Manifestations en ex-URSS le 5 mars 2003 à l'occasion du cinquantième anniversaire de la mort de Staline

Avoir un autre regard sur Staline pour mieux comprendre le monde d'aujourd'hui

Sommaire :

La ligne ascendante et la ligne descendante de la révolution au XXème siècle

Avoir un autre regard sur Staline pour mieux comprendre le monde d'aujourd'hui

Commémoration Staline : discours de Juliette Broder

Est-ce bien les Américains qui nous ont libérés en 1944 ?

Introduction du livre : Un autre regard sur Staline

Introduction ; Staline est au centre de l’actualité dans les anciens pays socialistes ; Staline est au centre du débat politique dans les pays qui maintiennent le socialisme ; L’œuvre de Staline gagne en actualité dans le tiers monde ; L’œuvre de Staline prend aussi une nouvelle signification dans la situation créée en Europe depuis la restauration capitaliste à l’Est ; Dans les partis communistes de par le monde, la lutte idéologique autour de la question de Staline présente de nombreuses caractéristiques communes

Staline a été la plus grande personnalité du XXème siècle, le plus grand génie politique

Staline et le combat pour l'indépendance contre l'impérialisme ; Staline et le combat pour le développement socialiste ; Staline et le Parti révolutionnaire bolchevique ; Staline et le danger mortel de l'opportunisme et de l'infiltration ; Du social-démocrate Boukharine au révisionniste Gorbatchev ; Staline et l'alliance antifasciste internationale ; Le rôle déterminant de Staline dans la grande guerre antifasciste ; En 1945, les Etats-Unis ont repris le flambeau hitlérien ; De la Contre-révolution en Union soviétique au Front mondial contre les guerres américaines

Mao Zedong et Staline

La naissance du Parti du Travail de Belgique ; Staline contre le révisionnisme titiste ; Le révisionnisme et scissionnisme de Khrouchtchev ; L'attitude hésitante de Mao ; Mao contre le révisionnisme khrouchtchévien ; Mao et la continuation de la révolution sous le socialisme ; L'anti-maoïsme de Brejnev ; Social-impérialisme, social-fascisme ; Le passage du socialisme au capitalisme ; Alliances sans principes et révisionnisme ; La lutte pour l'unité des communistes ; Conclusion

Affiche d'une campagne visant à promouvoir la citoyenneté. En 1936, une nouvelle constitution est adoptée en URSS : tous les organes du parti sont désormais élus au suffrage universel direct masculin et féminin. L'extension du droit de vote concerne l'ensemble des citoyens de l'URSS qui n'adhéraient pas au parti : à l'époque,  les succès de l'industrialisation, de la collectivisation et de la révolution culturelle sont tels, que la contestation était anéantie idéologiquement : elle fût forcée de reconnaître possible la construction du socialisme dans un seul pays.  Le but de la vaste consultation populaire était de lutter efficacement contre la tendance bureaucratique de certains cadres du parti en faisant participer activement les peuples de l'URSS à la vie politique, les rendre maître de leur destin. Les cadres élus sont facilement destituables par le peuple s'ils se montrent incompétents. Pas d'immunité  politique : les cadres doivent rendre des comptes. C'est cela le mécanisme des "purges". A quand cette démocratie participative en France ? Sous les révisionnistes qui proclamèrent la victoire définitive du socialisme en URSS, ce contrôle populaire post-électoral se verra amputé, favorisant la bureaucratisation du parti et l'accès au pouvoir d'une nouvelle nomenclatura ; préparant ainsi la restauration sauvage du capitalisme.

"... La lutte intérieure donne au parti la force et la vitalité : la preuve la plus grande de la faiblesse du parti, c'est son amorphisme et l'absence de frontières nettement délimitées ; le parti se renforce en s'épurant..."

(Extrait d'une lettre de Lassalle à Marx, 24 juin 1852.)

 

La ligne ascendante et la ligne descendante de la révolution au XXème siècle

La ligne ascendante de la révolution au XXème siècle

La guerre de Corée a été la première défaite de l'impérialisme américain. Selon les lignes indiquées par Lénine, Staline a dirigé l'édification socialiste à partir de 1923. Il a fait du parti bolchevique un grand parti de masse qui a réalisé quatre miracles : l'industrialisation socialiste, la collectivisation et la modernisation de l'agriculture, la révolution culturelle qui transforma un pays arriéré en un pays d'intellectuels et de travailleurs cultivés, l'organisation d'une puissante armée rouge équipée des armes les plus modernes.

A partir de la crise de 1929, les puissances impérialistes les moins bien «servies» en colonies, se sont préparées à nouveau fébrilement à la guerre. Ce fut le début de la seconde phase dans la crise générale du système impérialiste. La Seconde Guerre mondiale a éclaté en 1939. Une nouvelle fois, la preuve était faite que l'impérialisme conduit nécessairement à la guerre. Grâce à la direction clairvoyante de Staline et du Parti bolchevique et à l'héroïsme de l'armée rouge et des masses travailleuses, l'Union soviétique est sortie victorieuse de la plus grande et de la plus terrible guerre que l'histoire ait connue. Le prestige du socialisme était au zénith. Dans le monde entier, les ouvriers et paysans voyaient qu'il y avait une alternative à l'exploitation et à la barbarie du capitalisme et de l'impérialisme.

Dans la foulée de la victoire sur le fascisme allemand, les pays de l'Europe de l'Est ont institué des Républiques Démocratiques et ont réalisé ensuite leur passage au socialisme. Dans la foulée de la victoire sur le fascisme japonais, les peuples coréen, chinois, vietnamien et autres, sous la direction de leur parti communiste respectif, sont sortis vainqueurs de dizaines d'années de guerres révolutionnaires contre la domination impérialiste et fasciste et ont ensuite réalisé aussi leur passage au socialisme. Le capitalisme et l'impérialisme ont connu une seconde défaite stratégique et le rapport de forces au niveau mondial s'est transformé en faveur des peuples opprimés et des ouvriers. Inspiré par toutes ces victoires dans la guerre antifasciste et par le renforcement du camp socialiste, le mouvement révolutionnaire de la classe ouvrière a connu un essor dans le monde entier, les luttes révolutionnaires pour l'indépendance ont déferlé de l'Inde au monde arabe et à l'Afrique noire.

La révolution coréenne illustre clairement ce rapport de forces à cette époque. Au lendemain de l'indépendance, en 1945, la Corée est un pays sous-développé par 30 ans de colonialisme japonais. Il faut tout construire : une industrie indépendante, une agriculture moderne, un réseau d'enseignement et de soins de santé, etc. C'est à cette tâche que s'attelle la République Populaire Démocratique de Corée, qui s'est instaurée au Nord. Plus de 700 000 paysans reçoivent un lopin de terre, les grandes entreprises et les mines sont nationalisées. La production industrielle augmente de 237% de 1946 à 1949. Et quoique le relief du Nord de la Corée offre peu de terres cultivables, la production céréalière augmente de 10% durant la même période.

Pendant ce temps, au Sud, les Américains prennent la place de l'occupant japonais. Ils utilisent tel quel l'appareil de répression fasciste et s'emparent de toutes les propriétés des Japonais. Le Gouvernement militaire américain devient ainsi le premier propriétaire foncier de Corée du Sud. Le peuple en vient à préférer l'occupant japonais, tant la répression est féroce. Mais surtout, il aspire à rejoindre la République Populaire Démocratique de Corée. Les grèves éclatent dès 1946 et, en 1948, les provinces du Sud se soulèvent. La répression est terrible. Les Américains inaugurent les tristement célèbres «hameaux stratégiques» sur l'île de Cheju, où Près de 80 000 personnes sont massacrées ! Un génocide commis par l'impérialisme américain.

C'est dans ce contexte qu'éclate la guerre de Corée, le 25 juin 1950. C'est un déluge de bombes qui s'abat sur la Corée du Nord, laquelle sera entièrement détruite. Tout ce que la RPD de Corée avait pu bâtir en cinq ans de paix est réduit à néant. Rappelons-le, ce fut la première guerre perpétrée sous le pavillon de l'ONU. Les USA avaient habilement profité du boycott de l'Union soviétique, qui par son absence protestait contre l'exclusion de la République Populaire de Chine de l'ONU. Ils ont eu beau dépenser plus de 165 milliards de dollars, massacrer 4 millions de Coréens, dont 3 millions de civils, utiliser des armes chimiques et bactériologiques, ils n'ont pu venir à bout des combattants coréens et de leurs alliés chinois, tandis qu'un mouvement de solidarité avec la Corée et d'opposition à la guerre d'agression mobilisait travailleurs et progressistes de par le monde entier. Cette guerre fut la première défaite de l'impérialisme américain. Le 27 juillet 1953, les Américains signent l'armistice. Comme l'explique Kim Il Sung : «la guerre de Corée a clairement montré à la face des peuples du monde entier que rien ne pouvait soumettre un peuple qui s'est dressé pour combattre le colonialisme et sauvegarder la liberté et l'indépendance de sa patrie.»

La ligne descendante de la révolution au XXème siècle

La ligne ascendante de la révolution mondiale, c'est-à-dire de la révolution socialiste et de la révolution anti-impérialiste, nationale et démocratique, a été cassée à partir des années 1956-1960, lorsque les tendances opportunistes ont pris le pouvoir dans le Parti bolchevique, En effet, la contre-révolution capitaliste de 1989-1990 a été préparée idéologiquement et politiquement dès l'arrivée au pouvoir de l'équipe Khrouchtchev en 1956. Celle-ci a initié une rupture radicale avec la politique révolutionnaire suivie sous Lénine et Staline. Tous les principes marxistes-léninistes ont été liquidés l'un après l'autre. Les révisionnistes ont déclaré que le socialisme avait définitivement triomphé, qu'une restauration capitaliste était devenue impossible, que la lutte des classes avait cessé en Union soviétique et, par conséquent, que la dictature du prolétariat contre la bourgeoise et les éléments bourgeois n'était plus nécessaire. Le combat révolutionnaire contre l'impérialisme a été abandonné depuis que Khrouchtchev a déclaré : «Nous voulons être amis avec les États-Unis et coopérer avec eux dans la lutte pour la paix et la sécurité des peuples.»

Le camarade Kim Il Sung, dans un discours prononcé à une réunion plénière du CC du Parti du Travail de Corée le 3 janvier 1992, analysait le déclin révisionniste de l'URSS en ces termes : «L'édification du socialisme, puis du communisme, s'accompagne d'une âpre lutte contre les éléments hostiles et les impérialistes. Dans la mesure où les impérialistes poursuivent leurs manœuvres contre le socialisme et que des éléments malsains liés aux impérialistes demeurent dans la société socialiste, le pouvoir socialiste, en tant qu'arme révolutionnaire, doit veiller en permanence à ce que des éléments contre-révolutionnaires et antisocialistes ne se lèvent pas. D'autre part, il doit briser, en temps opportun, les tentatives des impérialistes et des réactionnaires visant à entraver la révolution et le développement du pays et à détruire le régime socialiste. La société socialiste étant transitoire, si le rôle dictatorial du pouvoir envers les ennemis y est affaibli, il sera impossible d'assurer au peuple la liberté et les droits démocratiques et de sauver les acquis de la révolution, et le régime lui-même serait en danger Renforcer le pouvoir populaire et accroître ses fonctions et son rôle est une garantie sûre pour la sauvegarde et l'achèvement de l'œuvre socialiste.»

Après Staline, les principes communistes ont été abandonnés les uns après les autres !

Lors de sa première rencontre avec Ludo Martens, le 25 juin 1990, Kim Il Sung lui a déclaré : «Après la mort de Staline, l'Union soviétique suivi une politique révisionniste et, maintenant, ce pays est tombé en ruine. Il possède un sixième de la superficie de la terre, une population de 280 millions d'habitants. Mais 70 années de socialisme ont été annulées. Ils sont tombés dans le bureaucratisme. Le travail du parti a été négligé, de même que l'éducation dans l'esprit révolutionnaire. Ils ne se sont pas tenus aux principes marxistes-léninistes. Ils n'ont pas éduqué les gens dans le marxisme-léninisme, mais ont cherché l'argent et les villas. Après la mort de Staline, Khrouchtchev a suivi cette voie.»

Durant les 35 ans séparant l'arrivée au pouvoir de Khrouchtchev de la victoire de la contre-révolution en 1989, des cadres et militants bolcheviques ont courageusement critiqué le révisionnisme au sein de leur parti. Mais c'est néanmoins la contre-révolution qui l'a remporté, fût-ce temporairement, nous en sommes convaincus.

