Sommaire :

Staline - Les questions du léninisme

Sommaire détaillé

Extraits

Les communistes et les syndicats

Le danger de restauration capitaliste en URSS

 La déviation de droite dans les PC d'occident

Le pacifisme de la SDN, le traité de Versailles

Le bilan du 1er plan quinquennal

La situation internationale en 1939

Télécharger

Tome I Tome II Tome III

« Abstraction faite de la discussion de 1905-1906, la question de la réalisation du socialisme dans un pays isolé s'est posée pour la première fois dans le parti au cours de la guerre impérialiste, en 1915. Lénine formula alors sa thèse de la « possibilité de la victoire du socialisme dans un seul pays capitaliste ». Trotsky la combattit et déclara : « On ne saurait espérer, par exemple, que la Russie puisse tenir contre l'Europe conservatrice ». En 1921, après la révolution d'Octobre et la guerre civile, la question de la réalisation du socialisme vint de nouveau à l'ordre du jour dans le parti. C'était le moment où l'adoption de la nouvelle politique économique était interprétée par certains camarades comme une renonciation aux tâches socialistes, à l'édification du socialisme. Dans sa brochure L'impôt agricole, Lénine définit alors la Nep comme la condition nécessaire pour réaliser la soudure de l'industrie et de l'économie rurale et créer une base solide pour l'édification du socialisme. En janvier 1922, dans la préface de son ouvrage intitulé : 1905, Trotsky soutient une thèse tout opposée. Il déclare que « les contradictions auxquelles un gouvernement ouvrier est aux prises dans un pays arriéré, à population rurale prédominante, ne peuvent trouver leur solution qu'à l'échelle internationale, sur l'arène de la révolution mondiale du prolétariat ». Un an après, nous avons de nouveau deux déclarations contraires : celle de Lénine au soviet de Moscou : « La Russie de la Nep deviendra la Russie socialiste » et celle de Trotsky dans la postface de son Programme de paix : « L'essor véritable de l'économie socialiste en Russie ne sera possible qu'après la victoire du prolétariat dans les principaux pays d'Europe ». Enfin, peu avant sa mort, en mai 1923, Lénine revient à cette question dans son article De la coopération, où il déclare que nous possédons, dans notre Union soviétique, « tout ce qui est nécessaire à la réalisation du socialisme intégral ». De cet historique succinct, il ressort que la réalisation du socialisme dans notre pays est un des problèmes qui ont le plus préoccupé notre parti. Inutile de dire que si Lénine est si souvent revenu à cette question, c'est qu'il la considérait comme fondamentale. » (Tome I, p. 290.)

 

Numérisé dans son intégralité par mes soins, cet ouvrage capital est disponible au format PDF en téléchargement. Les Questions du léninisme représente un recueil de textes qui a vu plusieurs éditions au cours desquelles des textes plus récents étaient ajoutés et d'autres retranchés afin de conserver à l'ouvrage des dimensions raisonnables. Cette édition numérique unique a été composée à partir de deux éditions : d'une part, celle de 1931 des Editions sociales et d'autre part, celle de 1970 des Editions Naim Frashëri de Tirana. Il résulte de cette édition numérique, qu'elle couvre précisément la période allant de 1924 à 1939, période clé de l'essor du socialisme qui a vu passer l'URSS de statut de pays arriéré, agraire et féodal à celui de superpuissance socialiste ; il résulte de cela que cette édition possède une valeur intrinsèque indépendante de l'original.

 

 

 

Sommaire détaillé :

 

Tome I

 

Préface.

Du léninisme.

1.   Définition du léninisme

2.   L'essentiel dans le léninisme

3.   La question de la révolution « permanente »

4.   La révolution prolétarienne et la dictature du prolétariat

5.   Le parti et la classe ouvrière dans le système de la dictature du prolétariat

6.   La question de la victoire du socialisme dans un seul pays

7.   La lutte pour la réalisation du socialisme

Les bases du léninisme (Conférences faites à l'université Sverdlov au début d'avril 1924).

I. Les racines historiques du léninisme

II. La méthode

III. La théorie

IV. La dictature du prolétariat

V.  La question paysanne

VI. La question nationale

VII.  Stratégie et tactique

VIII.  Le parti

IX.  Le style

La révolution d'Octobre et la tactique des communistes russes (Préface à l'ouvrage « Vers Octobre »).

I.  La situation extérieure et intérieure de la révolution d'Octobre

II.   Deux particularités de la révolution d'Octobre, ou Octobre et la théorie de la révolution permanente de Trotsky

III.  Quelques particularités de la tactique des bolcheviks dans la période de préparation d'Octobre

IV.   La révolution d'Octobre, commencement et facteur de la révolution mondiale

Résumé des travaux de la XIVe conférence du P.C.R. (Rapport du 9 mai 1925)

I.   La situation internationale

II.  Les tâches actuelles des partis communistes des pays capitalistes

III.  Les tâches actuelles des éléments communistes des pays coloniaux et vassaux

IV.  L'avenir du socialisme en U. R. S. S.

V.  La politique du parti à la campagne

VI.   L'industrie métallurgique

La question nationale en Yougoslavie (Discours à la commission yougoslave du C.E. de l'I.C. le 30 mars 1925)

Les taches politiques de l'université des peuples d'Orient (Discours à l'U. C. T. O. le 18 mai 1925)

I.  Les tâches de l’U. C. T. O. à l'égard des républiques soviétiques d'Orient

II.  Les tâches de l'U. C. T. O. à l'égard des pays coloniaux et vassaux d'Orient

Mise au point sur la question nationale (A propos de l'article de Sémitch)

Questions et réponses (Discours prononcé à l'université Sverdlov le 9 juin 1925)

Les taches de l'Union des jeunesses communistes (Réponse aux questions de la Pravda de l’U. J. C.)

Rapport politique du C. C. au XIVe congrès du P. C. de l'U. R. S. S.

