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Karl Marx et Friedrich Engels

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Ernesto Che Guevara

Communistes et autres

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Karl Marx et Friedrich Engels

« Le capital abhorre l’absence de profit ou un profit minime, comme la nature a horreur du vide. Que le profit soit convenable, et le capital devient courageux : 10% d’assurés, et on peut l’employer partout ; 20%, il s’échauffe ; 50%, il est d’une témérité folle, à 100%, il foule aux pieds toutes les lois humaines ; à 300%, et il n’est pas de crime qu’il n’ose commettre, même au risque de la potence. Quand le désordre et la discorde portent profit, il les encourage tous deux ; pour preuve la contrebande et la traite des nègres. »

« A toute époque, les idées de la classe dominante sont les idées dominantes : autrement dit, la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est en même temps la puissance spirituelle dominante. La classe qui dispose des moyens de la production matérielle dispose en même temps, de ce fait, des moyens de la production intellectuelle, si bien qu'en général, elle exerce son pouvoir sur les idées de ceux à qui ces moyens font défaut. Les pensées dominantes ne sont rien d'autre que l'expression en idées des conditions matérielles dominantes, ce sont ces conditions conçues comme idées, donc l'expression des rapports sociaux qui font justement d'une seule classe la classe dominante, donc les idées de sa suprématie. »

« Dans la production sociale de leur existence, les hommes nouent des rapports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté ; ces rapports de production correspondent à un degré donné du développement de leurs forces productives matérielles. L'ensemble de ces rapports forme la structure économique de la société, la fondation réelle sur laquelle s'élève un édifice juridique et politique, et à quoi correspondent des formes déterminées de la conscience sociale. Le mode de production de la vie matérielle domine en général le développement de la vie sociale, politique et intellectuelle. Ce n'est pas la conscience des hommes qui déterminent leur existence, c'est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience. »

« Le besoin pratique, l'égoïsme, voilà le principe de la société bourgeoise [...] Le Dieu du besoin pratique et de l'intérêt personnel, c'est l'argent. [...] L'argent est la valeur universelle de toutes choses constituée pour soi-même. C'est pourquoi il a dépouillé le monde entier, le monde des hommes ainsi que la nature, de leur valeur originelle. L'argent, c'est l'essence aliénée du travail et de la vie de l'homme, et cette essence étrangère le domine, et il l'adore. »

« La classe possédante et la classe du prolétariat représentent la même aliénation humaine. Mais la première se complaît dans cette aliénation de soi, elle éprouve l'aliénation comme sa propre puissance et possède en elle l'apparence d'une existence humaine ; la seconde sesent anéantie dans l'aliénation, elle voit en elle sa propre impuissance et la réalité d'une existence inhumaine. [...] Au sein de cette antithèse, le propriétaire privé représente donc le parti conservateur, le prolétaire le parti destructeur. Celui-là agit en vue de maintenir l'antithèse, celui-ci agit pour l'anéantir. Si, dans son mouvement économique, la propriété privée s'achemine d'elle-même vers sa propre dissolution, elle le fait uniquement à travers une évolution indépendante d'elle, inconsciente, contraire à sa volonté et inhérente à sa nature, simplement en produisant le prolétariat comme prolétariat, la misère consciente de sa misère morale et physique, la déshumanisation qui, consciente d'elle-même, tend à s'abolir elle-même. Le prolétariat exécute la sentence que la propriété privée prononce contre elle-même en engendrant le prolétariat, tout comme il exécute la sentence que le travail salarié prononce contre lui-même en produisant la richesse d'autrui et sa propre misère. Si le prolétariat triomphe, il ne sera nullement devenu le côté absolu de la société, car il ne triomphera qu'en s'abolissant lui-même et en abolissant son contraire. A ce moment là, le prolétariat aura disparu tout autant que son antithèse qui est aussi sa condition, la propriété privée. »

« L'anarchie est la loi de la société bourgeoise [...] et l'anarchie de la société bourgeoise est le fondement de l'ordre public moderne, tout comme l'ordre public est pour sa part la garantie de cette anarchie. »

« La société toute entière a cela de commun avec l'intérieur d'un atelier, qu'elle aussi a sa division du travail. Si l'on prenait pour modèle la division du travail dans un atelier moderne, pour en faire l'application à une société entière, la société la mieux organisée pour la production des richesses serait incontestablement celle qui n'aurait qu'un seul entrepreneur en chef, distribuant la besogne selon une règle arrêtée d'avance aux divers membres de la communauté. Mais il n'en est point ainsi. Tandis que dans l'intérieur de l'atelier moderne la division du travail est minutieusement réglée par l'autorité de l'entrepreneur, la société moderne n'a d'autre règle, d'autre autorité, pour distribuer le travail, que la libre concurrence. »

« Tout en les rassemblant, la concurrence isole les individus, non seulement les bourgeois, mais davantage encore les prolétaires. C'est pourquoi, un temps assez long s'écoule avant que ces individus puissent s'unir, sans parler du fait que pour ne pas rester purement locale, cette union nécessite la création préalable, par la grande industrie, des moyens indispensables, tels que les grands centres industriels et les voies de communication rapides et bon marché ; c'est pourquoi il faut de longs combats pour vaincre tout pouvoir organisé en face de ces individus isolés et vivant dans des conditions qui produisent chaque jour à nouveau l'isolement. Vouloir le contraire reviendrait à exiger que la concurrence cesse d'exister dans la présente phase de l'histoire ou que les individus chassent de leur esprit des conditions dont ils ne sont pas maîtres, eux qui sont isolés. »

« La société bourgeoise n'est, dans son ensemble, que cette guerre de tous les individus désormais isolés les uns des autres par leur seule individualité. »

« Les individus ne constituent une classe que pour autant qu'ils ont à soutenir une lutte commune contre une autre classe ; pour le reste, ils s'affrontent en ennemis dans la concurrence. »

« Certes la bourgeoisie a raison en concevant généralement les intérêts de chaque bourgeois comme identiques, de même que le loup a le même intérêt que ses congénères, bien qu’il soit de l’intérêt de chacun que ce soit lui et non un autre qui se jette sur la proie. »

« Pris individuellement, le bourgeois lutte contre les autres, mais en tant que classe, les bourgeois ont un intérêt commun, et cette solidarité, que l’on voit se tourner au-dedans contre le prolétariat, se tourne au-dehors contre les bourgeois des autres nations. C’est ce que le bourgeois appelle sa nationalité. »

« L'argent est la patrie de l'industriel. »

« La nationalité du travailleur n’est pas française, anglaise, allemande, elle est le travail, le libre esclavage, le trafic de soi-même. Son gouvernement n’est pas français, anglais, allemand, c’est le capital. L’air qu’il respire chez lui n’est pas l’air français, anglais, allemand, c’est l’air des usines. Le sol qui lui appartient n’est pas le sol français, anglais, allemand, c’est quelques pieds sous la terre. »

« C'est en devenant une simple figure de réthorique que le socialisme bourgeois atteint enfin son expression adéquate. Libre-échange ! dans l'intérêt de la classe laborieuse ; tarifs douaniers ! dans l'intérêt de la classe laborieuse ; prisons cellulaires ! dans l'intérêt de la classe laborieuse : voilà le dernier mot, le fin mot du socialisme bourgeois. Au vrai, le socialisme de la bourgeoisie tient tout entier dans l'affirmation que voici : les bourgeois sont des bourgeois dans l'intérêt de la classe ouvrière. »

