote le 27 décembre 1927. Avant ce vote, il y eu un grand débat dans le Parti qui dura plusieurs années et la conclusion ne laissa aucun doute. Sur 725 000 votes enregistrés, l’opposition réussit à obtenir 6000 voix, c’est-à-dire que moins d’1% des membres du parti soutenaient l’opposition unie.

Après le vote, l’opposition commença à travailler contre le Parti Communiste et son Comité Central. Celui-ci décida alors d’expulser du Parti les principaux leaders de ce bloc. Le principal intéressé, Trotski, fut expulsé du pays. Mais l’histoire de cette opposition ne s’arrête pas là. Zinoviev, Kamenev et Zvdokine firent des autocritiques, ainsi que de nombreux dirigeants trotskistes comme Piatakov, Radek, Preobrajenski et Smirnov. Ils furent tous ré-admis dans le Parti et retrouvèrent leurs postes dans le Parti et dans l’Etat. A la fin, il devint évident que les auto-critiques faîtes par l’opposition n’avaient pas été suivies des faits, car les dirigeants de l’ex-opposition se mettaient du côté de la contre-révolution chaque fois que la lutte des classes s’intensifiait en Union soviétique. La majorité de ces opposants furent de nouveaux expulsés et ré-admis une nouvelle fois avant que la situation soit complètement clarifiée en 1937-38.

22). Le sabotage industriel

Le meurtre en décembre 1934 de Kirov, le président du parti à Leningrad et une des plus importantes personnalités du Comité Central, conduisit à une enquête qui révéla l’existence d’une organisation secrète. Celle-ci préparait des complots pour prendre la tête du parti et du gouvernement par la violence. En fait, la lutte politique qu’ils avaient perdu en 1927, ils espéraient maintenant l’arracher par des méthodes violentes contre l’Etat. Ils se servirent principalement du sabotage industriel, du terrorisme et de la corruption. Trotski, le principal meneur de l’opposition, dirigeait ces activités de l’étranger. Le sabotage industriel causa de terribles dommages à l’Etat soviétique, endommageant, par exemple, de nombreuses machines qu’il était impossible de réparer. Il y eut une chute énorme de la production dans les mines et les usines.

Une des personnes qui aborda le problème, c’est l’ingénieur américain John Littlepage, un des experts étrangers engagé par contrat comme ingénieur en chef en Union soviétique. Littlepage passa 10 ans à travailler dans l’industrie minière, de 1928 à 1937, principalement dans les mines d’or. Dans son livre A la recherche des mines d’or de Sibérie, Ed. Payot, 1939, voici ce qu’il écrit : « Je ne me suis jamais intéressé aux subtilités des idées politiques. Je suis fermement convaincu que Staline et ses associés mirent un certain temps à se rendre compte que les communistes rebutés étaient leurs plus dangereux ennemis. »

Littlepage écrit aussi que son expérience personnelle fut confirmée par les déclarations officielles qui révélèrent, plus tard, qu’un large complot utilisait le sabotage industriel pour renverser le gouvernement. En 1931, Littlepage l’avait constaté en travaillant dans les mines de cuivre et de plombs d’Oural et du Kazakhstan. Ces mines faisaient parties d’un grand complexe industriel sous la direction de Piatakov, le vice-commissaire de l’industrie lourde. Les mines étaient dans un état catastrophique aussi bien au niveau de la production qu’au niveau de la sécurité des ouvriers qui y travaillaient. Littlepage en conclu que le sabotage était bien organisé et provenait de la direction même du complexe industriel.

Le livre de Littlepage montre aussi comment le bloc trotskiste était financé par les activités contre-révolutionnaires. De nombreux membres de l’opposition secrète utilisaient leurs positions pour détourner l’argent des achats fait à l’étranger de matériels pour les usines. Les produits achetés étaient de très mauvaises qualités pour le prix qu’avait payé le gouvernement soviétique. Les maisons qui vendaient ces produits donnaient le surplus des commandes à Trotski tandis que les conspirateurs continuaient à passer commandes à ces maisons.

23). Vol et corruption

Ces procédés furent constatés par Littlepage à Berlin au printemps 1931 lors d’une mission auquel il participa pour acheter des élévateurs de mines. La mission soviétique était dirigée par Piatakov et Littlepage était chargé comme expert de vérifier la qualité des élévateurs et d’approuver la vente. Littlepage découvrit alors qu’une fraude avait lieu concernant la mauvaise qualité des élévateurs achetés, sans utilités pour ce qu’ils étaient destinés. Mais quand il en informa Piatakov et d’autres membres de la mission soviétique, l’accueil qu’ils lui réservèrent fut très froid, comme s’ils voulaient cacher ces faits et firent même pression pour qu’il accepte ces achats. Littlepage ne voulait pas. A cette époque, il pensait que cela concernait des pots-de-vin et que les membres de la mission avaient été soudoyés par la maison qui vendait les élévateurs. Mais quand Piatakov avoua, lors du grand procès de 1937, qu’il avait eu des liens avec le bloc trotskiste, Littlepage en tira la conclusion que ce qu’il avait vu à Berlin était plus qu’une affaire de pot-de-vin. L’argent obtenu servait à payer les activités de l’opposition secrète en Union soviétique qui comprenaient le sabotage, le terrorisme, la corruption et la propagande.

Zinoviev, Kamenev, Piatakov, Radek, Tomski, Boukharine et d’autres, que la presse bourgeoise de l’Ouest aime bien, utilisaient ainsi les postes confiés par le peuple soviétique et le Parti pour voler l’argent de l’Etat et pour collaborer avec les ennemis du socialisme afin qu’ils utilisent cet argent pour du sabotage et pour lutter contre la société socialiste soviétique.

24). Un plan pour un coup d’Etat

Le vol, le sabotage et la corruption étaient des crimes sérieux en eux-mêmes mais les activités du bloc allèrent encore plus loin. Un complot contre-révolutionnaire fut préparé pour s’emparer du pouvoir par un coup d’état où toute la direction soviétique aurait été éliminée, en commençant par l’assassinat des plus importants membres du Comité Central du Parti Communiste. L’aspect militaire du coup d’état était mené par un groupe de généraux dirigé par le Maréchal Toukhachevski.

D’après Isaac Deutscher, lui-même trotskiste, qui a écrit plusieurs livres contre Staline et l’Union soviétique, le coup d’état devait être déclenché par une opération militaire contre le Kremlin et dans les plus importantes casernes des grandes villes, comme Moscou et Léningrad. Le complot était, selon Deutscher, dirigé par Toukhachevski avec l’aide de Gamarnik, le commissaire politique en chef de l’Armée, le Général Yakir, le commandant de Léningrad, le Général Ouborevitch, commandant militaire de l’académie militaire de Moscou ainsi que le général Primakov, un commandant de la cavalerie. Le maréchal Toukhachevski avait été officier dans l’armée tsariste avant de passer après la révolution, dans les rangs de l’Armée Rouge. En 1930, près de 10% des officiers (près de 4 500 personnes) étaient d’anciens officiers tsaristes. Nombre d’entre eux n’avaient jamais abandonné leurs conceptions bourgeoises et attendaient simplement une opportunité pour agir. Cette opportunité arriva quand l’opposition prépara le coup d’état.

Les bolcheviks étaient forts, mais les conspirateurs civils et de l’armée mettaient tous leurs efforts à se faire des alliés encore plus puissants. D’après la confession de Boukharine, lors du procès public de 1938, un accord fut conclu entre l’opposition trotskiste et l’Allemagne nazie, dans lequel de grandes parties du territoire comprenant l’Ukraine était cédé à l’Allemagne nazie après le coup d’état contre-révolutionnaire. C’était le prix demandé par l’Allemagne nazie pour s’assurer son soutien au coup d’Etat. Boukharine fut informé de cet accord par Radek après avoir reçu des directives de Trotski sur le sujet. Tous ces conspirateurs qui avaient été placé à des hautes responsabilités pour diriger, administrer et défendre l’Etat socialiste travaillaient, en réalité, à détruire le socialisme. Avant tout, il est nécessaire de se souvenir que tout cela se passait dans les années 30 au moment où le danger nazi grossissait à chaque instant et quand les armées nazies menaçaient l’Europe et se préparaient à envahir l’Union soviétique. Les conspirateurs furent condamnés à morts comme traîtres après un procès public. Ceux reconnus coupables de sabotage et terrorisme, de corruption et de préparer des meurtres, de donner une partie du pays aux nazis ne pouvaient rien espérer d’autre. Les appeler alors des victimes innocentes, c’est vraiment exagéré.

25). Encore plus de mensonges

Il est intéressant de voir comment la propagande occidentale, via Robert Conquest, a menti sur les purges dans l’Armée rouge. Conquest affirme dans son livre La Grande Terreur qu’en 1937 il y avait 70 000 officiers et commissaires politiques dans l’Armée rouge et que 50% d’entre eux (15 000 officiers et 20 000 commissaires) avaient été arrêtés par la police politique et avaient été alors exécuté ou emprisonnés à vie dans les camps de travail. Dans cette allégation de Conquest, comme dans tout ce livre, il n’y a rien de vrai. L’historien Roger Reese, dans son livre L’Armée rouge et les Grandes Purges montre la vraie étendue des grandes purges de 1937-38 au sein de l’armée. Le nombre de personnes à la tête de l’Armée Rouge et des forces aériennes, c’est-à-dire les officiers et les commissaires politiques, étaient de 144 300 en 1937, atteignant le chiffre de 282 300 en 1939. Pendant les purges de 1937-38, 34 300 officiers et commissaires politiques avaient été expulsé pour des raisons politiques. En mai 1940, toutefois, 11 596 ont été réhabilités et ont retrouvés leurs postes. Cela veut dire que durant les purges de 1937-38, 22 705 officiers et commissaires politiques avaient été renvoyés (près de 13 000 officiers, 4 700 officiers de l’armée de l’air et 5 000 commissaires politiques), ce qui nous fait 7,7% de tous les officiers et commissaires politiques et non 50% comme le prétend Conquest. Sur ces 7,7%, certains furent condamnés comme traîtres mais la grande majorité, comme le montre les données historiques à notre disposition, retourna à la vie civile.

Une dernière question. Qu’est-ce que les grands procès de 1937-38 nous racontent ? Regardons par exemple le procès de Boukharine, le plus haut fonctionnaire du parti à travailler pour l’opposition secrète. L’ambassadeur américain à Moscou à cette époque, le juriste bien connu Joseph Davies, assista à tout le procès. D’après lui, Boukharine pu parler librement pendant tous le procès et il put exposer son cas sans entraves. Joseph Davies écrivit à Washington en expliquant qu’il était convaincu après avoir assisté au procès que l’accusé était coupable des crimes dont on l’accusait et que l’opinion générale des diplomates présents aussi au procès, c’est que l’existence d’un sérieux complot avait été démasquée.