I.  La situation internationale

La stabilisation du capitalisme

L'impérialisme, les colonies et demi-colonies

Vainqueurs et vaincus

Les antagonismes entre les pays vainqueurs

Le monde capitaliste et l'Union soviétique

La situation extérieure de l'U. R. S. S.

Les tâches du parti

II.  La situation intérieure de l'U. R. S. S.

Etat général de l'économie nationale

Industrie et agriculture

Quelques questions commerciales

Les classes, leur activité, leurs rapports

Trois mots d'ordre de Lénine sur la question paysanne

Deux dangers et deux déviations dans la question paysanne

Les tâches du parti

III. Le parti

Discours de clôture

Sokolnikov et la « dawisation » de notre pays

Kaménev et nos concessions aux paysans

Qui s'est trompé ?

Comment Sokolnikov défend les paysans pauvres

Lutte idéologique ou campagne de calomnies ?

La Nep

Du capitalisme d'Etat

Zinoviev et la paysannerie

Historique de nos divergences

La plate-forme de l'opposition

Leur « amour de la paix »

Le parti maintiendra son unité

 

 

Tome II

 

Entretien avec la première délégation ouvrière américaine

I. Questions posées par la délégation et réponses du camarade Staline

II.  Questions du camarade Staline et réponses des délégués

Entretien avec les délégations ouvrières de l'étranger

Rapport politique du C.C. au XVe congrès du P.C. de l'U.R.S.S.

A. Rapport (3 décembre 1927)

I. Crise grandissante du capitalisme mondial et situation extérieure de l'U.R.S.S.

1.  Etat économique du capitalisme mondial et aggravation de la lutte pour les marchés extérieurs

2.  Politique internationale du capitalisme et préparation de nouvelle guerres impérialistes

3.  Etat du mouvement révolutionnaire et présages d'un nouvel élan révolutionnaire

4.  Le monde capitaliste et l'U.R.S.S

5.  Conclusion

II. Les succès de l'édification socialiste et la situation intérieure de l'U.R.S.S.

1.  L'économie nationale dans son ensemble

2.  Le rythme du développement de notre grande industrie socialiste

3.  Le rythme du développement de notre économie rurale

4.  Les classes, l'appareil d'Etat, le développement culturel du pays

III.  Le Parti et l'opposition

1.  L'état du Parti

2.  Le bilan de la discussion

3.  Les divergences fondamentales entre le Parti et l'opposition

4.  Comment agir dès lors avec l'opposition ?

IV. Le bilan général

B. Discours de clôture (7 décembre 1927)

I. Sur le discours de Rakovski

II. Sur le discours de Kaménev

III. Conclusion

Sur le front des céréales

Lénine et l'alliance avec le paysan moyen

Plénum de juillet du Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique

I. Problèmes de l'Internationale communiste

1.  Les problèmes essentiels touchant le VIe congrès de l'Internationale communiste

2.  Le problème de l'Internationale communiste

II. Problèmes de l'édification socialiste en U.R.S.S.

1.  Sur la politique du stockage des blés

2.  Formation de cadres pour l'édification industrielle

III. Conclusion

Le danger de droite dans le P.C. de l'U.R.S.S

L'industrialisation du pays et la déviation de droite dans le Parti communiste de l'Union soviétique

I. Le rythme de développement de l'industrie

II. Le problème des céréales

III. La lutte contre les déviations et l'attitude conciliante à leur égard

Sur le danger de droite dans le Parti communiste allemand

I. Le problème de la stabilisation capitaliste

II. Le problème des batailles de classe du prolétariat

III.  Le problème du Parti communiste allemand

IV.  Les droitiers dans le P.C.A. et dans le P.C. de l'U.R.S.S

V. Projet de lettre confidentielle et ouverte

Le danger de droite dans le P.C. de l'U.R.S.S

I. Les transformations sociales et nos désaccords

II. Nos désaccords dans le domaine de l'Internationale communiste

III.  Désaccords en matière de politique intérieure

1.  De la lutte de classe

2.  L'exacerbation de la lutte de classe

3.  Sur la paysannerie

4.  Sur la nouvelle politique économique et les rapports de marchés

5.  Le rythme de développement de l'industrie et les nouvelles formes d'alliance entre la ville et la campagne

6.  Boukharine comme théoricien

7.  Plan quinquennal ou plan biennal

8.  Sur les surfaces emblavées

9.  Sur les stockages du blé

IV.  Sur la lutte contre la déviation de droite

Les fractions de droite dans le P.C. des Etats-Unis d'Amérique

Discours prononcé à la Commission américaine du Présidium du C.E. de l'I.C., le 6 mai 1929

Premier discours prononcé au Présidium du Comité exécutif de l'I.C. sur la question américaine le 14 mai 1929

Deuxième discours prononcé au Présidium du C.E. de l'I.C. le 14 mai 1929

 

 

Tome III

 

Sur le mot d’ordre de dictature du prolétariat et de la paysannerie pauvre dans la période de préparation d’Octobre (Réponse au camarade S. Pokrovski)

Le caractère international de la révolution d’Octobre (Pour le dixième anniversaire d’Octobre)

L'année du grand tournant (Pour le XIIe anniversaire de la Révolution d'Octobre)

I. Dans le domaine de la productivité du travail

II. Dans le domaine de l'édification industrielle

III. Dans le domaine de l'édification agricole

Conclusion

Questions de politique agraire en U.R.S.S. (Discours prononcé le 27 décembre 1929)

I. La théorie de l'«équilibre»

II. La théorie de la «spontanéité» dans la construction socialiste

III.  La théorie de la «stabilité» de la petite économie paysanne

IV.  La ville et la campagne

V. De la nature des kolkhoz

VI. Les changements dans les rapports de classes et le tournant opéré dans la politique du Parti

VII. Conclusions 

De la politique de liquidation des koulaks comme classe

Le vertige du succès (Questions du mouvement de collectivisation agricole)