« L'intérêt du travailleur est donc le même que celui du capitaliste, prétendent les bourgeois et leurs économistes. Grande vérité ! Le travailleur périt, si le capital ne l'emploie pas ; et le capital est perdu, s'il n'exploite pas le travailleur. [...] Aussi longtemps que le travailleur salarié reste un travailleur salarié, son sort dépend du capital. La voilà cette fameuse communauté d'intérêts du travailleur et du capitaliste. »

« Les syndicats agissent utilement comme centres de résistance aux empiètements du capital. Ils échouent en partie quand ils font un usage peu judicieux de leur puissance. Ils échouent entièrement quand ils se livrent à une simple guérilla contre les effets du système actuel, au lieu d'essayer dans le même temps de le changer, au lieu de se faire un levier de toutes leurs forces organisées, pour l'émancipation finale de la classe ouvrière, c'est-à-dire pour abolir enfin le salariat. »

« En Angleterre [...] les ouvriers industriels doivent avant tout se débarrasser de leurs chefs actuels. »

« En France, l'absence de base théorique et de bon sens politique se fait généralement sentir. »

« Au moment où nous sortons de cette sphère de la circulation simple qui fournit au libre-échangiste vulgaire ses notions, ses idées, sa manière de voir et le critérium de son jugement sur le capital et le salariat, nous voyons, à ce qu’il semble, s’opérer une certaine transformation dans la physionomie des personnages de notre drame. Notre ancien homme aux écus prend les devants et, en qualité de capitaliste, marche le premier ; le possesseur de la force de travail le suit par derrière comme son travailleur à lui ; celui-là le regard narquois, l’air important et affairé ; celui-ci timide, hésitant, rétif, comme quelqu’un qui a porté sa propre peau au marché, et ne peut plus s’attendre qu’à une chose : à être tanné. »

« A mesure que le travail se développe dans la société et devient, par suite, source de richesse et de culture, se développent chez le travailleur pauvreté et inculture, et chez le non-travailleur, richesse et culture. »

« Le capital, qui a de si "bonnes raisons" pour nier les souffrances de la classe ouvrière qui l'entoure, est aussi peu ou tout autant influencé dans sa pratique par la perspective de la dégénérescence de l'humanité et finalement de sa dépopulation, que par la chute possible de la terre sur le soleil. Dans toute affaire de spéculation, chacun sait que la débâcle viendra un jour, mais chacun espère qu'elle emportera son voisin après qu'il aura lui-même recueilli la pluie d'or au passage et l'aura mise en sûreté. Après moi le déluge ! telle est la devise de tout capitaliste et de toute nation capitaliste. Le capital ne s'inquiète donc point de la santé et de la durée de vie du travailleur, s'il n'y est pas contraint par la société. A toute plainte élevée contre lui à propos de la dégradation physique et intellectuelle, de mort prématurée, de tortures du travail excessif, il répond simplement : "Pourquoi nous tourmenter de ces tourments, puisqu'ils augmentent nos joies (nos profits) ?" Il est vrai qu'à prendre les choses dans leur ensemble, cela ne dépend pas non plus de la bonne ou mauvaise volonté du capitaliste individuel. La libre concurrence impose aux capitalistes les lois immanentes de la production capitaliste comme lois coercitives externes. »

« Moins vous êtes, plus vous avez... Ainsi, toutes les passions et toutes les activités sont englouties dans la cupidité. »

« L’argent est l’étalon commun de toutes choses, même des plus hétérogènes. »

« Le comportement borné des hommes en face de la nature conditionne leur comportement borné entre eux. »

« Une once d'actions vaut une bonne théorie. »

« Dans la famille, l'homme est le bourgeois ; la femme joue le rôle du prolétariat. »

« La propriété privée nous a rendus si stupides et si bornés qu'un objet n'est nôtre que lorsque nous le possédons. »

« L'idéalisme, dans sa pratique, n'est rien d'autre que la tromperie sans scrupule et sans réflexion d'un matérialisme écoeurant. »

« Toute la société humaine n'est plus qu'une machine pour créer de la richesse. »

« Mais la bourgeoisie n'a pas seulement forgé les armes qui la mettront à mort, elle a produit aussi les hommes qui manieront ces armes. »

« Les prolétaires n'ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »

« Abolissez l'exploitation de l'homme par l'homme et vous abolirez l'exploitation d'une nation par une autre nation. »

« Nous avons fait voir ce que c'est que la fraternité que le libre-échange fait naître entre les différentes classes d'une seule et même nation. La fraternité que le libre-échange établirait entre les différentes nations de la terre ne serait guère plus fraternelle. Désigner par le nom de fraternité universelle l'exploitation à son état cosmopolite, c'est une idée qui ne pouvait prendre origine que dans le sein de la bourgeoisie. »

« Ce qui distingue d'emblée le pire architecte de l'abeille la plus experte, c'est qu'il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. »

« L'histoire tout entière n'est qu'une transformation de la nature humaine. »

« L'homme connaît le monde en le transformant et le transforme en le connaissant. »

« L'humanité ne se pose jamais que les problèmes qu'elle peut résoudre. »

« Le domaine de la liberté commence là où cesse le travail. »

« Si l'argent, d'après Augier, vient au monde avec une tache naturelle de sang sur la joue, le capital naît dégouttant de sang et de boue des pieds à la tête. »

« Le capital est semblable au vampire, ne s'anime qu'en suçant le travail vivant et sa vie est d'autant plus allègre qu'il en pompe davantage. »

«  Le capital ne s’inquiète donc point de la durée de la force de travail. Ce qui l’intéresse uniquement, c’est le maximum qui peut en être dépensé dans une journée. Et il atteint son but en abrégeant la vie du travailleur, de même qu’un agriculteur avide obtient de son sol un plus fort rendement en épuisant sa fertilité. »

 

« ‘‘L’essence’’ du poisson de rivière, c’est l’eau d’une rivière. Mais cette eau cesse d’être son ‘‘essence’’ et devient pour lui un milieu, désormais inadéquat, dès que l’industrie s’empare de cette rivière, dès qu’elle est polluée par des substances colorantes et d’autres détritus, dès que les navires à vapeur la sillonnent, dès qu’on détourne son eau dans des canaux où l’on peut priver le poisson de son milieu vital, par simple évacuation. »

« Le capital n'est pas seulement, comme dit Adam Smith, le pouvoir de commandement sur le travail d'autrui : mais il est essentiellement le pouvoir de commander un travail non payé. Toute plus-value, quelle qu'en soit la forme particulière - profit, intérêt, rente, etc. - est en substance la matérialisation d'un travail non payé. Tout le secret de la faculté prolifique du capital est dans ce simple fait qu'il dispose d'une certaine somme du travail d'autrui qu'il ne paie pas. »

« Un observateur perspicace : Depuis que la propriété existe sous forme d'actions, son mouvement et son transfert sont devenus le simple résultat d'un jeu sur le marché boursier, où les petits poissons sont dévorés par les requins et les moutons le sont par les loups de la Bourse. »

« Chacun doit chercher à vendre le plus cher possible et s'efforcer d'acquérir au plus bas prix. [...] dans toute vente se confrontent donc deux hommes ayants des intérêts absolument opposés. [...] Il s'ensuit d'abord  une défiance réciproque, puis la justification de cette défiance, l'emploi de moyens immoraux pour atteindre un but immoral. [...] Bref, le commerce, c'est la tromperie légale. »

« Nous avons dessiné en quelques traits la guerre industrielle que se livrent les capitalistes. Cette guerre a ceci de particulier qu'elle ne se gagne pas en recrutant, mais en congédiant les armées de travailleurs. Entre les généraux de l'industrie, les capitalistes, c'est à qui pourra congédier le plus de soldats. »