 

 

 

Avoir un autre regard sur Staline pour mieux comprendre le monde d'aujourd'hui

A l'occasion du 50e anniversaire de la mort de Staline : une conférence de Ludo Martens à l'ULB

Ludo Martens, président du PTB, est l'auteur d'une kyrielle d'ouvrages, notamment sur le Congo. Il reconnaît pourtant que son «chouchou» est le livre Un autre regard sur Staline1. Mercredi 5 mars, une conférence se tiendra à l'ULB à l'occasion du 60e anniversaire de la bataille de Stalingrad et du 50e anniversaire de la mort de Staline. Thème : «Staline et la victoire sur le fascisme.» Ludo Martens y répondra aux nombreuses questions que ce sujet suscite.

Jeannine Tips et Maria McGavigan, mardi, 25 février 2003, 12h57

Après vos séjours prolongés au Congo, n'est-il pas trop difficile de vous replonger dans l'histoire de l'URSS ? Ces deux sujets semblent tellement éloignés...

Ludo Martens. S'il y a une chose qui relie le Congo à l'Union soviétique, c'est la question du développement. Avant la révolution de 1917, l'Union soviétique était un pays avec des possibilités gigantesques sur le plan économique. Mais la population ouvrière et paysanne vivait dans une misère effroyable. De tous les pays qui avaient opté pour le capitalisme, la Russie était celui où les conditions du peuple étaient les plus atroces.

L'actuelle République démocratique du Congo est un pays potentiellement très riche, mais où la clochardisation de la population est extrême, où les gens meurent parce qu'ils n'ont pas les 5 euros nécessaires pour une perfusion contre la malaria

Faut-il en déduire que le Congo devrait s'inspirer de l'histoire de l'URSS ?

Ludo Martens. Ce qui peut inspirer les Congolais dans l'histoire de l'Union soviétique, c'est le formidable développement du pays, principalement entre 1928 - date du premier plan quinquennal - et 1940. L'URSS avait collectivisé les moyens de production ainsi que la terre et pouvait donc organiser la production de manière rationnelle. C'est ainsi qu'en dix ans, elle a pu rattraper un retard de cinquante à cent ans.

Evidemment, si la collectivisation et la planification étaient des éléments essentiels de ce formidable bond en avant, le deuxième aspect était la mobilisation des travailleurs par le Parti. La conscience du peuple tenait le rôle principal dans l'énorme défi à relever. Pour vous donner une idée, entre 1930 et 1940, le taux de croissance annuel se situait entre 16 et 17%. En 1928, il y avait 18 000 tracteurs dans toute l'Union soviétique. Douze ans plus tard, ils étaient 885 000. Ces chiffres disent tout, non seulement sur la modernisation de l'agriculture, mais aussi sur le développement de l'industrie qui l'a rendue possible.

Peut-on dire qu'aujourd'hui, le Congo se trouve devant les mêmes défis que l'Union soviétique en 1917 ?

Ludo Martens. Sous certains aspects, oui. En 1917-21, l'Union soviétique a assuré son indépendance face à des agressions menées par huit pays impérialistes. Les travailleurs se sont approprié les moyens de production et la planification a fixé les priorités pour l'ensemble du pays, assurant ainsi un développement équilibré. Finalement, le Parti communiste a mobilisé les ouvriers et les masses paysannes pour la modernisation de l'industrie et de l'agriculture. Un nationaliste congolais qui étudie l'histoire de l'URSS aujourd'hui s'arrêtera sûrement sur ces quatre points.

L'antistalinisme est toujours très fort. Ne craignez-vous pas que les communistes ne s'isolent en mettant en avant l'expérience de l'URSS et surtout de Staline ?

Ludo Martens. On ne peut mener une lutte conséquente contre l'impérialisme si on se montre lâche dans le domaine idéologique. Dans Un autre regard sur Staline, je cite Alexandre Zinoviev, un dissident qui, à 17 ans, était passé à l'acte en préparant un attentat contre Staline. Dans les années 80, pourtant, il est arrivé à la conclusion que «Staline a été la plus grande personnalité de notre siècle, le plus grand génie politique».

Et c'est un fait objectif. Staline a non seulement bouleversé le plus grand pays du monde, mais la planète entière. Les révolutionnaires et les nationalistes du tiers monde ne peuvent avoir que de l'admiration pour tout ce qu'il a fait au cours d'une seule vie. Staline a dirigé l'Union Soviétique à partir de 1923. Le pays se trouvait dans un état lamentable. Déjà très arriéré en 1914, la Première guerre mondiale, suivie de la guerre d'intervention, avaient achevé de le ruiner totalement. Sous Staline, en 17 ans, l'URSS a réussi non seulement à moderniser son agriculture et son industrie, mais aussi à se doter d'une armée ultra-moderne. Elle était assez solide pour encaisser la barbarie la plus féroce de l'histoire, puis pour mener des contre-offensives contre les troupes nazies comme le monde n'en a jamais connues. Et finalement pour vaincre le fascisme pratiquement seule.

Staline ne s'est pas contenté de diriger l'Union soviétique. Il a aussi été un grand dirigeant internationaliste. C'est avec son aide que le mouvement communiste a pris racine en Chine et que la révolution y a triomphé en 1949. Le mouvement révolutionnaire a pris son élan en Inde, l'autre grand pays de l'Asie, pendant la même période. En Afrique et dans les pays arabes, le mouvement de libération nationale a pris son essor sous l'influence et avec le soutien du mouvement communiste. C'est la lutte des communistes chinois contre l'occupation japonaise ­ il y a eu presque un million de soldats japonais en Chine pendant la Seconde Guerre mondiale ­ puis contre l'impérialisme américain qui a donné une extraordinaire impulsion à la lutte des peuples du tiers monde. Aucune autre personnalité politique du 20e siècle n'a réalisé ce que Staline a fait pour la libération des travailleurs et des peuples opprimés.

Dans l'autre camp, beaucoup estiment que Churchill a été la plus grande personnalité du siècle passé. Mais Churchill a commencé sa carrière début 1900 en inventant les camps de concentration en Afrique du Sud. Il l'a poursuivie en jetant des millions d'hommes dans l'enfer des tranchées de la Première Guerre mondiale. Puis il a impulsé l'agression contre la jeune république soviétique. Il a laissé des millions d'hommes et de femmes mourir de la famine en Inde. Il a ­ le premier ­ utilisé le gaz contre le peuple en Irak. Et, tout de suite après la Seconde Guerre mondiale, ce même Churchill a poussé à la rupture avec son allié l'Union soviétique, n'hésitant pas à prendre le risque de replonger le monde dans la guerre et allant jusqu'à proposer d'utiliser la bombe atomique contre les Soviétiques... Si l'on veut parler du premier ennemi des travailleurs et des peuples au 20e siècle, le voilà...

Pour ceux qui ont rejoint le PTB depuis la publication de votre livre, en 1994, surtout pour les jeunes, l'Union soviétique et Staline, c'est de la vieille histoire. Comment les convaincre qu'ils devraient la connaître ?

Ludo Martens. (Il sourit) Eh bien en partant de Che Guevara... Au moment de la victoire de la révolution cubaine, en 1959, le Che était un des rares communistes bien formés dans l'équipe dirigeante. Il a déclaré que celui qui n'a pas lu les 14 tomes des écrits de Staline ne peut pas se considérer comme tout à fait communiste. Et pour qu'il n'y ait aucune ambiguïté, il a aussi dit que Khrouchtchev en Union soviétique et Tito en Yougoslavie avaient trahi la cause du socialisme et de la libération des peuples opprimés.

Comme c'est Staline qui a fourni la contribution la plus importante à la libération aussi bien des peuples que des travailleurs, il est normal que son oeuvre soit l'objet de toutes les calomnies. Un jeune doit comprendre cela. Regardez Roberto D'Orazio. Il n'a renversé ni la bourgeoisie belge, ni la bourgeoisie italienne, mais les actions exemplaires qu'il a menées ont suffi pour qu'il soit traité de tous les noms, qu'on le traîne en justice, etc.

Et pour revenir au Congo, ce pays reconnaît trois héros nationaux : Lumumba, Mulele et Kabila. Or, de leur vivant, on en a dit pis que pendre. Lumumba a été accusé d'avoir commis un génocide à Bakwanga. Un prêtre belge a prétendu qu'il torturait des gens dans sa cave. Mobutu a affirmé qu'il organisait des «cellules terroristes» à Kinshasa. Mulele aussi a été traité de terroriste et de sauvage. Quant à Kabila, on l'a d'abord accusé d'avoir mené un génocide contre les Hutus, puis un autre contre les Tutsis. C'était un dictateur, disait-on. Un représentant de l'UDPS (parti d'opposition) à Bruxelles l'a même traité de «Marc Dutroux congolais» !

Un jeune qui veut devenir un révolutionnaire authentique a intérêt à lire Un autre regard sur Staline. Cela lui épargnera des errements et des tâtonnements inutiles. Si les impérialistes accablent un révolutionnaire des pires crimes, c'est qu'il a eu beaucoup de mérite et qu'il a mené une lutte efficace contre le système de domination qu'ils ont mis en place. Il faut aborder de front l'héritage de Staline. Un jeune qui veut devenir révolutionnaire doit connaître la vie de Staline. Un autre regard sur Staline a l'avantage de ne pas être trop théorique ni trop compliqué. Il réfute, preuves à l'appui, beaucoup de mensonges mille fois répétés par la bourgeoisie. En plus, le jeune sera immunisé à jamais contre tous les mensonges et calomnies du même genre qu'il entendra par la suite.

Car tous les dirigeants révolutionnaires subissent le même sort. Marat l'a déjà dit en 1792 lors de la Révolution française. Et avant lui, Spartacus, dirigeant de la grande révolte des esclaves romains, avait été traité comme le pire criminel.

Le 15 février, dans la manifestation contre la guerre en Irak, des Latino-américains portaient un calicot «Stalingrad 1943, Bagdad 2003, Venceremos». Que peut nous apprendre l'expérience de l'URSS dans la guerre antifasciste pour la situation actuelle ?

Ludo Martens. La guerre de défense de l'Irak et la grande guerre patriotique qu'a menée l'URSS ont des aspects communs, mais aussi des différences. L'URSS était un pays socialiste, le pouvoir était aux mains des ouvriers et des paysans, dirigés par un Parti communiste expérimenté et clairvoyant. L'Irak est un pays du tiers monde qui tient à son indépendance. Il sait que son ennemi mortel, c'est l'impérialisme. C'est parce qu'il mène une résistance nationale et anti-impérialiste que son combat a une portée internationale et qu'il est un exemple pour les peuples dominés.

«Alexandre Zinoviev a préparé un attentat contre Staline à 17 ans. Dans les années 80, pourtant, il est arrivé à la conclusion que Staline a été la plus grande personnalité de notre siècle.»

Ce qui peut nous inspirer, c'est l'immense campagne de solidarité internationale que l'Union soviétique et la Chine ont organisée pour la Corée agressée par l'impérialisme américain entre 1950 et 1953. La Chine socialiste a envoyé un million de volontaires en Corée et l'URSS l'a aussi énormément aidée. L'Union soviétique a organisé le plus grand mouvement pour la paix que le monde ait jamais connu. En Europe occidentale, notamment, des communistes ont travaillé main dans la main avec des intellectuels, des artistes, de grandes personnalités, des organisations religieuses... pour soutenir le peuple coréen et dénoncer l'agression américaine. Cette campagne peut être une inspiration aujourd'hui.

En 1950, Washington considérait déjà la guerre de Corée comme la première d'une série, le prélude à une guerre contre la Chine, puis contre l'URSS. Comme aujourd'hui, l'agressivité américaine était à son comble en 1950. Il ne faut pas oublier qu'en 1944, alors que l'Allemagne nazie n'était pas encore battue, le général Patton a proposé qu'Américains et Allemands marchent ensemble sur Moscou. Et des milliers de criminels de guerre nazis ­ les bourreaux des 23 millions de Soviétiques morts pendant la Seconde Guerre mondiale, les bourreaux des juifs, aussi ­ ont été intégrés dans les services américains de 1944 à 1950.

Déjà à l'époque, les Etats-Unis étaient le successeur direct de l'Allemagne nazie. Cependant, leur agression contre la Corée a été arrêtée et, pendant la période qui a suivi, ils ont dû reculer devant la force du camp socialiste et du mouvement anti-impérialiste. Et ce, malgré le révisionnisme qui a commencé à miner le parti communiste de l'Union soviétique après la mort de Staline. C'est seulement en 1989-90 que l'impérialisme a pu détruire le socialisme de l'intérieur, à l'aide des forces pro-capitalistes et pro-impérialistes qui s'y étaient développées.

Bush plus agressif qu'Hitler ?

Ludo Martens. Aujourd'hui, les USA reprennent la même voie qu'à l'époque de la guerre de Corée, sauf qu'ils sont encore plus arrogants et agressifs qu'Hitler. Ce dernier n'a jamais pu se permettre de narguer le monde entier pour ensuite l'entraîner dans une opération pour désarmer un petit pays qu'il voulait agresser. Mais c'est ce que les USA font aujourd'hui avec l'Irak.