Réponse aux camarades kolkhoziens

Les tâches des dirigeants de l’industrie (Discours prononcé le 4 février 1931)

Nouvelle situation, nouvelles tâches de l’édification économique (Discours prononcé le 23 juin 1931)

I. La main-d'oeuvre

II. Le salaire des ouvriers

III.  Organisation du travail

IV.  La question des intellectuels techniciens de la production, issus de la classe ouvrière

V. Les indices d'un tournant parmi les vieux intellectuels techniciens de la production

VI. Sur le principe du rendement commercial

VII. Travailler sur un mode nouveau, diriger d'une manière nouvelle

A propos de quelques problèmes de l’histoire du bolchévisme

Le bilan du premier plan quinquennal (Rapport présenté le 7 janvier 1933)

I. La portée internationale du plan quinquennal

II. La tâche essentielle du plan quinquennal et les moyens de l'accomplir

III.  Le bilan du plan quinquennal en quatre ans dans l'industrie

IV.  Le bilan du plan quinquennal en quatre ans dans l'agriculture

V. Le bilan du plan quinquennal en quatre ans en ce qui concerne l'amélioration de la situation matérielle des ouvriers et des paysans

VI. Le bilan du plan quinquennal en quatre ans dans le domaine des échanges entre la ville et la campagne

VII. Le bilan du plan quinquennal en quatre ans dans le domaine de la lutte contre les débris des classes ennemies

VIII. Conclusions générales

Le travail à la campagne (Discours prononcé le 11 janvier 1933)

Discours prononcé au Ier congrès des kolkhoziens-oudarniks de l’U.R.S.S. (19 février 1933)

1.  La voie des kolkhoz est la seule juste

2.  Notre tâche immédiate est de donner l'aisance à tous les kolkhoziens

3.  Quelques remarques

Rapport sur l’activité du C.C. présenté au XVIIe congrès du P.C (b) de l'U.R.S.S. (26 janvier 1934)

I. La crise continue du capitalisme mondial et la situation extérieure de l'Union soviétique

1. Le mouvement de la crise économique dans les pays capitalistes

2. Aggravation de la situation politique dans les pays capitalistes

3. Les relations entre l'U.R.S S. et les Etats capitalistes

II. L'essor continu de l'économie nationale et la situation intérieure de l'U.R.S.S.

1. L'essor de l'industrie

2. L'essor de l'agriculture

3. L'essor de la situation matérielle et de la culture des travailleurs

4. Le développement du commerce et des transports

III. Le Parti

1. Questions de direction politique et idéologique

2. Les problèmes de direction en matière d'organisation

En guise de discours de conclusion

Discours prononcé à la promotion des élèves des écoles supérieures de l’Armée Rouge (4 mai 1935)

Discours prononcé à la Ière conférence des stakhanovistes de l’U.R.S.S. (11 novembre 1935)

1.  La portée du mouvement stakhanoviste

2.  Les racines du mouvement stakhanoviste

3.  Hommes nouveaux, normes techniques nouvelles

4.  Les tâches immédiates

5.  Deux mots

Sur le projet de constitution de l’U.R.S.S. (Rapport présenté le 25 novembre 1936)

I. La Commission de la Constitution, sa formation et ses tâches

II. Les changements intervenus dans la vie de l'U.R.S.S. pendant la période 1924-1936

III.  Particularités essentielles du projet de Constitution 

IV.  La critique bourgeoise du projet de Constitution

V.  Amendements et additions au projet de Constitution 

VI.  Importance de la nouvelle Constitution de l'U.R.S.S. 

Le matérialisme dialectique et le matérialisme historique (Septembre 1938)

Rapport sur l’activité du C.C. présenté au XVIIIe congrès du P.C (b) de l'U.R.S.S. (10 mars 1939)

I. La situation internationale de l'Union soviétique

1. Nouvelle crise économique dans les pays capitalistes. Aggravation de la lutte pour les débouchés, pour les sources de matières premières, pour un nouveau partage du monde

2. Aggravation de la situation politique internationale, faillite du système d'après-guerre des traités de paix, début d'une nouvelle guerre impérialiste

3. L'Union soviétique et les pays capitalistes

II. La situation intérieure de l'Union soviétique

1. Nouvel essor de l'industrie et de l'agriculture

2. Nouvelle amélioration de la situation matérielle et culturelle du peuple

3. Affermissement continu du régime soviétique

III. Le renforcement continu du Parti communiste (bolchevik) de l'U.R.S.S.

1. Mesures prises pour améliorer la composition du Parti. Division des organisations trop grandes. Rapprochement des organismes dirigeants vers le travail à la base

2. Le choix des cadres, leur promotion, leur répartition

3. La propagande du Parti. L'éducation marxiste-léniniste des membres et des cadres du Parti

4. Quelques questions de théorie

 

 

Extraits :

 

RÉSUMÉ DES TRAVAUX DE LA XIVe CONFÉRENCE DU P.C.R.

Discours prononcé le 9 mai 1925 à l'Assemblée des militants de l'organisation de Moscou

II - Tâches courantes des partis communistes dans les pays capitalistes

Ce qui caractérise en ce moment la situation des partis communistes dans les pays capitalistes, c'est que la période de poussée révolutionnaire a fait place à une période de reflux, à une période d'accalmie.

C'est cette accalmie qu'il s'agit de mettre à profit pour renforcer les partis communistes, les bolchéviser et les transformer en véritables partis de masse, appuyés sur les syndicats, pour grouper les travailleurs de certaines catégories sociales non-prolétariennes, et en premier lieu la paysannerie, autour du prolétariat, enfin, pour éduquer les prolétaires dans l'esprit de la révolution et la dictature du prolétariat.

Je n'énumérerai pas toutes les tâches courantes qui se posent aux partis communistes d'Occident. Si vous lisez les résolutions adoptées à ce sujet, notamment les résolutions adoptées par l'Exécutif élargi sur la bolchévisation, vous n'aurez pas de peine à comprendre en quoi consistent pratiquement ces problèmes. Je me bornerai à examiner la tâche essentielle des partis communistes d'Occident et à la mettre en lumière, ce qui facilitera la solution de tous les autres problèmes du moment.