« Absolument à rejeter, c’est une "éducation populaire par l’Etat". Déterminer par une loi générale les ressources des écoles primaires, la qualification du personnel enseignant, les disciplines enseignées, ect., et – comme cela se fait aux Etats-Unis – faire surveiller par des inspecteurs d’Etat l’exécution de ces prescriptions légales, voilà qui est tout à fait autre chose que de faire de l’Etat l’éducateur du peuple ! Bien au contraire, il faut, au même titre, refuser au gouvernement et à l’Eglise toute influence sur l’école. […] c’est, au contraire, l’Etat qui a besoin d’une éducation bien rude, administrée par le peuple. »

« Les impôts sont l'existence de l'Etat dans son expression économique. Fonctionnaires et prêtres, soldats et danseuses d'opéra, maîtres d'école et sbires, musées grecs et tours gothiques, liste civile et annuaire militaire : la semence commune ou someillent,  tels des embryons, toutes ces existences fabuleuses, ce sont les... impôts. »

« Les impôts sont la base économique de la machine gouvernementale, et de rien d'autre. Dans l'Etat de l'avenir, tel qu'il existe en Suisse, cette revendication [de l'impôt sur le revenu] est quasiment satisfaite. L'impôt sur le revenu suppose les différentes sources de revenus des différentes classes sociales et, par conséquent, la société capitaliste. »

« L'état politique est vis-à-vis de la société civile dans un rapport aussi spiritualiste que le ciel par rapport à la terre. »

« C'est à la propriété privée moderne que correspond l'Etat moderne, dont les propriétaires privés ont fait  peu à peu l'achat au moyen des impôts, qui leur est dévolu complètement grâce au système des dettes publiques et dont l'existence dépend désormais entièrement, par le jeu de la hausse et des valeurs de la Bourse, du crédit commercial que les propriétaires privés, les bourgeois, lui accordent. Le seul fait qu'elle soit une classe [...] contraint la bourgeoisie à s'organiser à l'échelle [...] nationale, et à donner une forme générale à ses intérêts communs réduits à la moyenne. La propriété privée s'étant libérée de la communauté, l'Etat a acquis une existence particulière à côté et en dehors de la société civile ; mais il n'est rien de plus que la forme de l'organisation que les bourgeois sont forcés de se donner, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, pour garantir mutuellement leur propriété et leurs intérêts. »

« Sur le terrain de l'économie politique, la libre et scientifique recherche rencontre bien plus d'ennemis que dans ses autres champs d'exploration. La nature particulière du sujet qu'elle traite soulève contre elle et amène sur le champ de bataille les passions les plus vives, les plus mesquines et les plus haïssables du coeur humain, toutes les furies de l'intérêt privé. La Haute Eglise d'Angleterre, par exemple, pardonnera bien plus facilement une attaque contre trente-huit de ses trente-neuf articles de foi que contre un trente-neuvième de ses revenus. »

« L'analyse des formes économiques ne peut s'aider du microscope ou de réactifs fournis par la chimie ; l'abstraction est la seule force qui puisse lui servir d'instrument. »

« En économie politique, le salaire apparaît de prime abord comme la part proportionnelle qui revient au travail dans le produit. Salaire du travail et profit du capital s'y avantagent mutuellement et y sont donc dans le rapport le plus amical et apparemment le plus humain. On s'aperçoit, après coup, qu'ils sont dans le rapport le plus hostile, qu'ils sont en raison inverse l'un de l'autre. A première vue, la valeur semble être rationnellement déterminée par les frais de production d'un objet et par l'utilité sociale de cet objet. Par la suite, on s'aperçoit que la valeur est une détermination purement fortuite, qui n'a pas le moins du monde besoin d'être proportionnelle ni aux frais de production ni à l'utilité sociale. Le montant du salaire est de prime abord déterminé par un libre accord entre l'ouvrier libre et le capitaliste libre. Après coup, on s'aperçoit que l'ouvrier est contraint de laisser autrui fixer son salaire, tout comme le capitaliste est contraint de le fixer aussi bas que possible. La liberté des parties contractantes a fait place à la contrainte. Il en est de même du commerce et de toutes les autres conditions économiques. A l'occasion, les économistes sentent eux-même ces contradictions, et c'est l'analyse de celles-ci qui constitue le principal objet de leurs controverses. »

« C'est précisément en se basant là-dessus [la théorie malthusienne de la population] que les économistes ont démontré, depuis cinquante ans et plus, que le socialisme ne peut supprimer la misère qui est fondée dans la nature des choses, mais qu'il ne peut que la généraliser, la répandre d'un seul coup sur toute la surface de la société ! »

« Le socialisme vulgaire (et à sa suite, une fraction de la démocratie) a hérité des économistes bourgeois l'habitude de considérer et de traiter la distribution comme une chose indépendante du mode de production et de représenter pour cette raison le socialisme comme tournant essentiellement autour de la distribution. »

« La reconnaissance des droits de l'homme par l'Etat moderne n'a qu'une signification : la reconnaissance de l'esclavage par l'Etat antique. En effet, si la base naturelle de l'Etat antique est l'esclavage, celle de l'Etat moderne est la société bourgeoise, l'homme de la société bourgeoise, c'est-à-dire l'homme indépendant, rattaché aux autres hommes par le seul lien de l'intérêt privé et de l'aveugle nécessité naturelle, l'esclave du travail pour le gain, l'esclave de son propre besoin égoïste et du besoin égoïste d'autrui. Ce fondement naturel, l'Etat moderne l'a reconnu comme tel dans les droits universels de l'homme. » (Cf. l'article 17 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 : "La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé.")

« L'antagonisme de l'Etat représentatif démocratique et de la société bourgeoise accomplit l'antagonisme classique de la communauté publique et de l'esclavage. Dans le monde moderne, chacun est simultanément membre de l'esclavage et de la communauté. C'est justement l'esclavage de la société bourgeoise qui est en apparence la plus grande liberté, parce que c'est apparemment l'indépendance la plus accomplie de l'individu, qui prend pour sa liberté personnelle le mouvement effréné - libéré des entraves générales et des liens humains - des éléments aliénés de sa vie, comme par exemple, le mouvement de la propriété, de l'industrie, de la religion, ect., alors qu'en réalité il est l'accomplissement de sa servitude et de son inhumanité. »

« Les rapports de production bourgeois sont la dernière forme antagonique du processus social de la production. [...] Avec se système social c'est donc la préhistoire de la société humaine qui se clôt. »

« Ce qui distingue le communisme de tous les mouvements connus jusqu'ici, c'est qu'il bouleverse les fondements de tous les rapports de production et de commerce traditionnels et que, pour la première fois, il traite de manière consciente toutes les données naturelles préalables comme des créations des générations passées, en les dépouillant de leur caractère primitif et en les soumettant à la puissance des individus associés. C'est pourquoi son institution est essentiellement économique ; elle est l'établissement matériel des conditions de cette association. »

« La démocratie vulgaire (...) voit dans la République démocratique le millenium et (...) ne soupçonne guère que c'est précisément sous cette forme ultime de l'Etat de la société bourgeoise que devra se livrer la bataille définitive entre les classes. »

« Toute révolution dissout l'ancienne société ; en ce sens, elle est sociale. Toute révolution renverse l'ancien pouvoir ; en ce sens, elle est politique [...] La révolution en tant que telle - le renversement du pouvoir établi et la dissolution des conditions anciennes - est un acte politique. Or, sans révolution le socialisme ne peut devenir réalité. Cet acte politique lui est nécessaire dans la mesure où il a besoin de détruire et de dissoudre. »