Les Etats-Unis ont pu se permettre d'agresser un autre petit pays, la Yougoslavie, soi-disant pour y régler des problèmes ethniques. Tout le monde savait que cette agression violait la charte de l'Onu. La charte affirme-t-elle qu'un certain pays peut posséder assez d'armes de destruction massive pour faire exploser une dizaine de fois la planète et que d'autres pays, comme l'Irak, ne peuvent même pas détenir de moyens de défense modernes ?

Si les Etats-Unis reprennent cette voie hitlérienne avec une arrogance et une férocité jamais vues, ce n'est pas parce qu'ils sont plus «méchants» que d'autres, mais parce qu'ils se trouvent devant des problèmes économiques insolubles. C'est la crise, de plus en plus inextricable, qui oblige la bourgeoisie américaine à essayer d'«en sortir» par la guerre. Le même scénario qu'en 1914 et en 1939.

La grande différence, c'est que l'impérialisme américain n'est qu'une infime minorité de l'humanité. Il fait face à presque cinq milliards d'hommes et de femmes qui, en plus, sont bien plus conscients et organisés que lors des deux premières guerres mondiales. C'est pourquoi on peut être sûr que si l'impérialisme américain s'engage dans une nouvelle guerre à l'échelle planétaire, le contrôle sur les événements va finir par lui échapper. Il y aura des bouleversements comme ceux qui ont mené à la Révolution russe en 1917 et à la Révolution chinoise en 1949.

Note : 1 Un autre regard sur Staline, EPO, 1994, 350 pages, nouvelle édition à paraître en mars 2003 avec une préface d'Oscar Niemeyer, l'architecte de Brasilia

 

Commémoration Staline : discours de Juliette Broder

Discours de Juliette Broder, 78 ans, résistante, communiste, membre PTB, commémoration Staline, 5 mars 2003

Toute ma vie, je me souviendrai de ce matin du 5 mars 1953.

Nous déjeunions lorsque la radio annonça : « Le Maréchal Staline est mort » et nous éclatâmes en sanglots. Ces sanglots partagés par des millions d’êtres humains n’ont rien à voir avec une sensiblerie de style fleur bleue car, en perdant Staline, nous savions que nous perdions ce que nous avions de plus cher, nous perdions l’héritier de Lénine, le constructeur du socialisme en Union soviétique, l’homme de la victoire sur le fascisme, l’homme de la Paix qui était à nouveau menacée par l’impérialisme américain et ses bombes atomiques.

Nous perdions celui qui, contre vents et marées, était, comme le soulignait le grand écrivain français, Henri Barbusse : « inflexible et flexible comme l’acier ».

La bourgeoisie a eu beau applaudir à la mort de Staline, elle a eu beau déverser des tonneaux d’injures, renouveler ses calomnies, en ces heures pénibles, douloureuses, nous avons tous vu et appris combien ce mort était vivant dans le cœur des exploités du monde entier. Ici, en Belgique comme en France, des usines se sont tues, les machines de Turin ont stoppé leur course, les ouvriers agricoles de Sicile se sont figés dans l’immobilité. Des pampas de l’Argentine aux ruines de Corée et aux confins de la Chine, les hommes, les femmes, n’avaient pas honte de leurs larmes. Varsovie, ressuscitée de ses cendres, a drapé de deuil ses échafaudages et, à New York, les honnêtes gens, entourés de policiers et vraisemblablement de mouchards, proclamaient haut et fort : « L’ami de la Paix est mort. »

Il existe des livres admirables 1 qui reproduisent les lettres de communistes dans l’attente du peloton d’exécution. De quoi parlaient-ils dans leurs derniers instants ? Des êtres chers, de leurs enfants, mais aussi de leur parti et de l’avenir auquel ils mêlaient le visage de l’URSS et de son guide, Staline. S’il vous était donné de les lire, vous comprendriez mieux ce qu’il m’est difficile de vous décrire, vous comprendriez le lien profond qui lia, sous la terreur nazie, le résistant à Staline. Ce lien ne concerna pas uniquement les résistants membres ou sympathisants communistes, mais l’immense majorité de la résistance des pays occupés et, avec elle, l’immense majorité du peuple. Car l’expérience historique de ces hommes et de ces femmes fut, pour tous, révélatrice. Ils savaient que la « non-intervention » décidée par les démocraties – entre guillemets – française et anglaise et par l’Internationale Socialiste a été un coup de poignard dans le dos des antifascistes espagnols, provoquant ainsi leur défaite devant les Stukas nazis.

Seule, l’URSS porta secours à l’Espagne républicaine en lutte contre Franco et les siens. Cela, les résistants et le peuple ne l’ont pas oublié. Nombre d’entre eux se rappelaient avoir manifesté avec des banderoles où était écrit : « Des armes pour l’Espagne. »

Comme ils n’ont pas oublié la capitulation de la France et de l’Angleterre devant Hitler à Munich. France et Angleterre dirent alors : « Nous avons sauvé la paix ». L’URSS leur rétorqua : « Par votre capitulation honteuse, vous avez engendré la guerre. »

On n’ignorait plus, à l’heure de la résistance, toutes les manœuvres diplomatiques fomentées par l’Angleterre et la France pour qu’Hitler se retourne contre l’URSS au lieu de s’en prendre à l’Occident. Nul n’ignorait les demandes réitérées de l’URSS pour que s’ouvre un second front, second front constamment ajourné, laissant subir à l’URSS le poids principal de la guerre.

Pendant ce temps, nous vivions tous sous la terreur et la douleur de savoir la famille, les amis, disparus on ne sait où, des camarades torturés, massacrés, fusillés.

Notre première lueur d’espoir, c’est de l’URSS et de Staline qu’elle est venue. C’était en octobre 1941. Les blindés nazis étaient à quelques kilomètres de Moscou. Moscou qui recevait l’assaut de 51 divisions d’élite allemandes, c’est-à-dire autant de divisions qui attaquèrent toute la France en 1940. C’est Staline qui prit en main la défense de la capitale, qui galvanisa l’ensemble du peuple de Moscou par ses discours et ses mots d’ordre. Et Moscou ne tomba pas aux mains des fascistes. C’en était fini de la fameuse « guerre éclair » proclamée par l’état-major nazi.

Et puis, il y eut Stalingrad. Le tournant de la guerre, le crépuscule de l’armée hitlérienne et des collaborateurs italiens, belges, français, polonais, hongrois, roumains, etc., partis combattre le bolchevisme et à qui, depuis 1917, on inculquait la haine du communisme.

Ceux qui n’ont pas vécu le temps de cette bataille ont du mal à imaginer ce que Stalingrad représenta pour les peuples. Les peuples se redressèrent. Ils souffraient avec l’armée soviétique et, dans le même temps, à l’écoute de Radio Moscou clandestine, ils applaudissaient aux noms, incompréhensibles pour eux, des quartiers libérés. On avait tous la certitude de la victoire finale et on s’abordait enfin en souriant dans les rues, on oubliait tout ce qui n’était pas Stalingrad, on n’oubliait la peine et la faim.

Quant à la résistance, la victoire de Stalingrad lui apporta un souffle nouveau dont se sont fait l’écho les journaux clandestins, malgré les avis de l’Angleterre qui demandait à la résistance d’attendre le jour « J », c’est-à-dire le débarquement anglo-américain, pour procéder à des actes de résistance. La victoire de Stalingrad eut pour effet de décupler les actions de la Résistance et ce, avec le soutien du peuple, de plus en plus confiant dans la libération à venir, et qui savait maintenant à qui il la devrait en premier lieu.

Pour terminer, je souhaiterais insister sur le fait que personne autant que Staline ne fut aimé des masses et haï des possédants et de leurs valets.

Pardonnez-moi si, en toute modestie, je vous relate un fait personnel : mon communiste de père m’a dit, à la veille du jour où pour la première fois je devais me rendre au boulot : « Si un jour le patron t’applaudit, demande-toi ce que tu as fait contre la classe ouvrière. »

Devant les applaudissements des impérialistes, des exploiteurs, des traîtres, des soi-disant démocrates, des trotskistes et de tous ceux qui ont crié victoire, encensé le premier des contre-révolutionnaires, Khrouchtchev, et ceux qui l’ont suivi, les Brejnev et les Gorbatchev, le voeu que je formule pour vous tous, c’est que vous puissiez voir la réalité que cachent ces applaudissements, et il vous suffira d’ailleurs pour ce faire de comparer ce que fut l’URSS sous Lénine et Staline à la Russie de la misère et de la mafia d’aujourd’hui.

Vous voulez des faits, des documents irréfutables, étudiez donc attentivement le livre de Ludo Martens « Un autre regard sur Staline », et vous serez édifiés.

Je suis navrée de n’avoir pu être parmi vous, croyez que je le regrette, et merci pour votre écoute.

Juliette

Note : 1 Voir Fuçik, Ecrits sous la potence. Lettres de fusillés, à retrouver dans des livres français.

 

Est-ce bien les Américains qui nous ont libérés en 1944 ?

Lieven Soete, 12-02-2003

Naturellement, les peuples d'Europe ont été soulagés quand, en juin 1944, les Etats-Unis ont fini par jeter leur énorme potentiel dans la lutte pour chasser de l'Europe les bourreaux nazis et leurs complices. Mais les dirigeants américains, britanniques et français qui avaient engagé leurs troupes dans la bagarre n'avaient nullement l'intention de détruire le fascisme.

Le 24 juin 1941, c'est-à-dire deux jours après le début de l'invasion nazie en Union soviétique, Harry S. Truman (qui, en 1945, allait devenir président des Etats-Unis) écrivait dans le New York Times : «Si nous voyons que la Russie remporte la victoire, nous aiderons l'Allemagne. Si l'Allemagne gagne, nous aiderons la Russie. Qu'on les laisse donc se massacrer autant qu'ils le peuvent.»1 Trois années durant, les impérialistes laisseront les Soviétiques se débrouiller quasiment seuls dans cette boucherie.

Staline décrit la situation au 6 novembre 1942. La bataille de Stalingrad bat son plein. «Comment expliquer que, cette année, les Allemands ont quand même pu garder l'initiative des opérations militaires et engranger de sérieux succès tactiques sur notre front? Les Allemands et leurs alliés ont pu rassembler toutes leurs réserves disponibles afin de les engager sur le front de l'Est. Cela a été possible parce qu'il n'y avait pas de deuxième front en Europe. En septembre, sur les 256 divisions allemandes, 179 au moins étaient engagées sur notre front. Ajoutez-y 22 divisions roumaines, 14 finlandaises, 10 italiennes, 13 hongroises, 1 slovaque et 1 espagnole et vous obtenez un total de 240 divisions qui combattent actuellement sur notre front. Par contre, sur le front libyen, pour l'instant, seules 4 divisions allemandes et 11 italiennes combattent les Britanniques.»2

Qui a libéré l'Europe des nazis ? Des 783 divisions des nazis et de leurs alliés, 607 ont été anéanties sur le seul front germano-soviétique ­ plus des trois quarts

Au cours des trois années durant lesquelles Staline a insisté en vain pour qu'on soulage la pression sur le front de l'Est par l'ouverture d'un second front important à l'ouest, les bombardiers américains et britanniques n'ont pas voulu briser la puissance industrielle et militaire de l'Allemagne. Résultat : en 1944, la production militaire allemande était de 280% plus élevée qu'en 1942.

En 1944, par exemple, 38 000 avions furent construits, contre 25 000 en 1943 et 15 000 en 1942. En 1944, l'Allemagne put produire 622 000 véhicules blindés, contre 369 000 en 1943 et 140 000 en 1942.3 Le problème n'était absolument pas que les bombardiers ne savaient pas où étaient installées les fabriques d'armement. C'est qu'ils ne voulaient pas y toucher. Il s'agissait quand même de chars et d'avions que l'on allait utiliser contre les bolcheviks.

De loin, le Jour J le plus important de la Seconde Guerre mondiale est celui du 2 février 1943: la victoire soviétique à Stalingrad. C'est là que les fascistes perdent définitivement l'initiative de la guerre. Le moral et l'espoir, chez les peuples occupés de l'Europe, reçoivent un fameux coup de pouce.

Les impérialistes américains et britanniques ont dû se dépêcher en 1944 pour arriver à temps et pouvoir conserver le contrôle d'une partie de l'Europe. Les Soviétiques fonçaient sur l'Allemagne et les Balkans. Les Partisans, au sein desquels les communistes jouaient un grand rôle, devenaient une force militaire importante. Paris a été en grande partie libérée par la résistance, avant que les troupes alliées n'entrent dans la ville.

Partout, les partisans rassemblent leurs meilleures forces et se muent en «deuxième front». En mai 1944, les partisans de Tito s'emparent de Zagreb, capitale de la Croatie fasciste et «indépendante». Le 3 mars 1944, une grève générale éclate en Italie du Nord, alors occupée par les nazis. Six millions de paysans et de travailleurs répondent à l'appel des communistes dans leur journal clandestin, Unita Proletaria. Le 18 mai 1944, Maurice Thorez, dirigeant des communistes français, lance un appel radiophonique en faveur de la résistance armée. La situation est favorable : de plus en plus de troupes allemandes (ainsi que les troupes auxiliaires fascistes françaises) sont déplacées vers le front de l'Est. Les partisans contrôlent de vastes territoires français.