Cette tâche, c'est de cimenter les partis communistes d'Occident et les syndicats, de développer et de mener à bonne fin la campagne en faveur de l'unité du mouvement syndical, d'obliger tous les communistes à adhérer aux syndicats, d'y mener un travail méthodique en faveur du front unique des ouvriers contre le capital et de créer ainsi des conditions permettant aux partis communistes de s'appuyer sur les syndicats.

Sans l'accomplissement de cette tâche, il n'est pas possible de transformer les partis communistes en véritables partis de masse, ni de préparer des conditions favorables à la victoire du prolétariat.

Les syndicats et les partis en Occident ne sont pas ce qu'ils sont chez nous. Leurs rapports ne ressemblent nullement à ceux qui existent en Russie. Chez nous, les syndicats ont fait leur apparition après le parti et autour du parti de la classe ouvrière. Chez nous, avant l'existence des syndicats, le parti et ses organisations dirigeaient déjà non seulement la lutte politique, mais la lutte économique de la classe ouvrière, jusques et y compris les grèves les moins importantes. C'est ce qui, dans une large mesure, permet de comprendre l'autorité exceptionnelle dont jouissait notre parti parmi les ouvriers avant la révolution de Février comparativement aux embryons de syndicats qui existaient alors de-ci de-là. Les véritables syndicats ne firent leur apparition en Russie qu'après février 1917. Mais, à la veille de la révolution d'Octobre, nous avions déjà des organisations professionnelles parfaitement constituées qui jouissaient parmi les ouvriers d'une très grande autorité. Lénine disait à ce moment que, sans l'appui des syndicats, il était impossible d'établir ou de maintenir la dictature du prolétariat. Mais les syndicats n'atteignirent leur plein développement qu'après la prise du pouvoir, et surtout après l'application de la Nep. Il est indubitable que, maintenant, nos puissants syndicats constituent un des plus fermes appuis de la dictature du prolétariat. Le trait le plus caractéristique de leur histoire, c'est qu'ils sont nés, qu'ils se sont développés et consolidés après le parti, autour de lui, dans une atmosphère d'amitié réciproque.

En Europe occidentale, les syndicats se sont développés dans une ambiance très différente. D'abord ils ont surgi et grandi bien avant l'apparition des partis ouvriers. Ensuite, ce ne sont pas les syndicats qui se sont développés autour des partis, mais au contraire, les partis ouvriers qui sont issus des syndicats. Enfin, étant donné que dans le domaine de la lutte économique, qui touche le plus la classe ouvrière, la place était, pour ainsi dire, déjà prise par les syndicats, les partis se virent contraints de se consacrer surtout à la lutte parlementaire, ce qui devait forcément se répercuter sur le caractère de leur travail et sur leur autorité auprès de la classe ouvrière. Et c'est parce que les partis apparurent en Occident après les syndicats et que les syndicats naquirent longtemps avant les partis pour devenir les principales forteresses du prolétariat dans sa lutte contre le capital, que les partis, en tant que forces autonomes, sans point d'appui sur les syndicats, se virent relégués à l'arrière-plan.

Il en résulte que si les partis communistes veulent devenir réellement une force massive, capable d'actionner la révolution, ils doivent étroitement se lier aux syndicats et s'appuyer sur eux.

Ne pas tenir compte de cette particularité de la situation en Occident, c'est à coup sûr nuire à la cause du mouvement communiste.

Et pourtant, il existe encore en Occident certains « communistes » qui ne veulent pas voir cette particularité et qui vont répétant leur mot d’ordre antiprolétarien et antirévolutionnaire : « Abandon des syndicats ! ». Le mouvement communiste d'Occident n'a pas d'adversaires plus nuisibles que cette espèce de « communistes » qui rêvent de se lancer à l'attaque des syndicats incarnant à leurs yeux des citadelles ennemies. Ils ne comprennent pas qu'une semblable politique doit forcément les faire considérer comme des ennemis par les ouvriers. Ils ne comprennent pas que, bons ou mauvais, les syndicats sont pour l'ouvrier du rang comme des citadelles d'où lui vient le secours pour le maintien des salaires, de la journée de travail, et ainsi de suite. Ils ne comprennent pas qu'une semblable politique ne facilite pas, mais entrave le travail de pénétration des communistes dans les couches profondes de la classe ouvrière.

« Vous attaquez ma citadelle, peut dire le simple ouvrier à de tels communistes, vous voulez détruire l'œuvre à laquelle je me suis consacré pendant des dizaines d'années en me persuadant que le communisme est un progrès sur le trade-unionisme: Il se peut que vous ayez raison dans vos spéculations théoriques sur le communisme, ce n'est pas à moi, simple ouvrier, d'en juger ; mais ce que je sais, c'est que j'ai ma forteresse dans mon syndicat, que ce syndicat m'a conduit à la lutte, qu'il m'a défendu tant bien que mal contre les agressions des capitalistes et que celui qui cherche à détruire cette forteresse nuit à mes intérêts. Cessez d'attaquer les syndicats, entrez-y, militez-y cinq années et plus s'il le faut, contribuez à les améliorer et à les renforcer, et si vous me persuadez de la supériorité de vos méthodes, soyez sûrs que je ne me refuserai pas à vous soutenir. »

Tel est à peu près l'accueil que réserve l'ouvrier moyen de nos jours aux anti-professionnalistes. Si l'on n'a pas compris ce trait particulier de la psychologie de l'ouvrier moyen, on ne comprendra rien à la situation de nos partis communistes à l'heure actuelle.

En quoi réside la force de la social-démocratie en Occident ?

En ce qu'elle a les syndicats pour point d'appui.

En quoi réside la faiblesse de nos partis communistes en Occident ?