« C’est précisément en raison de cette opposition entre l’intérêt particulier et l’intérêt commun que celui-ci prend, en tant qu’Etat, une configuration autonome, détachée des intérêts réels, individuels et collectifs (…), il s’ensuit (…) que toute classe qui aspire à la domination – même si cette domination a pour condition, comme c’est le cas pour le prolétariat, l’abolition de toute l’ancienne forme de société et de la domination en général – doit d’abord s’emparer du pouvoir politique afin de présenter, elle aussi, son intérêt comme l’intérêt général, ce à quoi elle est contrainte dès le début. »

« Les classes moyennes deviennent révolutionnaires lorsqu'elles se voient exposées à tomber bientôt dans la condition des prolétaires. »

« Le communisme n'est pour nous ni un état qui doit être créé, ni un idéal sur lequel la réalité devra se régler. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l'état actuel. »

« L'anticipation doctrinale et nécessairement immaginaire du programme d'action pour une révolution future ne fait que nous détourner du combat présent. (...) La compréhension scientifique de la décomposition - inévitable et de plus en plus visible - de l'ordre social dominant et la haine grandissante des masses contre les vieux fantômes au pouvoir, en même temps que le développement gigantesque des moyens de production, tout cela est une garantie qu'au moment où une véritable révolution prolétarienne éclatera, on verra surgir également les conditions (certes peu idylliques) dans lesquelles elle réalisera ses mesures immédiates les plus urgentes. »

« La société communiste [...] n'est pas celle qui s'est développée sur ses bases propres, mais au contraire, celle qui vient d'émerger de la société capitaliste, c'est donc une société qui, à tous les égards, économique, moral, intellectuel, porte encore les stigmates de l'ancien ordre où elle a été engendrée. »

Aux ouvriers : « Vous aurez à traverser quinze, vingt, cinquante ans de guerres civiles et de guerres entre peuples, non seulement pour changer les rapports existants, mais pour vous changer vous-mêmes et vous rendre capables d'exercer le pouvoir politique. »

 

« En vérité, ce qui révèle la grande démoralisation de certains écrivains communistes, c'est qu'ils choisissent des adversaires économiquement et philosophiquement instruits, et qu'en revanche, ils n'ont pas de réponse pour les "humbles" trouvailles du grossier bon sens, auquel ils devraient avant tout apprendre les notions élémentaires sur les conditions économiques de la société bourgeoise existante, afin d'en pouvoir discuter avec lui par la suite. »

Lénine

« Les hommes ont toujours été et seront toujours en politique les dupes naïves des autres et d'eux-mêmes, tant qu'ils n'auront pas appris, derrière les phrases, les déclarations et les promesses morales, religieuses, politiques et sociales, à discerner les intérêts de telles ou telles classes. »

« Dans une société fondée sur le pouvoir de l'argent, tandis que quelques poignées de riches ne savent être que des parasites, il ne peut y avoir de "liberté", réelle et véritable. »

« Le capitalisme en général et l'impérialisme en particulier font de la démocratie une illusion ; et cependant le capitalisme engendre des tendances démocratiques au sein des masses, fonde des institutions démocratiques, aggrave l'antagonisme entre l'impérialisme, négateur de la démocratie, et les masses qui aspirent à la démocratie. »

« Partout, à chaque pas, on se heurte aux problèmes que l'humanité serait à même de résoudre immédiatement. Le capitalisme l'en empêche. Il a accumulé des masses de richesses, et il a fait des hommes les esclaves de cette richesse. Il a résolu les problèmes les plus difficiles en matière de technique, et il a stoppé la réalisation de perfectionnements techniques en raison de la misère et de l'ignorance de millions d'habitants, en raison de l'avarice stupide d'une poignée de millionnaires. »

« Ce qui caractérisait l'ancien capitalisme, où régnait la libre concurrence, c'était l'exportation des marchandises. Ce qui caractérise le capitalisme actuel, où règnent les monopoles, c'est l'exportation des capitaux. »

« L’union personnelle des banques et de l'industrie est complétée par l’union personnelle des unes et des autres avec le gouvernement. »

« Mais les faits monstrueux touchant la monstrueuse domination de l'oligarchie financière sont tellement patents que, dans tous les pays capitalistes, aussi bien en Amérique qu'en France et en Allemagne, est apparue une littérature qui, tout en professant le point de vue bourgeois, brosse néanmoins un tableau à peu près véridique, et apporte une critique - évidemment petite-bourgeoise - de l'oligarchie financière. »

« Le propre du capitalisme est, en règle générale, de séparer la propriété du capital de son application à la production; de séparer le capital-argent du capital industriel ou productif; de séparer le rentier, qui ne vit que du revenu qu'il tire du capital-argent, de l'industriel, ainsi que de tous ceux qui participent directement à la gestion des capitaux. L'impérialisme, ou la domination du capital financier, est ce stade suprême du capitalisme où cette séparation atteint de vastes proportions. La suprématie du capital financier sur toutes les autres formes du capital signifie l'hégémonie du rentier et de l'oligarchie financière; elle signifie une situation privilégiée pour un petit nombre d'Etats financièrement "puissants", par rapport a tous les autres. »

« Les formes d'Etats bourgeois sont extrêmement variées, mais leur essence est une : en dernière analyse, tous ces Etats sont, d'une manière ou d'une autre, mais nécessairement, une dictature de la bourgeoisie. Le passage du capitalisme au communisme ne peut évidemment manquer de fournir une grande abondance et une large diversité de formes politiques, mais leur essence sera nécessairement une : la dictature du prolétariat. »

« L’unité du prolétariat à l’époque de la révolution sociale, ne peut être réalisée que par le parti  révolutionnaire extrême, le parti du marxisme, que par une lutte implacable contre tous les autres partis. »

« Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire… Seul un parti guidé par une théorie d’avant-garde peut remplir le rôle de combattant d’avant-garde. »

« Dans les terres ou la population de petits propriétaires prédomine sur la population purement prolétarienne, la différence entre le révolutionnaire prolétarien et le révolutionnaire petit-bourgeois se fera inévitablement sentir et se fera de temps en temps sentir très brusquement... L'origine sociale de tels types est le petit propriétaire, qui a été  poussé à la frénésie par les horreurs de la guerre, par la ruine soudaine, par les supplices sans précédent de la famine et la dévastation, lequel... recherchant une sortie, cherchant le sauvetage, place sa confiance dans le prolétariat et le soutient un moment et ensuit se laisse aller au  désespoir. Nous devons clairement comprendre et nous rappeler fermement le fait que le socialisme ne peut pas être construit sur une telle base  sociale. La seule classe qui peut diriger les travailleurs et les exploités est la classe qui suit inébranlablement son chemin... Ce dont  nous avons besoin est l'avance stable de bataillons de prolétaires de fer. »

« Le bolchevisme existe comme courant de la pensée politique et comme parti politique depuis 1903. Seule l'histoire du bolchevisme, tout au long de son existence, peut expliquer de façon satisfaisante pourquoi il a pu élaborer et maintenir, dans les conditions les plus difficiles, la discipline de fer indispensable à la victoire du prolétariat. »

« Il est évidemment très "difficile" de vaincre, sous la domination de la bourgeoisie, les habitudes bourgeoises dans notre propre parti, c'est-à-dire dans le parti ouvrier : il est "difficile" de chasser du parti les chefs parlementaires de toujours, irrémédiablement corrompus par les préjugés bourgeois ; il est "difficile" de soumettre à la discipline prolétarienne un nombre strictement nécessaire (même très limité) d'hommes venus de la bourgeoisie ; il est "difficile" de créer dans le parlement bourgeois une fraction communiste par­faitement digne de la classe ouvrière ; il est "difficile" d'obtenir que les parlementaires communistes ne se laissent pas prendre aux hochets du parlementarisme bourgeois, mais s'emploient à un travail substantiel de propagande, d'agitation et d'organisation des masses. Tout cela est "difficile", c'est certain. Ça a été difficile en Russie, et c'est infiniment plus difficile encore en Europe occidentale et en Amérique, où la bourgeoisie est beaucoup plus forte, plus fortes les traditions démocratiques bourgeoises et ainsi de suite. »