Le 6 janvier 1944, les Soviétiques ont franchi la frontière polonaise d'avant-guerre. S'ils continuent à progresser à la même allure, d'ici peu, ils seront en Prusse-Orientale, c'est-à-dire dans le Reich allemand. Le 19 janvier, après 900 jours de siège, de famine et de bombardements, Leningrad est délivrée. En février-mars, l'Armée rouge repousse les Allemands de façon décisive à proximité de Kiev, en Ukraine. La voie vers les Balkans est libre et, le 17 mars, les Soviétiques sont à la frontière roumaine.

Le débarquement de Normandie. Objectif : contrer le communisme

Attendre davantage encore aurait pu être fatal aux impérialistes britanniques et américains. La combinaison entre l'Armée rouge qui bouscule tout sur son passage et la force militaire et politique croissante des partisans et des communistes aurait très bien pu transformer la totalité de l'Europe en un continent bolchevique. Il était donc grand temps d'intervenir.

En 1994, Luc De Vos, éminent professeur d'histoire à l'Ecole Royale Militaire (ERM), expliquait avec savoir-faire et fierté dans De Morgen : «Le débarquement de Normandie a renforcé la politique des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. A terme, il a préservé l'Europe occidentale du communisme. Désormais, le libéralisme économique sera dominant dans la région nord-atlantique et, de là, imposera sa volonté au reste du monde. Le Jour-J comme bouclier contre le communisme.»4

Que les impérialistes occidentaux ne s'y étaient pas pris trop tôt, l'histoire de notre patrie le prouve à suffisance. A la libération, en septembre 1944, les communistes belges peuvent compter sur la sympathie et le soutien d'un très grand nombre de nos compatriotes. Ils sont à la base de la résistance armée contre l'occupant nazi. Le 15 mars 1941 ­ donc quelque temps avant que les nazis n'envahissent l'Union soviétique ­ le Front de l'Indépendance (FI) est fondé. Il va devenir le plus important groupe de résistance en Belgique, avec la section armée la plus importante : l'Armée belge des Partisans. Les communistes y jouent un rôle important. Entre septembre 1944 et août 1945, le PCB va passer de 12 000 membres à 103 000.5

Le gouvernement belge de Londres comprend vite qu'il ne peut rien sans les communistes. Trois d'entre eux sont incorporés à un nouveau gouvernement, le 26 septembre. Quelques jours plus tard, le général américain Eisenhower exige brutalement, dans un message adressé à la résistance belge, que «tous ceux qui ne sont pas sur le front» rendent leurs armes. La Belgique n'est pas encore tout à fait libérée ! Le Front de l'Indépendance refuse à juste titre de restituer ses armes.

Le gouvernement répond par une décision qui, le 18 novembre, dissout toutes les organisations de résistance. Perquisitions et arrestations se suivent chez les partisans. Les ministres communistes démissionnent, les socialistes, eux, restent à leurs postes. Le 18 novembre éclate une grève générale qui durera jusqu'au 30. Des manifestations de masse sont organisées dans tout le pays et mobilisent des centaines de milliers de personnes. Il y a quatre morts le 27 novembre.6

Le Parti communiste négocie un virage en direction de l'ouest, laisse s'éteindre la grève du 1er décembre et se résigne en fin de compte à accepter le désarmement des partisans. Lors des premières élections d'après-guerre, le PCB parvient encore, malgré tout, à décrocher près de 13% des voix.7

Partout ailleurs en Europe, nous assistons au même scénario. En France, les communistes obtiennent 26,2% des voix lors des élections d'octobre 1945. Ils deviennent ainsi le premier parti français, mais les socialistes refusent de constituer avec eux un gouvernement de Front populaire de gauche. En Italie, les Américains, au cours d'accords secrets avec la mafia et les démocrates chrétiens, avaient décidé qu'il ne pourrait y avoir d'élections tant que l'on n'était pas sûr de pouvoir endiguer les communistes. Aux Pays-Bas, au Danemark, en Norvège, au Luxembourg ­ des pays qui, tous, avaient été occupés par les nazis ­, les communistes obtiennent entre 11 et 13% des voix.

Notes : 1 Karl-Eduard von Schnitzler, Der Rote Kanal (Le canal rouge), Hambourg, 1992, p.308 · 2 Staline, Oeuvres, Tome XVI, Paris, 1975, pp.60-61· 3 G. Déborine, La Deuxième Guerre mondiale, Moscou, p.349 ·4 De Morgen, 4 juin 1994 · 5 Hans Depraetere et Jenny Dierickx, De Koude Oorlog in België (La guerre froide en Belgique), EPO, 1985, p.37 · 6 Grégoire Madjarian, Conflits, pouvoirs et société à la Libération, 10/18, 1980, pp.184-186 · 7 www.parties-and-elections.de/

 


L'actualité et l'importance de Staline

Ludo Martens, Bruxelles - 1994, Introduction du livre "Un autre regard sur Staline"

Le 20 août 1991, l’écho du coup d’Etat farfelu de Yannaiev a résonné à travers le monde comme le prélude dissonant à la liquidation des derniers vestiges du communisme en Union soviétique. Les statues de Lénine ont été renversées et ses idées dénoncées. Cet événement a provoqué de nombreux débats au sein du mouvement communiste. Certains ont dit qu’il s’est produit de façon totalement inattendue.

En avril 1991, nous avons publié le livre L’URSS et la contre-révolution de velours [1] qui traite essentiellement de l’évolution politique et idéologique de l’URSS et de l’Europe de l’Est depuis 1956. Après le coup d’Etat professionnel d’Eltsine et sa proclamation vociférée du rétablissement capitaliste, nous n’avons rien à y changer. En effet, les dernières escarmouches confuses entre Yannaiev, Gorbatchev et Eltsine n’étaient que les convulsions d’un système moribond, des extériorisations de décisions prises lors du 28e Congrès de juillet 1990. 

«Ce congrès, écrivions-nous à l’époque, affirme nettement la rupture avec le socialisme et le passage à l’économie capitaliste.» [2] 

Une analyse marxiste des bouleversements précipités en URSS avait conduit, fin 1989 déjà, à la conclusion suivante : 

«Gorbatchev prône l’évolution lente, progressive mais systématique vers la restauration capitaliste. Le dos au mur, il cherche de plus en plus des appuis, tant politiques qu’économiques, du côté du monde impérialiste. En échange, il laisse les Occidentaux faire pratiquement tout ce qu’ils veulent en Union soviétique.» [3]

Une année plus tard, fin 1990, nous pouvions conclure notre analyse en ces termes :

«Depuis 1985, vague après vague, la droite a attaqué et, à chaque nouvelle étape, Gorbatchev a été entraîné plus loin vers la droite. Devant une agressivité redoublée des nationalistes et des fascistes, épaulés par Eltsine, il n’est pas impossible que Gorbatchev choisisse à nouveau la reculade. Ce qui provoquera sans doute l’effritement du Parti communiste, comme de l’Union soviétique.» [4] 

«La balkanisation de l’Afrique et du monde arabe a assuré les conditions optimales pour la domination impérialiste. Les esprits les plus imaginatifs de l’Occident commencent à rêver, au-delà de la restauration du capitalisme en URSS, à son assujettissement économique et politique.» [5]

C’est à dessein que nous rappelons ces conclusions auxquelles beaucoup de marxistes-léninistes étaient arrivés en 1989 et en 1990. En effet, le dynamitage des statues de Lénine s’est accompagné d’une explosion de propagande clamant l’échec du marxisme-léninisme. Pourtant, il a été prouvé que l’analyse marxiste est au fond la seule valable, la seule qui a permis de découv-rir les forces sociales réelles à l’œuvre derrière les mots d’ordre démagogiques «démocratie et liberté», «glasnost et perestroïka». 

En 1956, lors de la contre-révolution sanglante en Hongrie, les statues de Staline furent détruites ; trente-cinq ans plus tard, les statues de Lénine ont été réduites en poussière. Les déboulonnages des statues de Staline et de Lénine marquent les deux points de rupture avec le marxisme. En 1956, Khrouchtchev s’attaqua à l’œuvre de Staline pour changer la ligne fondamentale de la direction du Parti communiste. La dégénérescence progressive du système politique et économique qui s’ensuivit a conduit à la rupture définitive avec le socialisme, rupture consommée en 1990 par Gorbatchev. 

Bien sûr, les médias nous entretiennent chaque jour de l’échec définitif du communisme dans le monde. Mais nous devons souligner que, si échec en Union soviétique il y a, c’est bien l’échec du révisionnisme, introduit en Union soviétique par Khrouchtchev, il y a 35 ans. Ce révisionnisme a abouti à l’effondrement du système politique, à la capitulation devant l’impérialisme, à la catastrophe économique. L’éruption actuelle du capitalisme sauvage et du fascisme en URSS montre bien à quoi mène finalement le rejet des principes révolutionnaires du marxisme-léninisme.

Pendant trente-cinq ans, les révisionnistes ont peiné pour démolir Staline. Une fois Staline démoli, Lénine a été liquidé en un tour de main. Khrouchtchev s’est acharné contre Staline. Gorbatchev l’a relayé en menant, au cours des cinq années de sa glasnost, une véritable croisade contre le stalinisme. Avez-vous noté que le démontage des statues de Lénine n’a pas été précédé d’une campagne politique contre son œuvre ? La campagne contre Staline y avait suffi. Une fois toutes les idées politiques de Staline attaquées, dénigrées, démolies, on fit simplement le constat qu’on en avait fini, par la même occasion, avec les idées de Lénine.

Khrouchtchev a commencé son œuvre destructrice en affirmant qu’il critiquait les erreurs de Staline dans le but de «rétablir le léninisme dans sa pureté originelle» et d’améliorer le système communiste. Gorbatchev fit les mêmes promesses démagogiques pour désorienter les forces de gauche. Aujourd’hui, on doit se rendre à l’évidence : sous le prétexte de «retourner à Lénine», on a fait rentrer le tsar ; sous prétexte d’«améliorer le communisme», on a ressuscité le capitalisme sauvage. 

La plupart des hommes de gauche ont lu quelques ouvrages consacrés aux activités de la CIA et des services secrets occidentaux. Ils ont tous appris que la guerre psychologique et politique est une branche à part et extrêmement importante de la guerre totale moderne. La calomnie, l’intoxication, la provocation, l’exploitation de divergences, l’exacerbation des contradictions, la diabolisation de l’adversaire, la perpétration de crimes mis sur le dos de l’adversaire sont des tactiques habituelles auxquelles recourent les services secrets occidentaux. 

Or, depuis 1945, l’impérialisme «démocratique» a investi des moyens colossaux dans les guerres anticommunistes, guerres militaires, guerres clandestines, guerres politiques et guerres psychologiques. N’est-il pas évident que la campagne anti-Staline a été au centre de tous les combats idéologiques menés contre le socialisme ? Les porte-parole officiels de la machine de guerre américaine, Kissinger et Brzezinski, ont fait l’éloge des ouvrages de Soljenitsyne et de Conquest, qui sont aussi, par hasard, deux auteurs en vogue parmi les sociaux-démocrates, les trotskistes et les anarchistes. Au lieu de «découvrir la vérité sur Staline» chez ces spécialistes de l’anticommunisme, n’auraient-ils pas mieux fait d’y découvrir les ficelles de la guerre psychologique et politique menée par la CIA ? 

Ce n’est vraiment pas un hasard si l’on retrouve de nos jours, dans presque toutes les publications bourgeoises et petites-bourgeoises «en vogue», les calomnies et les mensonges à propos de Staline qu’on pouvait lire dans la presse nazie pendant la guerre. C’est un signe que la lutte des classes au niveau mondial devient de plus en plus âpre et que la grande bourgeoisie mobilise toutes ses forces pour la défense tous azimuts de sa «démocratie». 

Lors de quelques conférences que nous avons données sur la période de Staline, nous avons lu un long texte antistalinien et demandé aux personnes présentes ce qu’elles en pensaient. Presque toujours, les intervenants soulignaient que le texte, quoique violemment anti-communiste, montrait clairement l’enthousiasme des jeunes et des pauvres pour le bolchevisme ainsi que les réalisations techniques de l’URSS et qu’il était, somme toute, assez nuancé. Ensuite, nous révélions à l’auditoire que le texte qu’il venait de commenter était un texte nazi, publié dans Signal n° 24 de 1943, en pleine guerre... 

Les campagnes antistaliniennes menées par les «démocraties» occidentales en 1989-1991 étaient parfois plus violentes et calomnieuses que celles menées au cours des années trente par les nazis. De nos jours, il n’y a plus les grandes réalisations communistes des années trente pour faire contrepoids aux calomnies. Il n’y a plus de forces politiques significatives pour prendre la défense de l’expérience soviétique sous Staline.