26). Apprenons de l’histoire

Le débat sur le système pénal soviétique sous Staline dont traite des centaines d’articles mensongers et de livres ainsi que des dizaines de films mensongers, permet de tirer d’importantes leçons. Les faits prouvent encore une fois que les histoires publiées sur le socialisme dans la presse bourgeoise sont fausses pour la plupart. La droite peut gagner avec l’aide de la presse, des radios et à de la télévision qui domine notre vie, provoquer la confusion, déformer la vérité et amener beaucoup de gens à croire à ces mensonges. Chaque histoire que sort la droite doit être considérée comme fausse jusqu’à ce que la preuve ait été faite de sa véracité. Cette précaution est très utile. Le fait est qu’alors même que les enquêtes historiques russes sont connues, la droite continue comme depuis 50 ans à diffuser ces mensonges, même complètement démasqués. La droite poursuit son héritage historique : un mensonge répété encore et toujours jusqu’à ce qu’il soit considéré comme vrai. Après que les recherches russes aient été publiées à l’Ouest, de contester ces recherches russes et pour répéter les vieux mensonges en les faisant passer auprès du public comme de nouvelles découvertes. Ce sont des livres très bien présentés, truffés du début à la fin de mensonges sur le communisme et le socialisme. En fait, les mensonges de la droite sont répétés pour combattre les communistes d’aujourd’hui. Ils les répètent pour que les ouvriers ne cherchent pas d’alternative au capitalisme et au néo-libéralisme. Ils font partie d’une guerre sans répit contre les communistes qui sont les seuls à proposer une alternative pour le futur, la société socialiste. C’est la raison pourquoi paraissent tous ces livres remplis de ces vieux mensonges. Cela nous oblige de nous armer d’une conception du monde socialiste sur l’histoire. Nous devons prendre la responsabilité de travailler pour que les journaux communistes deviennent d’authentiques journaux de la classe ouvrière pour combattre les mensonges de la bourgeoisie ! C’est un objectif important de la lutte des classes aujourd’hui et pour éclairer le futur.

 

 

Craignez-vous encore ?

Connaissez-vous vraiment ?

Le stalinisme

Application du marxisme-léninisme, vol. 1 - Walter Poodt, 2001

L'auteur

Etant issu d’un milieu nationaliste, patriotique royaliste, intégriste catholique, paternaliste (néo)colonialiste, et donc anticommuniste primaire, dès l’âge de raison j’ai remis spontanément en question régulièrement et inlassablement toutes les idées simplistes et caricaturales que l’on voulait m’imposer comme seules vérités. J’en ai fait de même concernant notre environnement socio-économique et politique. Il est difficile de se défaire de toutes ces fausses vérités. Cela demande un effort constant dans le soucis d’analyse critique. Ce qui nous amène souvent à la marginalisation vis-à-vis des autres personnes de notre milieux qui préfèrent rester, par commodité, dans la naïveté et l’ignorance.

Aux lecteurs

Il est mieux de ne pas se contenter des idées toutes faites, répétées inlassablement sans argumentation sérieuse ; de ne pas se contenter de croire à la rumeur. Faire preuve d’intelligence est de vérifier leur véracité, en se basant sur des témoignages directs et honnêtes. Il se peut qu’on ait une peur instinctive de certains mots, ou nom de personnes ; il est préférable d’analyser, d’une part, leur véritable signification dans leur contexte spécifique, et d’autre part leurs propos et leurs actes réels. Il est possible ainsi de mieux se faire une opinion dans la raison et la logique.

De toutes façons, avant tout, quel modèle de société désire-t-on soit même : vivre dans la solidarité, l’entraide, le partage entre toutes les personnes et tous les peuples qui abondent dans le même sens ; ou rester égocentrique, égoïste, individualiste, sans se préoccuper des nombreuses injustices sociales, ou pire même agir sans scrupules pour arriver à ses propres fins ?

Se laisser opprimer et exploiter, sans réagir, sans se révolter, serait du masochisme.

Alors, qu’en est-il vraiment du communisme et de Staline ?

Un groupe, ou une personne, qui s’exprime en théorie toujours dans le même sens, et qui ne veillerait pas constamment à la bonne application de celle-ci, serait vite peu ou plus du tout crédible par les intéressés qui finalement l’écarteraient.

Je me suis référé principalement à ce livre " Les questions du Léninisme " , où sont repris de nombreux discours et lettres de Staline, pour en proposer un résumé reprenant l’essentiel des principes du marxisme-léninisme, appliqués surtout aux aspects de la vie quotidienne, ce qui préoccupe en priorité la majorité des personnes.

Impressions générales à la lecture de ce livre

En lisant " Les questions du Léninisme " qui est un condensé de discours et du courrier de Staline, on peut d’abord constater que le Parti Communiste (bolchevik) s’est mis au service de la classe prolétarienne, alliée à la paysannerie pauvre, pour l’aider à prendre le pouvoir par la révolution armée nécessaire à renverser, d’abord la dictature tsariste, puis la dictature de la bourgeoisie capitaliste ; et à garder ce pouvoir en tant que classe laborieuse.

Le Parti avait le soucis de relever le bien être général de la classe laborieuse de l’Union Soviétique, avec l’optique de propager le système des soviets à l’échelle internationale ; avant tout, de façon pacifique par l’adhésion égalitaire et libre du peuple.

Ce travail d’envergure n’a pas été facile car saboté dès le début par les ennemis, faux communistes et anticommunistes, intérieurs et extérieurs. Il faut bien comprendre que dans ces conditions, des mesures énergiques ont été prises pour saper les conspirations internes ; et des interventions armées ont parfois été nécessaires dans certains pays, tels que Pologne, Hongrie, Tchécoslovaquie, Afghanistan, pour libérer le peuple de l’exploitation de la classe dirigeante bourgeoise capitaliste.

Staline donnait des directives dans tous les domaines, après consultations avec les spécialistes les plus imminents : éducatifs, culturels, technologiques, économiques, de la production bien sûr, mais aussi de la commercialisation des biens de consommation (aspect oublié par certains " spécialistes " marxistes-léninistes trop politiciens), et stratégies militaires. Saviez-vous que dès 1933, il avait prévu la guerre d’occupation de l’Europe et de l’URSS par l’Allemagne nazie, et même sa défaite inéluctable ?

Staline emploie un langage et des exemples simples, au niveau du peuple préoccupé par les problèmes de la vie quotidienne qui doivent être résolus par l’application des principes de l’Union Soviétique, par l’organisation le plus possible de services publics gérés par l’Etat, par le socialisme vers le communisme.

La Constitution de l’URSS

Elaborée, une première fois en 1924 et redéfinie en 1935 en tenant compte des transformations réalisées dans la vie de l’URSS vers le socialisme, la Constitution avait comme rôle de fixer l’ordre social au gré et à l’avantage de la classe laborieuse qui seule a le pouvoir, avec l’aide du Parti Communiste (bolchevik) ; et où toutes les nationalités des pays concernés sont représentées sans distinction d’origine. Ce n’est plus une démocratie de type bourgeoise capitaliste au profit d’une minorité, et pire d’une " race d’élites ", mais bien une démocratie populaire internationaliste, dans l’intérêt de la classe laborieuse dirigeante :

" Je veux parler des rapports entre nations, en URSS. Comme on le sait, l’Union soviétique comprend environ 60 nations, groupes nationaux et nationalités. (…) Elle s’est formée sur la base de l’égalité et de la libre adhésion des peuples. (…) Dans ces conditions il fallait établir la collaboration fraternelle des peuples sur la base d’une assistance mutuelle, économique, politique et militaire, en les groupant dans un seul Etat multinational fédéral (…) ayant pour base le socialisme (…). "

" La Constitution de l’URSS est le résultat de la discussion populaire, qui a duré à peu près 5 mois, (…) basée sur les principes d’un large démocratisme socialiste. (…) la Constitution sera une aide morale et un soutien efficace pour tous ceux qui mènent la lutte contre la barbarie fasciste. (…) elle est comme le bilan de leur lutte, le bilan de leur victoire sur le front de la libération de l’humanité. "

" Je ne parle pas seulement du fascisme en général, mais avant tout, du fascisme de type allemand, que l’on nomme à tort national-socialisme puisque l’examen même le plus minutieux ne permet pas d’y découvrir le moindre atome de socialisme. "

" Ce qu’il y a de particulier dans la société soviétique de notre époque, à la différence de toute société capitaliste, c’est qu’elle n’a plus dans son sein de classe antagonistes, ennemies ; que les classes exploiteuses ont été liquidées et que les ouvriers, les paysans et les intellectuels formant la société soviétique, vivent et travaillent en collaboration fraternelle. (…) C’est sur la base de cette communauté d’intérêts que se sont développées des forces motrices comme l’unité politique et morale de la société soviétique. C’est cette même base qui a donné naissance à la Constitution de l’URSS adoptée en novembre 1936, et à la démocratisation totale des élections aux organismes suprêmes du pays. "  

" En URSS, la présidence est collective, elle est assurée par le Présidium du Soviet suprême, y compris le président (…) d’un vice-président par République fédérée "

Staline un dictateur ?

Voici quelques extraits explicites démontrant que le Parti Communiste ainsi que Staline étaient contre l’autoritarisme et la dictature personnelle :

" Bien choisir les cadres, ce n’est pas encore s’entourer d’adjoints, de suppléants, monter une chancellerie et lancer, de là, toute sorte de directives. Ce n’est pas non plus abuser de son pouvoir, (…). "

" Le mot d’ordre, Les cadres décident de tout, exige de nos dirigeants qu’ils montrent la plus grande sollicitude pour nos travailleurs, petits et grands, quel que soit le domaine où ils travaillent ; qu’ils les élèvent avec soin ; qu’ils les aident lorsqu’ils ont besoin d’un appui ; qu’ils les encouragent lorsqu’ils remportent leurs premiers succès ; (…) nombre d’exemples de bureaucratisme sans cœur (…) les hommes (…) on les déplace comme de simples pions. (…) Il me semble que l’indifférence de certains de nos dirigeants à l’égard des hommes, des cadres, et leur incapacité à les apprécier sont une survivance de cette étrange attitude de l’homme envers sont semblable (…)."