« Nous ne vivons pas seulement dans un Etat, mais dans un système d'Etats, et l'existence de la République Soviétique à côté d'Etats impérialistes est impensable pendant une longue période. En fin de compte, l'un ou l'autre doit l'emporter. Et avant que cette fin arrive, un certain nombre de terribles conflits entre la République Soviétique et les Etats bourgeois est inévitable. » 

« Le problème se pose uniquement ainsi : idéologie bourgeoise ou idéologie socialiste. Il n’y a pas de milieu… C’est pourquoi tout rapetissement de l’idéologie socialiste, tout éloignement vis-à-vis de cette dernière implique un renforcement de l’idéologie bourgeoise. »

 « En ce qui me concerne, je suis aussi un ‘‘chercheur’’ en philosophie. Savoir : dans ces notes [Matérialisme et empiriocriticisme] je me suis donné pour tâche de rechercher ce qui fait butter les gens qui nous offrent sous couleur de marxisme quelque chose d’incroyablement incohérent, confus et réactionnaire. »

«  il y a une volonté, il y a un chemin. »

« Pourquoi un ministre devrait-il être payé plus qu'un ouvrier ou qu'un balayeur ? »

« Le communisme, c'est le pouvoir des soviets plus l'électrification du pays. »

« Un imbécile peut poser à lui seul dix fois plus de questions que dix sages ensemble ne pourraient en résoudre. »

Staline

« Les traits principaux et les dispositions de la loi économique fondamentale du capitalisme actuel pourraient être formulés à peu près ainsi : assurer le maximum de profit capitaliste en exploitant, en ruinant, en appauvrissant la majeure partie de la population d'un pays donné ; en asservissant et en dépouillant de façon systématique les peuples des autres pays, notamment ceux des pays arriérés ; enfin, en déclenchant des guerres et en militarisant l'économie nationale en vue d'assurer le maximum de profits. On dit que le profit moyen pourrait néanmoins, dans les conditions actuelles, amplement suffire au développement capitaliste. C'est faux. Le profit moyen, c'est la limite inférieure de la rentabilité, au-dessous de laquelle la production capitaliste devient impossible. Mais il serait ridicule de penser que les brasseurs d'affaires de l'actuel capitalisme monopoliste, en s'emparant des colonies, en asservissant les peuples et on déclenchant des guerres, entendent ne s'assurer qu'un profit moyen. Non, ce n'est pas le profit moyen, ni le surprofit qui ne représente en règle générale qu'une certaine majoration du profit moyen, mais le maximum de profit qui constitue la force motrice du capitalisme de monopole. C'est la nécessité de réaliser le maximum de profits qui pousse le capitalisme de monopole à des actes hasardeux comme l'asservissement et le pillage systématique des colonies et des autres pays arriérés, la transformation des pays indépendants en pays dépendants, l'organisation de nouvelles guerres qui sont pour les brasseurs d'affaires du capitalisme actuel le meilleur "business" leur permettant de tirer le maximum de profit ; enfin, les efforts tentés pour conquérir la domination économique mondiale. »

« Il faut regarder la victoire du fascisme en Allemagne, non seulement comme un signe de faiblesse de la classe ouvrière et le résultat des trahisons perpétrées contre celle-ci par la social-démocratie qui a frayé la route au fascisme. Il faut la considérer également comme un signe de faiblesse de la bourgeoisie, comme un signe montrant que cette dernière n'est plus en état d'exercer son pouvoir au moyen des anciennes méthodes de parlementarisme et de démocratie bourgeoise, ce qui l'oblige à recourir, dans sa politique intérieure, aux méthodes de domination par la terreur, comme un signe prouvant qu'elle n'a plus, la force de trouver une issue à la situation actuelle sur la base d’une politique extérieure de paix, ce qui l'oblige à recourir à la politique de guerre. » (1934)

« Nous retardons de cinquante à cent ans sur les pays avancés. Nous devons parcourir cette distance en dix ans. Ou nous le ferons, ou nous serons broyés. » (1931)

« ... quand les éléments capitalistes sont anéantis, et les pauvres affranchis de l'exploitation, la tâche des léninistes n'est pas de fixer, de maintenir la pauvreté et les pauvres, les conditions qui les engendraient ayant été supprimées, mais de supprimer la pauvreté et d'élever les pauvres au niveau d'une vie d'aisance. Il serait stupide de croire que le socialisme puisse être édifié sur la base de la misère et des privations, en restreignant les besoins personnels et en abaissant le niveau de vie des hommes au niveau de vie des couches pauvres, lesquelles d'ailleurs ne veulent plus elles-mêmes rester pauvres et marchent à grandes enjambées vers l'aisance. Qui a besoin d'un pareil socialisme, s'il est permis de l'appeler ainsi ? Ce ne serait pas du socialisme, mais une caricature du socialisme. Le socialisme ne peut être édifié que si les forces productives de la société se développent vigoureusement ; s'il y a abondance de produits et de marchandises ; quand les travailleurs mènent une vie aisée et que la culture monte impétueusement. Car le socialisme, le socialisme marxiste, ne signifie pas compression des besoins individuels, mais leur extension et leur complet épanouissement ; non point limitation ni refus de les satisfaire, mais satisfaction pleine et entière de tous les besoins des travailleurs hautement cultivés. »

« Il faut, […], assurer un progrès culturel de la société qui permette à tous ses membres de développer harmonieusement leurs aptitudes physiques et intellectuelles, afin qu'ils puissent recevoir une instruction suffisante et devenir des artisans actifs du développement social ; qu'ils puissent choisir librement une profession sans être rivés pour toujours, en raison de la division existante du travail, à une profession déterminée. Que faut-il pour cela ? Il serait erroné de croire qu'un progrès culturel aussi important des membres de la société est possible sans de sérieuses modifications dans la situation actuelle du travail. Pour cela, il faut avant tout réduire la journée de travail au moins à 6 heures, puis à 5. Ceci est indispensable afin que tous les membres de la société aient les loisirs nécessaires pour recevoir une instruction complète. Il faut, pour cela, introduire ensuite l'enseignement polytechnique obligatoire, indispensable pour que les membres de la société puissent choisir librement une profession et ne soient pas rivés pour toujours à une profession déterminée. Pour cela, il faut encore améliorer radicalement les conditions de logement et augmenter le salaire réel des ouvriers et des employés au minimum du double, sinon davantage, d'une part en relevant directement le salaire en espèces, d'autre part et surtout, en pratiquant la baisse systématique du prix des objets de grande consommation. Telles sont les conditions essentielles qui prépareront le passage au communisme. C'est seulement lorsque toutes ces conditions préalables, prises dans leur ensemble, auront été réalisées, qu'on pourra espérer qu'aux yeux des membres de la société le travail a cessé d'être une corvée, pour devenir "le premier besoin de l'existence" (Marx) ; que "le travail, au lieu d'être un fardeau, sera une joie" (Engels) ; que la propriété sociale sera considérée par tous les membres de la société comme la base immuable et intangible de l'existence de la société. C'est seulement lorsque toutes ces conditions préalables, prises dans leur ensemble, auront été réalisées, qu'on pourra passer de la formule socialiste : "de chacun selon ses capacités, à chacun selon son travail", à la formule communiste : "de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins". Ce sera le passage intégral d'une économie, l'économie du socialisme, à une autre économie, économie supérieure, l'économie du communisme. »