Dans le fait qu'ils ne se sont pas encore intimement liés et que certains de leurs éléments ne veulent pas se lier aux syndicats.

C'est pourquoi la tâche essentielle des partis communistes d'Occident en ce moment est de développer et de mener à bien la campagne en faveur de l'unité syndicale, d'obliger tous les communistes à entrer dans les syndicats, d'y accomplir un travail méthodique de longue haleine en faveur du groupement de la classe ouvrière contre le capital, et d'arriver ainsi à s'appuyer sur les syndicats.

Tel est le sens de notre campagne en faveur de l'unité syndicale.

Telles la signification des décisions de l'Exécutif élargi de l'Internationale communiste au sujet des tâches courantes des partis communistes d'Occident à l'heure actuelle.

 

 

QUESTIONS ET REPONSES

Discours prononcé à l'Université Sverdlov  le 9 juin 1925

Quels sont les dangers de dégénérescence du parti que déterminera la stabilisation du capitalisme si elle se prolonge ?

Ces dangers existent-ils vraiment ?

Oui, et ils existent indépendamment de la stabilisation, qui ne fait que les rendre plus tangibles. Voici les trois principaux de ces dangers :

a)  Perte de la perspective socialiste dans l'organisation de notre pays et, par suite, apparition d'une tendance à liquider les conquêtes de la révolution ;

b)  Perte de la perspective révolutionnaire internationale et, partant, apparition du nationalisme ;

c)  Disparition de la direction du parti et, partant, possibilité de transformation du parti en appendice de l'appareil étatique.

 

 

Le danger de droite dans le P. C. de l'U.R.S.S.

Discours prononcé au Comité élargi du Parti et à la Commission de contrôle de Moscou, le 19 octobre 1928.

Dans les conditions capitalistes, la déviation de droite, dans le communisme, est une tendance qui se fait jour parmi des communistes, tendance imprécise, il est vrai, et dont les représentants ne se rendent pas encore bien compte, à abandonner la ligne révolutionnaire du marxisme pour la social-démocratie. Lorsque certains milieux communistes contestent l'utilité du mot d'ordre : « classe contre classe » dans la bataille électorale (France), ou s'affirment contre la présentation par le Parti communiste d'une liste indépendante (Angleterre), ou bien se refusent à envisager à fond la question de la lutte contre la « gauche » de la social-démocratie (Allemagne), etc., cela prouve qu'à l'intérieur des partis communistes il y a des gens qui entendent assimiler le communisme au social-démocratisme. La victoire de la déviation de droite dans les partis communistes des pays capitalistes signifierait la débâcle idéologique des partis communistes et un renforcement intense du social-démocratisme. Or, que signifie le renforcement intense du social-démocratisme ? Cela signifie renforcement et consolidation du capitalisme, la social-démocratie étant le principal rempart du capitalisme au sein de la classe ouvrière.

Ainsi, la victoire de la déviation de droite dans les partis communistes des pays capitalistes entraînerait les conditions multiples nécessaires à la conservation du capitalisme.

 

 

RAPPORT POLITIQUE DU COMITÉ CENTRAL

AU XIVe CONGRÈS DU P.C. DE L'U.R.S.S.

I. La situation internationale - VAINQUEURS ET VAINCUS

Nous en arrivons maintenant au troisième groupe de conflits, ceux qui existent entre les Etats vainqueurs et les Etats vaincus.

Les faits fondamentaux, sous ce rapport, sont les suivants :

Premièrement, l'Europe, après la paix de Versailles, s'est divisée en deux camps : celui des Etats vainqueurs (l'Entente, plus l'Amérique) et celui des Etats vaincus (Allemagne, Autriche, etc.).

Deuxièmement, il faut signaler le fait que les Etats vainqueurs, qui avaient essayé auparavant d'étrangler les pays vaincus au moyen de l'occupation (Ruhr), ont renoncé à suivre cette méthode et en ont adopté une autre : celle de l'exploitation financière, de l'Allemagne, d'abord, et de l'Autriche, ensuite. L'expression de cette nouvelle méthode est le plan Dawes, dont les conséquences commencent seulement à se faire sentir.

Troisièmement, la conférence de Locarno, qui devait, soi-disant, régler tous les conflits entre vainqueurs et vaincus, n'en a supprimé en réalité aucun et n'a fait, au contraire, que les aggraver.

Le plan Dawes porte que l'Allemagne doit payer à l'Entente 130 milliards de marks or environ, en diverses échéances. Les conséquences de ce plan se manifestent déjà par l'aggravation de la situation économique de l'Allemagne, par une série de faillites de tout un groupe d'entreprises, par l'augmentation croissante du chômage, etc.

D'après ce plan, élaboré en Amérique, l'Europe paye ses dettes d'Etat à l'Amérique aux frais de l'Allemagne, qui est obligée de payer des réparations à l'Europe; mais, comme l'Allemagne ne peut pas sortir toute la somme de ses poches vides, elle doit recevoir une série de marchés disponibles qui ne sont pas encore occupés par les autres pays impérialistes. Sur la base de ces marchés, l'Allemagne pourrait se créer de nouvelles forces et un sang nouveau pour lui permettre d'effectuer le paiement des réparations.

L'Amérique pense surtout au marché russe. Selon le plan Dawes, celui-ci doit être laissé à l'Allemagne pour qu'elle puisse en tirer quelque profit et payer les comptes de réparations à l'Europe qui, à son tour, devra régler ses dettes à l'Amérique. Ce plan est très bien agencé, mais il est fondé sur le sable mouvant.

En effet, il signifie pour le peuple allemand une double pression : pression de la bourgeoisie allemande sur le prolétariat et pression du capital étranger sur l'ensemble du peuple allemand. On ne peut prétendre, en aucun cas, que cette double pression passera sur le peuple allemand sans laisser de traces. C'est pourquoi, je crois que, sous ce rapport, le plan Dawes renferme en lui-même le germe d'une révolution inévitable en Allemagne. Il a été créé pour l'exploitation de l'Allemagne, mais il conduira inévitablement l'Allemagne à la révolution.