Lorsque la bourgeoisie clame l’échec définitif du communisme, elle utilise la faillite lamentable du révisionnisme pour réaffirmer sa haine de l’œuvre grandiose réalisée par Lénine et Staline. Mais ce faisant, elle pense plus à l’avenir qu’au passé. La bourgeoisie veut faire croire que le marxisme-léninisme est définitivement enterré, parce qu’elle se rend parfaitement compte de l’actualité et de la vitalité de l’analyse communiste. 

La bourgeoisie dispose d’une pléthore de cadres capables de faire des évaluations scientifiques de l’évolution du monde. Aussi envisage-t-elle des crises majeures, des bouleversements d’ampleur planétaire et des guerres en tout genre. Après le rétablissement du capitalisme en Europe de l’Est et en Union soviétique, toutes les contradictions du système impérialiste mondial se trouvent exacerbées. 

Face aux gouffres du chômage, de la misère, de l’exploitation et de la guerre qui s’ouvrent devant les masses travailleuses du monde entier, seul le marxisme-léninisme pourra montrer la voie du salut. Seul le marxisme-léninisme peut apporter aux masses travailleuses du monde capitaliste et aux peuples opprimés du tiers monde les armes de leur libération. Tout le tapage sur la fin du communisme vise ainsi à désarmer, en vue des grandes luttes futures, les masses opprimées du monde entier. 

La défense de l’œuvre de Staline, qui est pour l’essentiel la défense du marxisme-léninisme, est une tâche actuelle et pressante pour faire face à la réalité de la lutte des classes sous le Nouvel Ordre mondial. L’œuvre de Staline est d’une actualité brûlante dans les anciens pays socialistes comme dans les pays qui maintiennent leur orientation socialiste, dans les pays du tiers monde comme dans les pays impérialistes.

Staline est au centre de l’actualité dans les anciens pays socialistes

Après la restauration capitaliste en URSS, l’œuvre de Staline a pris une grande importance pour comprendre les mécanismes de la lutte des classes sous le socialisme. 

Il existe un lien entre la restauration du capitalisme à laquelle nous avons assisté et la virulente campagne contre Staline qui l’a précédée. Les éclatements de haine contre un homme qui est décédé en 1953 peuvent, de prime abord, sembler étranges sinon incompréhensibles. 

Pendant les vingt années qui ont précédé l’arrivée de Gorbatchev, Brejnev a incarné la bureaucratie, la stagnation, la corruption et le militarisme. Mais ni en Union soviétique ni dans le monde «libre», on n’a assisté à cette critique violente, acharnée, rageuse contre Brejnev, qui a caractérisé la croisade anti-Staline. 

Il est évident qu’au cours des dernières années, tous les fanatiques du capitalisme et de l’impérialisme, pour en finir avec ce qui restait du socialisme en URSS, ont pris Staline pour cible. La dérive désastreuse entamée par Khrouchtchev montre, par opposition, la pertinence de la plupart des idées énoncées par Staline. 

Staline affirmait que la lutte des classes continue sous le socialisme, que les anciennes forces féodales et bourgeoises n’ont pas cessé le combat pour la restauration et que les opportunistes au sein du parti, les trotskistes, les boukhariniens et les nationalistes bourgeois aident les classes et couches antisocialistes à regrouper leurs forces. Khrouchtchev a déclaré que ces thèses étaient aberrantes et conduisaient à l’arbitraire. Mais en 1992, la figure massue du tsar Boris se dresse comme un monument témoignant de la justesse de l’analyse de Staline.

Les adversaires de la dictature du prolétariat n’ont cessé d’affirmer que Staline incarnait, non pas la dictature des travailleurs, mais sa propre dictature autocratique. Le mot Goulag devint synonyme de «dictature stalinienne». Or, ceux qui étaient dans le Goulag du temps de Staline font maintenant partie de la nouvelle bourgeoisie au pouvoir. Démolir Staline, c’était faire renaître la démocratie socialiste. 

Mais Staline enterré, Hitler a ressurgi de sa tombe. Et on réhabilite en Russie, en Ukraine, en Roumanie et en Slovaquie tous les héros noirs, les Vlassov, les Bandera, les Antonescu, les Tiso et autres collaborateurs nazis. La chute du mur de Berlin marque la montée du néo-nazisme en Allemagne. Aujourd’hui, confronté au déchaînement du capitalisme et du fascisme à l’Est, on comprend mieux que Staline a effectivement défendu le pouvoir ouvrier.

Staline est au centre du débat politique dans les pays qui maintiennent le socialisme

Les médias ne manquent pas de nous rappeler régulièrement qu’il existe encore, malheureusement, un dernier carré de staliniens sur la planète. 

Fidel Castro se maintient dans sa petite île comme un dinosaure stalinien. 
Kim Il Sung surpasse Staline dans le domaine du culte de la personnalité. 
Les bourreaux chinois de la place Tien An Men sont les dignes héritiers de Staline. 
Quelques dogmatiques Vietnamiens affichent toujours les photos de Hô Chi Minh et de Staline. 
Bref, les quatre pays qui maintiennent, d’une façon ou d’une autre, la voie socialiste sont excommuniés du monde «civilisé» au nom de Staline. Ce tapage incessant vise aussi à susciter et à renforcer des courants «antistaliniens», c’est-à-dire bourgeois et petits-bourgeois dans ces pays.

L’œuvre de Staline gagne en actualité dans le tiers monde

De nos jours, dans le tiers monde toutes les forces qui s’opposent à la barbarie impérialiste sont traquées et pourfendues au nom de la lutte contre le «stalinisme». 

Ainsi, le Parti communiste des Philippines vient d’être, «saisi du démon stalinien des purges» d’après les termes du journal Le Monde. [6] 

Selon un tract du groupe Meisone, les «staliniens» du Front populaire de libération du Tigré ont pris le pouvoir à Addis-Abeba

Au Pérou aussi, on entend encore les thèses mao-staliniennes, «cette langue de bois d’un autre âge», dixit monsieur Marcel Niedergang dans Le Monde. 

Il nous fut même donné de lire que le Baath syrien dirige «une société fermée, presque stalinienne» ! [7] 

En pleine guerre du Golfe, un journal nous rapportait les informations d’une feuille soviétique qui, en comparant des photos de Staline et de Saddam Hussein, croyait savoir que Saddam était un fils illégitime du grand Géorgien. 

Et les énergumènes qui ont chassé le brave père Aristide de Haïti, affirment tout à fait sérieusement que ce dernier avait installé «une dictature totalitaire» !

L’œuvre de Staline est d’une brûlante actualité pour tous les peuples qui se sont engagés dans le combat pour leur affranchissement de la domination impérialiste. Staline représente, tout comme Lénine, la fermeté dans les luttes des classes les plus acharnées, les plus impitoyables. Staline a montré que, dans les situations les plus difficiles, seule une attitude ferme et inflexible envers l’ennemi de classe permet de résoudre les problèmes fondamentaux des masses travailleuses. L’attitude conciliante, opportuniste, défaitiste et capitularde conduit nécessairement à la catastrophe et à la revanche sanguinaire des forces réactionnaires.

Aujourd’hui, les masses travailleuses du tiers monde se trouvent dans une situation des plus difficiles, apparemment sans issue, qui ressemble aux conditions de l’Union soviétique en 1920-1933. 

Au Mozambique, les forces les plus rétrogrades de la société ont été utilisées par la CIA et par les services sud-africains pour massacrer 900 000 Mozambicains. 

Les fondamentalistes hindous, protégés depuis longtemps par le Congrès et soutenus par une partie de la grande bourgeoisie indienne, plongent l’Inde dans la terreur. 

En Colombie, la collusion-rivalité entre l’armée et la police réactionnaires, la CIA et les trafiquants de drogue, provoque des bains de sang parmi les masses populaires. En Irak, où une agression criminelle a fait 200 000 morts, l’embargo imposé par nos grands défenseurs des droits de l’homme continue à tuer à petit feu des dizaines de milliers d’enfants.

Dans toutes ces situations extrêmes, l’exemple de Staline montre comment mobiliser les masses pour un combat impitoyable et victorieux contre des ennemis prêts à tout. Mais un certain nombre de partis révolutionnaires du tiers monde, engagés dans des combats acharnés avec l’impérialisme, ont progressivement dévié vers le défaitisme et la capitulation et ce processus de dégénérescence a presque toujours débuté par des attaques contre l’œuvre de Staline. L’évolution récente des partis qui constituent le FMNL au Salvador est exemplaire à ce propos. 

Au sein du Parti communiste des Philippines s’est développée, depuis au moins 1985, une tendance opportuniste qui voulait mettre fin à la guerre populaire et entrer dans un processus de «réconciliation nationale». Partisans de Gorbatchev, les défenseurs de cette ligne s’attaquaient avec acharnement à Staline. 

Ce même opportunisme s’est exprimé sous une forme de «gauche» : voulant rapidement arriver au pouvoir, certains ont proposé une ligne militariste et une politique d’insurrection urbaine. Des responsables de cette tendance ont organisé une épuration du Parti à Mindanao, pour mettre fin à des infiltrations policières : ils ont exécuté plusieurs centaines de personnes dans des conditions contraires à toutes les règles du Parti. 

Mais quand le Comité central a décidé de mener une campagne de rectification, tous ces opportunistes se sont unis contre «la purge stalinienne» ! José Maria Sison écrit : 

«Ceux qui s’opposent le plus âprement au mouvement de rectification, sont ceux qui portaient la plus grande responsabilité pour la tendance militariste, pour la réduction importante de notre base de masse, pour la chasse aux sorcières qui a pris des proportions monstrueuses et pour la dégénérescence vers le gangstérisme. Ils étaient engagés depuis longtemps dans des campagnes de calomnies et d’intrigues. Ces renégats se sont en fait joints aux agents secrets et aux spécialistes de la guerre psychologique du régime U.S.-Ramos dans une tentative pour empêcher le Parti communiste des Philippines de se renforcer idéologiquement, politiquement et organisationnellement.» [8] 

Le journal Democratic Palestine du Front populaire pour la libération de la Palestine a ouvert une discussion sur Staline. 

«Les aspects négatifs de l’époque de Staline qui ont été mis en avant comprennent : la collectivisation forcée; la répression de l’expression libre et de la démocratie dans le parti et la société ; l’ultracentralisme dans la prise des décisions dans le parti, dans l’Etat soviétique et dans le mouvement communiste international.» [9]

Toutes ces prétendues «critiques» de Staline ne sont rien d’autre que la reprise, telles quelles, des vieilles attaques anticommunistes de la social-démocratie. Prendre ce chemin et le suivre jusqu’au bout signifie, à terme, la mort du FDLP en tant qu’organisation révolutionnaire. Le parcours de tous ceux qui ont pris cette route dans le passé ne laisse aucun doute à ce propos.

L’évolution récente du Front sandiniste de libération nationale est instructive à ce sujet. Dans son interview avec Fidel Castro, Thomas Borge s’en prend dans des termes très vifs au «stalinisme» : c’est sous ce camouflage que s’est accomplie la transformation du FSLN en formation sociale-démocrate bourgeoise.

L’œuvre de Staline prend aussi une nouvelle signification dans la situation créée en Europe depuis la restauration capitaliste à l’Est

La guerre civile en Yougoslavie montre dans quels carnages l’ensemble du continent européen pourrait à nouveau sombrer si les rivalités croissantes entre puissances impérialistes devaient provoquer une nouvelle grande guerre. Une telle éventualité ne peut plus être exclue. 

La carte mondiale d’aujourd’hui montre certaines ressemblances avec la situation entre 1900 et 1914, lorsque des puissances impérialistes rivalisaient pour la domination économique mondiale. Aujourd’hui, les rapports entre les six grands centres capitalistes, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Japon, l’Allemagne, la Russie et la France, sont devenus très instables. 

Nous sommes entrés dans une période où des alliances se nouent et se dénouent et où les batailles dans le domaine économique et commercial se mènent avec une vigueur croissante. La formation de nouveaux blocs impérialistes prêts à s’affronter par les armes entre dans le domaine des possibilités. 

Une guerre entre grandes puissances impérialistes ferait de toute l’Europe une gigantesque Yougoslavie. En face d’une telle éventualité, l’œuvre de Staline mérite une nouvelle étude.

Dans les partis communistes de par le monde, la lutte idéologique autour de la question de Staline présente de nombreuses caractéristiques communes

Dans tous les pays capitalistes, la pression économique, politique et idéologique exercée par la bourgeoisie sur les communistes est extrêmement forte. Elle est une source permanente de dégénérescence, de trahison, de glissement lent vers l’autre camp. Mais toute trahison nécessite une justification idéologique aux yeux de celui-là même qui la commet. 