« Mais pour avoir développé les forces productives dans des proportions gigantesques, le capitalisme s'est empêtré dans des contradictions insolubles pour lui. En produisant des quantités de plus en plus grandes de marchandises et en en diminuant les prix, le capitalisme aggrave la concurrence, ruine la masse des petits et moyens propriétaires privés, les réduit à l'état de prolétaires et diminue leur pouvoir d'achat ; le résultat est que l'écoulement des marchandises fabriquées devient impossible. En élargissant la production et en groupant dans d'immenses fabriques et usines des millions d'ouvriers, le capitalisme confère au processus de production un caractère social et mine par-là même sa propre base ; car le caractère social du processus de production exige la propriété sociale des moyens de production ; or, la propriété des moyens de production demeure une propriété privée, capitaliste, incompatible avec le caractère social du processus de production. Ce sont ces contradictions inconciliables entre le caractère des forces productives et les rapports de production qui se manifestent dans les crises périodiques de surproduction ; les capitalistes, faute de disposer d'acheteurs solvables à cause de la ruine des masses dont ils sont responsables eux-mêmes, sont obligés de brûler des denrées, d'anéantir des marchandises toutes prêtes, d'arrêter la production, de détruire les forces productives, et cela alors que des millions d'hommes souffrent du chômage et de la faim, non parce qu'on manque de marchandises, mais parce qu'on en a trop produit. Cela signifie que les rapports de production capitalistes ne correspondent plus à l'état des forces productives de la société et sont entrés en contradiction insoluble avec elles. Cela signifie que le capitalisme est gros d'une révolution, appelée à remplacer l'actuelle propriété capitaliste des moyens de production par la propriété socialiste. Cela signifie qu'une lutte de classes des plus aiguës entre exploiteurs et exploités est le trait essentiel du régime capitaliste. »

« J'ai toujours professé et je continue à professer l'opinion exprimée par Lénine suivant laquelle, dans la période de la victoire du socialisme dans le monde entier, quand le socialisme s'affirmera et entrera dans les moeurs, les langues nationales devront infailliblement se fondre en une seule langue commune qui ne sera naturellement ni grande-russienne ni allemande, qui sera une langue nouvelle. »

« En effet  pourquoi le C.P.S.U. (B) exprime tant de méfiance  envers l'opposition ? La raison en est que l'opposition a eu l'intention de remplacer le Léninisme par le Trotskisme... 'améliorer' le Léninisme au moyen du Trotskisme. Mais le Parti veut rester fidèle au Léninisme, malgré tous les artifices divers de tous ces faux aristocrates dans le Parti. C'est la cause première pourquoi le Parti, qui a fait trois révolutions, a trouvé nécessaire de tourner son dos sur Trotsky et sur l'opposition dans l'ensemble. »

« Certains camarades affirment qu'étant donné les nouvelles conditions internationales, après la deuxième guerre mondiale, les guerres entre pays capitalistes ne sont plus inévitables. Ils estiment […] que les Etats-Unis d'Amérique se sont suffisamment soumis les autres pays capitalistes pour les empêcher de se faire la guerre et de s'affaiblir mutuellement ; que les hommes avancés du capitalisme sont assez instruits par l'expérience des deux guerres mondiales, qui ont porté un sérieux préjudice à l'ensemble du monde capitaliste, pour se permettre d'entraîner à nouveau les pays capitalistes dans une guerre entre eux ; que, de ce fait, les guerres entre pays capitalistes ne sont plus inévitables. Ces camarades se trompent. Ils voient les phénomènes extérieurs affleurant à la surface, mais ils n'aperçoivent pas les forces profondes qui, bien qu'agissant momentanément de façon invisible, n'en détermineront pas moins le cours des événements. En apparence, la "sérénité" règne partout : les Etats-Unis d'Amérique ont réduit à la portion congrue l'Europe occidentale, le Japon et les autres pays capitalistes ; l'Allemagne (de l'Ouest), la Grande-Bretagne, la France, l'Italie, le Japon, tombés dans les griffes des U.S.A., exécutent docilement leurs injonctions. Mais on aurait tort de croire que cette "sérénité" puisse se maintenir "pour l'éternité" ; que ces pays supporteront sans fin la domination et le joug des Etats-Unis d'Amérique ; qu'ils n'essaieront pas de s'arracher du joug américain pour s'engager sur le chemin de l'indépendance. […] Pour supprimer l'inévitabilité des guerres, il faut détruire l'impérialisme. »

« Il faut démolir et rejeter loin de nous la théorie pourrie selon laquelle, à chaque pas que nous faisons en avant, la lutte de classe, chez nous, devrait, prétend-on s'éteindre de plus en plus ; qu'au fur et à mesure de nos succès, l'ennemi de classe s'apprivoiserait de plus en plus. C'est non seulement une théorie pourrie, mais une théorie dangereuse, car elle assoupit nos hommes, elle les fait tomber au piège et permet à l'ennemi de classe de se reprendre, pour la lutte contre le pouvoir des Soviets. [...] Au contraire, plus nous avancerons, plus nous remporterons de succès et plus la fureur des débris des classes exploiteuses en déroute sera grande, plus ils recourront vite aux formes de lutte plus aiguës, plus ils nuiront à l'Etat soviétique, plus ils se raccrocheront aux procédés de lutte les plus désespérés, comme au dernier recours d'hommes voués à leur perte. » (1937)

« Le principal danger est représenté par la déviation que l’on a cessé de combattre et à laquelle on a ainsi permis de se développer jusqu’aux proportions d’un danger pour l’Etat. »

« La victoire de la déviation de droite dans notre Parti donnerait libre cours aux forces du capitalisme, minerait les positions révolutionnaires du prolétariat et augmenterait les chances de restauration du capitalisme dans notre pays. »

« On ne saurait admettre qu’il y ait dans l’état-major de la classe ouvrière des sceptiques, des opportunistes, des capitulards et des traîtres. On ne peut considérer comme un hasard le fait que les trotskistes, les boukhariniens et les nationalistes bourgeois sont devenus des agents des services de renseignement étrangers. C’est de l’intérieur que les forteresses s’enlèvent le plus facilement. »

« On peut reconnaître pour règle générale, qu’aussi longtemps que les bolcheviks conserveront leur liaison avec les grandes masses du peuple, ils seront invincibles. Et au contraire, il suffit que les bolcheviks se détachent des masses et rompent leur liaison avec elles, il suffit qu’ils se couvrent de la rouille bureaucratique, pour qu’ils perdent toute leur force et se transforment en une nullité. La mythologie des grecs de l’antiquité comptait un héros célèbre, Antée, qui était selon la mythologie, le fils de Poséidon, dieu de la mer, et de Gê, déesse de la terre. Il était particulièrement attaché à sa mère, qui lui avait donné le jour, qui l’avait nourri et élevé. Il n’y avait point de héros qu’Antée ne pût vaincre. Il passait pour un héros invincible. Qu’est ce qui faisait sa force ? C’était que chaque fois qu’en combattant un adversaire il était en difficulté, il touchait la terre, sa mère, qui lui avait donné le jour et qui l’avait nourri, et il reprenait des forces. Mais il avait pourtant un point faible : c’était le danger d’être d’une façon ou d’une autre détaché de la terre. Ses ennemis tenaient compte de cette faiblesse et guettaient Antée. Et il se trouva un ennemi qui profitât de cette faiblesse et vainquit Antée. Ce fût hercule. Mais comment réussit-il à le vaincre ? Il l’arracha de terre, le souleva en l’air, et l’empêchant de prendre contact avec le sol, il l’étouffa. Je pense que les bolcheviks nous rappellent le héros de la mythologie grecque, Antée. De même qu’Antée, ils sont forts parce qu’ils sont liés à leur mère, aux masses qui leur ont donné naissance, les ont nourris et les ont éduqués. Et aussi longtemps qu’ils restent attachés à leur mère, au peuple, ils ont toutes les chances de rester invincibles. Là est le secret de l’invincibilité de la direction bolchevique. »

Enver Hoxha

« Le révisionnisme Khrushcheviste en Union soviétique a subi plusieurs étapes, en conformité avec lequel ses formes, ses  méthodes et sa tactique de lutte et l'action pour effectuer en pratique son cours anti-marxiste et déloyal et le camoufler, ont aussi changés (...)