" (…) seuls peuvent être de vrais dirigeants bolcheviks, ceux qui savent non seulement instruire les ouvriers et les paysans, mais aussi s’instruire auprès d’eux. Ces paroles de Lénine n’ont pas été du goût de certains bolcheviks. (…) "

" On parle trop chez nous des mérites des dirigeants. On leur attribue toutes, presque toutes nos réalisations. Evidemment, on se trompe, on a tort. (…)

Les temps ne sont plus où les chefs étaient regardés comme les seuls créateurs de l’histoire, tandis que les ouvriers et les paysans ne comptaient pas. Ce ne sont plus seulement les chefs, mais d’abord et surtout les millions de travailleurs qui décident maintenant du sort des peuples et des Etats."

" Des bolcheviks ne peuvent pas ignorer que le mot d’ordre d’autocritique est la base de l’activité de notre Parti, le moyen de fortifier la dictature prolétarienne, (…) "

" Je dois dire que Staline ne décidait pas et n’aimait pas décider à lui seul des questions importantes de la guerre. Il comprenait parfaitement la nécessité du travail collectif dans ce domaine complexe, il reconnaissait les gens qui faisaient autorité dans tel ou tel problème militaire, tenait compte de leur opinion et rendait à chacun son dû. "

"Le travail de la Stavka s’effectuait, en règle générale, sous le signe de l’organisation, du calme. Tous pouvaient exprimer leur opinion. Joseph Staline s’adressait à tous de la même manière, sur un ton sévère et assez officiel. (…) n’était pas du tout un homme devant qui (…) on ne pouvait discuter et même défendre énergiquement son point de vue. Si certains affirment le contraire, je dirai simplement que leurs assertions sont fausses. "

Le Parti Communiste a le pouvoir absolu unilatéral ?

En fait, en URSS le Parti Bolchevik n’avait pas le pouvoir seul, était encore moins une dictature contre le peuple, mais faisait partie du " système du pouvoir de la classe ouvrière". Mais c’est bien l’ensemble de ce système, avec aussi le Parti, qui est une dictature seulement contre la classe bourgeoise capitaliste exploiteuse :

" Lénine a répété maintes fois que le système des Soviets est la dictature du prolétariat (…) mais il n’a jamais dit que le Parti était le pouvoir d’Etat, que les Soviets et le Parti étaient une seule et même chose. (…) La dictature est réalisée par le prolétariat organisé dans les Soviets et dirigé par le Parti communiste bolchevik ; que tout le travail du parti se fait par les Soviets qui groupent les masses laborieuses sans distinction de profession. (…) L’autorité du Parti est étayée par la confiance de la classe ouvrière. (…) par le dévouement du Parti à la classe ouvrière. (…) que le Parti doit prêter une oreille attentive à la voix des masses ; qu’il doit soigneusement tenir compte de l’instinct révolutionnaire des masses ; qu’il doit étudier la pratique de leur lutte et vérifier de la sorte la justesse de sa politique ; qu’il doit par conséquent, non seulement instruire les masses, mais s’instruire auprès d’elles. (…) qu’il ne doit pas commander mais convaincre avant tout, (…) ; qu’il doit par conséquent, être un dirigeant, un guide, un éducateur pour sa classe."

" Ainsi, les syndicats, comme organisation de masse du prolétariat, reliant le Parti à la classe avant tout dans le domaine de la production ; les Soviets, comme organisation de masse des travailleurs, reliant le Parti à ces derniers, avant tout dans le domaine de la gestion de l’Etat ; la coopération, (…) reliant le Parti aux masses paysannes, avant tout dans le domaine économique, (…) à l’édification socialiste ; la Fédération des jeunesses (…) formation de jeunes réserves ; et, enfin, le Parti, comme force directrice essentielle (…) appelée à diriger toutes ces organisations de masse. Tel est, dans son ensemble, le tableau du mécanisme de la dictature, le tableau du système de la dictature du prolétariat. "

" La dictature du prolétariat est une lutte opiniâtre, sanglante et non sanglante, violente et pacifique, militaire et économique, pédagogique et administrative, contre les forces et les traditions de la vielle société (la féodalité et la bourgeoisie capitaliste, exploiteuses). La force de l’habitude chez les millions d’hommes est la force la plus terrible. Sans un parti de fer trempé dans la lutte, jouissant de la confiance de tout ce qu’il y a d’honnête dans la classe en question, sans un parti sachant observer l’état d’esprit de la masse et influer sur lui, il est impossible de mener cette lutte avec succès. "

 La révolution, la prise du pouvoir… Oui, mais après ?

Priorité aux alliances avec les autres classes sociales et nécessité de leur intégration

La violence, parfois nécessaire et utile dans la lutte contre les ennemis de la classe ouvrière, n’était pas admise du tout, par les dirigeants de l’URSS, envers les paysans moyens, les petits producteurs, la petite bourgeoisie ; tant que ceux ci ne contrariaient pas la prise du pouvoir de l’Etat par le prolétariat avec l’aide du Parti Communiste, et tant qu’ils choisissaient définitivement de s’allier à lui, en vivant et travaillant selon les principes de l’Union soviétique, pour ainsi former ensemble la classe laborieuse, et ainsi acquérir les mêmes droits. Pour préciser cette idée, on peut parler des petits indépendants, mais aussi des fonctionnaires, des employés :

" Personne, aucun des socialistes les plus révolutionnaires n’a jamais préconisé des mesures de violence à l’égard de la paysannerie moyenne "

" Les représentants du pouvoir des Soviets, qui se permettent d’employer la contrainte non seulement directe, mais même indirecte, afin de rallier les paysans aux communes, doivent subir les plus sévères sanctions et être écartés du travail à la campagne. "

" Le léninisme enseigne qu’il faut amener les paysans sur la voie de l’économie collective, en s’en tenant au principe de la libre adhésion, en les convainquant des avantages de l’économie commune, collective sur l’économie individuelle (…). "

" Il s‘agira, sous la dictature du prolétariat, de rééduquer des millions de paysans, de petits patrons, des centaines de milliers d’employés, de fonctionnaires, d’intellectuels bourgeois, de les subordonner tous à l’Etat prolétarien et à la direction prolétarienne, de triompher (dans le sens positif du terme : de réussir ensemble un travail sur soi même, accepté en toute conscience) de leurs habitudes et traditions bourgeoises (en définissant celles négatives à l’intérêt de la classe laborieuse) ;

de même qu’il s’agira de rééduquer (…) les prolétaires eux-mêmes qui, eux non plus, ne se débarrassant pas de leurs préjugés petits-bourgeois subitement, par miracle, sur l’injonction de la Sainte-Vierge, sur l’injonction d’un mot d’ordre, d’une résolution, d’un décret, mais seulement au prix d’une lutte de masse, longue et difficile, contre les influences petites bourgeoises sur les masses. "

" Le pouvoir soviétique a privé de leurs droits électoraux les éléments non travailleurs (dans le sens qu’ils n’ont pas d’activité d’utilité publique) et exploiteur, non à perpétuité mais provisoirement, pendant une certaine période. Il fut un temps où ces éléments faisaient ouvertement la guerre au peuple et s’opposaient aux lois soviétiques. (…). Le moment n’est-il pas venu de réviser cette loi ? Je pense que oui. (…) Déjà en 1919 Lénine disait que le temps était proche où le pouvoir des Soviets jugerait utile d’introduire le suffrage universel sans aucune restriction "

La production seule ne signifie rien

Staline insiste sur l’importance de comprendre que la production n’est pas une donnée théorique, abstraite. Elle n’est qu’un élément de l’ensemble du système économique qui doit assurer le bien être général de la population.

Cela nécessite toute une infrastructure cohérente :

extraction des matières premières, transport de celles ci vers les usines de transformation en produits semi-finis ; ceux ci transportés vers les manufactures afin de les transformer en produits finis de consommation ; eux même seront alors acheminés vers les lieux de stockage, et enfin vers les magasins pour être proposés à la vente.

Cela nécessite également un moyen d’échange efficace et facile, l’argent ; et son infrastructure spécifique, la banque :

" Il faut comprendre enfin que, au bout du compte, les marchandises ne sont pas fabriquées pour la production, mais pour la consommation. (…) que les échanges soient très actifs entre la ville et la campagne, entre les différentes régions du pays, entre les différentes branches de l’économie nationale. Il faut que le pays soit couvert d’un réseau serré de dépôts, de magasins et boutiques. (…). Il faut faire participer à ce travail, le réseau commercial de l’Etat et le réseau commercial coopératif, l’industrie locale, les kolkhoz et les paysans individuels.

C’est ce qui s’appelle, chez nous, le commerce soviétique sur une grande échelle, le commerce sans capitalistes, le commerce sans spéculateurs. (…).

Ces gens (Staline s’adresse à certains communistes qui n’ont pas bien compris la mise en pratique, dans la vie quotidienne, de la théorie marxiste-léniniste) ne comprennent pas que le commerce soviétique, c’est notre œuvre bien à nous, une œuvre bolchévique, et que les travailleurs du commerce, y compris les vendeurs, à la condition qu’ils travaillent honnêtement, sont les réalisateurs de notre œuvre révolutionnaire bolchévique. On comprend que le Parti ait dû secouer un peu ces communistes (…) "

" Il a fallut ensuite vaincre des préjugés d’un autre ordre. Je veux parler du bavardage gauchiste (que Staline nomme plus loin : petit-bourgeois) qui a cours chez une partie de nos militants. (…)

Ces hommes, aussi loin du marxisme que le ciel l’est de la terre, ne comprennent évidemment pas que l’argent est cet instrument de l’économie bourgeoise, que le pouvoir des Soviets a pris en main, qu’il l’a adapté aux intérêts du socialisme pour développé à fond le commerce soviétique et préparer ainsi les conditions de l’échange direct. (…)

On a organisé le fonctionnement d’une banque centralisée, unique, de crédit à court terme, la Banque d’Etat, avec 2 200 succursales, pour financer les opérations de commerce "

L’égalité ne suppose pas l’égalisation, l’égalitarisme, le nivellement

La vigilance est nécessaire pour ne pas interpréter abusivement la théorie du marxisme-léninisme, pour aboutir à sa mauvaise application aux aspects de la vie quotidienne, dans la phase socialiste du dévelopement de la société vers le communisme.

Des différences matérielles entre les personnes subsisteront, mais bien sûr il est nécessaire de veiller à qu’elles ne soient pas excessives.

Staline, avec son sens du réalisme, explique bien que :

"  on ne saurait en effet exiger des hommes qu’ils aient tous les mêmes besoins et les même goûts, que dans leur vie personnelle ils adoptent un standard unique.