En général, un révolutionnaire qui s’est engagé sur la pente glissante de l’opportunisme «découvre la vérité sur le stalinisme». Il reprend, telle quelle, la version bourgeoise de l’histoire du mouvement révolutionnaire sous Staline. En fait, les renégats ne font aucune découverte, ils copient simplement la bourgeoisie. 

Pourquoi tant de renégats ont-ils «découvert la vérité sur Staline» (pour améliorer le mouvement communiste, bien sûr), mais pourquoi aucun parmi eux n’a-t-il «découvert la vérité sur Churchill» ? Une découverte qui serait autrement plus importante pour «améliorer» le combat anti-impérialiste! Ayant à son actif un demi-siècle de crimes au service de l’Empire britannique (guerre en Afrique du Sud, terreur aux Indes, Première Guerre mondiale inter-impérialiste suivie de l’intervention militaire contre la République soviétique, guerre contre l’Irak, terreur au Kenya, déclenchement de la guerre froide, agression contre la Grèce antifasciste, etc.), Churchill est sans doute le seul politicien bourgeois de ce siècle à avoir égalé Hitler.

Tout écrit politique et historique est marqué par la position de classe de son auteur. Des années vingt jusqu’en 1953, la majorité des publications occidentales sur l’Union soviétique servaient le combat de la bourgeoisie et de la petite-bourgeoisie contre le socialisme soviétique. 

Les écrits des membres des partis communistes et des intellectuels de gauche défendant l’expérience soviétique constituaient un faible contre-courant de défense de la vérité sur l’expérience soviétique. Or, à partir de 1956, Khrouchtchev et le Parti communiste de l’Union soviétique ont repris pour leur compte, morceau par morceau, toute l’historiographie bourgeoise sur la période Staline.

Depuis lors, tous les révolutionnaires du monde occidental subissent une pression idéologique incessante concernant les périodes cruciales de l’essor du mouvement communiste, surtout la période de Staline. 

Si Lénine a dirigé la révolution d’Octobre et a tracé les grandes orientations pour la construction du socialisme, c’est Staline qui a réalisé l’édification socialiste pendant une période de trente ans. 

Toute la haine de la bourgeoisie s’est concentrée sur le travail titanesque accompli sous la direction de Staline. Un communiste qui n’adopte pas une position de classe ferme vis-à-vis de l’information orientée, unilatérale, tronquée ou mensongère que répand la bourgeoisie, se perdra irrémédiablement. 

Pour aucun autre sujet de l’histoire récente, la bourgeoisie n’a un tel intérêt à noircir et dénigrer ses adversaires. Tout communiste doit adopter une attitude de méfiance systématique envers toutes les «informations» que lui livre la bourgeoisie (et les khrouchtchéviens) sur la période Staline. Et il doit tout mettre en œuvre pour découvrir les rares sources d’informations alternatives qui défendent l’œuvre révolutionnaire de Staline.

Or, les opportunistes dans les différents partis n’osent pas contrecarrer de front l’offensive idéologique anti-Staline dont le but anticommuniste est pourtant évident. Les opportunistes plient sous la pression, ils disent «oui à la critique de Staline», mais prétendent critiquer Staline «par la gauche».

Aujourd’hui, nous pouvons faire le bilan de soixante-dix années de «critiques de gauche» formulées contre l’expérience du Parti bolchevik sous Staline. 

Nous disposons de centaines d’ouvrages écrits par des sociaux-démocrates et des trotskistes, par des boukhariniens et des intellectuels de gauche «indépendants». Leurs points de vue ont été repris et développés par les khrouchtchéviens et les titistes. Nous pouvons mieux comprendre aujourd’hui le véritable sens de classe de cette littérature. Toutes ces critiques ont-elles abouti à des pratiques révolutionnaires plus conséquentes que celle incarnée dans l’œuvre de Staline ? Les théories sont jugées, en fin de compte, par la pratique sociale qu’elles suscitent. 

La pratique révolutionnaire du mouvement communiste mondial sous Staline a bouleversé le monde entier et a imprimé une nouvelle orientation à l’histoire de l’humanité. 

Au cours des années 1985-1990, nous avons pu voir que toutes les prétendues «critiques de gauche» contre Staline, tel d’innombrables ruisseaux, se sont jetées dans le grand fleuve de l’anticommunisme. 

Sociaux-démocrates, trotskistes, anarchistes, boukhariniens, titistes, khrouchtchéviens, écologistes se sont tous retrouvés dans le mouvement «pour la liberté, la démocratie et les droits de l’homme» qui a liquidé ce qui restait du socialisme en URSS. 

Toutes ces «critiques de gauche» de Staline ont pu aller jusqu’aux conséquences finales de leur option politique et toutes ont contribué à la restauration d’un capitalisme sauvage, à l’instauration d’une dictature bourgeoise impitoyable, à la destruction des acquis sociaux, politiques et culturels des masses travailleuses et, dans de nombreux cas, à l’émergence du fascisme et des guerres civiles réactionnaires.

Parmi les communistes qui, en 1956, ont résisté au révisionnisme et ont pris la défense de Staline, les campagnes antistaliniennes se sont fait sentir d’une manière particulière. 

En 1956, le Parti communiste chinois a eu le courage de défendre l’œuvre de Staline. Son document A nouveau à propos de l’expérience de la dictature du prolétariat a apporté une aide considérable aux marxistes-léninistes du monde entier. Sur la base de leur propre expérience, les communistes chinois ont aussi émis des critiques sur certains aspects de l’œuvre de Staline. Ceci est tout à fait normal dans une discussion entre communistes. 

Cependant, avec le recul du temps, il apparaît que beaucoup de leurs critiques ont été formulées sous des formes trop générales. Ceci a influencé négativement beaucoup de communistes qui ont accordé de la crédibilité à toutes sortes de critiques opportunistes.

Ainsi, par exemple, les camarades chinois ont dit que, parfois, Staline ne distinguait pas nettement les deux types de contradictions, celles au sein du peuple, qui peuvent être surmontées par l’éducation et la lutte, et celles entre le peuple et l’ennemi, qui nécessitent des formes de lutte adéquates. De cette critique générale, certains ont conclu que Staline n’a pas bien traité les contradictions avec Boukharine, et ils ont fini par embrasser la ligne politique sociale-démocrate de Boukharine. 

Les camarades chinois ont affirmé aussi que Staline s’ingérait parfois dans les affaires des autres partis et qu’il niait leur indépendance. De cette critique générale, certains ont conclu que Staline avait eu tort de condamner la politique de Tito et ils ont fini par accepter le titisme comme la «forme spécifiquement yougoslave du marxisme-léninisme». Les événements récents en Yougoslavie font mieux comprendre comment Tito, depuis sa rupture avec le Parti bolchevik, a suivi une politique nationaliste-bourgeoise et est tombé sous la coupe américaine.

Les tâtonnements et les errements idéologiques relatifs à la question de Staline, que nous venons d’évoquer, se sont produits dans presque tous les partis marxistes-léninistes. Nous pouvons en tirer une conclusion de portée générale. 

Dans notre jugement de tous les épisodes de la période 1923-1953, il faut s’efforcer de connaître dans leur intégralité la ligne et la politique défendues par le Parti bolchevik et par Staline. 

On ne peut souscrire à aucune critique de l’œuvre de Staline sans avoir vérifié les données primaires de la question débattue et sans avoir pris connaissance de la version donnée par la direction bolchevique.

Notes : [1]. Ludo Martens, L’URSS et la contre-révolution de velours, EPO, Bruxelles et Anvers, 1991. [2]. Ibidem, p.215. [3]. Ibidem, p.186. [4]. Ibidem, p.253. [5]. Ibidem, p.245. [6]. Patrice de Beer, Le Monde, 7/8/1991 : La lente érosion. [7]. International Herald Tribune, 5/11/1991, p.1. [8]. Statement, 8/12/1992. [9]. Democratic Palestine, juillet-septembre 1992, p.31.

 

 

"Staline a été la plus grande personnalité du XXème siècle, le plus grand génie politique"

Discours de Ludo Martens, président du Parti du Travail de Belgique, 05-03-2003

C'est ainsi que parla, en 1993, le vieux dissident soviétique Alexandre Zinoviev : "J'ai été un anti-stalinien convaincu dès l'âge de 17 ans. Nous sommes passés à la préparation d'un attentat contre Staline. S'ils m'avaient condamné à mort en 1939, cette décision aurait été juste. Maintenant que je peux survoler ce siècle, je dis : Staline a été la plus grande personnalité de notre siècle, le plus grand génie politique".

En 1994, j'ai fait une conférence sur Staline à Paris. Un communiste algérien est intervenu pour évoquer le jour du 5 mars 1953. Il dit : "Le matin, je sortais à la main de mon père. Je voyais tous les Algériens abattus et les Français jubilaient. Je demandais à mon père ce qui se passait. Il me dit d'un ton grave : "Staline est mort..." Je demandais qui était Staline. Mon père me dit : "C'était le plus grand homme de notre temps. Il dirigeait l'Union soviétique, le plus grand pays révolutionnaire. Staline était le fils d'un cordonnier". Et moi je pensais : fils de cordonnier, quelqu'un comme moi... Pour les patriotes algériens, à qui le colonialisme français infligera un million de morts lors de la guerre de libération, Staline représentait le combat contre le colonialisme et l'impérialisme.

Aujourd'hui, au cinquantième anniversaire de sa mort, les révolutionnaires commémorent Staline comme un des plus grands révolutionnaires que l'histoire a connu jusqu'à présent. C'est Staline qui a réalisé les transformations politiques et économiques formidables de l'Union soviétique, ce grand pays stratégique, transformations qui ont marqué un grand tournant dans l'histoire de l'humanité. C'est Staline qui a dirigé la plus grande guerre révolutionnaire que le monde a connu, la guerre de défense patriotique, antifasciste de l’Union Soviétique. C'est Staline qui a impulsé les luttes de libération dans l'ensemble du monde colonisé et dominé et particulièrement en Asie, et notamment en Chine et en Inde.

Aujourd'hui, nous commémorons Staline parce que son oeuvre reste d'une importance cruciale pour l'avenir de l'humanité. Le nom de Staline symbolise les quatre grandes luttes révolutionnaires qui décideront du sort de l'humanité au cours de ce XXIe siècle : le combat pour le développement économique, le combat pour l'indépendance, le combat pour la paix et le combat pour le socialisme.

Staline et le combat pour l'indépendance contre l'impérialisme

L'expérience de Lénine et de Staline montre que le combat pour l'indépendance nationale et la lutte pour le socialisme sont inséparable. Elle montre aussi que l'opportunisme est une force de réserve de l'impérialisme et du capitalisme.

La grande Révolution socialiste a triomphé le 25 octobre 1917.

Or, le lendemain, le Parti menchevik proclamait sa détermination de renverser les bolcheviks accusés d'instaurer "l'esclavagisme". Et la social-démocratie russe décida de "libérer la Russie de la tyrannie bolchevique" en faisant appel à des armées impérialistes ! Churchill a joué un rôle clé dans l'intervention des troupes anglaises, françaises, japonaises, italiennes et américaines contre la jeune Union soviétique.

Staline a été le principal dirigeant bolchevik envoyé par Lénine sur les fronts décisifs pour y diriger la guerre populaire contre les armées interventionnistes. Sortant d'une longue clandestinité, les bolcheviques n'étaient pas encore très nombreux. Les puissances impérialistes estimaient que l’Union Soviétique ne pouvait tenir contre huit armées étrangères soutenues par les restes de l'armée tsariste, par les propriétaires fonciers et les capitalistes et par les partis sociaux-démocrates. Mais Lénine et Staline ont organisé une véritable guerre des masses populaires qui ont vaincu tous les agresseurs et tous leurs alliés russes.

Les combats politique et militaire dirigé par Lénine et Staline pour garantir l'indépendance de l’Union soviétique prennent une signification particulière dans les conditions actuelles de la mondialisation impérialiste. Aujourd'hui, le problème majeur qui se pose à l'écrasante majorité de l'humanité, est celui de la réalisation d'une indépendance politique et économique réelle. C'est le problème de la lutte de libération nationale contre la recolonisation politique, économique, militaire et culturelle à laquelle nous assistons aujourd'hui, une recolonisation qui est plus sanglante et féroce que la colonisation du 19e siècle.

Ces six dernières années, j'ai pu vivre cette réalité de près au Congo, un des pays potentiellement les plus riches au monde mais qui, privé de son indépendance pendant 37 années de dictature néocoloniale, victime aujourd'hui d'une guerre d'agression instiguée par les Etats-Unis, vivote dans une misère effrayante.