Dans le domaine idéologique les révisionnistes ont remplacé les idées et la ligne cohérente marxiste-léniniste de Staline sur toutes les questions fondamentales avec les idées et la ligne anti-marxiste du  révisionnisme moderne. Les opportunistes et Trotskistes divers, Bukharinistes et les ennemis Zinovievistes, les nationalistes et les autres, en Union soviétique ont été proclamés comme 'les victimes de Staline' et ont été  placés sur le piédestal des 'martyrs' et des 'héros'... Ils ont lancé le slogan d'unité avec les social-démocrates à l'échelle nationale et internationale 'dans la lutte commune pour le socialisme,' et la voie a été pavée pour le rapprochement complet idéologique, politique et organisationnel et la fusion des partis communistes avec les partis sociaux-démocrates (...)

Dans le domaine politique Khrushchev et son groupe ont sali et ont renoncé à la théorie marxiste-léniniste et à la pratique de la lutte des classes et à la dictature du prolétariat, l'appelant 'une altération staliniste' et proclamant la période entière historique de la direction de Staline 'une période sombre, anti-démocratique, une période des violations de la légalité socialiste, de terreur et de meurtres, de prisons et de camps de concentration.' La route a été ainsi ouverte pour la liquidation de la dictature du prolétariat et pour son remplacement par la dictature bureaucratique et contre-révolutionnaire de la nouvelle aristocratie 'socialiste' qui est née et se développait, tout cela étant couvert de slogans trompeurs de 'démocratisation' et de 'la restauration de la liberté et  la justice socialiste' prétendument 'perdue et  maintenant regagnée.'

Dans le domaine économique, les Khrushchevistes ont déclaré comme faux et incorrect la ligne de Staline et les méthodes de développement et la gestion de l'économie socialiste dans toutes les branches, particulièrement dans celui de l'agriculture, et ont rejeté les directives de Staline sur la nouvelle amélioration et le développement des relations socialistes de production dans la période historique de la transition du socialisme au communisme et, cela sous le prétexte de surmonter  'la stagnation'  de l'économie et les difficultés prétendument créées suite à la ligne 'dogmatique' de  Staline, entreprise par une série de 'réformes' qui ont frayé la voie à la dégénération graduelle de l'ordre socialiste économique et à l'opération non contrôlée des lois économiques du capitalisme. (...)

Malgré le fait que pas tous les communistes et le prolétariat en Union soviétique voient que le Parti communiste actuel de l'Union soviétique n'a rien en commun avec le parti Bolchevique de Staline-Lénine, le bolchevisme est toujours vivant en Union soviétique et les révolutionnaires Soviétiques Bolcheviques ne seront pas défaits face à la tragédie que la terre des Soviets vit en ce moment, mais ils reconstitueront les grandes traditions de la Révolution Octobre, des temps héroïques de Lénine et le Staline. Et la seule route possible pour cela est  la récréation d'un parti Marxiste-Léniniste-Staliniste révolutionnaire, qui doit prendre en  mains la bannière de la lutte pour le renversement de la clique de révisionnistes et la restauration de la dictature du prolétariat, pour que l'Union soviétique revienne en arrière sur la route du communisme. » (1969)

 

« Le Parti du Travail d'Albanie estime que l'impérialisme, et au premier chef l'impérialisme américain, n'a changé ni de peau, ni de nature. Il est agressif, et il demeurera tel, même s'il ne lui reste qu'une seule dent... Il est capable de précipiter le monde dans une guerre. Aussi insistons-nous pour bien faire comprendre aux peuples que la seule garantie absolue contre une guerre mondiale est le triomphe du socialisme dans le monde entier ou pour le moins dans la majeure partie des pays du monde ». (Discours prononcé à la Conférence des partis communistes et ouvriers à Moscou, novembre 1960. ACP.)

 

« Qui ne voit pas cela est aveugle, qui le voit mais le cache est un traître au service de l'impérialisme ». (Ibid.)

 

« La coexistence pacifique entre deux systèmes opposés ne veut pas dire, comme le prétendent les révisionnistes modernes, renonciation à la lutte de classes. Au contraire, la lutte de classes doit se poursuivre ; la lutte politique et idéologique contre l'impérialisme, contre l'idéologie bourgeoise et l'idéologie révisionniste, doit se renforcer toujours davantage. Tout en luttant conséquemment pour l'établissement de la coexistence pacifique léniniste, sans consentir aucune concession de principe à l'impérialisme, il importe de développer plus avant la lutte de classes dans les pays capitalistes, de même que le mouvement de libération nationale des peuples des pays coloniaux et dépendants ». (Ibid.)

 

« ... Que personne ne s'imagine que parce que l'Albanie est un petit pays, et le Parti du Travail d'Albanie un petit parti, ils vont suivre les instructions de qui que ce soit, s'ils sont convaincus qu'il est dans l'erreur... Le droit de dire notre mot nous a été donné par le marxisme-léninisme, et ce droit, personne ne peut nous en priver, que ce soit par des pressions politiques ou économiques, par des menaces, ou en nous gratifiant de certaines épithètes. » (Ibid.)

 

« Pour les partis marxistes-léninistes, il est clair comme le jour que non seulement la liquidation de l'Etat socialiste, mais même le moindre affaiblissement des organes de la dictature du prolétariat, la libéralisation de celle-ci, équivaudraient à un suicide pour nos pays socialistes. Cela a été confirmé une nouvelle fois et on ne peut mieux par la triste expérience de la contre-révolution hongroise ». (Rapport au IVe Congrès du PTA. Le IVe Congrès du PTA, pp. 155-156.)

 

« Sans démasquer impitoyablement le révisionnisme... on ne peut démasquer comme il se doit l'impérialisme. » (Ibid., p. 159.)

 

Pour toutes ces raisons, le Congrès recommandait :

 

« que la lutte contre le révisionnisme soit poursuivie et encore intensifiée jusqu'à la destruction idéologique et politique totale de celui-ci. Tout en luttant avec résolution contre le révisionnisme en tant que principal danger, le Parti doit combattre aussi toute manifestation de dogmatisme et de sectarisme. » (Résolution du IVe Congrès du PTA. Le IVe Congrès du PTA, p. 315.)

 

« L'histoire du mouvement communiste international prouve que celui-ci est passé tantôt de l'unité à la scission et tantôt de la scission à une unité nouvelle, sur une base nouvelle et plus élevée. » (Rapport d'activité du CC du PTA, présenté au Ve Congrès du PTA, le 1er novembre 1966. Tirana, 1967, 2e éd. fr., p. 207.)