(…) Par égalité, le marxisme entend non pas le nivellement des besoins personnels et de la manière de vivre, mais la suppression des classes, c’est-à-dire :

  1. libération égale de tous les travailleurs de l’exploitation, une fois les capitalistes renversés et expropriés ;

  2. abolition égale pour tous de la propriété privée des moyens de production, une fois qu’ils sont devenus la propriété de toute la société ;

  3. obligation égale pour tous de travailler selon leurs capacités et droit égal pour tous les travailleurs d’être rétribués selon leur travail (société socialiste) ;

  4. (…) de recevoir selon leurs besoins (société communiste) "

" Quelle est la cause des fluctuations de la main-d’œuvre ? C’est l’organisation défectueuse des salaires, le système défectueux des tarifs, c’est le nivellement ‘’gauchiste’’ dans le domaine des salaires. (…)

Le nivellement a pour résultat que l’ouvrier qualifié est contraint de passer d’entreprise en entreprise, pour en trouver enfin une où l’on sache apprécier comme il se doit le travail qualifié.

Marx et Lénine disent que la différence (de salaire) entre le travail qualifié et le travail non qualifié existera même sous le socialisme, même après la suppression des classes ; que ce n’est que sous le communisme que doit disparaître cette différence (…) selon les besoins. "

Vers le bien-être pour tous, jusqu'à l'aisance

Le socialisme ne signifie pas misère et privations, mais bien leur suppression par l’organisation d’une vie aisée et cultivée pour tous les membres de la société, au point de vue matériel, éducatif, culturel ; et ainsi permettre d’établir de saines relations sociales, sans conflit :

" Mais, malheureusement, la liberté seule est loin de suffire.

Si l’on manque de pain, de beurre et de graisse, si l’on manque de tissus, si les habitations sont mauvaises, on n’ira pas loin avec la seule liberté.

Il est très difficile camarades, de vivre rien que de liberté.

Pour que la vie soit bonne et joyeuse, il faut que les bienfaits de la liberté politique soient complétés par les bienfaits matériels, (…). "

" Mais quand les éléments capitalistes sont anéantis, et les éléments pauvres, affranchis de l’exploitation, la tâche des léninistes n’est pas de fixer, de maintenir la pauvreté et les pauvres (…) mais de supprimer la pauvreté et d’élever les pauvres au niveau d’une vie d’aisance.

Il serait stupide de croire que le socialisme puisse être édifié sur la base de la misère et des privations, en restreignant les besoins personnels et en abaissant le niveau de vie des hommes (plus aisés) au niveau de vie des couches pauvres, (…).

Le socialisme ne peut être édifié que si les forces productives de la société se développent vigoureusement ; s’il y a abondance de produits et de marchandises ; quand les travailleurs mènent une vie aisée et que la culture monte impétueusement.

Car le socialisme, le socialisme marxiste, ne signifie pas compression des besoins individuels, mais leur extension et leur complet épanouissement ; non point limitation ni refus de les satisfaire, mais satisfaction pleine et entière de tous les besoins des travailleurs éclairés. "

Pour la suppression de la distinction entre manuels et intellectuels

" Le principe du socialisme est que dans la société socialiste chacun travaille (encore) selon ses capacités et reçoit les objets de consommation, non pas selon ses besoins, mais selon le travail qu’il a fourni à la société.

Cela veut dire que le niveau technique et culturel de la classe ouvrière reste peu élevé (par rapport aux diplômés d’écoles supérieures), que l’opposition entre le travail intellectuel et le travail manuel subsiste, (...).

Le communisme est un degré de développement supérieur (au socialisme).

Le principe du communisme est que dans la société communiste chacun travaille selon ses capacités et reçoit les objets de consommation, non pas selon le travail qu’il a fourni, mais selon ses besoins d’homme cultivé.

Cela veut dire que le niveau technique et culturel de la classe ouvrière est alors assez élevé pour saper les bases de l’opposition entre le travail intellectuel et le travail manuel qu’en élevant le niveau culturel et technique de la classe ouvrière jusqu’à celui des ingénieurs et techniciens.

Il serait ridicule de penser que cette élévation est irréalisable. "

De la nécessité de valoriser la technologie de pointe, à la formation de nouveaux cadres

Pour pouvoir réaliser le modèle de société tel qu’il est expliqué plus haut, du socialisme pour aboutir au communisme, Staline encourage vivement l’évolution technologique constante, en parallèle à la formation de nouveaux techniciens spécialisés.

En URSS s’est développé le mouvement stakhanoviste, du nom de Stakhanov suivi de ses homologues, Boussyguine, Smétanine, Moussinski et de toutes une série de techniciens enthousiastes, dans différents secteur de production.

Ils ont établi spontanément des normes techniques nouvelles, sans en attendre la demande de la direction des entreprises ; et même parfois au risque de se faire licencier par des dirigeants bornés dans leur conservatisme, travaillant dans la routine.

Mais Staline est resté vigilant :

" Comme vous voyez, si même l’administration de nos entreprise a réagi, cette réaction n’allait pas au-devant, mais à l’encontre du mouvement stakhanoviste.

Ainsi le mouvement stakhanoviste est né et s’est développé comme un mouvement venu d’en bas.

Et précisément parce qu’il est né de lui même, précisément parce qu’il vient d’en bas, il est le mouvement le plus viable et le plus irrésistible de notre temps. (…)

Seul un mouvement venu à point, et qui attend une impulsion pour se manifester librement, seul un tel mouvement pouvait se propager si vite et faire boule de neige. (…) Ce qui a été à la base du mouvement stakhanoviste, c’est d’abord l’amélioration radicale de la situation matérielle des ouvriers.

La vie maintenant est meilleure camarades. (…)

Chez nous les gens ne travaillent pas pour les exploiteurs, pas pour enrichir les parasites, mais pour eux-mêmes, pour leur classe, pour leur société à eux, la société soviétique, où l’élite de la classe ouvrière est au pouvoir.

Et c’est pourquoi le travail chez nous a une portée sociale – il est une affaire de dignité et de gloire . (…)

Il est évident que, durant ces deux années, se sont poursuivies l’assimilation de cette nouvelle technique et la formation de nouveaux cadres.

Il est clair maintenant que ces cadres existent déjà chez nous.

Ainsi les gens nouveaux parmi les ouvriers et les ouvrières, qui se sont rendus maîtres de la technique moderne, ont été cette force qui a cristallisé et poussé en avant le mouvement stakhanoviste "

Organiser la promotion sociale et professionnelle des femmes

A la suite de la période rétrograde, décadente, anachronique de la féodalité tsariste, et donc par rapport à sa situation initiale très défavorisée, l’URSS s’est développé dans tous les domaines économiques à une vitesse prodigieuse.

Et cela aussi grâce à la participation de plus en plus croissante des femmes dans la vie sociale active :

" A noter comme un fait réconfortant et un signe du progrès de la culture au village, l’activité grandissante des femmes, membres des kolkhoz, dans le travail d’organisation sociale.

On sait, par exemple, que les femmes assurant la présidence des kolkhoz sont actuellement au nombre de 6 000 environ ; on compte parmi les membres des directions, plus de 60 000 femmes ; chefs d’équipe, 28 000 ; organisatrices des groupes de travail, 100 000 ; 9 000 femmes sont chargées de diriger l’élevage ; conductrices de tracteurs, 7 000.

Inutile de dire que ses renseignements sont incomplets.

Mais le peu que renferment ces données témoigne avec assez d’évidence du grand essor culturel au village.

Ce fait, camarades, a une énorme importance.

Cela parce que les femmes forment la moitié de la population de notre pays. (…).

Voilà pourquoi nous ne pouvons admettre que cette immense armée de travailleuses végète dans les ténèbres de l’ignorance !

Voilà pourquoi nous devons saluer l’activité sociale grandissante des femmes travailleuses et leur élévation aux postes de direction, comme un signe certain des progrès de notre culture. "

" Force importante, comme vous voyez, capable d’arracher toutes les racines du capitalisme à la campagne. "

A la campagne, mais aussi dans les villes, dans tout l’ensemble des Etats, organisés selon les principes de "  l’Union Soviétique ", à l’échelle internationale…

le socialisme pour aboutir au communisme, il nous reste de le développer ensemble, dans la solidarité, l’entraide, le partage !

Je vous ai exposé un résumé de quelques principes fondamentaux du marxisme-léninisme appliqué, avant tout en fonction des aspects de la vie quotidienne ; édifié par la classe laborieuse de l’ URSS, avec l’aide du Parti Communiste bolchevique, sous la direction de Staline… Ce que l’on nomme, le stalinisme.

Je vous remercie pour votre attention.

Walter Poodt

 

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Le texte qui suit est de l'anarchiste belge Jean Bricmont

Le fascisme, le stalinisme et X

Un des thèmes privilégiés du discours politique contemporain est la révulsion provoquée par ces grandes horreurs du 20ème siècle que sont le fascisme et le stalinisme, mises en pratique d'idéologies totalitaires. En marge du quarantième anniversaire de l'indépendance du Congo, je voudrais faire quelques remarques sur ce qui me semble être un grand absent dans ce débat, et que, pour cette raison, j'appellerai X.

X est un système d'oppression politique qui s'est étendu à presque toute la planète, durant ici des siècles, là des décennies, et faisant, au total, plus de victimes que le stalinisme et le fascisme mis ensemble. X a déporté des populations entières, annihilé des cultures, utilisé l'esclavage, les camps et le travail forcé. X s'est justifié au moyen d'une idéologie fanatique, le racisme, qui a une grande parenté avec le nazisme ; mais cette parenté, contrairement à celle entre nazisme et stalinisme, est rarement soulignée. X a utilisé, là où il dominait, un obscurantisme imposé par des moyens totalitaires. Les séquelles de X affectent la vie de bien plus de gens que les séquelles du stalinisme ou du fascisme. Il est impossible de comprendre le monde contemporain, qu'il s'agisse de la dette du Tiers Monde, de la politique du FMI, des migrations, du racisme, des problèmes écologiques, ou les événements du Congo, du Zimbabwe, du Liban, ou même des Balkans, sans remonter à X. Des millions de gens dans le monde meurent chaque année, victimes des conséquences de X.

Pourtant, parler de X n'est pas simple ; l'histoire de X, telle que je l'ai apprise à l'école, était purement et simplement négationniste. Aujourd'hui encore, de nombreux livres sont écrits pour justifier d'une façon ou d'une autre X. Personne ne demande de mettre des entraves spécifiques à la liberté d'expression pour les interdire (moi non plus d'ailleurs). Depuis quelques décennies, on peut parler un peu plus objectivement de X, mais il faut faire attention à ne pas exagérer, à ne pas dire n'importe quoi. Il faut éviter de tomber dans l'auto culpabilisation ou de verser les sanglots de l'homme blanc. Il ne faut surtout pas oublier de souligner que X coexistait avec une certaine démocratie, certes limitée aux bénéficiaires de X, mais quand même. Surtout, il ne faut jamais utiliser X pour justifier les crimes de Pol Pot ou des différentes dictatures qui ont succédé à l'effondrement partiel de X. Par contre, il est tout à fait normal d'utiliser, en les invoquant de façon rituelle et hors de tout contexte, les crimes de Staline ou de Pol Pot pour faire taire les dissidents en Occident, qu'il s'agisse de justifier la guerre du Vietnam, celle du Golfe ou l'attaque de l'Otan contre la Yougoslavie.