En ce qui concerne la deuxième partie de ce plan, selon laquelle l'Allemagne doit tirer du marché russe les sommes destinées à l'Europe, on a compté sans le principal intéressé. En aucun cas, nous ne nous laisserons transformer en un pays exclusivement agraire. Nous construirons nous-mêmes des machines et d'autres moyens de production. Sous ce rapport, le plan Dawes est un édifice sans fondements solides.

En ce qui concerne le pacte de Locarno, ce n'est qu'une suite du traité de Versailles. Il a et ne peut avoir pour but que le maintien du statu quo, comme on dit en langage diplomatique, c'est-à-dire le maintien de l'ordre de choses existant, suivant lequel l'Allemagne est un pays vaincu, et les pays de l'Entente des pays vainqueurs. Par la conférence de Locarno, cet ordre a été confirmé juridiquement en ce sens que les nouvelles frontières de l'Allemagne sont maintenues en faveur de la Pologne et en faveur de la France, que l'Allemagne perd ses colonies et qu'en outre elle doit prendre toutes les mesures nécessaires pour pouvoir payer 130 milliards de marks or. Peut-on penser que l'Allemagne, dont la puissance se développe constamment, accepte jamais cela ? Si, au cours de la période qui suivit la guerre franco-allemande, la question de l'Alsace-Lorraine constituait le nœud gordien de tous les conflits diplomatiques et fut une des causes de la guerre impérialiste, quelle garantie avons-nous que la paix de Versailles et sa conséquence, le pacte de Locarno, soient durables, après la perte de la Haute-Silésie et du corridor de Dantzig par l'Allemagne, après la perte de la Galicie et de la Volhynie par l'Ukraine, après la perte de sa partie occidentale par la Russie-Blanche, après la perte de Vilna par la Lithuanie ? Qui nous garantit que ce traité, qui a morcelé toute une série d'Etats et créé toute une série de conflits, n'aura pas le sort de l'ancien traité franco-allemand, qui enleva l'Alsace-Lorraine à la France après la guerre franco-allemande ? De telles garanties n'existent pas et ne peuvent pas exister. Si le plan Dawes renferme le germe d'une révolution allemande, le pacte de Locarno porte en lui le germe d'une nouvelle guerre européenne.

Les conservateurs anglais espèrent maintenir, d'une part, le statu quo vis-à-vis de l'Allemagne, et, d'autre part, utiliser l'Allemagne contre l'Union Soviétique. C'est un peu trop demander.

On parle de pacifisme, on parle de paix entre les Etats européens. Briand et Chamberlain s'embrassent, Stresemann se confond en compliments devant l'Angleterre. C'est une véritable comédie. Nous savons par l'histoire de l'Europe que toutes les fois que des traités ont été conclus pour grouper les forces en vue d'une nouvelle guerre, ces traités ont toujours été présentés comme des actes de paix. Des traités ont été conclus, qui renfermaient en eux le germe d'une foule de guerres futures, et toujours la conclusion de ces traités fut accompagnée d'une véritable comédie pacifiste. Dans de tels cas, on a toujours trouvé des bardes de la paix.

Rappelons-nous ce qui se passa au lendemain de la guerre franco-allemande. Ce fut, à cette époque, Bismarck qui s'efforça, par tous les moyens possibles, de maintenir le statu quo, c'est-à-dire l'ordre de choses créé au lendemain de la guerre franco-allemande. Il défendit alors la paix, parce que cette paix lui garantissait toute une série de privilèges aux dépens de la France. Celle-ci aussi défendit la paix, tout au moins au début, alors qu'elle ne s'était pas encore complètement rétablie de sa défaite. Eh bien ! à ce moment, où chacun parlait de paix et où les faux bardes chantaient les intentions pacifiques de Bismarck, l'Allemagne et l'Autriche concluaient un traité, traité tout amical et tout pacifique, qui pourtant est devenu plus tard une des causes de la future guerre impérialiste. Je veux parler du traité conclu entre l'Autriche et l'Allemagne en 1879. Contre qui était dirigé ce traité? Contre la Russie et la France. Que contenait-il ? Ecoutez : « Dans la mesure où la collaboration étroite de l'Allemagne et de l'Autriche ne menace personne et tend à la consolidation de la paix en Europe sur les bases établies par le traité de Berlin, Leurs Majestés... décident de conclure une alliance pacifique et un accord réciproque. » Vous entendez : « collaboration étroite de l'Allemagne et de l'Autriche pour la paix de l'Europe. » Cet accord fut qualifié d'« alliance pacifique », et cependant tous les historiens sont unanimes à reconnaître qu'il fut la préparation directe de la future guerre impérialiste de 1914.

La conséquence de cet accord, conclu théoriquement pour maintenir la paix européenne, mais en réalité pour préparer la guerre européenne, fut la conclusion d'un autre accord, l'accord entre la France et la Russie, de 1913, également « pour la paix ». Or, qu'y avait-il dans cet accord ? « La France et la Russie, animées du désir de garantir la paix, ont conclu l'accord suivant ». A quel accord sont-elles arrivées, on ne le dit pas alors ouvertement. Dans le texte secret du traité, on pouvait cependant lire « qu'en cas de guerre, la Russie s'engageait à mobiliser 700.000 soldats contre l'Allemagne, et la France — si je ne me trompe — 1.300.000.

Ces deux accords furent désignés officiellement comme des accords de paix, d'amitié, comme des accords destinés à maintenir la tranquillité dans toute l'Europe.