 

Le Parti du Travail d'Albanie avait précisément en vue cette loi objective, lorsqu'il déclarait fermement que :

 

« l'unité dans le mouvement communiste et dans le camp socialiste serait rétablie, mais qu'elle le serait par les marxistes-léninistes, sans révisionnistes et sans traîtres, et dans une lutte résolue contre eux. » (Ibid., p. 243.)

 

« Comment un parti marxiste-léniniste peut-il craindre les masses, leur voix, leurs critiques ? Le parti qui les craint ne peut pas se considérer un parti marxiste-léniniste. Ce n'est jamais le Parti qui a peur des masses, ce sont certains individus, certains membres du Parti, certains fonctionnaires de l'Etat, ce sont les bureaucrates qui les craignent, ce sont eux qui se couvrent de l'autorité du Parti et du Pouvoir pour étouffer la voix des masses. Il nous faut écraser ces éléments et cela doit être fait de manière révolutionnaire à la fois par le Parti et par les masses ». (La révolutionnarisation ultérieure du Parti et du Pouvoir, 6 février 1967. Tirana, 1967, pp. 39-40.)

  

Les manifestations de sectarisme ont surtout eu pour origine l'étroitesse des points de vue et la présomption d'un certain nombre de communistes d'origine petite-bourgeoise, paysanne et artisanale. Les manifestations de dogmatisme ont eu leur source : dans l'emprunt à l'expérience d'autres pays sans l'adapter aux conditions intérieures et sans la considérer d'un œil critique ; dans l'insuffisante préparation théorique et dans le bas niveau d'instruction d'un bon nombre de communistes. (Conclusion de l'Histoire du PTA – point 14)

Ernesto Che Guevara

« On doit être marxiste de la même manière que l’on est newtonien en physique, ou ‘pasteurien’ en biologie. (...) Le mérite de Marx est d’avoir effectué un bond qualitatif dans l’histoire de la philosophie sociale. Il interprète l’histoire, explique sa dynamique et prévoit l’avenir. En outre, il va plus loin que son simple devoir scientifique, il formule un concept révolutionnaire : il ne suffit pas de comprendre la nature des choses, il est aussi nécessaire de les modifier. L’homme cesse d’être l’esclave et l’instrument de l’histoire pour devenir l’architecte de son propre avenir. »

« Le Parti est une organisation d’avant-garde. Les meilleurs travailleurs sont amenés à y adhérer par leurs camarades. Il constitue une minorité, mais en raison des qualités de ses cadres, il dispose d’une grande autorité. Il représente notre aspiration que se constitue un parti de masse, mais uniquement lorsque les masses auront atteint le niveau de développement de l’avant-garde. En d’autres mots, lorsqu’elles auront été formées au communisme. Et c’est vers cette éducation que s’oriente notre travail. Le Parti est l’exemple vivant, ses cadres doivent être un exemple de dévouement et de sacrifice, par leurs efforts, ils doivent amener les masses à remplir leur tâche révolutionnaire. Cela requiert des années de lutte acharnée contre les difficultés inhérentes à la construction (du socialisme), contre les ennemis de classe, contre les abus du passé, contre l’impérialisme. »

« C’est le petit père Staline qui m’a amené au communisme et personne ne viendra me dire que je ne puis lire Staline. Je l’ai lu à une époque où il était très mal vu de le lire. C’était une autre époque. Et parce que je ne suis déjà pas très malin, et qu’en plus je suis un cabochard, je continue à le lire aujourd’hui encore ; dans cette période nouvelle, maintenant qu’il est encore plus mal vu de le lire. Et tant à l’époque qu’aujourd’hui, je découvre chez Staline toute une série de choses qui sont très bonnes. Il convient de considérer Staline à partir du cadre historique dans lequel il évolue, il ne faut pas se contenter de le considérer comme l’une ou l’autre brute, mais au sein de ce cadre historique particulier. »

« C’est dans ce que l’on a appelé les erreurs de Staline que réside la différence entre un comportement révolutionnaire et un comportement révisionniste. Il (Staline) comprend le danger des rapports (de marché) mercantilistes et essaie d’en sortir progressivement en brisant l’opposition. La nouvelle direction (Khrouchtchev) par contre cède aux impulsions de la superstructure et place l’accent sur l’activité mercantile. »

« Là où on applique la loi de la valeur, on introduit en fraude le capitalisme. »

« Si le communisme ne devait pas conduire à la création d'un homme nouveau, il n'aurait aucun sens. »

« Dans une révolution, on doit triompher ou mourir. »

« Soyez réalistes : demandez l'impossible. »

Communistes et autres

« Le grand problème de la production capitaliste n'est plus de trouver des producteurs et de décupler leurs forces mais de découvrir des consommateurs, d'exciter leurs appétits et de leurs créer des besoins factices. » Paul Lafargue

« J'aime ceux qui n'ont en partage que leur rage et leur dégoût. Ceux-là n'ont pas besoin d'espoir pour se battre. J'aime ceux qui habillent leur rage et leur dégoût du manteau glacé de la raison. Ceux-là n'ont pas besoin de chance pour l'emporter. J'aime ceux qui vêtent la raison des fleurs éparpillées de leurs rêves. Ceux-là n'ont pas besoin de dieux pour bâtir. J'ai assez des cruautés que j'ai vues, des bêtises auxquelles j'ai assisté, des tristesses qui ont passé près de moi, pour savoir que le monde est mal fait, et je le lui dirai, au premier jour, à coups de fusil... Pas d'enthousiasme de commande, non ! Mais la fièvre du bien et l'amour du combat ! » Jules Vallès  (Journaliste communard, dit "l'insurgé")

Hô Chi Minh en 1946, répondant à un journaliste qui s'inquiétait du sous armement des partisans vietnamiens dans la guerre impérialiste d'Indochine contre la France : « L'esprit de l'homme est plus fort que ses propres machines... Ce sera une guerre entre un tigre et un éléphant. Si jamais le tigre s'arrête, l'éléphant le transpercera de ses puissantes défenses. Seulement le tigre ne s'arrêtera pas. Il se tapit dans la jungle pendant le jour pour ne sortir que la nuit. Il s'élancera sur l'éléphant et lui arrachera le dos par grands lambeaux puis il disparaîtra à nouveau dans la jungle obscure. Et lentement l'éléphant mourra d'épuisement et d'hémorragie. Voilà ce que sera la guerre d'Indochine. »

« Le prix de l'homme baisse quand il n'a plus l'usage de sa liberté. » Chi Minh  

« L’histoire du parti communiste Bolchevik de l’URSS est la meilleure synthèse et le meilleur bilan du mouvement communiste mondial des cent dernières années. C’est le modèle de l’union de la théorie et de la pratique, l’unique modèle achevé disponible actuellement dans le monde. En étudiant comment Lénine et Staline ont associé la vérité universelle du marxisme à la pratique concrète de l’Union soviétique et ont, sur cette base, développé le marxisme, nous comprendrons comment nous devons travailler chez nous en Chine. » Mao Tsé-Toung, Réformons nos études, mai 1941.

« Le multipartisme est une multi cochonnerie. » 

« Sans le pouvoir, les idéaux ne peuvent être réalisés ; avec le pouvoir, ils survivent rarement. » 

« Même les morts ne peuvent reposer en paix dans un pays opprimé. » Fidel Castro  

« Nos écrivains et nos artistes sont les ingénieurs de l'esprit humain. » Kim Il Sung  

« Plus tard on jugera les hommes sur la façon dont ils ont compris l'U.R.S.S. » Henry Barbusse

« L'enfant qui ne joue pas n'est pas un enfant, mais l'homme qui ne joue pas a perdu à jamais l'