Les crimes de Staline, dont, contrairement à ceux de X, j'ai entendu parler depuis ma jeunesse, sont constamment révélés ou redécouverts. Par contre, lorsqu'on parle de X, on entend souvent dire que c'est une vielle histoire, que tout le monde connaît. Il est très mal venu de souligner l'idéalisme des militants communistes, les réalisations économiques de l'URSS à l'époque de Staline ou le rôle essentiel de celles-ci dans la défaite du nazisme. Par contre, on peut difficilement parler de X sans rappeler que, quand même, il y avait des aspects positifs et que les motivations des bénéficiaires de X étaient "complexes".

Beaucoup de grands penseurs en Occident ont soutenu X sans nuances et sans jamais se renier ; ils étaient bien plus que de simples compagnons de route de X. Aucun grief ne leur en est fait, contrairement à ceux qui ont soutenu dans leur jeunesse Staline ou Mao et qui n'en finissent jamais de devoir démontrer, par une fidélité sans faille aux objectifs politiques et militaires de l'Occident, la sincérité de leur repentir. Il est de bon ton de se demander comment quelqu'un comme Sartre a pu écrire ce qu'il a écrit sur le communisme ; mais il serait malvenu de se demander comment quelqu'un comme Hegel a pu écrire ce qu'il a écrit sur les Noirs et les Indiens ; que voulez-vous, c'était l'esprit de l'époque. L'Eglise catholique, la famille royale ainsi que la plupart des partis politiques belges ont entretenu une longue complicité avec X, qu'il n'ont jamais publiquement reniée ; mais, contrairement aux partis suspectés de stalinisme, cela ne leur fait aucun tort. Si un groupe de gens se réunissent sous un portrait de Staline en Russie, cela provoque chez nous l'indignation. Mais la statue équestre d'un des plus grands criminels de l'histoire en plein centre de Bruxelles ne dérange personne ; en effet, ses crimes sont liés à X.

La plupart des grands monuments de Bruxelles ont été construits grâce au pillage rendu possible par X. En allant au terminus du tram 44, on découvre un musée consacré à une apologie à peine déguisée de X. Nos richesses, notre système politique et nos institutions trouvent toutes leurs racines dans l'histoire de X. Mais, alors que l'histoire du stalinisme doit, dit-on, nous amener à rejeter toute utopie, les horreurs de X ne suffisent pas à les discréditer. Au contraire, nous en sommes si fiers que nous avons l'outrecuidance de donner notre mode de vie en exemple au monde entier, en particulier aux victimes de X (comme s'ils pouvaient, eux, reproduire l'histoire de X). Paradoxe ultime : le continent qui a faire naître et qui a profité au maximum de X doit, selon un discours faisant pratiquement l'unanimité de la gauche à la droite, absolument s'unifier sur le plan militaire pour pouvoir mieux intervenir en faveur des droits de l'homme, surtout dans les pays qui ont été victimes de X.

Évidemment, X est le colonialisme et l'impérialisme occidental (pour utiliser un mot quasi tabou). Mon but ici n'est pas de défendre le stalinisme ou le fascisme mais de souligner l'inanité d'une bonne partie du discours politique contemporain qui, en se focalisant sur les crimes de ce qu'on fait passer pour l'Autre de nos sociétés, permet d'occulter de façon quasi-permanente la source principale des conflits qui déchirent le monde actuel. En effet, il y a bien quelque chose de commun à des événements apparemment aussi divers que la guerre du Vietnam, le coup d'État de Pinochet, l'assassinat de Lumumba, les embargos contre Cuba et l'Irak, ou ce qu'on appelle la globalisation : il s'agit de la continuation de X par d'autres moyens. Tant que les Occidentaux n'accepteront pas d'envisager lucidement leur propre passé et n'essayeront pas de redresser les torts qui leur ont fait tant de bien, les discours anti-totalitaires que tant d'intellectuels adorent tenir ne seront en rien moralement supérieurs à ceux sur la charité chrétienne que tenaient les patrons au siècle passé.

 

 

 

 

La Contrefaçon du 'Testament de Lénine'

VA. Sakharov, Candidat ès Sciences historiques.

Ci-dessous nous publions une analyse des documents qui sont dits avoir été écrits ou dictés par V.I. Lénine avant sa mort, lesquels étaient critiques de J.V. Staline. L'article suivant a été d'abord publié dans le journal 'Molniya', organe du Trudovaya Rossiya mouvement de masse, traduit par Michael Lucas et publié dans la collection des articles 'The lie of the Lenin Testament' (Toronto, 1997). L'article est préfacé par des extraits de 'la Lettre au Congrès', qui a été déclarée pour avoir été dicté par Lénine. V.A. Sakharov soulève la question de la paternité de cela et des documents qui s'y rapportent.

De 'la Lettre au Congrès' :

I. 'Le camarade Staline, devenu Secrétaire général, a concentré un pouvoir illimitée entre ses mains et je ne suis pas sûr qu'il puisse toujours s'en servir avec circonspection. Camarade Trotski, d'autre part, comme sa lutte contre le C. C. dans la question du Commissariat du Peuple des voies Communications a déjà prouvé, s'est distingué non seulement par des capacités éminentes. Il est personnellement peut-être l'homme le plus capable de l'actuel C.C., mais il il pêche par excès d'assurance et par un engouement exagéré pour le côté purement administratif des choses.'

Le 25 décembre 1922
Consigné par M.V.
(V.I. Lénine, Oeuvres, vol 36, Moscou, 1971, pp. 607-608).

II. 'Staline est trop brutal et ce défaut, bien que tout à fait tolérable dans notre milieu et dans les relations entre nous, communistes, ne l'est pas dans les fonctions de secrétaire général. Je propose donc aux camarades d'étudier un moyen pour démettre Staline de ce poste et pour nommer à sa place un autre homme qui n'aurait en toutes choses sur le camarade Staline qu'un seul avantage, celui d'être plus tolérant, plus loyal, plus poli et plus attentif envers les camarades, d'humeur moins capricieuse, etc. Ces traits peuvent sembler n'être qu'un infime détail. Mais à mon sens, pour nous préserver de la scission et en tenant compte de que j'ai écrit plus haut sur les rapports de Staline et de Trotski, ce n'est pas un détail, ou bien c'en est un qui peut prendre une importance décisive

Consigné par L.F.
Le 4 janvier 1923.
(Op. cit. p. 608).

La réalité politique et scientifique d'une lutte de principe contre n'importe quelle pseudo création concernant V.I. Lénine, fait face aux mouvements communistes contemporains. Cette lutte n'est pas seulement défensive. Le but n'est pas de placer devant les yeux des ouvriers, une image de V.I. Lénine dans sa grandeur, mais cela doit sauvegarder et promouvoir la victoire de le Révolution communiste.

Ces lettres du prétendu testament n'appartiennent pas à Lénine.

Parmi les mythes qui sont liés à la vie et au travail de V.I. Lénine, le plus sournois, raffiné et en même temps le plus destructeur dans ses conséquences politiques et idéologiques est le mythe du prétendu ' Testament Politique ' de V.I. Lénine, sous lequel il y a un complexe de documents, connus aussi comme ' Derniers articles et lettres'. Le problème scientifique dans cela c'est de vérifier que chacun de ces documents était, en effet, écrit par V.I. Lénine. Donc l'examen de tous ces documents est une question de vérification.

Ces lettres sont tapées sur une machine à écrire. V.I. Lénine n'a signé aucun de ces documents ou lettres et ne peuvent pas être vérifiés comme tels. La signature sous le texte tapé à la machine est 'AM.V.' ou 'L.F.' Celles-ci ne peuvent pas prendre la place d'un autographe, ou une copie signée par Lénine. C'est un fait que la paternité de ces documents de Lénine, publiquement dès le début, n'a jamais malheureusement été mise en doute. Il a été pris comme un fait accepté qu'ils ont été écrits par V.I. Lénine. Cela a été même accepté par J.V. Staline lui-même. Cette situation, bien sûr, a donné une aide considérable aux révisionnistes qui étaient toujours parmi la direction de PCUS après la mort de Lénine. L'histoire montre que ces 'documents' sont devenus la partie 'd'une intrigue'.

Mais, une analyse scientifique exige que ces documents soient examinés historiquement. Des analyses historiques ne doivent pas être conçues pour montrer ou prouver que cela ou que le document n'appartient pas à V.I. Lénine. Plutôt le fardeau de la preuve doit être dans l'autre direction – l'analyse doit prouver que ces lettres correctement appartiennent en effet au corps de travaux, tombant sous la paternité de V.I. Lénine.

Cet auteur a étudié les documents et toutes les archives disponibles possibles de tous les matériels et cela l'a amené à la conclusion suivante. En parlant concrètement, la logique suivante dans les analyses 'du prétendu Testament' s'applique : Vous pouvez diviser les documents en deux parties :

(1) La paternité de Lénine qui complètement et sans aucunes problèmes, est montrée par des méthodes différentes, et

(2) La paternité de Lénine qui ne peut pas être prouvée par aucun moyen scientifique.

À cet égard nous devons déclarer emphatiquement qu'aucun des textes de Lénine dans sa forme incontestable et originale, n'a aucune pensée ou expression anti Staline. Cependant, c'est exactement l'opposé, dans cette partie du, ' Testament' litigieux de V.I. Lénine (c'est-à-dire celle que nous nous tenons ne pas appartenir à la main de Lénine), qui est pleine d'anti-Stalinisme et est politiquement motivée à cette fin.

Le Testament

En réalité, la partie 'du Testament' de Lénine est basée sur les articles suivants :

  • Ses 'Pages de ses rendez-vous de son journal quotidien',

  • 'Comment nous devons réorganiser Rabkrin',

  • 'Mieux moins, mais mieux',

  • 'À propos de notre Révolution'.

Ces articles ont été rendus publics et publiés au commencement de janvier à mars 1923. De plus sa dictée : 'la Lettre au Congrès', a été faite les 26-29 décembre 1922 et traite de la réorganisation du CC et du taux des 'inspections des ouvriers et paysans et des tâches du Gosplan.