L'impérialisme anglo-américain prévoit «une nouvelle bataille pour l’Afrique à cause de  l’épuisement des ressources dans le monde industrialisé». Les Etats-Unis ont déclaré que «le Congo revêt une importance essentielle pour les intérêts des Etats-Unis en Afrique. ... parce qu'il possède 13 % des réserves hydroélectriques du monde, 28 % des réserves de cobalt, 18 % des réserves de diamant industriel » C'est presque ouvertement que l'impérialisme anglo-américain réclame son droit à la "recolonisation" du Congo et de l'Afrique et son refus catégorique de toute forme d'indépendance réelle. Comment les richesses du Congo peuvent-elles "revêtir une importance capitale pour les intérêts américains", sauf si les Américains ont pris la décision de mettre la main sur le Congo, quel qu'en soit le prix ? La guerre d'agression américano-rwando-ougandaise a aujourd'hui fait 4 000 000 de morts au Congo. Qui en parle ? Mais à l'occasion du 50e anniversaire de la mort du camarade Staline, toute la presse bourgeoise reprend les calomnies sur Staline-le-sanguinaire qui ont été lancées jadis par les nazis.

Staline et le combat pour le développement socialiste

L'indépendance était la pré-condition du développement accéléré de l'Union soviétique.

L'indépendance a permis de concentrer tous les grands moyens de production aux mains de l'Etat socialiste et de les utiliser de façon planifiée pour résoudre dans un temps records les problèmes essentiels du développement industriel, agricole, culturel et militaire. C'est en 1928 que Staline a lancé le premier Plan quinquennal pour un développement économique vertigineux. Le 4 février 1931, Staline dit : "Nous retardons 50 à 100 ans sur les pays avancés. Nous devons parcourir cette distance en dix ans. Ou nous le ferons, ou nous serons broyés". Staline a réussi son pari qu'aucun bourgeois pensait réalisable.

Il a utilisé deux armes magiques : l'organisation de l'avant-garde des ouvriers, paysans et travailleur dans le Parti bolchevique, d'abord et la conscientisation et la mobilisation des masses pour l'édification économique, ensuite.

Un étranger qui avait vécu 37 années dans la Russie tsariste a fait ce témoignage : "Les bolcheviques ont mobilisé plus de 150 millions d'êtres humains apathiques, morts vivants et leur ont insufflé un esprit nouveau. L'ardeur révolutionnaire fait fondre des obstacles colossaux. Jamais on n'a été témoin d'une chose pareille".

Ayant grandi à la campagne, le dissident Alexandre Zinoviev a vécu les luttes très âpres pour la collectivisation et la modernisation de l'agriculture. Il a fait ce témoignage : "Lors de mes retours au village, je demandais à ma mère et aux autres kolkhoziens s'ils accepteraient de reprendre leurs anciennes exploitations individuelles. Tous me répondaient par un refus catégorique. Au cours de la collectivisation, la campagne avait connu une révolution culturelle sans précédent : on avait créé des écoles primaires, des écoles techniques formant des vétérinaires, agronomes, mécaniciens, conducteurs de tracteurs, une école secondaire. La structure de la population rurale se rapprocha de celle des villes. Cette transformation extrêmement rapide fournit au nouveau système un soutien colossal dans les larges masses populaires".

De 1928 à 1937, chaque année la production industrielle augmenta de 16,5 %. Lénine avait proposé en 1920 un plan général d'électrification de l'Union soviétique. Quinze années plus tard, Staline a réalisé le Plan à 230 %.

La collectivisation de l'agriculture a été un mouvement de masse d'une ampleur jamais égalée qui a permis aux paysans pauvres et moyens de prospérer par le travail collectif avec des machines et instruments modernes, tout en éliminant leur exploitation par les anciens paysans riches. Début 1929, l'Union soviétique possédait 19 000 tracteurs. Douze années plus tard, en, 1941, les kolkhozes et sovkhozes comptaient 684 000 tracteurs.

Une mobilisation populaire jamais vue dans l'histoire a permis à un pays arriéré et ruiné de rattraper en douze ans la puissance impérialiste la plus redoutable de l'Europe : l'Allemagne nazie. Dans le Tiers Monde d'aujourd'hui, soumis à la privatisation, aux diktats extérieurs, à la désindustrialisation, à la misère généralisée, quel pays du tiers monde n'envie pas les réalisations de Staline ?

Staline et le Parti révolutionnaire bolchevique

Le Parti bolchevik a été l'artisan de toutes les victoires. Il n'était constitué que de 30 000 militants endurcis à la fin de la période clandestine, au moment du triomphe de la révolution en 1917. En 1921, après la guerre de résistance contre 8 puissances extérieures, le Parti avait 600 000 membres. Staline a impulsé un travail d'organisation et d'éducation jamais vu et le Parti comptait 2 500 000 membres en 1932, l'année cruciale pour la réussite de l'industrialisation et de la collectivisation. C'est l'esprit de sacrifice, le dévouement au peuple, l'ardeur au travail de cette grande armée politique qui a galvanisé les travailleurs pour la guerre contre le sous-développement.

Si Lénine a formulé les principes du Parti révolutionnaire des temps modernes et a formé le noyau d'acier de ce parti, c'est Staline qui a transformé ce Parti en une grande armée politique, encadrant et galvanisant toutes les masses populaires.

Sans le rôle dirigeant et déterminant du Parti bolchevik, aucune des victoires historiques n'aurait pu être arrachée, que ce soit dans la lutte pour l'indépendance, dans le combat pour le développement ou dans la grande guerre antifasciste. Staline a dirigé la rédaction du manuel "L'Histoire du Parti Communiste de l'Union soviétique - bolchevique", livre capital qui continue aujourd'hui à former une nouvelle génération de révolutionnaires dans le monde entier.

Staline et le danger mortel de l'opportunisme et de l'infiltration

Les ennemis intérieurs et extérieurs du socialisme soviétique ont dès le début de la révolution compris le rôle déterminant du Parti et ils ont tout mis en oeuvre pour l'infiltrer et le détruire de l'intérieur.

Le jeune contre-révolutionnaire Boris Bajanov avait 19 ans lorsqu'il qu'en 1919 il décida d'infiltrer le Parti bolchevik. En 1923, il devint le secrétaire du camarade Staline et du Bureau politique ! Dans son autobiographie, il écrira : "Soldat de l'armée anti-bolchevique, je m'étais imposé la tache difficile et périlleuse de pénétrer au sein de l'état-major ennemi. J'avais atteint mon but."

Mais en plus, les habitudes de la vieille société dominée par l'exploitation étaient tenaces et elles ont graduellement influencé un certain nombre de responsables du nouveau régime socialiste.

Ainsi, les luttes entre différentes tendances politiques au sein du Parti ont toujours reflété la lutte entre différents intérêts de classe qui traversait l’Union soviétique. Et dès la victoire en 1917, des courants opportunistes au sein du Parti bolchevique se sont opposés à la politique de Léonine et de Staline.

En 1927, Trotski, Zinoviev et Kamenev ont été exclus à juste titre pour leurs activités hostiles. Mais Zinoviev et Kamenev furent peu de temps après rétablis comme membres. Au cours des années 1928-30, Trotski, Zinoviev, Kamenev et Boukharine se sont opposés avec acharnement à l'industrialisation accélérée et à la collectivisation. Et en 1931, Zinoviev et Kamenev furent une seconde fois exclus pour avoir soutenu publiquement un programme anti-bolchevique que Boukharine, toujours au Bureau politique, avait également appuyé.

En 1934, le Parti tient son 17e Congrès, le Congrès de la Victoire et de l'Unité. Les réalisations gigantesques, fruits de l'héroïsme au travail de dizaines de millions de travailleurs, ne pouvaient plus être niées. Staline croyait que les progrès phénoménaux réalisés par le Parti et les masses, amèneraient les opposants à revoir leurs conceptions erronées. De nombreux cadres exclus ont été rétablis dans leurs droits de membres, entre autres Piatakov, Radek, Smirnov, Préobajenski, puis Zinoviev et Kamenev, qui tous participent au 17e Congrès et y prononcent des discours.

Il faut dire que Staline n'a jamais été un sectaire, Staline savait pardonner aux cadres leurs erreurs du passé et leur donner une deuxième et une troisième chance.

Mais le 1 décembre 1934, Kirov, le numéro deux du Parti, est assassiné dans son propre bureau. On ne trouvera pas les coupables.

Tableau représentant Staline devant la dépouille du camarade Kirov assassiné par les comploteurs en 1934

Ce n'est qu'en 1936-37 que le Parti découvrira que le complot contre Kirov fut organisé par une organisation clandestine dont Zinoviev, Kamenev, Smirnov, Radek et d'autres cadres faisaient partie et qui était en liaison avec Trotski.

Trotski est le prototype du communiste qui a dégénéré jusqu'au point de devenir un anticommuniste forcené. Il écrivait en 1934 : "La victoire de Hitler a été provoquée par la politique criminelle de Staline." "Pour renverser Hitler, il faut d'abord en finir avec l'Internationale Communiste".

Sous des termes à peines voilés, Trotski encourageait l'Allemagne à attaquer l'Union soviétique. Il écrit en 1938 : "Berlin sait à quel degré de démoralisation la clique au pouvoir a entraîné l'armée et la population. Staline continue à saper la force morale et la résistance du pays. Les carriéristes staliniens trahiront le pays dans les moments difficiles". Au moment où les nazis préparaient déjà l'agression contre l'Union soviétique, Trotski appelait le peuple soviétique à faire une insurrection contre le Parti et contre Staline. Il déclara ceci : "Seule une insurrection du prolétariat soviétique contre l'infâme tyrannie des nouveaux parasites peut sauver ce qui existe encore des conquêtes d'Octobre". Le langage provocateur de Trotski servait directement les fascistes allemands.

Lors des enquêtes sur les réseaux clandestins d'opposants et d'ennemis infiltrés, les preuves furent établies de l'existence de groupes clandestins au sein de la hiérarchie militaire qui préparaient un coup d'état. Le maréchal Toukhatchevski et les généraux Osepyan, Kashirin et Alksnis furent parmi les dizaines de comploteurs militaires qui ont été fusillés.

Contrairement à des pays comme la France et la Belgique, qui ont vu une partie majeure de la bourgeoisie passer dans la collaboration, en Union soviétique la cinquième colonne a été pour l'essentiel éliminée.

Sur les purges effectuées par Staline, Churchill, qui était en Angleterre un partisan de la lutte contre l'expansionnisme hitlérien, a dit ceci : "Le gouvernement allemand était en contact avec d'importantes personnalités russes par le canal de l'ambassade soviétique à Prague. La conspiration visait à renverser Staline et introduire en Russie un nouveau régime pro-allemand. La Russie soviétique pratiqua une purge impitoyable mais sans doute utile qui épura les milieux politiques et économiques. L'armée soviétique fut purgée des éléments pro-allemands".

Toujours à propos des purges, le nazi Goebbels note dans son journal le 8 mai 1943 : "Le Führer explique le cas de Toukhatchevski et dit que nous étions absolument dans l'erreur lorsque nous croyions que Staline ruinerait l'Armée Rouge. C'est le contraire qui est vrai : Staline s'est débarrassé de tous les cercles oppositionnels de l'Armée rouge et il a ainsi réussi à ce qu'il n'y ait plus de cercles défaitistes dans cette armée."

Du social-démocrate Boukharine au révisionniste Gorbatchev

Si l'épuration des années 37-38 a créé les conditions d'une résistance générale et implacable face à l'agression nazie, elle a aussi donné des coups mortels aux courants opportunistes qui visaient à devenir majoritaire à la direction du Parti et qui prônaient le retour graduel au capitalisme.

Dans ce sens, le procès de Boukharine de 1938 revêt une importance historique : Boukharine a été le Gorbatchev de l'époque.

Boukharine était en 1938 le dirigeant du Parti le plus prestigieux et le plus haut placé à avoir comploté le renversement du régime communiste. L'ambassadeur des Etats-Unis, Joseph Davis, qui a suivi son procès, écrit : "Le sentiment général des diplomates qui ont assisté au procès est que la preuve a été établie de l'existence d'un complot extrêmement grave".

Devant les preuves accablantes, Boukharine eut un sursaut d'honneur communiste et passa aux aveux. Il dévoila tout le processus de dégénérescence politique qui l'avait amené, lui vieux bolchevique et l'ancien enfant chéri de Lénine, à trahir la révolution soviétique.

Ses aveux sont particulièrement révélateurs parce que cinquante années plus tard, le groupe contre-révolutionnaire de Gorbatchev prendra exactement la même voie, mais l'ira jusqu'au bout, jusqu'à la restauration du capitalisme dans ses formes les plus maffieuses.

Il est fort instructif de relire aujourd'hui le compte-rendu du « Procès du bloc anti-soviétique des boukharinistes et des trotskistes ».

Lors de ce procès, Boukharine, Trotski et leurs adeptes ont été accusés d’utiliser un langage pseudo-léniniste pour attaquer les fondements du régime socialiste, de présenter des plates-formes démagogiques qui servaient à rallier les anciens bourgeois et féodaux et toutes les forces qui voulaient le renversement du socialisme en URSS. « Derrière le clinquant de la phraséologie trotskiste et boukhariniste, elles préparaient la restauration du capitalisme ». C'est exactement ce qu'a fait Gorbatchev avec sa démagogie faussement "léniniste" !