La conséquence de tout cela fut que, six ans plus tard, en 1899, la Conférence de la Paix, réunie à La Haye, se déroula sur la question de la limitation des armements. Cette conférence se réunit précisément au moment où, sur la base de l'alliance entre la France et la Russie, des officiers de l'état-major français se rendaient en Russie pour élaborer les plans de concentration des troupes en cas de guerre, où des officiers de l'état-major russe se rendaient en France pour dresser, de concert avec les généraux français, les plans des futures opérations de guerre contre l'Allemagne, et où les états-majors d'Allemagne et d'Autriche établissaient les conditions dans lesquelles ils devaient attaquer réciproquement leurs voisins de l'Est et de l'Ouest.

C'est l'image de l'hypocrisie éhontée de la diplomatie bourgeoise : sous le couvert de déclarations pacifistes et d'hymnes à la paix, on se prépare à une nouvelle guerre. Avons-nous, après tout cela, des raisons d'ajouter foi aux cantiques de paix sur la S. D. N. et Locarno ?

 

 

LE BILAN DU PREMIER PLAN QUINQUENNAL

 

RAPPORT PRÉSENTÉ A L'ASSEMBLÉE PLÉNIÉRE COMMUNE DU COMITÉ CENTRAL ET DE LA COMMISSION CENTRALE DE CONTROLE DU PARTI COMMUNISTE (BOLCHEVIK) DE L'U.R.S.S. LE 7 JANVIER 1933

 

I - LA PORTEE INTERNATIONALE DU PLAN QUINQUENNAL

 

Camarades, lorsque le plan quinquennal fit son apparition, les gens ne supposaient guère qu'il pût avoir une portée internationale considérable. Au contraire, nombreux étaient ceux qui croyaient que le plan quinquennal était une affaire privée de l'Union soviétique, une affaire importante et sérieuse, mais néanmoins une affaire privée, une affaire nationale, de l'Union soviétique.

 

L'histoire a montré, cependant, que la portée internationale du plan quinquennal était immense. L'histoire a montré que le plan quinquennal n'était pas une affaire privée de l'Union soviétique, mais l'affaire du prolétariat international tout entier.

 

Déjà bien avant l'apparition du plan quinquennal, à l'époque où nous achevions la lutte contre les interventionnistes et où nous nous engagions dans la voie de l'édification économique, déjà à cette époque Lénine disait que notre édification économique avait une immense portée internationale; que chaque pas en avant accompli par le pouvoir des Soviets sur le chemin de l'édification économique trouvait un écho profond dans les couches les plus diverses des pays capitalistes, et scindait les hommes en deux camps : celui des partisans de la révolution prolétarienne et celui de ses adversaires.

 

Lénine disait alors :

 

Actuellement, c'est par notre politique économique que nous exerçons notre principale action sur la révolution internationale. Tous regardent la République des Soviets de Russie, tous les travailleurs, dans tous les pays du monde, sans aucune exception et sans aucune exagération. C'est là un point acquis. Sur ce terrain, la lutte se développe à l'échelle mondiale. Si nous résolvons ce problème, nous aurons partie gagnée à l'échelle internationale, à coup sûr et définitivement. Aussi les problèmes de l'édification économique acquièrent-ils pour nous une importance tout à fait exceptionnelle. Sur ce front nous devons remporter la victoire par une progression lente, graduelle, — une progression rapide est impossible, — mais continue et ascendante, (t. XXVI, pp. 410-411, éd. russe.)

 

Cela fut dit à l'époque où nous terminions la guerre contre les interventionnistes, où nous passions de la lutte armée contre le capitalisme à la lutte sur le front économique, à la période de construction économique.

 

Bien des années se sont écoulées depuis et chaque pas fait par le pouvoir des Soviets dans le domaine de la construction économique, chaque année, chaque trimestre ont brillamment confirmé la justesse de ces paroles du camarade Lénine.

 

Mais la confirmation la plus brillante de la justesse des paroles de Lénine a été fournie par le plan quinquennal de notre oeuvre de construction, par l'apparition de ce plan, son développement, sa réalisation. Il semble bien, en effet, qu'aucune mesure touchant la construction économique de notre pays, n'ait trouvé dans les couches les plus diverses des pays capitalistes d'Europe, d'Amérique et d'Asie, une répercussion analogue à celle du plan quinquennal, de son développement, de sa réalisation.

 

Dans les premiers temps, la bourgeoisie et sa presse avaient accueilli le plan quinquennal par la raillerie. «Fantaisie», «délire», «utopie», c'est ainsi qu'elles baptisèrent alors notre plan quinquennal. Puis, lorsqu'il apparut que l'application de ce plan donnait des résultats réels, elles sonnèrent le tocsin en prétendant que le plan quinquennal menaçait l'existence des pays capitalistes, que sa réalisation aboutirait à inonder les marchés européens de marchandises, à renforcer le dumping et à aggraver le chômage. Ensuite, ce stratagème utilisé contre le pouvoir des Soviets n'ayant pas donné lui non plus les résultats qu'on en attendait, on vit s'ouvrir une série de voyages en U.R.S.S. de différents représentants de toutes sortes de firmes, d'organes de presse, de sociétés de tous genres, etc., venus pour voir de leurs propres yeux ce qui, à proprement parler, se passait en U.R.S.S. Je ne parle pas ici des délégations ouvrières qui, dès l'apparition du plan quinquennal, exprimèrent leur admiration pour les initiatives et les succès du pouvoir des Soviets, et manifestèrent leur empressement à soutenir la classe ouvrière de l'U.R.S.S.

 

Dès lors, la division commença dans ce qu'on appelle l'opinion publique, dans la presse bourgeoise, dans les sociétés bourgeoises de tous genres, etc. Les uns affirmaient que le plan quinquennal avait fait complètement faillite et que les bolcheviks étaient tout près de leur perte. Les autres, au contraire, assuraient que les bolcheviks avaient beau être de mauvaises gens, le plan quinquennal leur réussissait néanmoins, et qu'ils arriveraient probablement à leurs fins.

 

Il ne sera peut-être pas superflu de citer quelques appréciations empruntées à divers organes de la presse bourgeoise.