Finalement un article : 'de la Coopération', est daté du 4-6 janvier 1923.

Tous ces documents ne sont pas signés par Lénine. Mais le texte, le travail sur eux (ou sur leurs phases individuelles) sont fixé dans les documents par le secrétariat de Lénine, pendant leur travail sur eux. Les dates sont aussi fixées dans les documents du Politburo. Tout cela confirme leur authenticité. Autrement dit, cela signifie, que quand V. I. Lénine travaillait sur ces documents, ou après qu'ils ont été finis il était toujours capable de surveiller leur achèvement, il y a une indication facile à suivre. Pour conclure, ces documents s'accordent en plusieurs places et sont confirmés par les documents que V.I. Lénine a reçu après leur achèvement par le secrétariat. Lénine les a reçus pour leur donner son acceptation finale, ou il les a employés comme référence, quand la discussion se passait toujours à l'intérieur du Comité Central du parti. Ces documents internes ne sont pas contradictoires, ou ne montrent pas des attitudes antagoniques de personnes à d'autres personnes dans la direction. Il y a des idées développées dans ces documents, mais aucun départ principal des buts d'autres documents. Finalement, ils ne sont pas en opposition avec d'autres recommandations faites par V. I. Lénine. Il peut être dit qu'il y a la cohérence dans et entre ces documents.

Attaque Contre Staline

Le deuxième groupe de documents – où les parties qui ne sont pas de Lénine qui peuvent être tracées dans 'le Testament de Lénine', présentent absolument un autre problème. Ces problèmes peuvent être résumés comme suit :

(1) Nous voyons une note caractéristique, qui se lit comme une 'dictée par V.I. Lénine'. Cela arrive les 24-25 décembre 1922 et le 4 janvier 1923. C'est dans ceux-ci, que nous trouvons la base pour une attaque contre J. V. Staline. Staline était bien sûr, dans la réalité le lieutenant de V.I. Lénine et un leader du parti.

(2) Apparaît là 'un prétendu article' ' de la question des nationalités ou 'l'autonomie'.

(3) Soutenant supposément que, c'est une lettre politique, 'dictée' en mars 5-6, 1923 (à Trotski, Mdivani, Makharadze) avec une déclaration de solidarité avec eux.

(4) Supposément l'article o lettre à Staline de 'une menace pour cesser les relations personnelles' entre Lénine et Staline.

Tout ceci nous montre que Lénine lui-même n'était pas l'auteur et qu'il n'y a aucun témoin à l'extérieur que Lénine a écrit cette lettre ! Mais, néanmoins le lecteur peut demander où nous obtenons cette information sur ce document ? Notre analyse est confirmée par :

(1) Le prétendu 'Journal Quotidien des Secrétaires de V. I. Lénine' et,

(2) Les personnes qui ont livré ces documents au Comité Central du PCUS.

Examinons ces deux points en détail. 'Le Journal ' du Secrétariat est le plus remarquable et, jusqu'à maintenant, n'a jamais été un document mis en question. Et il n'a jamais été examiné dans le détail scientifique et historique. En réalité il était inutile de faire ainsi, puisque c'est maintenant connu et accepté, que ce 'Journal' après le 18 décembre 1922 n'est pas considéré comme un document du travail quotidien du Secrétariat de Lénine. C'est parce que c'est le travail de nouveaux auteurs, avec le but de prendre des dispositions pour des changements à être mis en oeuvre, si c'était possible sur un thème théorique et politique, par des auteurs qui a ce temps-là étaient bien cachés. En parlant avec réalisme, c'est un document fabriqué, faux.

Regardez-le vous-mêmes. Le commencement de la maladie de Lénine les 18-22 décembre 1922, a vu Lénine partir de l'étape centrale de son travail Malheureusement, pendant ce temps-là son Secrétariat a pratiquement cessé de fonctionner et les journaux quotidiens ne sont pas enregistrés. Les plans sont remis. Mais quand ces 'Journaux' sont de nouveau commencés, nous recevons des 'versions' complètement nouvelles de ce qu'on a supposé que Lénine a dicté. Il y a des pages entières qui sont vides dans 'les Journaux', les notations y sont placées seulement irrégulièrement. Entre des pages où il y a quelques notations, il y a des pages vides pendant cette période. Cela a en effet donné aux initiateurs du Testament' l'occasion de remplir les pages qui étaient vides.

Miracles Chronologiques

C'est confirmé par le temps suivant ou par l'analyse chronologique, qui essayera de montrer que L. A. Fotieva (une des rédactrices secrétaires) doit faire une notation pour le 28 décembre 1922, les 4-9-19-24, janvier 1923. M.V. Volodicheva a promis de remplir ces dates pour le 26 décembre et le 17 mars.

Mais ce n'est pas tout, quelque chose ou autre 'vient' ou dans le calendrier du journal, ou dans le Secrétariat, apporté par soit par Fotieva et Volodicheva. Une drôle de séquence de dates s'ensuit. Après 30 janvier il y avait une notation, marquée le 26 janvier, ensuite une notation le 30 janvier de nouveau. Il semble que la notation sur le 24ème n'est pas plus mauvaise que la notation sur le 31. La notation finale, pour la troisième fois, était aussi le 30 janvier 1922. Les notations de février étaient aussi mauvaises que celles de janvier: le 10 février, dans 'le journal' les secrétaires ont écrit une notation le matin du 7, après cela, du matin du 9ème, ensuite une notation pendant la soirée du 7ème, alors après cela une notation pendant le matin du 9ème alors dans la soirée du 7ème, Mais le matin du 9ème, ils ont décidé de s'égarer et ont apparu de nouveau en février pour la deuxième fois. La fin à cela, sautant dans les notations du journal, arrive le 9 février.

Cela montre alors très succinctement que toutes ces dates étaient manipulées et que devant nous, ce n'est pas le document que ces ennemis essayent de nous présenter comme l'original. Des analyses scientifiques nous montrent qu'après le 18 décembre dans les écritures dans le journal quotidien, que la femme de J.V. Satine, N.S. Allieueva, n'écrivait pas dans le journal quotidien, comme faisant partie du Secrétariat de V.I.. Lénine, bien qu'elle ait continué à travailler dans le Secrétariat dans d'autres devoirs.

Dans 'le journal' là apparaissent alors des insertions, aux pages pour le 23 décembre, 24 et le 17 janvier, et le 30. Cela montre qu'il y avait des compléments après que le journal a été rempli. Tout ces ' style inégal inséré dans le 'journal', sont expliqués sur la base que, le travail sur cela n'était pas fini. Quelque chose semble avoir empêché ce 'journal' d'être finalement fabriqué à sa conception logique.

À part 'du journal' des Secrétaires, existent là les écritures quotidiennes des Docteurs qui s'occupaient de V.I. Lénine. Entre les journaux" des Secrétaires "et les documents écrits par les Docteurs, nous trouvons beaucoup de différences quant aux détails des dates et d'autres notations.

Comme un exemple, les secrétaires dans 'le journal' se tiennent tranquilles concernant le travail de V.I. Lénine, tandis que les Docteurs ont écrit: Sur les 25, 29, 31, décembre, les 1-4, 10, 13 16-27 janvier, ensuite en février les 18, 20, 25-27, ensuite en mars les 2, 3. Cela s'élève à 20 jours de différences entre les notations des Docteurs et le vide complet des notations par les Secrétaires.

Il y a un exemple dans la direction opposée aussi, quand V.I. Lénine n'a pas travaillé avec les secrétaires, tandis qu'encore - les secrétaires nous le disent. ils avaient pris des dictées de V.I. Lénine les 24-26 janvier, les 3, 9, 10, 12, 14 février c'est 8 autres jours qui est en désaccord avec d'autres notations par les Docteurs. Imaginez juste, un 'journal' qui est un rapport quotidien d'événements où 28 jours sur 72 jours ne coïncident pas ou sont complètement l'opposé !

C'est très intéressant ce qui arrivait pendant ces ' dates douteuses, quand le travail a été censément fait par les Secrétaires. C'est dans ce temps que l'information sur le testament de Lénine et sa critique contre J. V. Staline, apparaît sur la question de la formation d'un 'état national - qui a tout les éléments essentiels de ' une bombe qui est mise pour Staline.

Il suit, que c'est cette information, qui est 'insérée' dans le Journal, qui devient la base supposée de la thèse de la paternité de Lénine de cet 'article' et 'Sur la question des nationalités ou 'l'autonomie'' et les lettres du 5-6 mars 1923.

Le Travail De Trotski

La situation ne peut être sauvée par les divers mémoires de Trotski, des secrétaires de V.I. Lénine, ' Fotieva, Volodicheva, Glyasser. Tous ces mémoires essaient de donner l'autorité et la créance que ces documents sont en effet, écrits par V.I. Lénine. Tous essayent de montrer ' les bases historiques et réelles de ces documents.

Mais la comparaison de ces documents secondaires eux-mêmes, montre clairement tant de contradictions sérieuses – dans les documents et les écritures des Docteurs, des contradictions parmi eux, que leur information ne peut pas être acceptée comme véridique et ne peut pas alors aider à établir la paternité de V.I. Lénine de ces documents et du texte. La logique simple ne nous aide pas à être convaincue – il reste seulement pour nous à croire leurs mots. Mais c'est seulement agréable à ceux qui veulent être dupés.

L'histoire de la publication de ces documents et leur utilisation dans les luttes politiques n'a aucun rapport avec le traitement comme le dernier testament, donné par V.I. Lénine au parti par le chef du CC du parti, du Politbureau et des camarades les plus proches dans la lutte.

En premier lieu, un tel appel secret n'était pas dans l'esprit de V.I. Lénine, il n'a pas suivi sa méthode politique de travail.

Deuxièmement, ces documents d'écritures n'ont pas été dictés en temps normal, parce que V.I. Lénine avait l'occasion suffisante de faire ouvertement appel au parti avec n'importe quelles suggestions qu'il considérait opportunes et nécessaires. Il n'y avait aucun ' régime de prison ', qui a été censément fondé par J.V. Staline lors que V.I. Lénine était vivant. La présence dans le PCUS CC et Politbureau de groupements politiques différents et la lutte entre eux, garantit la défaite de n'importe quelle tentative de cacher les documents de Lénine.

Troisièmement, cela aurait été illogique de remettre n'importe quelle décision sur n'importe quelles questions, sur lesquelles ' la vie du parti dépendait, ou l'avenir de la révolution - à quelque temps futur de décision, à un Congrès du parti. Il était incertain quand après la prochaine mort de V.I. Lénine une telle future – la réunion seraient tenue, puisqu'il n'était pas aussi certain quand Lénine d'une façon critique malade décéderait.