Le compte-rendu du procès Boukharine continue en affirmant que les opposants étaient entrés en contact avec des puissances impérialistes, dont l’Allemagne nazi, pour faciliter leur prise de pouvoir. L’accusation dit que « les boukharinistes et les trotskistes sont un détachement avancé du fascisme international », « un bloc de traîtres ». « Ce procès nous rappelle que deux mondes se dressent face à face, tels deux ennemis mortels et irréconciliables, le monde du capitalisme et le monde du socialisme. La logique des antagonismes de classe pousse les restes des classes exploiteuses à l’intérieur de l’URSS ainsi que les classes exploiteuses au de-là de nos frontières à des attaques toujours plus acharnées contre l’état des travailleurs. » Cinquante années plus tard, les gorbatcheviens agiront exactement de la même manière comme des traîtres à la cause du socialisme et comme un détachement avancé de l'impérialisme américain et du fascisme international. Dans la Russie de Eltsine, l'organisation fasciste de Vlassov opérait au grand jour.

Le procès Boukharine souligna que des relations existaient entre les comploteurs et les services de renseignement occidentaux. L’acte d’accusation mentionnait aussi que les boukharinistes et trotskistes préparaient « la séparation de l’Ukraine, de la Biélorussie et le démembrement de l’Union soviétique ».

Aujourd’hui, nous nous rendons compte que Gorbatchev et Eltsine ont effectivement réalisé intégralement le programme pour lequel leurs prédécesseurs Boukharine et Trotski ont été condamnés à mort en 1938. Depuis lors des hauts fonctionnaires du temps de Gorbatchev se sont vantés qu’ils entretenaient des relations avec les services de renseignements américains depuis des dizaines d’années ! Ce n’est donc pas un détail que Gorbatchev a officiellement réhabilité aussi bien Trotski que Boukharine en 1990 ! Il est également très significatif qu’un chef trotskiste comme Mandel a pu déclarer en 1989 : « La Pérestroïka est une véritable nouvelle révolution. Le mouvement trotskiste défend la même thèse depuis 55 ans, on l’a qualifié pour cette raison de contre-révolutionnaire. Aujourd’hui, on comprend mieux où se trouvaient les véritables contre-révolutionnaires et où se trouvaient les véritables révolutionnaires. » Effectivement, Boukharine et Trotski ont été les Gorbatchev et Eltsine de 1935... mais ils ont été démasqués et exécutés. L'Union soviétique a pu continuer à édifier le socialisme et à préparer sa défense contre l'agression fasciste imminente...

L'histoire a montré que l'opportunisme et l'infiltration constituent un danger intérieur mortel pour toute révolution socialiste. Trotski, Zinoviev et Boukharine ont formé une chaîne d'opportunistes, ils se sont liés aux forces réactionnaires intérieures et aux fascistes à l'extérieur. Mais ils ont été écrasés par les travailleurs, paysans et intellectuels révolutionnaires mobilisés par Staline et le Parti. Epurée de la cinquième colonne, l'Union soviétique a pu vaincre les hordes barbares fascistes. Le peuple soviétique à mené des combats héroïques pour sa propre liberté mais aussi pour la liberté de tous les peuples écrasés par le fascisme ou opprimés par le colonialisme, et dans ces luttes historiques il a sacrifié 23 millions de combattants et de civils résistants. Jamais l'histoire n'a vu un combat aussi grandiose, aussi héroïque et aussi décisif pour l'évolution du monde et ce ne sont pas les minables mensonges et les intoxication grotesques que les médias bourgeois nous servent à l'occasion du cinquantième anniversaire de la mort du grand Staline qui changeront cette vérité écrit avec le sang des plus braves.

Staline et l'alliance antifasciste internationale

Si Staline a détruit la cinquième colonne des nazis opérant en Union soviétique, il a également prôné à partir de 1935 une alliance internationale des forces et des pays antifascistes.

En 1935, l'Union soviétique propose d'établir un système de sécurité collective en Europe, dirigé contre l'expansionnisme fasciste allemand et italien. Les grandes "démocraties", l'Angleterre et la France, refusent et elles suivent en 1936 une politique de "neutralité" lorsque les puissances fascistes interviennent en Espagne pour aider Franco à établir sa dictature fasciste. Puis Londres et Paris se rendent à Munich négocier avec les puissances fascistes et céder la région tchécoslovaque des Sudètes à Hitler. Au même moment, l'Allemagne hitlérienne et l'Angleterre signent une déclaration selon laquelle ils n'entreront plus jamais en guerre l'un contre l'autre. Les appels répétés de Staline à former une défense collective restent sans effet : l'Angleterre et la France permettent même à Hitler d'occuper en mars 1939 toute la Tchécoslovaquie. En fait, ils poussent Hitler à faire la guerre à l'Est.

De juin à août 1939, l'Union soviétique mène avec l'Angleterre et la France des négociations de la dernière chance pour faire une alliance antifasciste. Mais en juillet, Chamberlain tient des négociations secrètes avec Hitler à qui il garantit la liberté d'action à l'Est et au Sud Est de l'Europe, il promet également de rompre les négociations avec Staline. En août 39, Staline comprend que Londres et Paris ont décidé de laisser Hitler occuper la Pologne pour lui montrer ainsi que le chemin est libre vers l'Union soviétique.

Hitler est décidé de vaincre l'Union soviétique, la France et l'Angleterre, mais il ne veut pas d'une guerre sur deux fronts à la fois. Il veut la guerre soit contre l'Angleterre et la France seules, soit contre l'Union soviétique seul. Stratège, il préfère combattre et vaincre d'abord ses ennemis les plus faibles. Il sait que la guerre contre l'Union soviétique sera une guerre implacable, féroce, le combat décisif entre deux mondes radicalement opposés. Hitler sait qu'il a de nombreux adeptes et sympathisants en France et en Angleterre. Le 20 août, il propose un pacte de non-agression à l'Union soviétique. Staline, face à l'éventualité de devoir affronter seule la barbarie nazie, accepte immédiatement.

Les impérialistes français et anglais qui voulaient utiliser Hitler pour défaire l'Union soviétique, sont pris à leur propre piège. Hitler estime qu'il pourra vaincre la France, la Belgique et l'Angleterre pour se tourner ensuite, fort du potentiel militaire de toute l'Europe, contre Staline.

L'Union soviétique aura gagné 21 mois cruciaux pour renforcer de façon décisive sa défense. Ce fait sera décisif pour la constitution d'un front anti-fasciste mondial et pour la victoire sur l'axe Allemagne-Japon-Italie.

Le rôle déterminant de Staline dans la grande guerre antifasciste

Pendant toute la guerre, mais surtout au cours de la première année qui fut la plus difficile, le courage, la détermination et la compétence de Staline ont galvanisé toute la population soviétique. Dans les heures de désespoir, c'est Staline qui incarnait la confiance dans la victoire finale.

Le 25 octobre 1941, les armées nazies étaient devant les portes de Moscou. Mais Staline décida de défier les hitlériens et d'organiser le traditionnel défilé militaire sur la Place Rouge. Staline y prononça un discours historique qui fut diffusé dans tout le pays et qui faisait pleurer de joie des partisans endurcis en Ukraine : Staline a dit que nous vaincrons, oui ! nous vaincrons !

Au cours des semaines suivantes, les nazis pénétrèrent dans les faubourgs de Moscou, mais Staline resta à Moscou, garda son calme et continua à concentrer en secret plus de 700 000 soldats à proximité de Moscou. Après avoir consulté tous les commandants, Staline décida de la grande contre-offensive qui libéra Moscou. Les nazis y ont perdu 500.000 hommes. C'était un tournant dans la guerre.

La base de la victoire de l'Union soviétique contre les nazis, se trouve dans l'oeuvre titanesque que Staline a accompli entre 1928 et 1941. Cette oeuvre grandiose, les partisans du fascisme ancien et nouveau l'appellent à l'occasion du cinquantième anniversaire du vainqueur de l'hitlérisme: la terreur, l'aveuglement meurtrier, la folie d'annihilation... Comment ne pas voir que ces journalistes bourgeois, qui sont payés pour flatter les fascistes de notre époque, pensent pouvoir obtenir ainsi une meilleure rétribution et un plus grand prestige ?

Le maréchal Joukov, l'officier supérieur le plus brillant de la grande guerre anti-fasciste, a soutenu au moment décisif l'escroc Khrouchtchev, mais quelques années plus tard il a fait ce bilan de Staline pour démentir les mensonges de Khrouchtchev : "Une industrie développée, une agriculture collectivisée, l'instruction publique étendue à l'ensemble de la population, l'unité de la nation, la puissance de l'Etat socialiste, le niveau élevé de patriotisme du peuple, la direction qui, par le Parti, était prête à réaliser l'unité entre le front et les arrières, tout cet ensemble de facteurs fut la cause fondamentale de la grande victoire qui devait couronner notre lutte contre le fascisme. L'industrie soviétique à pu produire une quantité colossale d'armements : près de 490 000 canons et mortiers, plus de 102 000 chars et canons autopropulsés, plus de 137 000 avions de combats prouve que les fondements de l'économie, au point de vue militaire, étaient solides."

Le traître et contre-révolutionnaire Khrouchtchev a osé écrire que Staline ne comptait sur personne et ne demandait l'avis de personne. Or, Staline a abattu un travail colossal en dirigeant la plus grande guerre que l'histoire a connue, il a signé 10 000 ordres et directives en s'appuyant sur la sagesse collective, Staline a toujours maintenu un style démocratique, écoutant toutes les opinions contradictoires, concentrant toutes les opinions utiles et faisant des synthèses de toutes les opinions valables.

Vassilevski, depuis 1942, chef de l'état-major, a écrit que Staline, pour préparer une opération, fit toujours venir les responsables concernés pour recevoir les informations et conseils nécessaires et il leur soumettait l'ébauche préliminaire des décisions. Il écrit : "Staline s'appuyait toujours sur la raison collective."

Le général Chtémenko, sous-chef de l'état-major, réfuta également les calomnies de Khrouchtchev : "Staline ne décidait pas seul et n'aimait pas décider à lui seul des questions importantes de la guerre. Il comprenait parfaitement la nécessité du travail collectif dans ce domaine complexe, il reconnaissait les gens qui faisaient autorité dans tel ou tel domaine et tenait compte de leur opinion".

Joukov, le premier chef de l'état-major, témoigna : "Joseph Staline n'était pas du tout un homme devant lequel des problèmes difficiles ne pouvaient être évoqués, avec qui on ne pouvait pas discuter et même défendre énergiquement son opinion. Si certains affirment le contraire, je dis que leurs assertions sont fausses". "Staline avait une grande érudition et une mémoire étonnante, il possédait une énorme intelligence naturelle mais aussi des connaissances étonnamment vastes. Il écoutait attentivement, posait parfois des questions, donnait des répliques. La discussion terminée, il en formulait nettement les conclusions".

Même le diplomate américain Averell Harriman, parlant de Staline, évoqua, "sa grande intelligence, sa fantastique capacité d'entrer dans les détails, sa perspicacité et la sensibilité humaine surprenante qu'il pouvait manifester. Il était mieux informé que Roosevelt, plus réaliste que Churchill, sous plusieurs aspects le plus efficace des dirigeants de la guerre".

En 1945, les Etats-Unis ont repris le flambeau hitlérien.

Immédiatement après la défaite des puissances fascistes allemande, japonaise et italienne, les Etats-Unis ont repris le rêve de domination mondiale de Hitler et Washington a engagé un grand nombre d'anciens nazis pour y arriver.

Robert Murphy, le conseiller du gouverneur militaire américain en Allemagne, écrit en 1945 : "Le général Patton voulait réarmer deux divisions de Waffen SS pour les incorporer dans la 3e armée américaine et pour les diriger contre les Rouges. Il me dit : 'Nous pouvons repousser l'armée rouge en Russie. Avec mes Allemands, nous sommes capables de le faire.' Patton disait qu'il se faisait fort d'arriver en trente jours à Moscou."

Le général nazi Gehlen fut pendant la guerre le chef de l'espionnage nazi en Union soviétique. En mai 45, il s'est rendu aux Américains. Par les accords entre alliés, les Américains devaient remettre Gehlen aux Soviétiques, puisqu'il figurait sur la liste des principaux criminels de guerre recherchés en Union Soviétique. Mais clandestinement les Américains ont transféré Gehlen aux Etats-Unis où il a négocié avec Allan Dulles lui-même, le chef des services secrets. Un accord fut conclu : Gehlen transféra toutes ses archives sur l'Union Soviétique aux Etats-Unis et il réactiva ses réseaux d'anciens en Union soviétique sous la direction des Etats-Unis. Gehlen, devenu peu après le premie