 

Prenons, par exemple, le journal américain New-York Times. Fin novembre 1932, il écrivait :

 

Le plan quinquennal de l'industrie, qui s'était assigné pour but de lancer un défi au sentiment des proportions et qui poursuivait son but «sans regarder à la dépense», comme Moscou s'en est vantée souvent, avec fierté, n'est pas un plan en réalité. C'est une spéculation.

 

Il s'ensuit que le plan quinquennal n'est même pas un plan, mais une vaine spéculation. Et voici l'appréciation émise par le journal bourgeois anglais The Daily Telegraph, fin novembre 1932 :

 

Si l'on considère le plan comme une pierre de touche de l'«économie planifiée», nous devons dire qu'il a fait complètement faillite.

 

Appréciation donnée par le New-York Times, en novembre 1932 :

 

La collectivisation a honteusement échoué. Elle a amené la Russie au bord de la famine.

 

Appréciation donnée pendant l'été de 1932 par la Gazeta Polska, journal bourgeois polonais :

 

La situation semble montrer que le gouvernement des Soviets, avec sa politique de collectivisation des campagnes, s'est engagé dans une impasse.

 

Appréciation donnée par le Financial Times, journal bourgeois anglais, en novembre 1932 :

 

En conséquence de leur politique, Staline et son parti se trouvent placés devant l'effondrement du système préconisé par le plan quinquennal, et devant l'échec de toutes les tâches qu'il était appelé à réaliser.

 

Appréciation de la revue italienne Politica :

 

Il serait absurde de croire que quatre années de travail fourni par un peuple comptant 160 millions d'habitants, quatre années d'effort économique et politique surhumain de la part d'un régime aussi fort que l'est le régime bolchevik, n'aient rien créé. Au contraire, ils ont beaucoup créé... Et néanmoins, la catastrophe est là, c'est un fait évident pour tout le monde. Amis et ennemis, bolcheviks et antibolchéviks, oppositionnels de droite et de gauche, tous s'en sont convaincus.

 

Enfin l'appréciation donnée par la revue bourgeoise américaine Curent History :

 

Ainsi l'examen de l'état actuel des choses, en Russie, conduit à la conclusion que le programme de cinq ans s'est effondré en ce qui concerne les buts annoncés, et encore davantage en ce qui concerne ses principes sociaux essentiels.

 

Telles sont les appréciations d'une partie de la presse bourgeoise.

 

Il ne vaut guère la peine de critiquer les auteurs de ces jugements. Je pense que cela n'en vaut pas la peine. Cela n'en vaut pas la peine parce que ces «die-hards» appartiennent à la race des fossiles moyenâgeux, pour qui les faits n'ont pas d'importance et qui, quelle que soit la façon dont se réalise notre plan quinquennal, continueront quand même à ressasser leur antienne.

 

Passons aux appréciations d'autres organes de presse, émanant du même camp bourgeois.

 

Voici l'appréciation donnée en janvier 1932 par le journal bourgeois français bien connu, le Temps :

 

L'Union soviétique a gagné la première manche en s'industrialisant, sans apport de capital étranger.

 

Appréciation du même Temps, donnée en été 1932 :

 

... le communisme aura franchi d'un bond l'étape constructive qu'en régime capitaliste il faut parcourir à pas lents... Ce qui nous gêne, en France particulièrement, où la propriété s'est divisée à l'infini, c'est l'impossibilité où nous sommes de mécaniser l'agriculture... En industrialisant leur agriculture, les Soviets résolvent le problème... Pratiquement, les bolchévistes ont gagné la partie contre nous.

 

Appréciation de la revue bourgeoise anglaise Round Table :

 

Les réalisations du plan quinquennal sont un phénomène surprenant. Les usines de tracteurs de Kharkov et de Stalingrad, l'usine d'automobiles Amo à Moscou, l'usine d'automobiles de Nijni-Novgorod, la centrale hydroélectrique du Dniepr, les aciéries grandioses de Magnitogorsk et de Kouznetsk, tout un réseau d'usines de constructions mécaniques et de produits chimiques dans l'Oural, lequel devient une Ruhr soviétique, toutes ces réalisations industrielles et tant d'autres dans le pays entier témoignent que, quelles que soient les difficultés, l'industrie soviétique, telle une plante bien arrosée, croît et se fortifie... Le plan quinquennal a jeté les bases du développement futur et a considérablement renforcé la puissance de l'U.R.S.S.

 

Appréciation du journal bourgeois anglais Financial Times :

 

Les succès obtenus dans l'industrie des constructions mécaniques ne peuvent faire aucun doute. L'exaltation de ces succès dans la presse et dans les discours n'est nullement dépourvue de fondement. Il ne faut pas oublier qu'autrefois la Russie ne produisait que les machines et les outils les plus simples. Il est vrai que maintenant encore les chiffres absolus de l'importation des machines et instruments sont en progression; mais la proportion des machines importées, en comparaison de celles fabriquées en U.R.S.S., est en baisse constante. L'U.R.S.S. fabrique actuellement tout l'outillage nécessaire à son industrie métallurgique et électrique. Elle a su créer sa propre industrie automobile. Elle a créé la production des outils et instruments dans toute leur gamme, depuis les plus petits instruments de haute précision jusqu'aux presses les plus lourdes. En ce qui concerne les machines agricoles, l'U.R.S.S. ne dépend plus des importations de l'étranger. D'autre part, le gouvernement soviétique prend des mesures pour que les retards dans la production du charbon et du fer n'empêchent pas la réalisation du plan quinquennal en quatre ans. Il est hors de doute que les immenses usines nouvellement construites garantissent un accroissement considérable de la production de l'industrie lourde.

 

Appréciation donnée au début de 1932 par le journal bourgeois autrichien Neue Freie Presse :

 

On peut maudire le bolchévisme, mais il faut le connaître. Le plan quinquennal est un nouveau colosse, dont il importe de tenir compte, pour le moins au point de vue économique.

&nb