Tous ces exemples montrent que les documents n'étaient pas véritables. Mais considérons qui étaient les auteurs 'du Testament' ? Qui pouvait en tirer profit ? Les auteurs de cette légende du 'Testament de Lénine' sont – Trotski, Fotieva, Zinoviev, Boukharine. Ils 'ont inséré' ces textes dans l'arène politique longtemps avant la mort réelle de V.I. Lénine. Ils ont attendu jusqu'au temps où Lénine ne soit plus capable d'écrire, de dicter ou de lire les matériels, ils ont écrit ces documents comme une méthode politique de lutte contre J.V. Staline. Trotski, avec l'aide d'une des Secrétaires Fotieva, a composé le soi-disant) 'article', ' Sur la question des nationalités ou l'autonomie. Pendant qu'ils ont fait cela, ils ont ouvertement déclaré qu'ils n'ont pas reçu de directives, mais c'était basé sur la demande de V.I. Lénine et eux n'ont pas su quand cela a été fait.

Mais cette manœuvre par ces éléments n'a pas réussie, parce que l'état de l'URSS a été proclamé au XII Congrès du parti. À ce Congrès ils ont essayé, se basant sur 'le texte de Lénine', de démembrer l'URSS qui avait été juste adopté par le Congrès.

Malgré leurs efforts, ces éléments n'étaient pas capables de dissoudre l'URSS nouvellement formée. Le combat contre eux a été mené par J.V. Staline. C'est exactement pendant ce temps de débat sur l'URSS que 'l'article' censément écrit par V.I. Lénine a été distribué par Trotski et a été donné au Secrétariat de V.I. Lénine pour être enregistré dans 'le Journal' !

Après le Congrès, la lutte intense menée par Trotski contre J.V. Staline est entrée dans une nouvelle phase. À la fin de mai 1923, Krupskaya (la femme de V.I. Lénine - le rédacteur) donne à Zinoviev le texte d'un 'matériel dicté' du 24-25 décembre 1922 qui est une partie des 'caractéristiques des personnes dans le CC'. Elle ne le donne pas au Secrétariat du CC, comme il se doit, pas dans les mains du Politbureau, mais seulement à un de ses membres, qui lui-même aspirent à mener le pays.

Aussi, Zinoviev était très amer et jaloux de la croissance d'autorité et du prestige de J. V. Staline. Zinoviev informe maintenant les membres et les candidats membres du Politbureau et le Présidium de la Commission du Contrôle Central. Sur le désir apparemment exprimé de V.I. Lénine quant à ce matériel dicté, que cette lettre était pour le Congrès, Krupskaya ne l'a même pas mentionnée ou ne l'a pas donné à temps pour le Congrès. Elle a dit que 'ce document devait être donné seulement au Comité Central'.

La légende de cette lettre réapparaît fréquemment et avait des répercussions sérieuses. Cette lettre est née pendant les luttes internes dans le parti. Deux mois plus tard Zinoviev et Bukharine ont informé J.V. Staline, Secrétaire général du PCUS, élu par le dernier Congrès, de l'existence de cette 'lettre' (c'est-à-dire ' la lettre dictée ' le 4 janvier 1923). C'était, pendant les manoeuvres de Zinoviev et Bukharine destinées à mettre le travail de Staline, sous la direction du parti qui était sous leur propre contrôle, avec Trotski.

Ils ont essayé d'utiliser l'autorité de V.I. Lénine. Ces lettres 'dites dictées' sont devenues le véhicule pour dépouiller Staline de son autorité, puis qu'eux-mêmes n'ont pas assez d'autorité personnelle pour remplacer J.V. Staline. Les ennemis internes avaient réuni la force pour défier Staline, en se basant eux-mêmes seulement sur les lettres supposées dictées de V.I. Lénine.

Mécanisme de la Contrefaçon

L'histoire de ces documents et de leur publication, ne donne pas aucuns exemples concrets quant à la paternité de ces documents par V.I. Lénine. Aussi l'argumentation contre cette paternité, est le style de composition et d'autres particularités. Le contenu et les caractéristiques comme si par préméditation, se sont 'obscurcis' avec le temps. Obscurcis, à tel point, que des arguments au sujet de son contenu, sont discutés même aujourd'hui.

La première réponse, par Tomsky, comme un exemple, était cela :

'D'un large public personne ici ne comprendra que cela signifie.'

Dans le texte, nous ne pouvons constater aucun fait pour montrer qu'il a été composé et dicté par V. I. Lénine. Mais il y a quelque lumière dans les eaux troublées de ce texte. Dans toute la non véracité et des pensées non compréhensibles, que l'auteur de ce texte essaye de transmettre, vous ne pouvez pas douter ce que l'auteur a été censé dire.

Débarrassez-vous de J.V. Staline comme Secrétaire général du Comité Central.

Le même peut être dit des lettres du 5-6 mars. Il n'y a aucune signature par V.I. Lénine, et il n'y a aucun enregistrement de cette lettre dans les fichiers du Secrétariat. On peut expliquer cela. Nous devons comprendre pourquoi ces 'lettres' n'ont pas été utilisées par Trotski, Mdivani et d'autres, au XII Congrès du parti, dans la lutte contre J.V. Staline sur la question de la construction d'un état national.

La lutte était féroce et les ennemis ont essayé d'utiliser l'autorité de V.I. Lénine et les documents entièrement. Mais on a ' donné au monde ces documents complètement, ' beaucoup plus tard. Trotski commence à utiliser ces documents seulement en automne 1923. Ces lettres ont été rendues publiques seulement après la tentative échouée de se débarrasser de Staline comme le Secrétaire général. Trotski a essayé de promouvoir l'idée qu'il y avait un bloc de compréhension et la coopération entre lui et V.I. Lénine contre J.V. Staline. L'abus, et politique et psychologique allait à pleine vitesse. Mais Staline a résisté à cette attaque.

Les Ennemis de l'URSS Contre Lénine et Staline

La question de la supposée lettre de Lénine à Staline qu'il est prêt à cesser ses relations personnelles avec lui requiert plus d'étude. Nous devons indiquer ici que toute l'histoire des lettres dictées et sa livraison supposée à J.V. Staline est très obscure et contradictoire. Laissons le lecteur faire ses propres analyses. Pour cela nous ferons référence au texte suivant : M.I. Ulyanova et M.V. Volodicheva (dans les Oeuvres Complètes de V.I. Lénine,, le Volume 45, pagine 486; Izvestia CC le PCUS, 1989 No 12, pages 198-199).

Volodicheva a déclaré qu'elle-même a écrit la lettre dictée. Mais, d'une façon ou d'une autre ce document est dans deux copies différentes, deux différentes variations; l'une a été écrite et signée par J.V. Staline (ou quelqu'un d'autre a-t-il signé ?), l'autre (comme si par Volodicheva), qui du début à la fin, porte les changements qui la rendent méconnaissable. Et comment se fait-il que cette seconde version est aussi signée ? Pourquoi sont là deux réponses de Staline ? Pourquoi J.V. Staline écrit deux versions d'une lettre à V.I. Lénine sur la question de la critique supposée de Lénine contre Staline ? Et pourquoi même pas une de ces réponses par J.V. Staline ait atteint jamais les mains de V.I. Lénine ? La période entre la réponse de Staline (le 7 mars) et l'incapacité physique de V.I. Lénine pour fonctionner normalement (le 10 mars), aurait permis assez de temps pour livrer une réponse d'un bureau à l'autre.

L'article de la question de nationalité est incroyable, sur plusieurs points. Non seulement la situation politique ce temps-là, était complètement inattendue par V.I. Lénine; il n'est pas possible d'attribuer la Russophobie à V.I. Lénine ; mais aussi sa formulation, fait qu'il est impossible de reconnaître Lénine.

Comme exemple : 'J'ai déjà écrit dans mes écritures sur la question nationale.' Et de nouveau: l'auteur suggère d'attendre, quand l'appareil du gouvernement deviendra le nôtre. Lénine n'a pas avancé de tels problèmes en décembre 1922.

Si nous devons suivre ce 'raisonnement', non seulement l'URSS n'aurait pas existée, mais la République Soviétique Caucasienne ne se serait pas formée. Mais V.I. Lénine s'est battu pour faire former cette République, contre Mdivani et ses partisans. À part de cela, donc il s'ensuit que même la République Fédérative Soviétique russe, n'aurait pas été formée, puisque l'appareil n'était pas encore 'le nôtre' !

L'auteur combine la réalisation du droit des nations des républiques pour se séparer de l'URSS, comme garantie selon la Constitution, ensemble avec la question de la qualité de l'appareil du gouvernement d'état !

Mais, 'l'appareil du gouvernement' n'a pas fait, ou n'est pas, la personne morale pour donner ce droit. Ce sont les Députés des Peuples qui sont dans le Soviet Suprême de l'URSS – l'appareil du gouvernement est juste le serviteur et l'expéditeur des décisions. Lénine savait parfaitement, quant à qui et où et comment cette question sera décidée. Elle serait décidée seulement dans le système de la dictature du prolétariat, qu'il a formé et renforci.

L'argument proposé dans 'les lettres', n'est pas tiré de l'arsenal de V.I. Lénine. Ces sortes d'arguments nous les trouvons seulement dans les querelles internes des séparatistes nationaux. Pour conclure, pour apporter la question 'd'autonomie', après la question de l'URSS a été décidée, n'était pas la proposition de V.I. Lénine, ni de ses principes. Cela aurait été censé retourner à une question, qui avait été il y a longtemps rejetée.

À la fin de 1922, personne n'a même parlé de cette question de la formation de l'URSS sur la base de l'autonomie. C'est pourquoi chacun a parlé contre la question de l'autonomie, qui aurait signifié en effet la liquidation de la République Soviétique Fédérative Socialiste Russe. Où est là la question de Lénine à cet égard ? L'auteur de ce ' l'article de Lénine ', doit être recherché parmi les ennemis de l'unité des républiques Soviétiques et la fédération.

Lénine n'a pas appartenu à ces éléments - ces ennemis de l'unité des Républiques Soviétiques. Dans ce camp il y avait trois blocs distincts sous l'influence de Mdivani, Svanidze, Rakovski. L'identité de l'auteur de cet article doit être examinée, mais il y a les faits qui suggèrent que son auteur n'était aucun d'autre alors que Trotski. V.I. Lénine ne pouvait pas avoir été cet auteur. Malheureusement, il n'y a aucune preuve solide encore quant à son auteur, mais les faits suggèrent que l'auteur ne pouvait pas être un autre que Trotski.

Lénine Pour Staline, Trotski Contre

L'analyse des pensées politiques de ce 'faux testament' montre qu'il ne représente pas avec réalisme la lutte politique couvant alors au Comité Central du parti, dans lequel V.I. Lénine a joué le rôle théorique principal. La réalité politique est que J.V. Staline ne s'est pas nommé comme le Secrétaire général. Mais c'était V.I. Lénine, cherchant quelqu'un qui le remplacerait, qui au XIè Congrès du parti a fait tous ses efforts pour s'assurer que J. V. Staline deviendrait le Secrétaire général.

V.I. Lénine n'a pas alors envoyé de documents, ni de lettres ou des propositions, disant que Staline n'était pas capable de devenir le Secrétaire général. Lénine n'a jamais employé une telle langue dans aucun de ses discours, de ses conseil ou de ses commentaires. 'Le Testament' de Lénine ne reflète pas cela aucunement. Soyez juge vous-même.

Lénine a vu dans notre révolution une bonne perspective, tandis que Trotski a juste continué à répéter le besoin d'une révolution permanente (janvier et novembre 1922). Lénine fait la promotion d'une fusion éventuelle du parti et du gouvernement, tandis que Trotski est contre cela, proposant son raccourcissement. Lénine était pour la réorganisation de l'Inspection des Ouvriers et des Paysans, tandis que Trotski est pour sa liquidation. Lénine est pour la floraison du Gosplan comme une commission des experts, Trotski est pour qu'il devienne une planification en vigueur etc. etc.

Dans cette situation, il est peu probable que V.I. Lénine ait écrit une attaque personnelle contre Staline, son allié politique le plus proche et ait fait la proposition que le poste le plus haut doive aller chez son adversaire enragé Trotski ? Nous ne pouvons pas adopter ce point de vue du tout. Une compréhension réaliste du 'Testament' de Lénine est différente. Il donne dans les mains des alliés de Lénine, des munitions pour les nouvelles luttes contre Trotski dans les questions sérieuses de la révolution socialiste.

Venons en à une conclusion.

Nous avons une base pour déclarer que Lénine n'était pas l'auteur de ces articles, ces lettres ou autres documents. Ce fait a besoin de corrections historiques afin que l'on nettoie les enseignements de Lénine de ces falsifications. Nous devons comprendre le Testament de Lénine, dans le contexte de la vie politique ce temps-là, dans les luttes politiques qui ont été faites par V.I. Lénine en 1921 – 1922 contre Trotski. Cette lutte a été faite par Lénine avec Staline comme son allié loyal, qui a promu et suivi la ligne de lutte de Lénine, qui après la mort de Lénine a entrepris sur ses épaules le fardeau lourd de continuer la lutte avec Trotski. La partie fabriquée 'du Testament' pourrait seulement être comprise dans un contexte beaucoup plus large dans le contexte de la lutte à l'intérieur du CC du parti contre Trotski et son groupe. Mais dans cette lutte, qui était anti-Léniniste élevée et promue par Zinoviev, a été combiné avec une lutte contre Staline. Objectivement, le plan entier de ces deux groupements était de distancer Staline hors de la direction avec l'aide de l'autorité de V.I. Lénine et changer le cours politique du Parti Communiste Russe (B).

Nous devons être très conscients, que la base de la lutte pour la direction, était un combat historique pour la question principale de la révolution socialiste. L'espace ne permet pas de pousser la discussion plus loin ici, Nous pouvons juste exposer, que dans 'les archives de Trotski', après 'la lettre' par Lénine sur les caractéristiques de Staline, la copie inclut un amendement dans la propre écriture de Trotski qui déclare : 'J'ai édité ma copie. L. Trotski'.

La Contrefaçon Continue

Les mythes étant promus sur la base des derniers articles et des lettres de V.I. Lénine, n'ont pas cessé même plusieurs années après la mort de V.I. Lénine. Leurs propres compléments et interprétations dans ce quagmire furent donnés par Khrushchev et Gorbachev. Les parties des lettres de Lénine ont été employées pour remplir un besoin des ennemis contemporains présents. Ils ont été principalement employés dans un caractère anti-Staline. Comme un exemple, dans la lettre du 23 décembre, il y a une phrase 'Je voudrais partager cela avec Vous...' Dans la publication par ces contemporains, il est écrit comme 'avec vous' ainsi l'octroi d'une nouvelle signification entière à ce que Lénine a exposé. Lénine l'a exposé au Congrès du Parti; lui donnant le titre 'Vous', qu'il a mérité. Ceci était par opposition 'à vous' qui est adressé à chacun, comme opposé à une entité élue par le peuple.. Cette lettre est même enregistrée dans le secrétariat de Lénine comme une lettre à J.V. Staline pour le Congrès. Mais, cela même plus confirme son essence, en l'adressant avec 'Vous'. Mais Nikita Khrushchev a décidé que pour lui, il serait plus avantageux d'ouvrir la critique de Staline. Dans la phrase : 'il a une influence énorme pour tous ' les cours du parti' – le mot cours a été changé par le mot 'code de loi.' Cela falsifie non seulement les mots de V.I. Lénine, mais laisse la phrase sans aucune signification réelle. Combien de cours peuvent être là dans le parti et quelle sorte de cours sont ils ?

Dans le politique, le lexique de V.I. Lénine dans les dernières années, les choses sont claires. Dans le mot 'courts', il a entendu des opposants différents, essayant toujours de critiquer le parti et changer son cours. Parmi ce 'court-judges', il y avait en premier lieu Trotski et sa société. C'est avec ces 'juges', que Lénine a combattu une lutte amère comme l'a fait aussi J.V. Staline, à qui cette lettre a été écrite, l'ami et l'aide principal de V.I. Lénine. C'est ces 'juges', qui ont été appelés à cet égard 'des critiques' et 'nos Suhanovites', expose Lénine dans lequel le mensonge dicté le 26 décembre et aussi dans l'article 'de notre Révolution' (V.I. Lénine, Volume 45, pages 347, 383, 385.) La phrase : '50-100 membres du CC notre parti doit l'exiger du prolétariat', a été changé : '... notre parti a le droit.' Lénine a déclaré que le CC exige de 50-100 nouveaux membres au Comité Central agrandi, tandis que les falsificateurs disent le parti demande. ' Une telle fabrication était nécessaire, afin que la lettre à J.V. Staline soit considérée comme une lettre au Congrès du parti, au lieu de l'échange d'idées entre Lénine et Staline.

Dans l'article par V. J. Lénine 'Comment devons nous réorganiser Rabkrin ?', qui a été falsifié par les ennemis, l'article déclare : 'qu'aucune autorité, ni du Secrétaire général, ou d'aucun autre membre du CC ne peut se mêler au travail de la Commission Centrale du Contrôle, ou a le droit de donner à la Commission de Contrôle n'importe quelles questions quant à leur travail...' (Lénine, des 'Oeuvres Complètes' (en russe), le Volume 4, (sic) p, 387), le nom de Secrétaire général est signifié à être cru et employé contre J.V. Staline. Selon les archives (comme écrit dans la Pravda, le 25 janvier 1923) les mots comme le Secrétaire général ne doivent être trouvés nulle part. L'expression qui, a été employée était. 'Aucune autorité ne pourrait être employée...' C'est une falsification ouverte, essayer et montrer que c'est 'un document' au sujet de la critique par Lénine de Staline, falsifiant ainsi toute la compréhension du testament.

Provocation Idéologique

On le sait maintenant, quelle signification fut donnée à l'article 'de la Coopération', pendant la période de perestroïka. Par cet article écrit par Lénine, les révisionnistes ont essayé d'éliminer tout le reste écrit par V.I. Lénine. Sous ce slogan, ils ont déclaré qu'il est nécessaire de réévaluer tous les aspects du socialisme. Bien qu'il n'y ait absolument aucun mot de cette sorte dans V.I. Lénine, ils ont néanmoins essayé d'utiliser, cela, dans l'idéologie de la 'perestroïka'. C'est une question de la falsification complète. Dans les écritures de Lénine il n'y a pas un mot ou article 'de la Coopération', mais il y a une première et deuxième 'édition' de cet article. Lénine, tandis qu'il travaillait sur cet article n'était pas satisfait encore avec son écriture, quelque chose dans son avis a pensé qu'il pourrait être exposé beaucoup plus clairement. C'est confirmé par ses notes marginales à son texte, qui était bien connu par ces ennemis, informés que Lénine travaillait sur des questions importantes. Lénine a écrit dans ses notes marginales :

'Pas une variation me plaît, parce que certaines d'entre elles contiennent des formes qui ont besoin d'une nouvelle élaboration d'un point de vue idéologique et tout les deux ont besoin dans une certaine mesure quelque correction'.

Cette note marginale a été datée le 7 janvier 1923. Bien sûr cette notation ne formule pas le texte entier. Nous devons essayer de figurer à propos de quoi Lénine était malheureux dans son travail sur ce document important.

De Bukharin à Khrushchev, et à Gorbachev

L'article 'de la Coopération', est la pensée suprême et est entré dans les mains de Bukharine. De Khrushchev ce 'document' est allé chez Gorbachev et ici devant nos yeux, il y a cette bombe idéologique, masquée comme si V.I. Lénine en était l'auteur final. Il a été étendu et employé comme une déformation de l'intérieur par Khrushchev en commençant à démembrer l'état socialiste. Cela a été rendu possible parce que, ce subterfuge menteur avait un effet politique important dans les coulisses. Dans le temps de Bukharine cela a été employé pour les koulaks, pour les sauver comme une classe. Dans le temps de Khrushchev – cela a été employé comme le véhicule pour critiquer la thèse de Staline, que dans le temps d'encerclement capitaliste, les succès du socialisme seront de plus en plus considérables, tandis que les restes des classes d'exploitation dispersées 'essaieront par tous les moyens à leur disposition pour renverser l'état socialiste, ils saboteront de plus en plus l'État Soviétique, comme derniers moyens de sauver leur position de classe privilégiée'.

La critique de ce texte a aidé Khrushchev à ouvrir une campagne contre Staline. Pendant la tenure de Gorbachev il a été employé pour que les peuples ne croient pas à la route idéologique de construire le socialisme en URSS, à propos de la voie non socialiste et accommoder le capitalisme en URSS, du besoin de casser maintien socialiste sur le pays, que nous avions perdu d'une façon ou d'une autre et que c'est inutile d'essayer d'améliorer le socialisme, il n'y a rien à y être gagné, il n'y a rien de plus nécessaire que notre histoire...

De toute façon, le lecteur sait parfaitement bien ce qu'il y avait et comment c'était et ce qui en est sorti.

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